mercredi 14 mars 2012

Avant après

Il s’en était fallu de peu. Mais il était là.
Il attendait. Il était un peu plus de six heures et il faisait beau.
Devant lui, une jeune femme faisait les cent pas. Quelque chose passa au-dessus de la jetée. Il se dit que. Mais il n’eut pas le temps de finir sa phrase. C’était maintenant, maintenant ou jamais.
Le soleil semblait jouer avec les cheveux de cette femme qu’il ne connaissait pas. Machinalement, il essaya de penser à une idée toute faite. C’était facile. Et il lui dit deux ou trois mots qui se perdirent dans le bruit que fit un grand rectangle noir qui entra soudainement dans le port. Il comprit alors que son effort ne s’imposait plus et il se tourna vers la ville (les vagues pourtant toutes proches disparurent).
Un camion passa rapidement devant lui. Il ne le regarda pas longtemps mais assez pour retenir quelques-uns des chiffres qu’on avait peints minutieusement à l’arrière. C’était un numéro de téléphone qui finissait par 807.
Au même instant, il vit dans la vitre du café où il avait déjeuné la veille, la silhouette de la jeune femme se refléter. Elle agitait ses bras en direction du bateau qui venait d’accoster. C’était bien le grand rectangle noir de tout à l’heure. Il se retourna et tira deux fois dans leur direction. La jeune femme s’écroula. C’était fini. Il regagna la ville en douceur.


2 commentaires:

  1. J'aime la dernière phrase... la coda.. ( :-) )

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  2. Moi aussi, et toutes les autres... le Cauda...

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