
Déclinaisons d'un aphorisme d'Éric Chevillard. "804… 805… 806… j’avais très rigoureusement repris le compte des herbes de mon jardin en pliant celles-ci au fur et à mesure, cette fois, afin de ne pas me tromper, mais à la 807ème ortie, ma main enflée, engourdie de douleur, n’est seulement plus capable de bouger les doigts, j’abandonne."
mardi 10 janvier 2012
Petit à petit
L’enfant était né et elle était partie aussi brusquement que dix mois plus tôt elle était entrée dans sa vie. Il était passé alors un instant de l’autre côté du miroir, dérive en technicolor, puis en était revenu tout doucement, de lui-même, le monde n’en avait rien vu, rien su. Depuis, par peur de voir son esprit partir en vrille sans retour, pour rester dans le contrôle absolu de lui-même, il compte, non pas les jours, non pas les nuits, non, il compte ce qui rythme son quotidien de père célibataire et sans emploi. À la 600e couche, qui vient d’être scotchée, déjà 561 biberons, 807 pleurs et seulement 316 sourires.

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Une bien belle proposition ! Merci Axelle.
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