Le feu brûle ! 807 tisons s’observent dans le rougeoiement de la flamme ; dans le jardin les fleurs de magnolias exhalent leur parfum chaud et sucré ; une jeune fille observe l’essaim de flammes au clair de la lune d'été. Elle est assise devant le brasero à attendre, incandescente, nue, sur un lit d'herbes folles. Elle espère dans une solitude brûlante l’arrivée de son fiancé ; son cœur s’embrase au rythme des flammèches et se consume ; le brasier, devant, attise son désir ; la lune d’été est elle aussi seule dans le silence de la nuit ; dans le soir lourd la jeune fille s’impatiente, son cœur incendié et flamboyant ne cesse de s'agiter. L’amoureux ne vient pas, et ne viendra pas...
Le feu s’éteint peu à peu ; les tisons ne sont plus que cendres ; c'est une nuit de pleine lune.
Déclinaisons d'un aphorisme d'Éric Chevillard. "804… 805… 806… j’avais très rigoureusement repris le compte des herbes de mon jardin en pliant celles-ci au fur et à mesure, cette fois, afin de ne pas me tromper, mais à la 807ème ortie, ma main enflée, engourdie de douleur, n’est seulement plus capable de bouger les doigts, j’abandonne."
dimanche 28 août 2011
samedi 27 août 2011
Les envahisseurs
Bzzz. Au cœur de la nuit, elle émerge de son sommeil. De nouveau bzzz, la mouche agonise, pattes en l’air, univers inversé. L’insecticide agit encore. Pourtant, le gazage était destiné à l’araignée, devant le lit, qui disait vas-y, endors toi. Ils avaient déjà été pénibles sur l’autoroute, à s’écraser sur le pare-brise de sa Mini. Elle avait découvert autant d’espèces que de formes et s’était servi d’une éponge pour enlever cet amas d’ailes et de pattes visqueux qui formait des courbes parfaites. L’essuie-glace n’a pas retiré, ça a mélangé, et comme le soleil durcit les traînées verdâtres, il a fallu gratter. En arrivant, elle avait posé ses fesses sur les pierres chaudes du muret fissuré et ça picotait. Des fourmis dans les jambes. Elle baissa la tête et les découvrit, avec leurs petites pattes fébriles, au bas mot huit cent sept, qui s’affolaient tout azimuts le long de ses mollet. Se déshabiller et plonger dans la piscine. Elle ne vit pas tout de suite les guêpes qui flottaient, noyées de trop d’ivresse. Elle avait fermé la bouche mais s’imaginait boire l’eau. Elle avait voulu lézarder sous le soleil, avait déplié un vieux parasol et découvrit des grappes d’abeilles et d’alvéoles contenant des œufs translucides qui bougeaient. Où avait-elle mis la bombe. Même le papillon qui se posait sur le melon lui semblait suspect. À la fin de la journée, elle compta les piqûres sur son corps et en dénombra sept. Elle plaça des plaquettes anti-moustiques sur chaque prise, supprimant la lumière. En entrant dans la chambre, elle s’était figée devant l’arachnide. Des yeux qu’elle ne voyait pas, elle entendit glisse-toi dans les draps que je puisse rentrer dans un de tes orifices pour m’y blottir. Aucun cri n’était sorti, juste un réflexe, attrapé une sandalette Dior, pour écraser l’horreur. D’un bond, la velue s’est enfuie sous l’oreiller, impossible à retrouver. Que faire. La bombe, avec de grands jets dans la pièce et se coucher malgré l’odeur infamante.
Le lendemain elle quitte son cocon poisseux et bzzz s’envole vers la ville la plus proche. Elle butine de boutique en boutique, à la recherche de petites robes fleuries. Elle papillonne longtemps, se métamorphose à chaque passage en caisse. Elle n’a plus le bourdon.
Le lendemain elle quitte son cocon poisseux et bzzz s’envole vers la ville la plus proche. Elle butine de boutique en boutique, à la recherche de petites robes fleuries. Elle papillonne longtemps, se métamorphose à chaque passage en caisse. Elle n’a plus le bourdon.
dimanche 21 août 2011
Profil
Devoirs du soir. Son problème, c'est les maths. Il s'en est toujours contrefoutu au carré. En dépit de ses efforts, il ne comprend rien à cette histoire de 807 hectares. Devoir, devant, il finit par écrire avec méthode :
« On sait que le 8 est un 0 portant une ceinture
et par conséquent que le 0 est un 8 nu compris dans l'angle du 7, nez obtus par symétrie
donc au pif, le pré mesure 807 hectares à moins qu'un œuf ne traîne par là. »
En somme, rien de grave. Ce sera un littéraire.
« On sait que le 8 est un 0 portant une ceinture
et par conséquent que le 0 est un 8 nu compris dans l'angle du 7, nez obtus par symétrie
donc au pif, le pré mesure 807 hectares à moins qu'un œuf ne traîne par là. »
En somme, rien de grave. Ce sera un littéraire.
samedi 20 août 2011
Sonnette
L’ange blond nichait au cinquième étage. Huit cent sept fois, il sonna à sa porte bleue, huit cent sept fois, elle le rendit malheureux, le laissant dehors avec arme et bagages, imbécile et transi d’amour sur son palier. Il songeait alors à la brune du rez-de-chaussée qui lui reprochait de ne point l’aimer assez et redescendait quatre à quatre l’escalier. Passionnément entiché de l’intouchable, il touchait par dépit la sombre mal aimée qui l’accueillait sans réserve en sa moiteur. Seize ans, et tout excité par ses sens enflammés, il saccageait la beauté, impitoyable. Ses yeux de prédateur grands ouverts.

dimanche 14 août 2011
Vacuité
Accroché à elle dans la moiteur de leurs corps emmêlés il essaye d'oublier qu'ils ne sortiront pas indemnes de cette histoire.
Et que 807 fois ses bras se refermeront sur le vide.
Et que 807 fois ses bras se refermeront sur le vide.
samedi 13 août 2011
Familles je vous hais
Je souriais de loin en spectateur désabusé, au bavardage et à la gesticulation des héritiers du siècle qui, après la lecture du testament se regardèrent en silence, se livrant visiblement à de rapides calculs. Ils s’embrassèrent. J’aurais parié qu’ils ne s’étaient pas embrassés depuis des années.
La famille n’est qu’un abominable nid d’au moins 807 infamies et autant de souffrances.
La famille n’est qu’un abominable nid d’au moins 807 infamies et autant de souffrances.
dimanche 7 août 2011
Le vase
Le vase est tombé sur le tapis. Résonnent encore les 807 battements d'ailes entre les murs du salon. Assis, au bord de la table, le félin balance une queue nerveuse, entre inquiétude et fierté retrouvée.
Au bout de ses pattes, un cou brisé trempe dans l’eau des fleurs...
Au bout de ses pattes, un cou brisé trempe dans l’eau des fleurs...
samedi 6 août 2011
Sainte Kitsch
À propos de Nouille céleste, n’oublions pas les saintes nullipares et écraseuses de serpent qui nous tendent les bras au bord des routes et qui ont aussi des robes qu’on ne peut pas retrousser. Il y a 807 raisons de prier pour elles.

dimanche 31 juillet 2011
Écoute !
Des cordes, il en pleut des paquets depuis cette nuit, elles s'abattent sur la mer, inondent le pont du bateau, dégoulinent du mat ainsi que sur notre pavillon et sur mon visage. Tu demandes si le jour s'est levé, possible que le soleil ait fait son apparition, on n'y voit goutte. Les autres rament mollement. Nous sommes pieds et poings liés à cette triste météo. Ouvrir la bouche pour boire la pluie tiède, déjà ça dans mon estomac qui rétrécit depuis deux jours. Toi sur qui je comptais comme personne, à la vie, à la mort, même quand tu me traitais de tête de nœud, et bien, finie la confiance en toi. Un picotement sourd au niveau du plexus me met la puce à l'oreille, l'impression qu'aujourd'hui ça va être encore plus galère que la tempête d'hier. Silhouettes floues de chats tapis, deux îles se rapprochent avec lenteur, tu conduis l'embarcation pile au milieu de l'étranglement des eaux. Tu m'as accusé d'avoir provoqué notre perdition, ouais tous les vents de la terre, c’est bien moi qui les ai déchaînés, mais j'ai une excuse: pas fait exprès ! Depuis la route du retour est perdue, et après ? C'est plutôt une excellente nouvelle, on va en découvrir de nouveaux paysages et échapper à la routine terrestre. Tu m'as fait mettre au piquet et à la diète, histoire de méditer sur ma connerie, les autres rigolent en douce. Attaché au mat avec un assortiment de nœuds plus compliqué que ceux de base, je me détache de toi. Avec la pluie, c'est encore plus serré mais pas question que je l'ouvre. C'est pas cette punition nulle qui entame mon moral, mais la faim. Rien dans le bide, je m’affaiblis. Paraîtrait que huit drôle d'oiseaux parasitent les alentours de cette zone, C. t'aurait mis en garde, il s’agirait de créatures aux mots envoûtants, aux chants clairs, il faudrait ne rien entendre pour échapper à leur irrésistible attraction. Têtes de femmes sur corps de mouettes, incapables de s'élever dans les airs, des ailes coupées. On devrait les ignorer en se mettant de la cire dans les oreilles et ne pas craindre de les craindre. Elles trôneraient sur des collines de vingt-trois os brisés puissance 2, de quatorze tendons puissance 2, une colonne vertébrale puissance 3, des monceaux d'osselets, des charniers de nerfs ainsi que trois têtes coupées puissance 4, ce qui ferait au total, si je savais compter, environ 807 restes. Des restes de marins égarés comme nous et déchiquetés par le tranchant des brisants. Bien qu'attaché et les tympans sans protection, je n'ai entendu rien entendu. Ni elles, ni même le vent. Peut-être parce que ventre affamé n'a pas d'oreilles, à moins que ce ne soit mon côté terre-à-terre. Mis à part le fait que personne n’ait dénoué les cordes qui m’emprisonnaient, (elles ont juste été tranchées), ce fut une traversée sans incident particulier à signaler.
samedi 30 juillet 2011
En réponse à Joël Hamm
Voilà que je retombe sur les 807 (ah bon, ça existe encore ce truc ?)
Voilà que je lis le billet de Joël Hamm du 12 juin (ah oui ! Bach !)
Voilà que je cherche par hasard (pourquoi JH ne l’a-t-il pas fait ?) BWV 807 dans gougueule.
Et sur quoi je tombe ?
Une de mes suites anglaises préférées... Mon Dieu ! (s’il existe) le hasard a de ces raccourcis !
Voilà que je lis le billet de Joël Hamm du 12 juin (ah oui ! Bach !)
Voilà que je cherche par hasard (pourquoi JH ne l’a-t-il pas fait ?) BWV 807 dans gougueule.
Et sur quoi je tombe ?
Une de mes suites anglaises préférées... Mon Dieu ! (s’il existe) le hasard a de ces raccourcis !
dimanche 24 juillet 2011
Sa tête
807 amours et toute sa tête.
Malgré les bas, les hauts et les tempêtes.
Parfois d'avoir si bien été je regrette.
Malgré les bas, les hauts et les tempêtes.
Parfois d'avoir si bien été je regrette.
samedi 23 juillet 2011
Bonnes vacances
De ces statuts d'été iodés et azurés que restera-t-il ? Un peu de sel sur une nappe bleue, un peu de miel sur des corps apaisés, un peu de rêve et des photos, quelques étreintes et des adieux, peut-être...
Sans oublier : les bouchons du retour, les sacs à vider, le linge sale à laver, les factures à régler, l'avis d'imposition, le boulot à retrouver et les 807 mails en attente.
Sans oublier : les bouchons du retour, les sacs à vider, le linge sale à laver, les factures à régler, l'avis d'imposition, le boulot à retrouver et les 807 mails en attente.
jeudi 14 juillet 2011
Chômeurs unissez-vous !
Cette feignasse de Chevillard ne veut plus bosser le week-end ? Il l'a annoncé le 1er juillet 2011 : Durant les mois de juillet et d’août, les week-ends seront chômés sur L’Autofictif.
Les 807, qui en font toujours plus, surtout quand il s'agit de ne rien faire, chômeront 8 jours sur 7 jusqu'à nouvel ordre !
Les 807, qui en font toujours plus, surtout quand il s'agit de ne rien faire, chômeront 8 jours sur 7 jusqu'à nouvel ordre !
mercredi 13 juillet 2011
J-3 quoi
C’est ce qu’a écrit Franck Garot sur Facebook. Plus que 2 jours... alors je me suis dit qu’il fallait que j’écrive quelque chose pour les 807. J’ai pensé (fugitivement, encore que...) : des vacances, quelle idée ! Et son blog alors ? Est-ce qu’il y pense à son blog ? Et à ses lecteurs ?
Et puis j’ai réfléchi. Est-ce que son message voulait dire qu’il prévoyait ainsi, par sa demande, d’avoir suffisamment de textes pour chaque jour de ses vacances ? Dans ce cas, pas de rupture de lecture, pas de lecteur lésé, tout baigne !
D’un autre côté, peut-être qu’il en manque, de textes et qu’il faut lui en envoyer pour alimenter son blog. Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à la veille de son départ ou bien pendant toute la durée de ses vacances ? En résumé, a-t-il pensé à ses lecteurs de l’été ? On tourne en rond… Un vrai cercle vicieux.
J’avais pensé écrire mon texte en 807 caractères (espaces comprises) mais je dois me rendre à l’évidence, je suis trop bavarde. (en même temps, 807 caractères, c’est peu...). Alors, 807 mots peut-être... ou 807 fois 807... ou 807 pages... Non, je ne crois pas que Franck accepterait, même pour alimenter son blog pendant les vacances, une telle logorrhée.
Comme je n’arrivais pas à me décider et que toutes ces questions, à force, finissaient par me fatiguer, j’ai opté pour le hasard qui, en principe, fait bien les choses.
Et je me suis dit que finalement, c’était pas une mauvaise idée, les vacances...
Alors Franck, 807 fois bonnes vacances, en 271 mots et 1 500 caractères !
Et puis j’ai réfléchi. Est-ce que son message voulait dire qu’il prévoyait ainsi, par sa demande, d’avoir suffisamment de textes pour chaque jour de ses vacances ? Dans ce cas, pas de rupture de lecture, pas de lecteur lésé, tout baigne !
D’un autre côté, peut-être qu’il en manque, de textes et qu’il faut lui en envoyer pour alimenter son blog. Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à la veille de son départ ou bien pendant toute la durée de ses vacances ? En résumé, a-t-il pensé à ses lecteurs de l’été ? On tourne en rond… Un vrai cercle vicieux.
J’avais pensé écrire mon texte en 807 caractères (espaces comprises) mais je dois me rendre à l’évidence, je suis trop bavarde. (en même temps, 807 caractères, c’est peu...). Alors, 807 mots peut-être... ou 807 fois 807... ou 807 pages... Non, je ne crois pas que Franck accepterait, même pour alimenter son blog pendant les vacances, une telle logorrhée.
Comme je n’arrivais pas à me décider et que toutes ces questions, à force, finissaient par me fatiguer, j’ai opté pour le hasard qui, en principe, fait bien les choses.
Et je me suis dit que finalement, c’était pas une mauvaise idée, les vacances...
Alors Franck, 807 fois bonnes vacances, en 271 mots et 1 500 caractères !
mardi 12 juillet 2011
Vu Daniel Auteuil en terrasse
Comme les gens en terrasse du Plaza Athénée, ou dans le restaurant éclairé à la bougie du Crillon à Noël, ou sur les bouts de plages privatisées de Cannes, comme Alexandre Jardin vu l'autre jour, il a des lunettes neuves, un costume neuf, des dents neuves, des cheveux impeccables pas un qui dépasse, cette peau sans ride, sans poil, sans tâche comme sans sang, un halo surnaturel descendu sur terre le nimbant de sainteté comme si un écran de cinéma était placé là dans le restau à la juste taille diffusant non lui mais l'image parfaite de lui avec l'éclairage idoine et 807 maquilleuses planquées dans l'ombre outillées jusqu'aux dents prêtes à bondir ; il devisait avec naturel, bonhomie et joie non dissimulée avec le garçon un peu épaté par la venue de ce client.
Voilà exactement, après l'avoir croisé dans le XIe arrondissement, ce que déclarait Daniel Auteuil en conférence de presse à mon propos.
Voilà exactement, après l'avoir croisé dans le XIe arrondissement, ce que déclarait Daniel Auteuil en conférence de presse à mon propos.
lundi 11 juillet 2011
Compassion
Alex Lesaule avait une tendance à s’émouvoir face à tous les bancals de l’existence. Les larmes lui venaient facilement quand il croisait ce qu’il nommait un malheur sur pattes : une pauvre femme qui fouillait les poubelles d’après marché, ses jambes énormes serrées dans des bandes tachées ; la naine qui, chaque matin, attendait le bus du Centre d’Aide par le Travail ; un trisomique d’une quarantaine d’année à qui son père faisait 807 recommandations appuyées sur le quai de la gare. Et le fils marmottait : Je sais papa, tu me l’as déjà dit, je ne suis pas un enfant. Le père, un homme âgé, portant beau, costume de velours et gilet à l’ancienne, s’était détourné, comme vexé par la réflexion de son fils. Le fils s’était approché de lui, avait appuyé la tête sur son épaule en disant, le regard humide : Je t’aime, papa ! Tu sais... Et le père s’était écarté de lui, l’air plus triste encore, en disant : Je sais bien, je sais bien. Alex avait été fasciné par cette scène. Sur le quai, il avait suivi des yeux le fils qui allait vers son train entré en gare, qui se retournait tous les deux mètres pour voir si son père allait bien, s’il lui ferait un signe. Le père avait levé la main, à peine, baissé la tête, tourné le dos et s’était dirigé vers la sortie en s’appuyant sur sa canne...

dimanche 10 juillet 2011
Un rôle c’est une place
Il avait l’impression de prendre un bain de jouvence et était arrivé à cette conclusion que la meilleure recette pour rester jeune était de ne fréquenter que des vieux.
C’est difficile de vivre dans l’ombre de quelqu’un. Ma mère avait toujours vécu par procuration du temps de mon père. A sa mort, elle avait éprouvé le besoin de jouer un rôle pour exister. Depuis, elle s’était créé au moins 807 illusions que j’avais encouragées, surtout parce qu’elles faisaient son bonheur.
Pour elle, un homme malade redevenait un enfant que l’on pouvait cajoler. Alors, pourquoi lui aurais-je refusé le plaisir de me croire malade ?
C’est difficile de vivre dans l’ombre de quelqu’un. Ma mère avait toujours vécu par procuration du temps de mon père. A sa mort, elle avait éprouvé le besoin de jouer un rôle pour exister. Depuis, elle s’était créé au moins 807 illusions que j’avais encouragées, surtout parce qu’elles faisaient son bonheur.
Pour elle, un homme malade redevenait un enfant que l’on pouvait cajoler. Alors, pourquoi lui aurais-je refusé le plaisir de me croire malade ?
samedi 9 juillet 2011
La course
Sonnerie du réveil émerger du brouillard informe nuit blanche traits tirés teint brouillé. Vieille, se sentir vieille. Mais belle, serai belle et même pas du Seigneur oh mon Dieu, vite, vite, une douche jambes à épiler, cheveux à laver, les yeux à farder, boucles d'oreille, où sont mes lentilles, parfum, là, sur le poignet derrière les oreilles l'ensorceler vite vite il m'attend mon sac un coup d'œil dans la glace ça ira mon sac, où est-il, le billet, dans ma poche attraper la valise les pieds dans le tapis. Aie ! collant filé tant pis repartir fermer la porte l'ascenseur vite reflet capté égaré l'air égaré, se ressaisir, courir la valise à la traîne sur ses roulettes – rien ne va jamais comme sur des roulettes – est-ce que j'ai fermé le gaz et les fenêtres va pleuvoir où est mon billet dans ma poche changer de collant dans le train courir j'aurais pas du mettre ces escarpins, j'arrive à la gare, sur le quai...
Le train de 8 h 07 est annulé.
Le train de 8 h 07 est annulé.
vendredi 8 juillet 2011
En danger critique d'extinction

L’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) lance un cri d’alarme : la BO7 sauvage est en voie d’extinction. On n’en dénombrait plus que quelques-unes sur l’ensemble du territoire vaudois en 2010. On tente le tout pour le tout avec les derniers spécimens nés en captivité.
jeudi 7 juillet 2011
Mesure pour mesure d'une ivresse rémoise
Ce muid censé tempérer querelles entre marchands et chalands du champagne de Reims, fit-il finalement l'affaire, en allant s'amuïssant setier par setier : 18 de la vendange à la Saint-Martin, en novembre ? 17 normalement ? 16 après remuage ?
De quoi être bien décontenancé ! Fallait-il éviter le congé de transport ou faire la part des anges ?
De quoi être bien décontenancé ! Fallait-il éviter le congé de transport ou faire la part des anges ?

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