mercredi 23 janvier 2013

Mirage


 
Envolée de corneilles
Fendant l'univers blanc
Au loin une lumière
 
 
Plumes sur les abeilles
Font oiseaux butinant
Au foin sur les lisières
D'indécents colibris
Vibrionnent en couleur
Sur la fleur d'hibiscus
Pétales comme abri
Pollen en toutes fleurs
Sans nectar qu'ils ne bussent
 
 
Le mirage explosé
807 boules irisées
Les flocons ont gagné
 

mardi 15 janvier 2013

ses trois poches soyeuses closes par des fermetures éclair



                              Elle a repéré ce sac en bâche de camion sur internet. Un site suisse. Sa forme rappelle un modèle ancien, une mallette de médecin de campagne qui s’appellerait Camille Guyard comme son arrière grand-père qui était accoucheur dans le Loiret. La bâche de camion est extrêmement résistante. Un sac comme lui, quand on le possède, on en a pour la vie, plus longtemps même. Quand elle sera morte, quelques grammes de poussières ou brûlée, eh bien la mallette restera encore, persistera plus que nos vies. C'est plus qu'un sac, c'est l’expression de la ténacité qui nous survivra. Elle est rouge vif. Elle peut servir aussi bien de berceau que d’urne. Quand elle reçoit par la poste, c'est main tremblée qu’elle déballe le paquet d’où des petites paillettes d’acier s’envolent et brillent dans un rayon de lune. Elle a un léger mouvement de surprise. Elle pensait qu'il était plus petit. Il est plus gros que son ancienne besace, plus elle vieillit, plus ses sacs pèsent sans lui apporter davantage. C’est incompréhensible et elle n’a pas peur de le dire au gros sac rouge vif en bâche de camion. Elle décide de le garder avec joie. À cause de la bâche de camion et de tous les voyages qu'elle a fait avant qu’elle s’effondre dans un grand flop chez des tailleurs de bâches suisses.

                      
                              Elle se promet de ne pas trop le charger. Mal à l'épaule qui s’effondre, derrière l'omoplate droite. Évidemment, dès le deuxième jour, le sac trop lourd. Car, comment résister à l'envie de remplir son intérieur ventru et ses trois poches soyeuses closes par des fermetures éclair ? Même rouge, un sac qui n'est pas lesté, fait pâle figure. Il semblait dégonflé, à quoi servirait-il s’il n’était pas blindé ? Elle ne sait pas. Mais celui-là, tout ce qu’il peut contenir dedans, tout son bric-à-brac à disposition, sous la main, au cas où, on ne sait jamais, ce qui peut se passer… (Panne d’électricité dans le RER entre Saint-Michel et les Halles, incendie au Bon Marché, ascenseur bloqué au 807 ème étage de la Tour Montparnasse, pénurie de nourriture suite à la crise grecque... ). Pas de boussole. Rien à boire. Du maquillage avec des paillettes, agenda, papiers administratifs mais pas de couteau suisse. Sac de survie. 



                              La beauté épaisse de ce sac échappe au commun des mortels, donc aussi à ses amis. Ils ne comprennent pas la fixation qu’elle fait. Elle tente de convaincre que c’est le top du top. Comment ? De quoiii?  Paul ne comprend pas. Eléonore pareil. Une explication, siouplé. Ils partagent leur incompréhension. Antoine aussi, il capte que dalle, pourquoi tu nous gaves avec ta besace rouge, il aime à partager son incompréhension singulière. Ils suivent ? Non, mais c'est normal. C'est mieux que rien. Elle ne blague pas là, c'est vachement sérieux. C'est imbitable. C'est brumeux. C'est clair, ça dépend, faut voir...Bien, ils vont pouvoir organiser une petite procession derrière le sac rouge en toile de camion. Certains ne vont pas comprendre cette démarche. Mais alors est-ce qu'il ne comprendront pas tous la même chose sans comprendre que c'est la même chose qu'ils ne comprennent pas, croiront-ils tous ne pas comprendre la même chose alors même qu'ils seront chacun enfermé dans une incompréhension a priori et intrinsèquement singulière ou simplement ne comprendront-ils pas que c'est qu’ils sont plusieurs à ne pas comprendre une même chose sans s’en rendre compte, ou bien que c'est précisément la même chose; soit qu’ils croient ne pas comprendre la même chose alors que chacun est toujours déjà enfermé dans une incompréhension à priori. Sac à noeuds. Les jours raccourcissent mais la compréhension d’une posture mode basé sur le rouge sang d’une besace -qui pourrait autant faire urne que berceau n’augmente pas. La compréhension est le faux visage de l'empathie. Elle n’a plus d’empathie pour ses amis qu’eux pour elle. L'empathie est le plus bas degré de la compréhension ἕν οἶδα ὅτι οὐδὲν οἶδα. Ca dépend de ce qu’ils veulent dire en vérité. Kesako ? La vérité est dans son sac.

lundi 14 janvier 2013

Passage à tabac



                    C’est avec une toux d’émotion dans la gorge que nous apprenons la disparition de Pierre, notre feu Pierre, parti en fumée comme ce tabac qu’il adorait rouler sous ses longs doigts jaunis par la nicotine ! Pierre avait le tabac dans le sang et vivait en vrai aficionado de la cigarette, du cigarillo ou du havane — les jours de révolution intellectuelle dans le petit café de la rue Gitane !


               Pierre conduisait sa vie à grande vitesse, lancé tel un train, tel un élégant bolide rouge comme l’extrémité incandescente d’une gauloise sans filtre ! Pierre fumait avec passion, brûlait son existence par un seul bout, jusqu’à goudronner ses poumons — sur une épaisseur de deux centimètres —, les faisant ainsi ressembler à « une autoroute allemande » selon les analyses de son oncologue.


                Pierre, nous serons fidèles à tes 807 dernières volontés et, après que ton corps sera devenu poussière, nous déposerons tes cendres dans un cendrier sculpté ; alors, comme tu le croyais, tu te sentiras rassuré au milieu du tapis charbonné de nombreuses cigarettes, pareilles à des fleurs consumées, que nous allumerons et qui brilleront, comme des bougies ou des lucioles, pour baliser ta route vers le ciel !

vendredi 11 janvier 2013

papa


Ado, après les cours au lycée Descartes, un soir, elle vole une besace sac en toile kaki, molle et irrégulière, de forme similaire à celle de chasse de son père. Sauf que celle-ci est marron et immense avec des taches sombres de sang séché. Elle règle la longueur de l’hanse sur le côté. Alors, ce sac, elle se l'approprie : au centre elle dessine un peace and love sur le bord, au stypen trace le temps de l'anarchie et ça bave un peu. D’un vernis à ongles violet avec paillettes elle dessine, elle arrondit des expressions, elle dessine des volutes, elle gribouille. À chaque hectare fumé elle rajoute un détail délire. 


Bientôt le sac est couvert de dessins et quand arrive l'été 77 pays rajoute des pin’s, des petits badges en métal. C'est la mode des pin’s. En bas une grosse tache d'encre turquoise macule la toile. Le dedans est un peu sale, le stypen a fui. Souvent elle le pose entre ses jambes dans le bus 197. Son sac contient en plus des classeurs, des livres, des cahiers et des carnets ses foulards en soie indienne et les choses volées au Monoprix, ses récoltes qui changent suivant les jours. Elle a une scoliose à force de porter cette boîte à trésor ambulante, mais s'en séparer... Il flotte sur dans sac une senteur de patchouli mélangée à du santal poussiéreux. 


Ce n'est pas forcément un sac de femme. Un mec aussi peut le porter. Olivier y rajoute ses calligraphies rebelles, des signes de résistance, des détails punks au marqueur noir. Il porte la besace du côté gauche. Il le nettoie un petit peu, puis il y cale des gaz lacrymogènes, des bouteilles vides, un bidon d’essence, un briquet, un foulard pour protéger les poumons, du citron, des boulons, tout pour l’expression pendant les manifs. Tout pour lutter contre l’incompréhension du monde hostile qui les enserre et mettre celui-ci à sac. Pour détruire les murs dans les têtes et chasser le poids de tous les automnes de rentrée scolaire.

jeudi 10 janvier 2013

maman

                        
                      Sa mère ne veut pas qu’elle fasse petite femme. Pas femme modèle réduit. Pas femme. C’est une petite fille et elle doit paraitre ce qu’elle est. Onze ans. Ses copines ont des dentelles, du vernis à ongles, des colliers. Il aurait fallut avoir une autre mère. Sa famille part à Venise. La première fois qu’ils vont en Italie, le pays des gants, des chaussures, du cuir, des sacs.


                  À Venise sa mère lui offre son premier sac, en forme de petit sac de dam. Il se porte avec une hanse. Il est blanc, brillant, beau, 807 grammes de perfection . Elle le prend sans résistance. On ne peut pas mettre grand chose dedans. Il se ferme avec une pression qui fait Clic. Sa deuxième soeur a le même. En panoplie élégante elles ont reçu aussi des chapeaux, des gants doux. Il fait chaud. Elle se balade avec son petit sac sous le bras.


                  Elle ne fait pas petite femme. Elle ne fait plus petite fille. Que fait-elle ? Elle évite de s’attarder sur cette question, si elle y pense trop, elle s’effondre. Elle ne se comprend même pas elle même. Alors comprendre une femme, sa mère, comprendre les autres...

mercredi 9 janvier 2013

Trois morceaux d’une photo coupée en deux




J’ai passé l’après-midi dans sa chambre et j’ai trouvé, couché sous la commode, un coffret noir dans lequel il range des photos qui, me semble-t-il, ne nous appartiennent pas.



De toute façon, il est désormais impossible pour lui de fixer un nom sur le sépia, le processus de faillite ne s’impose aucune fin. Il roule. Ses photos je les aime plus que les autres car ce sont celles des gens qui disparaissent, perdus dans sa mémoire qui a fini par s’écraser sur la moquette. 



Sur les 807 photos, trois sont annotées au dos, d’une écriture qui commence à s’effacer et dont je n’ai rien pu déchiffrer. J’en ai volé une, celle d’une une femme sur une plage immense, placée tellement loin de l’objectif que son corps ne forme qu’un minuscule point au centre de la photo. Je ne savais pas où la cacher alors je l’ai coupée en deux. Puis je l’ai glissée sous mon oreiller.

lundi 7 janvier 2013

Contre-histoire de la philosophie de Chevillard




                   J’ai envie de répondre à Monsieur Chevillard qu’il était tard, ou tôt ce matin-là, quand j’ai lu son histoire de spécieux nénuphar, métaphore aquatique de la poêle à frire. Oui ! Car c’est bien cet objet de culte culinaire (hérésie d’Apollinaire !) qui est devenu le fruit défendu de nos vues antagonistes. J’ois déjà dans le sous-bois, sous une brise matutinale, un camp de lutins qui se poêlent !



                 Mais revenons à nos mouchons (petites mouches ou petits moineaux régionaux, à vous de choisir ?) ! J’ose rappeler à Monsieur Chevillard que les poêles à frire vont toujours par paire, comme les jumelles (charmantes têtes blondes, aux allures d’elfes, filles de mes voisins, qui aiment regarder au loin…). De plus, elles (les poêles bien sûr !) n’ont jamais rien frit sur leur peau antiadhésive ni même fricassé des fongus, et encore moins fricoté avec le premier venu. Non ! Les poêles, comme les pansements hypoallergéniques, sont stériles (elles ne se reproduiront pas ! Hélas, trois fois hélas ! lance Ménélas !) et à usage unique. Lors de grandes traversées transsibériennes (par bateau à voile ou avion de ligne), il est recommandé de saisir chaque poêle par la queue (un peu comme une souris verte qui courait dans l’herbe…) afin de les déposer sur chacun des deux yeux d’un humain normalement constitué. Ainsi, on obtient, à peu de frais, un magnifique masque de voyage pour profiter d'un repos bien mérité jusqu’à l’arrivée en gare de Vladivostok.



                Maintenant, il me semble inutile de chercher les 807 poils sur les œufs ou de se crêper le chignon. La poêle est au sommeil ce que représente l’huile pour le bronzage, la plus efficace des protections contre les piqures du soleil.

jeudi 3 janvier 2013

Jaunie




La poche droite de ma blouse est jaunie, un des gamins me l’a fait remarquer hier. Durant la récréation, je l’ai arrachée.


J’ai remarqué que certains fils commençait à se découdre et j’avais beau les rompre avec ma main , le tissu continuait de s’effilocher. Le retrait de la poche a fini par laisser un trou sur la blouse.


Je ne sais pas si c’est lié, mais j’ai aussi découvert que j’étais maintenant trop fatiguée pour descendre chercher les enfants, je me contente de faire un signe de la main. Un signe énergique pour que toute la classe remonte d’un bloc, et que je n’ai pas à leur gueuler dessus, pour la 807ème fois.

mercredi 2 janvier 2013

Apocalypse No-ël !




               Comme une vague géante, nous vîmes l’inflation s’abattre sur les marchés ; sur chaque étal, les prix des légumes, des œufs et des volailles augmentaient ; les prix des poissons gonflaient à vue de nez : cela empestait la crise économique ! Dans les rues, nos concitoyens affolés se ruaient vers l’entrée des banques, mais ils se brisaient les côtes sur des rideaux de fer.


                Voilà des jours qu’une guerre froide s’était ouverte entre notre peuple et tous les requins de la finance. Même dans les esprits les plus pacifiques, l’incompréhension engendrait la colère qui se répandait comme une traînée de poudre dans toutes les villes de notre pays : les vitres des boutiques volaient en éclats !


             Soudain, une horde de 807 transhumanistes — tout droit sortis des gerbes de véhicules en flammes — avança vers nous… Ils nous expliquèrent qu’à présent l’homme serait lui aussi augmenté ! Ils n'évoquaient pas la revalorisation des grilles de salaires, mais l’intrusion dans le corps de l’homme du savoir et de la force des machines. Ainsi naîtrait le posthumain aux capacités physiques et intellectuelles illimitées.

lundi 31 décembre 2012

Le cimetière de Rossenges


31 octobre 2009
















Google Earth, 31 octobre 2009 | élévation : 807 mètres


Le 29 septembre dernier il pleuvait des cordes sur Rossenges, il m’avait fallu écourter ma visite. J’avais eu beau ce jour-là tourner sur les hauts du hameau de l’Abbaye, le cimetière semblait bel et bien avoir disparu. Pas grand monde, une cinquantaine d’habitants pour me renseigner, je devais m’être trompé ou les cartes au 25’000 dont notre administration fédérale est si fière avaient manqué le coche ou de réaction. Que les morts ne soient morts que pour un temps, ici, au coeur de la Broye, me procurait une curieuse et nouvelle impression, j’ai quitté la colline songeur, s’il y avait un endroit où les cimetières devaient ne pas mourir, c’était bien ici. J’ai repassé dans le coin il y a une paire de jours, il faisait beau, un vieux de la commune m’a raconté : le cimetière a été désaffecté il y a quelques années parce que les gens n’y enterraient plus leurs morts, qu’ils préféraient Moudon, son cimetière et son four crématoire, c’est moins cher. Sans compter que cette décision simplifiait le travail des paysans, pensez donc, cher Monsieur, les tracteurs devaient jusque-là tourner autour des morts, dans notre métier le temps compte, sachez-le, ce cimetière était plus embêtant qu’une verrue.  Je me décide aujourd’hui à jeter un coup d’oeil sur Google Earth, le satellite a rendu visite à la commune de Rossenges le 1 août 2012, il n’y a déjà plus de cimetière. Le menu Affichage | images historiques m’invite remonter le temps, le 26 mars 2012 – les ombres des toits laissent penser que c’était le matin – le cimetière n’a pas réapparu. C’est seulement à l’occasion de son passage le 1 août 2009 que le cimetière trouve sa place entre prés, pommes de terre et blé. Rossenges a donc rempli les conditions pour la désaffectation de son cimetière qu’énumère le règlement 818.41.1 du canton de Vaud sur les inhumations, les incinérations et les interventions médicales pratiquées sur des cadavres du 5 décembre 1986. La désaffectation des cimetières est en effet du ressort des autorités communales s’il s'est écoulé moins de trente ans depuis la dernière inhumation, à moins que le département ne donne son accord. La désaffectation est portée à la connaissance du public au moins six mois à l'avance, les objets et monuments garnissant les tombes sont repris par les intéressés. Les ossements humains aussi, si les proches le demandent, mais à seule fin d'incinération. Sinon les ossements resteront en terre, ou la commune les placera dans un ossuaire, ou elle les incinèrera. Rien ne se perd rien ne se gagne. Pas sûr cependant que la piscine creusée par l’un des habitants de Rossenges à la pointe nord-est de la commune ne remplace avantageusement le cimetière de Rossenges.





















Google Earth, 1 août 2012 | élévation : 807 mètres 

dimanche 30 décembre 2012

mois




tu vois on se fatigue avec le temps
les rides tirent la peau se détend




la pluie dehors nous ressemble
joues en façades nuages en larmes
on voudrait s'arrêter enfin prendre le temps





et couper court aux 807 armes
de nos 67 ans

jeudi 27 décembre 2012

La déviée.

C’est une maison, en bord de tout.
Le chemin n’a pas de nom, juste un numéro, le 807.
Secouée par les vents. Dorée par le soleil. Usée par son histoire. Comptée par le temps.
Domptée par son silence.
Elle est là. Impatiente. Enervée.
En prenant son café, déjà ce matin, elle s’est tâchée le pantalon. Agacée. Pieds nus, elle a glissé, la chatte sur ses talons, vers la terrasse. Le jour ne se faisait pas prier pour se lever, avec son insolente lumière.
Les deux mains, posées bien à plat sur la table en fer forgée, froide et humide encore, ses yeux en vague, son sourire en coin, elle y pense.
Encore.



Au loin, sur le muret, la chatte lui lance un dernier regard, avant le saut sur le sable, de l’autre côté. Surement quelques mouettes à chasser, certainement quelques poissons à narguer.
La matinée sera longue.
Elle raffole de la discrétion de la maison, son apaisement la reconstruit.
Comme une méridienne sur laquelle on s’allonge en douceur.
Une câlinerie que l’on s’offre.
Un temps.
Un souffle.
Une déviation, empruntée au hasard d’un souhait.
Ce choix est toujours à l’heure.
Excessif de lui-même.




Elle y arrivera.
Elle tient toujours ses promesses, même pendant les nuits.
Surtout le jour annoncé de la fin du monde.
C’est maintenant.
 C’est demain.

mardi 25 décembre 2012

De l'espionnage et du scandale

                             Tout va bien pour les 807, merci, qui infiltrent les jury de prix littéraires et les télévisions d'état tout en jouant au piano une musique hypnotisante et inquiétante avant de conclure par une énigmatique phrase sur l'humain qui vous fait trembler jusqu'à l'ADN.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    Mais tout semble être au plus mal pour Éric Chevillard dont le plagiat éhonté de Tromboline et Foulbazar, Le bébé bonbon, vient d'être démasqué par nos services secrets, mais nous ne pouvons rien dire de plus ici sous peine de dévoiler une partie d'une partie d'une des intrigues de son dernier livre L'Auteur et moi.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         Et un jour, moi aussi je serai lu par Nathalie Dessay

vendredi 21 décembre 2012

21 ans



on s'est épousé


on a eu 807 enfants


on a divorcé

jeudi 20 décembre 2012

1509. Flamme


Comme un mois de décembre sans fin
Tunnel éternel
Où est le jour ?


Demain peut-être
Ranimer la flamme
Menant vers l’oubli de ces nuits infinies


Se donner 807 raisons d’espérer


mercredi 19 décembre 2012

1508. Journée


                 lorsque la place se vide ce sont les rues qui s'emplissent et le bruit et les fumées d'envahir la ville comme pour accompagner



                 lorsque les rues se vident la ville suit et le club 807 de briller seul toute la nuit


                 au matin tout reprend ballet incessant 

mardi 18 décembre 2012

Appétit de tout

                  Attention, des contrôleurs montent dans notre rer !
Pique encore un portefeuille avec attention avant de jouer la fille de l'air.
Retournons prestement au campement faire un bilan
et décider ensuite dans quel restaurant claquer notre argent.
J'ai appétit de tout et adore le foie gras,
sa douceur salée me met dans milles états.
Dérobe maintenant avant qu'on ne nous mette nus.
Dérobe et filons avant la garde à vue.



                  Qu'est-ce qui gargouille et qui enfle beaucoup ?
Ma faim augmente fort et je salive comme un fou.
Car toi mon gars il faut que tu gagnes mieux ta vie
que tu te fasses beau, pour que tu fasses envie.
Ma vue perçante m'alerte et nous devons partir
dans ma roulotte un trésor refuse de dormir,
mes frères le gardent chacun à leur tour.
Après toi eux aussi ils sont mes amours.




                  Auprès du feu nous nous retrouverons,
dans mes bras nous nous pelotonnerons,
le rythme du vent chantera dans nos corps,
divin enchantement et nous dirons 807 encore…
Et sais-tu que le rêve t'irait à ravir ?
Pour l'autel, il est sur que c'est la solution !
Vivement qu'arrive ce jour où nous unirons,
main dans la main ensemble nous chaparderons !
 

lundi 17 décembre 2012

"formule triptyque, début, milieu, conclusion ou conclusion, milieu, début"


                       
                       le vélo dans l'entrée pas d'ailleurs pour le ranger elle n'appréciait pas pourtant c'était tous les soirs comme le matin il était là posé contre le mur de l'entrée gênant à peine le passage de son chien


                       en voiture elle était malade si ne conduisait alors toujours on marchait et moi détestant ça je lui avais acheté un vélo il était doré c'est pour toi mon trésor et dessus elle n'est jamais montée


                      on avait mis de côté on ne voulait pas emprunter une auto à nous c'était ça l'idée et partir voyager les routes les autoroutes inlassablement parcourir découvrir du paysage du monde faire le tour            

vendredi 14 décembre 2012

1504. Baston.

           

                         Elle baisse son foulard. Mains en avant Clémence lui fonce dessus, elle attrape le dos de son blouson, Olga se dégage, son gros sac tombe, corps a corps... Elle galope, se précipite dans la tente, se fond dans la foule,  le blouson sombre accroché à ses mains, Clémence fait une mine dépitée... Bastonerre: - Mais fallait la tenir, bien l'agripper. T'es manchot ou quoi ?
-Manchote à la limite. C'est toi qui crains. Tu es complètement à  la masse ces derniers temps, t'aurais pu la chopper quand même.
- N'importe quoi, et ce sac, c'est pas le sien ? 



                        Ils fouillent les poches du blouson, l'intérieur de la besace kaki, ils en sortent des boulons, deux bombes lacrymos, ils étalent tout par terre. Clémence: - Vérifie le fond.
Bastonerre le retourne, boummm, un objet tombe sur le sol, un bout de bois prolongé d'une chaîne avec une boule en acier recouverte de pointes acérées.
- La vache! Où c'est qu'ils dégottent des trucs pareils. Quels tarés.
Clémence ramasse les lacrymos, les met très rapidement dans ses poches. Elle marmonne

- Bon,  c'est réglé.



                        Bastonnerre hausse le ton: - Mais tu fais quoi ? Il faut les récupérer, il faut les amener dans l'armoire,  toutes les armes récupérées sur le terrain sont ramenées à l'armoire de la compta. C'est toi qui l'a dit. On a toujours fait ça, règle numéro 807. Clémence le regarde en penchant la tête, léger sourire:  - Faut bien que j'ai de quoi me défendre. T avais qu'à pas regarder. T'as qu'à la fermer.

jeudi 13 décembre 2012

1503. ...cou...tu...re...

                        ....le fil de mon discours, je parlais de quoi déjà, le fil, je l'ai perdu, ça va revenir, tellement de choses à dire s'agitent dans le palais de ma bouche...que je ne peux prévoir à l'avance, ça déboule à la va-vite-comme-je te pousse, aucune idée, la seconde avant de ce qui va sortir, mais une fois lancée c'est impossible que ça s'arrête... j'aime tellement les mots que je ne peux pas m'empêcher d'en dire du soir au matin et d'en sortir encore et encore même toute la journée...


                        ... et même la nuit, ils sortent de mes lèvres comme 807 saumons pressés tous ces mots qui giclent derrière mes dents et arrivent en rafale, ça y est j'ai retrouvé le fil...


                         ... tellement de mots et de paroles que ça commence à être fatiguant pour mes maxillaires et je n'arrive pas à finir de parler alors qu'il faudrait... je veux dire par là que ça serait nécessaire de ralentir mon débit, oui, d'en dire moins, moins cracher de venin... que ça arrête de passer en sifflant du larynx au palais avant d'être propulsé au devant des incisives dans des micro-projections de salive... mais je ne peux pas me retenir de causer maintenant, le silence ferait un trou dans le blabla... les mots que j'aimais tant débordent de ma bouche... toujours trop il en sort, mes joues acides tremblent et j'en parle, ma mâchoire brûle et je le raconte aussi, quand le robinet se bloquera-t-il... il faut que je me couse la bouche, à gros points, vite mettre la main sur une aiguille, vite, du fil et une aiguille...

mercredi 12 décembre 2012

Chevaleresque Chevillard



                          Aujourd’hui, jour de la Saint-François, Cloclo est de retour, mais le cyclone Claude ne doit pas emporter nos artistiques contemporains dans son maelstrom médiatique. Au hasard, j’ai donc choisi le chevaleresque Éric Chevillard. Enfin, voilà un gracieux romancier qui brille par sa discrétion ! Ce pudique artisan du verbe taille ses diamants dans la pierre d’alun et la glace fondue du pôle de la psyché d’un curiste islandais flânant dans les rues du vieux pays dijonnais !
Cet auteur porte le casque d’Hadès ; ce heaume le rend invisible, mais, aussi, invincible ! Gageons que Chevillard est le seul à pouvoir démâter un canot pneumatique, tel Poséidon, avec la force tranquille de sa verve ! Mesdames, attention ! Ne lisez pas « verge », entre les lignes, car je ne pourrais ramer sur ces eaux intimes, sans subir les foudres de l’auguste artiste.



                         Éric Chevillard excelle dans l’art et la manière d’étendre, sur le fil du rasoir, le petit linge du quotidien. Lui, qui aime les fourmis et les girafes, sait combien il est difficile de rouler sa bosse sur le dos d’un chameau. Ainsi, Chevillard éclabousse notre face de lecteurs venimeux avec l’élégance de son humilité. Il a percé les 807 mystères de Paris, et sa plume est la seule capable de fendre la croupe toute munificente d’un éléphant d’Asie, assis sur une pile de disques de « Cloclo ». Qu’on ne s’y trompe pas, Éric Chevillard n’a pas l’usage de défenses pour taper à la porte de son éditeur ; il utilise, tel un druide, la branche d’un arbre vengeur ou l’éclat d’un ver luisant à Minuit, pour annoncer sa venue.


                       Où passe Éric Chevillard, le verbe ne repousse plus et le poil non plus d’ailleurs.

mardi 11 décembre 2012

Délices de la microgastronomie française.



                      On nous proposa d’abord un grand champagne aux 807 bulles légères auréolant de fins dés à coudre en cristal, puis le serveur, dans son élégant complet noir, nous apporta une minuscule assiette délicieusement décorée de saveurs exotiques ; s'ensuivit une traîne de micros plats, aux parfums les plus délicats, accompagnés de vins millésimés versés dans des micros verres adamantins.


                    Apogée : sous nos regards éblouis, le dessert (un soufflé à la noix de coco et son brocart de chocolat noir couvert d’un voile perlé de menthe poivrée) fut dressé dans une verrine de Baccarat.


                     Ainsi, nous quittâmes ce somptueux restaurant gastronomique avec l’étrange impression d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre et, après quelques pas mal assurés, dans le premier caniveau venu, nous mîmes —  bile aux lèvres, teint jaunâtre et yeux pissant des lames de rasoir — à vomir tout notre soûl ! Gare à la nouvelle cuisine moléculaire qui vous atomise aux quatre coins de Paris, par petits bouts, façon puzzle !

mercredi 28 novembre 2012

Une bonne nouvelle



                             Le téléphone sonne. Répondeur. « Bonjour madame, votre recueil de nouvelles va être édité, rappelez-nous »


                             Prostré dans le fauteuil, Boris écoute, voilà déjà bien longtemps qu’il ne décroche plus le téléphone. C’est une voix féminine, jeune, assurée, pressée, tellement sûre d’elle qu’elle n’a même pas mentionné le nom de la maison d’édition, ni le numéro à rappeler, comme si cela allait de soi. Mieux vaut qu’il ne sache pas, qu’il ne creuse pas, parce que ça pourrait mal finir. Face à lui, la télé, son coupé, 807 images qui défilent, dans sa main gauche la télécommande, il appuie sur les touches comme un fou, zappe, zappe, zappe. Elle détestait ça. A sa droite, sur la table basse, des canettes de kro, un cendrier plein. Il envoie la télécommande valdinguer par terre, télé bloquée sur des gens qui rient comme des cons, allume une clope, tire quelques tafs nerveuses et se met à trembler. Le tabac et l’alcool le tueront, tant mieux, il n’attend que ça. Il laisse la cigarette se consumer dans le cendrier qui déborde et se prend la tête entre les mains. Sur la table basse, à côté du cendrier et des canettes, un paquet de feuilles froissées et tachées à force d’avoir été lues et relues, et jamais éditée.


                           Une petite tache de sang sur la première page, à droite. Son suicide, Emilie ne l’avait pas raté.


vendredi 23 novembre 2012

Fruits de la passion


 
                   Depuis la nuit des temps, nous chassons ces fruits sauvages qui nous piquent les yeux avec leurs 807 épines. Nous armons notre lance-pierre et nous leur tirons des pépins de pomme en plein milieu de leur tête de poire. Bien qu'ils aient une couleur lie de vin, nous en raffolons ! Nous marchons sur des kilomètres pour en manger. D'ailleurs, ces fruits sont toujours en grappe pour nous impressionner : ils jouent l’effet de groupe, car ils ont compris que nous chassons seuls !


                     Nous ne comptons plus le nombre de fois où nous sommes tombés en déconfiture, à même le sol, un peu comme si nous avions poussé mamie dans les orties blanches. Nous sommes des hommes à tête de chou et nous n’avons pas un clou de girofle à nous planter dans la narine pour ressembler à un vrai guerrier.


                      Ces fruits nous piègent trop souvent avec leur peau glissante sur laquelle nous posons un pied marin, mal assuré. Résultat : nous terminons notre course dans les fougères, le nez sur un nid de fourmis rouges ; et nous rentrons au village avec la gueule comme un panier de fraises !




 

mardi 20 novembre 2012

Conte d’été (Derrick Romhair)



                       —     L’été est fini ! On devrait tourner la page huit, tu sais ! lui ai-je dit, avec une petite voix mélancolique. 
     Tu devrais peut-être la lire avant de partir ! m’a-t-elle répondu, en chuchotant comme le vent dans le cœur des arbres.


                       —      Ce que cent femmes veulent, Dieu le veut ! lui ai-je répliqué, pour me donner un air spirituel.


                    Et sur le blanc immaculé de sept feuilles de papier glacé par ce dernier coucher de soleil estival, elle avait écrit — avec toute la force imaginative de son rouge à lèvres pailleté — une phrase qui danse encore à mes oreilles : « Casse-toi ! Pov con ! »

samedi 17 novembre 2012

Bricoles et vigiles

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                       Le Père Noël n’existe pas et je ne mesurerai jamais un mètre quatre-vingt. Je raye vigile de la liste des métiers que j’aimerais exercer dans un futur proche.
Toutes ces illusions qu’on avait, qu’on couvait et qui fondent comme neige au soleil. Prennent l’eau comme une vieille barge délaissée maintenant qu’un pont relie les deux rives.
Et pas question d’écoper, il faut s’y faire, soit être comme on est. Il faut y aller. 



                     - S’il vous plaît, mademoiselle, votre sac!
- Ok, je vous l’ouvre, que des bricoles, 807 bricoles... 
807 est le sésame pour le service de sécurité du musée. La vie réelle bruisse de ces nombres particuliers qui font franchir les portes. Le vigile ne vous fait pas asseoir, il a la main dans votre sac à dos comme s’il y touillait une bouillie primordiale, vous lui dites « eh, faites attention, s’il vous plaît, j’ai des trucs importants !»
« Vous trouvez ça drôle de nous compliquer la vie ? » répond-il en vous poussant dehors, avec votre sac débraillé dans vos bras.  



                      Les vigiles ne savent pas ce que représentent les sacs pour les filles. En plus, il m’a tordu le bras, le sagouin, et l’écran de mon téléphone est tout taché de ses gros doigts. A Londres, gare de Saint Pancras, les douaniers anglais mettent des gants avant de plonger dans vos bagages.
Sur la liste, je rajoute Coach pour vigiles. À la 807ème place, quand même.

mercredi 14 novembre 2012

Ailes brisées


                      - Si j’étais optimiste, je dirais que mon sujet me bat un peu froid, qu’il souhaite prendre de la distance, qu’il est froissé de mes balourdises, qu’il attend que je me ressaisisse pour mieux me rouvrir sa porte et me dire, d’un ton mi-paternel mi-professoral : aller, avec un bon coup de collier, tu vas finir par y arriver ! Mais en homme lucide, je préfère parler d’un fiasco définitif. Ah ! ce sujet ! J’étais vraiment parti pour lui faire mille grâces, l’inviter à danser une très longue pavane, mais ces jours-ci il ne me voit même plus, fait mine d’être occupé avec d’autres, se perd en entretiens savants, avec des mots obscurs qu’eux seuls comprennent, je les entends brasser des concepts, et dès que je m’approche d’eux le petit cercle s’esclaffe.  J’imagine qu’ils se disent : quel sombre idiot ! Il y avait tant de sujets faciles, la Campagne de Russie, l’impératrice Eugénie en ses jardins, l’histoire de la porcelaine de Meissen... mais non, ce petit bonhomme avait des ambitions plus hautes !



                - C’est vrai que tu étais quand même parti pour dix bonnes années de travail en bibliothèque avant d’oser seulement le saluer de loin, ton fameux sujet...


 
                        - Et pourtant j’avais déjà un bien joli titre : 807, idéal ou idéel ?

lundi 12 novembre 2012

Vous qui entrez ici


                         « Je n’y retournerai pas deux fois ! » se dit-il à la sortie du col de l’utérus. Laissant derrière lui matrice mouillée et moelleuse, il décide de s’engager, dans la vie pour commencer.




                         « Je n’y retournerai pas deux fois ! » se dit-il à l’entrée du four du crématorium. Lui qui laisse derrière lui 807 choses inachevées s’apprête enfin à terminer quelque chose.

samedi 10 novembre 2012

Un dernier tour au Parc.


                           Remarquez les baies rouges et les fleurs blêmes, profusions échevelées se déversant des arbres des jardins. Un jogger croisé ainsi que deux petits enfants trainés par leur grand-mère. Au Parc revient brouillée la silhouette d'un homme qui fumait en descendant quelques marches, dégaine entraperçue à la résidence La Fontaine. Point de départ. Au Parc, se défaire fissa des murs imaginaires. Au milieu de la verdure, une rivière revoit le jour. Il pourrait être amer, ce flux boueux, vaseux, stagnant en fine couche sur un long aplat de béton, eau sombre charriant quelques cailloux et s'insinuant entre vert et ocre, stries d'herbes courtes ou trainées argileuses. Bordant la rivière, une large pelouse aux brins verdoyants dont le parfum piquant se dilue dans la brise fraiche. Elle s'élargit sur une vingtaine de mètres. De gras bosquets aux feuilles à éraflures la longent, ainsi que des saules pleureurs. Sont-ils aussi doux que leurs lianes le semblent, quand épaisses et aérées ou bien nues, elles se balancent dans la brise, s'inclinent précisément dans la lumière dorée, 807 rubans oscillants sur le même lent tempo ?


                          Vif, le vert d'herbe, il s'étend au delà du décrochage bétonné qui traverse tout l'espace en contre-bas. Sur toute sa longueur, un fin filet d'eau s'y traine, y flaque d'ici à au delà. Contigüe, l'étendue herbeuse jusqu'à un promontoire où elle se plie en trois haute marches. Pour aboutir sur un grillage et derrière un chemin, puisque deux petits marcheurs et un chien minuscule avancent en ligne. Quelques peupliers grisâtres ceinturent le fin fond du Parc, qu'une trouée, cernée par deux larges masses de saules. Aiguisées, leurs branches verticales cachent autant l'entrée que la sortie vers le bassin de recyclage. Leurs troncs sont verticaux et sobres, tandis que les ramures se caractérisent par des traits chaotiques, longs hameçons tremblants dont les mouvements hypnotiques ne ramènent aucune prise. Pendant un instant un rayon solaire allège les futaies molles, un corbeau apparaît, aussi furtif qu'un dernier expire. Sur la jetée qui surplombe la rivière, un tag tracé à la peinture blanche : Dieu a un plan pour chacun, l'enflure.


                          Dans le pavillon de mon oreille gauche vrombit un ronronnement mécanique qui s'accentue, décroit, s'efface. Dans celui de la droite un pépiement aigu, sec, note suspendue dans l'air entre deux silence, un pépiement, répétition. Quand avec le vent vaguelettes de frottements, les feuilles résonnent de concert. Longue plainte grave d'une moto filant vers Fresnes. Les bruits flous des végétaux se déploient quand ceux des moteurs se dessinent nettement. Son froissé des graviers écrasés par les baskets des joggers, halètements secs du clebs à la balle rouge dans la gueule. Traversées par un souffle, les feuilles argentées des bouleaux crépitent, bien plus crissantes que celles des saules, quand derrière moi une mélodie criarde fait se décrocher un portable. - Ah oui, ah bon, dans le four répond une voix perchée. Plus tard, silence revenu, plus tard les futaies s'animent les unes après les autres avec délicatesse quand le grondement étouffé d'un avion écrase les autres sons. Longeant les buissons taillés, les sapins bleutés, les mimosas encore fleuris et les flèches barrées, la promenade se replie. Point final. Quelques trouées de lumière quand s'éloigne le zigzag d'un enfant après un détour à la boulangerie.

mercredi 7 novembre 2012

Dans les choux


                       Savez-vous les planter, ces crucifères ? 

 

                       Eric Chevillard, bienheureux inspirateur des 807 grâce à autant de brins d'herbe (quelle idée !) ne désavouerait pas une telle propension à gloser sans fin sur des propos les plus anodins.


                       Pourvu que la truite amendée ne se transforme pas en infâme gratin.

lundi 5 novembre 2012

Doigt dans l'oeil !


Huit : au royaume des poutres, l’œil de l’homme fait figure de paille.


Cent : il me sera toujours plus facile de crever l’œil d’autrui que de crever l’abcès entre lui et moi.


Sept : en fait, ce n’était pas une larme qui coulait de son œil de verre, mais le reste d’un vieil écoulement nasal.