Bonne nouvelle pour les fans de Johny Shine ! Le rocker texan nous offre enfin un nouvel album à la hauteur de son talent, subtil cocktail d’un rock incendiaire et d’un blues 100% roots. Keep cool, old rebel! est sans doute son meilleur opus depuis Shine on/Shine off. On y retrouve le fennec psyché d’Austin au meilleur de sa forme. Riffs saignants dans Guns don’t laugh ou Is that you? , aux allures de rock garage teintés d’accents hendrixiens, guitares ciselées et intimistes comme dans One more fix, blues lent et hypnotique au climat d’apocalypse, ou encore Gimme that stuff dreams are made of, lourd et graisseux à souhait. Et cette voix, toujours un peu plus éraillée par le temps et les excès en tous genres, mise au service de lyrics qui sont autant de perles d’écriture : à écouter de toute urgence, Hanged over, description surréaliste d’un lendemain de cuite, ou No beer, no love, réflexion désabusée sur les rencontres d’un soir. Quant au single, 807, que dire d’autre sinon qu’il s’agit d’un pur joyau ? Pas de doute, Johny Shine en a terminé avec sa traversée du miroir...
Déclinaisons d'un aphorisme d'Éric Chevillard. "804… 805… 806… j’avais très rigoureusement repris le compte des herbes de mon jardin en pliant celles-ci au fur et à mesure, cette fois, afin de ne pas me tromper, mais à la 807ème ortie, ma main enflée, engourdie de douleur, n’est seulement plus capable de bouger les doigts, j’abandonne."
samedi 30 avril 2011
vendredi 29 avril 2011
Les tourments d'Éric Chevillard

Levé à l’aube, j’ai démarré ce matin l’entreprise si souvent différée qui devait compléter l’enquête que je mène depuis un certain temps déjà sur un large pan de l’œuvre d’Éric Chevillard et, plus spécifiquement, me permettre de saisir la raison pour laquelle il s’était arrêté là de son décompte, 807, un mardi de janvier, dans ce qui devait être à l’évidence un jardin sous cloche ; pourquoi l’homme a reconduit une telle entreprise un jeudi de septembre – de la même année – au prétexte qu’il souhaitait connaître le monde – dans une pelouse cette fois-ci ; pourquoi il a demandé un jour de novembre – alors que les prés sont maigres – sa réadmission dans le pavillon des aliénés qu’il n’aurait jamais dû, dit-il, quitter ; pourquoi enfin cette œuvre qui l’effraie tant, son œuvre l’a conduit tout naturellement à soupçonner qu’elle était celle d’un autre. Je vous passe le détail. L’homme est aux abois, incertain de l’avenir. Pourra-t-il achever cette œuvre qu’il dépose brin à brin dans les rayons des bibliothèques du monde avant que celles-ci, si tôt déjà et il le sait, ne soient désherbées par les mains inexpertes de quelques fonctionnaires qui, tout comme lui, n’auront su de leur vie distinguer le merle au chant humide du corbeau aux sinistres présages ? Il ne reste à cet homme rien d’autre que la dérision en porte-à-faux, celle de l’homme tard venu qui découvre à la fin la confusion dans laquelle il fut, dernier cri de la littérature de pavillon, lorsque le génie se réveille et prend conscience avec effroi qu’il aurait pu ne pas être le premier serviteur des écrivains des pelouses, mais l’Alexandre de ceux des pâtures, celui qui dénoue, se dresse avec hardiesse au milieu du pré, deux poignées d’herbe portées au ciel, ultimes offrandes adressées à Dieu qui connaît le secret chiffré de ses tourments.
jeudi 28 avril 2011
Réglement de comptes
Toutes les fées du royaume de l'édition sont au bord de la crise de nerfs : laquelle aura le privilège de jouer la mouche du coach auprès d'Éric Chevillard ?
Laissez donc les kalachnikov au vestiaire, tel Pâris, Franck est là pour arbitrer le conflit. Les maigres brins d'herbe de sa pelouse, une fois séchés, devraient lui permettre d'éviter la guerre des trois en deux cent soixante neuf courts tirages.
Laissez donc les kalachnikov au vestiaire, tel Pâris, Franck est là pour arbitrer le conflit. Les maigres brins d'herbe de sa pelouse, une fois séchés, devraient lui permettre d'éviter la guerre des trois en deux cent soixante neuf courts tirages.
mercredi 27 avril 2011
Naissance de l'écriture du 807

Il avait une grande disette prévue dans les jours précédant la grande visite du roi Gilgamesh causée par l’afflux des curieux venant de toute la Mésopotamie pour assister à l’événement. Il fallut stocker, garder, énumérer, concevoir un mode de faire permettant une gestion des richesses céréalières et comme il avait fallu 807 grains de blé pour la création d’une recette de galette spéciale fêtant cet étonnant moment historique, on grava sur les tablettes d’argile, avec le roseau, ce signe qui nous hante encore aujourd’hui. Hors, une réalité, elle-même en relation avec un mot d’une langue déterminée est portée par un ensemble de signes graphiques naturellement perçus comme l’expression visible de la globalité du signifiant linguistique. En d’autres termes, grâce au fruit immédiat et irrémédiable du système prouvant qu’une simple écriture de signes est capable de rendre les segments d’un discours en relation avec une quelconque activité gestionnaire, on comprend l’irrémédiable aboutissement graphique de ce système par désir de mémoire historique, non sans être accompagné, nombre de détails le prouvent, par un système phonique concomitant. L’exemple du signe GI est de ce point de vue tout à fait révélateur. En effet, dès ses plus anciennes attestations, le signifiant de ce signe représentant un « roseau » est utilisé sur le principe du rébus pour rendre un terme homophone. GI signifiant en sumérien « recette » et non pas soldat de tribu étrangère comme il le devint bien des siècles plus tard dans une région voisine du pays sumérien... quoique...
mardi 26 avril 2011
Vieillissement précoce des corps roses
Il y un an de cela, sur la table à langer, Cornaline faisait moins la maligne.
Et quelles autres trouvailles, dans 807 jours ?
Et quelles autres trouvailles, dans 807 jours ?
lundi 25 avril 2011
Un papillon de tissu
Ils étaient 8 : les 2 mariés, les 2 témoins, les 4 parents. C’était le mariage le plus restreint que l’adjoint au maire avait jamais vu ! Le minimum syndical. Ils n’avaient donc aucune famille, aucun ami, ces gens-là ? Et le repas de noce ? Et la fête, oui la fête ? De quel teneur allait-elle être ? Le brave administré osait à peine y penser... Pourtant, elle était jolie la mariée, dans sa petite robe blanche toute simple, sans traîne, sans voile mais avec un beau papillon de tissu dans les cheveux. Et le marié, à l’étroit dans son costume bleu marine la dévorait des yeux...
Aucun enfant n’est venu agrandir leur famille, n’est venu illuminer leur bonheur déjà là. 0. Aujourd’hui ils sont 7 : le marié, engoncé dans son costume bleu marine, les 2 témoins, les 4 parents. Ils pleurent. Ils pleurent la jolie mariée qui a quitté sa robe blanche pour aller rejoindre les anges du ciel. Sur la tombe refermée, un papillon de tissu est posé...
Aucun enfant n’est venu agrandir leur famille, n’est venu illuminer leur bonheur déjà là. 0. Aujourd’hui ils sont 7 : le marié, engoncé dans son costume bleu marine, les 2 témoins, les 4 parents. Ils pleurent. Ils pleurent la jolie mariée qui a quitté sa robe blanche pour aller rejoindre les anges du ciel. Sur la tombe refermée, un papillon de tissu est posé...
dimanche 24 avril 2011
Nuit garou
Dans cette nuit absente de lune, on n’y voit goutte. On avance à l’oreille, dans un raclement de gravier. Du plat sous les semelles. La route. La sueur dégoulinant jusqu’aux tempes, courir, courir, yeux écarquillés pour déchiffrer les ombres, nos enjambées s’étirent sans fin... Sur la droite, une branche craque. Tout en courant tourner la tête, 807 feuilles viennent de frémir, deux lueurs percent l’obscurité. Frisson glacé le long de la colonne vertébrale juste de percevoir un grognement. Sans se retourner, foulées sur le goudron, on accélère. Dare-dare la course acide, la course à tout rompre. Des jappements acérés se rapprochent petit à petit. Les mollets brûlent, la bouche s’assèche. La peau perçoit la silencieuse vibration de l'air. Qu'est-ce qui se tapit entre les buissons secs, quel estomac se tord, quelles babines se relèvent. À qui ces griffes qui raclent ?
On jouerait un rôle dans une chasse, un rôle quelconque. Tout est clair comme en plein jour. Quelle odeur de chair réjouissante. On s'expose, on gagne encore du terrain. Rugir ce n’est pas la peine. Avant le bond, se contracter, la fraîcheur de l’air fuse le long du dos, s'exploser, s'élancer, une douceur ouatée amortit l’élan de notre patte gauche. On touche au but. Dans des éclairs de griffe, on déchiquette facile. Faucher ainsi chaque nuit et que jaillisse le flot chaud du festin. Les os se broient facilement. La moelle est délicieuse. On n'a pas rugi, ce n’est jamais la peine. Les crocs sortis, la viande est vie. Des vautours se décrochent la mâchoire dans l'obscurité et ça fait des petits clics.
On jouerait un rôle dans une chasse, un rôle quelconque. Tout est clair comme en plein jour. Quelle odeur de chair réjouissante. On s'expose, on gagne encore du terrain. Rugir ce n’est pas la peine. Avant le bond, se contracter, la fraîcheur de l’air fuse le long du dos, s'exploser, s'élancer, une douceur ouatée amortit l’élan de notre patte gauche. On touche au but. Dans des éclairs de griffe, on déchiquette facile. Faucher ainsi chaque nuit et que jaillisse le flot chaud du festin. Les os se broient facilement. La moelle est délicieuse. On n'a pas rugi, ce n’est jamais la peine. Les crocs sortis, la viande est vie. Des vautours se décrochent la mâchoire dans l'obscurité et ça fait des petits clics.
samedi 23 avril 2011
Johny Shine / down on the road
Dernier accord plaqué, Johny Shine profita des cris et sifflets enthousiastes du public pour se diriger vers la batterie. Là, il se pencha, saisit la serviette éponge qui l’attendait et s’essuya rapidement le front et la nuque. Puis, s’approchant nonchalant du micro, il éleva sa main droite en direction de la foule et, profitant de la soudaine accalmie, lança dans un souffle rauque : The next one’s called : 807...
vendredi 22 avril 2011
N'a jamais été, de toute façon, très people
Dans ce café où j'ai mes habitudes, soudain entre, pull-over marine, jean blue et Converse blanches : Alexandre Jardin. Je l'entends débattre, avec un homme qu'un pilier de bar (en bois) me cache, de trajectoires amoureuses. J'invoque 807 fois mentalement le nom d'Éric Chevillard et rien ne se passe. J'invoque 807 fois en murmurant (certes un peu fort) le nom d'Éric Chevillard et voilà que le bougre tourne à peine la tête vers moi, en me souriant d'un air à la fois étonné et navré. Je sors un de mes 807 exemplaires de Dino Egger et m'avance à pas glissés et par surprise frappe à toutes forces et 807 fois la tête de cet inconvenant !
Me rendant compte, haletant, tremblant, bavant que j'y suis allé un peu fort, je daigne accompagner le mourant aux urgences : après tout, ce n'est pas parce qu'il gâche du papier qu'il n'a pas droit à un filet de respiration. Après deux changements de bus (quelle circulation !) nous arrivons sans espoir à l'hôpital, j'extirpe alors de la masse sanguinolente son portefeuille en daim pour y chercher la désormais bien ironique Carte Vitale, et c'est à mon tour de m'évanouir quand je lis l'état civil du râlant râleur que j'ai sous le pied : Chevillard Éric.
Me rendant compte, haletant, tremblant, bavant que j'y suis allé un peu fort, je daigne accompagner le mourant aux urgences : après tout, ce n'est pas parce qu'il gâche du papier qu'il n'a pas droit à un filet de respiration. Après deux changements de bus (quelle circulation !) nous arrivons sans espoir à l'hôpital, j'extirpe alors de la masse sanguinolente son portefeuille en daim pour y chercher la désormais bien ironique Carte Vitale, et c'est à mon tour de m'évanouir quand je lis l'état civil du râlant râleur que j'ai sous le pied : Chevillard Éric.
jeudi 21 avril 2011
Réveil
urine et bouteilles cassées
le Bairro Alto
se réveille
Sans bière et sans Pessoa, sans brins d'herbe – fussent-ils 807 – et sans Chevillard, voici que les 807 se réveillent.
le Bairro Alto
se réveille
Sans bière et sans Pessoa, sans brins d'herbe – fussent-ils 807 – et sans Chevillard, voici que les 807 se réveillent.
jeudi 20 janvier 2011
#309 – L'Autofictif n° 1005
... 805... 806... 807... puis j’ai pris peur, j’ai reculé... le huit cent huitième brin d’herbe de ma pelouse m’a paru bizarrement contourné, menaçant, le genre de végétation qui abrite ou dissimule une mygale, un python, une panthère. Prudence. La jungle amazonienne aussi a commencé bien bas.
Reste à savoir si coule en mes veines le sang de ma famille maternelle qui dépose les corbeilles des nouveau-nés qui lui sont confiées sur l’autre rive au terme d’un siècle accompli ou celui de ma famille paternelle qui se fige trente ans plus tôt. L’avenir se chargera de débrouiller cette passionnante énigme.
Les Editions Rimbaudelaire cherchent de nouveaux auteurs médiocres et crédules non interdits de chéquiers afin de les publier sans les lire ni les distribuer sous leur couverture pisseuse. Envoyez manuscrits. Réponse enthousiaste garantie sous 48 h.
L'Autofictif, 18 septembre 2010
Reste à savoir si coule en mes veines le sang de ma famille maternelle qui dépose les corbeilles des nouveau-nés qui lui sont confiées sur l’autre rive au terme d’un siècle accompli ou celui de ma famille paternelle qui se fige trente ans plus tôt. L’avenir se chargera de débrouiller cette passionnante énigme.
Les Editions Rimbaudelaire cherchent de nouveaux auteurs médiocres et crédules non interdits de chéquiers afin de les publier sans les lire ni les distribuer sous leur couverture pisseuse. Envoyez manuscrits. Réponse enthousiaste garantie sous 48 h.
L'Autofictif, 18 septembre 2010
mercredi 19 janvier 2011
#308 – Mauvaise herbe
Me voilà attablé au Brazza à compter le nombre de frites qui accompagnent mon tartare. Sur le chemin, j'ai compté les voitures croisées, me suis demandé combien de livres composaient la vitrine de l'Amandier la librairie putéolienne, le tout en chronométrant mon trajet depuis mon bureau. Il ne manquerait plus qu'à mon retour de déjeuner je m'accroupisse sur la pelouse devant ma société pour en dénombrer les brins d'herbe, alors je saurais que je suis devenu fou, irrécupérable, perdu.
Il faut que cela cesse !
Cette deuxième saison s'achève. Les 807 brins de mauvaise herbe repousseront sûrement. Merci à tous, et demain monsieur Chevillard continuera de compter sur ce blog alors que ses nouveaux livres viendront garnir les étals des librairies.
Il faut que cela cesse !
Cette deuxième saison s'achève. Les 807 brins de mauvaise herbe repousseront sûrement. Merci à tous, et demain monsieur Chevillard continuera de compter sur ce blog alors que ses nouveaux livres viendront garnir les étals des librairies.
mardi 18 janvier 2011
#307 – (espaces compris)
Eh ! Le grand imaginaire, toi qui n’es jamais fatigué, efface donc l'ombre noire du monde si tu le peux.
Ravive la voix des reines perdues. Celles qu’on a aimées et celles qu’on a trahies. Retrouve aussi, pendant que tu y es, les cathédrales de la forêt en péril. Redonne vie à cet amas d’arbres calcinés par les guerres inutiles. Insuffle à la nature verdeur et vaillance, éloigne les nuages toxiques. Toi qui n’es pas avare de mots, enseigne la parole aux pierres, comme au bon vieux temps, quand les hommes faisaient jaillir l’étincelle des silex pour incendier leurs nuits et terroriser les fauves. Et cesse tout de suite d’affoler notre âme par des légendes d'amour qui savent d’avance qu’elles ne peuvent rien contre la marche du temps.
Viens seulement nous bercer. Et endormir notre vigilance inquiète.
Ravive la voix des reines perdues. Celles qu’on a aimées et celles qu’on a trahies. Retrouve aussi, pendant que tu y es, les cathédrales de la forêt en péril. Redonne vie à cet amas d’arbres calcinés par les guerres inutiles. Insuffle à la nature verdeur et vaillance, éloigne les nuages toxiques. Toi qui n’es pas avare de mots, enseigne la parole aux pierres, comme au bon vieux temps, quand les hommes faisaient jaillir l’étincelle des silex pour incendier leurs nuits et terroriser les fauves. Et cesse tout de suite d’affoler notre âme par des légendes d'amour qui savent d’avance qu’elles ne peuvent rien contre la marche du temps.
Viens seulement nous bercer. Et endormir notre vigilance inquiète.
lundi 17 janvier 2011
#306 – Tout le monde s'en fout ?
De ce Rom qui dort dans la rue, comme beaucoup d'autres, sous un carton où il a écrit en grandes lettres rouges DOSTA ?
De cette chanson aimée 807 fois sur Youtube et qui dit, comme bien d'autres : « je t'aime, mais c'est compliqué » ?
De Mario, Marie, Moïse, Yvette, Momo et tant d'autres, disparus avec l'hôtel Azur dans un brouillard de pixels, ce matin ?
De cette chanson aimée 807 fois sur Youtube et qui dit, comme bien d'autres : « je t'aime, mais c'est compliqué » ?
De Mario, Marie, Moïse, Yvette, Momo et tant d'autres, disparus avec l'hôtel Azur dans un brouillard de pixels, ce matin ?
dimanche 16 janvier 2011
#305 – Loi des séries
Chacun aura remarqué combien les saison 2 sont souvent décevantes, ne tiennent pas les promesses des débuts. C'est comme le deuxième film de la série, il reprend les ficelles et ne fait que les user encore plus... crac ! Ce summum de décevance est atteint par la saison 2 des 807 qui ne va même pas pousser jusqu'à 807 le nombre des triptyques et a largement dépassé le 269, qui est le tiers de 807 et qui aurait eu un sens, par multiplication s'entend, si les auteurs avaient vraiment voulu bosser, ou vraiment voulu faire semblant, cette année ; et je ne parle pas du taulier qui sait parfaitement lever le coude 807 fois quand on lui aligne des Leffe sous le nez. C'est pourquoi les numéros 3 sont les plus attendus, car souvent les plus réussis: ils ne reprennent que le bon du numéro 1 et jettent le mauvais du numéro 2, se hissant sur la plus haute marche du podium que ses deux prédécesseurs lui ont laissé et à laquelle ils lui ont permis d'accéder, ne lui servant humblement que de paliers.
En fait, cher lecteur, tu avais corrigé toi-même dès le début : ce sont les saisons 3 les plus décevantes, les numéros 3 des films à épisodes. Par ce préambule frauduleux je te préservais. Un cas d'école : Star Wars épisode IV, premier sorti, promet et surprend mais on reste un peu sur sa faim. L'épisode V profite de l'univers mis en place pour nous offrir une narration plus dense et dramatique, tout en ouvrant des perspectives inédites pour la suite, fils conducteurs qui nous tiennent en haleine. L'épisode VI, le troisième film sorti est une blague à base d'ours en peluche, d'happy-ending et de baraka (pardon, de Force). Constatons le même phénomène avec les trois Matrix, les ours en peluche en moins.
Et voilà les lecteurs du web soulagés car enfin Les 807 s'arrêtent ! Ouf !
En fait, cher lecteur, tu avais corrigé toi-même dès le début : ce sont les saisons 3 les plus décevantes, les numéros 3 des films à épisodes. Par ce préambule frauduleux je te préservais. Un cas d'école : Star Wars épisode IV, premier sorti, promet et surprend mais on reste un peu sur sa faim. L'épisode V profite de l'univers mis en place pour nous offrir une narration plus dense et dramatique, tout en ouvrant des perspectives inédites pour la suite, fils conducteurs qui nous tiennent en haleine. L'épisode VI, le troisième film sorti est une blague à base d'ours en peluche, d'happy-ending et de baraka (pardon, de Force). Constatons le même phénomène avec les trois Matrix, les ours en peluche en moins.
Et voilà les lecteurs du web soulagés car enfin Les 807 s'arrêtent ! Ouf !
samedi 15 janvier 2011
#304 – Entailles
Tout monte comme une vague. Une lame de fond qui part du fond des tripes, dévaste tout sur son passage.
Elle se remplit jusqu’à l’os d’une humeur purulente. L’odeur poisseuse déborde sa tête, sa main crève l’abcès.
Elle ne reconnaît pas cette poupée qui chouine. Elle sent juste, sans la voir, la déformation de sa bouche crispée.
Les mots ne déverrouillent rien.
Elle la pousse.
Rien de grave, rien de méchant.
Juste la détente métallique de son bras, calcifié par une tension forte.
L’enfant bascule.
Maman m’a fait tomber par terre.
Numéro de charme sur les genoux de l’amie de famille.
Dis donc toi, je vais donner le numéro de la DDASS à la petiote !
Elle n’a pas ri.
Elle n’en peut plus de ses successions incompréhensibles d’amour et de méchancetés roides. C’est cela être mère, être toujours submergée. Constater le mal fait. Déjà 807 entailles dans leur histoire commune. Elle ne sait rien faire d’autre. Elle regarde nouée l’enfance scarifiée sur la peau de sa fille.
Elle se remplit jusqu’à l’os d’une humeur purulente. L’odeur poisseuse déborde sa tête, sa main crève l’abcès.
Elle ne reconnaît pas cette poupée qui chouine. Elle sent juste, sans la voir, la déformation de sa bouche crispée.
Les mots ne déverrouillent rien.
Elle la pousse.
Rien de grave, rien de méchant.
Juste la détente métallique de son bras, calcifié par une tension forte.
L’enfant bascule.
Maman m’a fait tomber par terre.
Numéro de charme sur les genoux de l’amie de famille.
Dis donc toi, je vais donner le numéro de la DDASS à la petiote !
Elle n’a pas ri.
Elle n’en peut plus de ses successions incompréhensibles d’amour et de méchancetés roides. C’est cela être mère, être toujours submergée. Constater le mal fait. Déjà 807 entailles dans leur histoire commune. Elle ne sait rien faire d’autre. Elle regarde nouée l’enfance scarifiée sur la peau de sa fille.
vendredi 14 janvier 2011
#303 – Brelan de valets
Le costaud, d'abord, fesses, bide et joues de sumo soufflées à la paille. La taille bien marquée, par contre, curieusement étroite, sans doute étranglée par la croisée serrée du baudrier où ballotte une artillerie aussi lourde que lui. Il bloque facile l'entrée de l'impasse. J'entends son souffle, entre éructation de pitbull en rut et chaudière. L'ensemble a le look d'un sablier qui égrènerait les secondes qu'il me reste à vivre.
Le petit gros, ensuite. Patachon. Rouletabille, si vous préférez, avec bille comme sphère parfaite de tas de graisse, comme yeux en boules de loto ou bouille de trouduc, pas pour les qualités morales. Lui vient d'apparaître sur le seuil d'une sorte de têt à cochons désaffecté qui s'ouvre en carré à ma gauche. Quadrature du cercle sans failles du chambranle déglingué autour de ses arrondis suiffés. Ma seule chance est qu'il pourrait ne pas s'en dégager assez vite.
Le boss, pour finir. Je l'attendais. Il vient de se glisser dans mon dos, mais je l'ai repéré à son ombre sèche de grand sec,qui s'insinue devant moi, pas plus épaisse que celle du réverbère (bigleux le réverbère, il n'y a rien à attendre des municipalités semi-rurales après 23h). Deux pattes immenses de faucheux qui tiendraient ensemble dans une seule jambe de son slim. Torse infini d'éolienne. Au-dessus de toute cette verticalité, s'allonge, noire et horizontale, la visière d'une casquette. À l'endroit, la casquette. Aucune chance de voir sa tronche, mais on ne sera pas forcé de causer verlan en se canardant. C'est déjà ça.
Le petit gros, ensuite. Patachon. Rouletabille, si vous préférez, avec bille comme sphère parfaite de tas de graisse, comme yeux en boules de loto ou bouille de trouduc, pas pour les qualités morales. Lui vient d'apparaître sur le seuil d'une sorte de têt à cochons désaffecté qui s'ouvre en carré à ma gauche. Quadrature du cercle sans failles du chambranle déglingué autour de ses arrondis suiffés. Ma seule chance est qu'il pourrait ne pas s'en dégager assez vite.
Le boss, pour finir. Je l'attendais. Il vient de se glisser dans mon dos, mais je l'ai repéré à son ombre sèche de grand sec,qui s'insinue devant moi, pas plus épaisse que celle du réverbère (bigleux le réverbère, il n'y a rien à attendre des municipalités semi-rurales après 23h). Deux pattes immenses de faucheux qui tiendraient ensemble dans une seule jambe de son slim. Torse infini d'éolienne. Au-dessus de toute cette verticalité, s'allonge, noire et horizontale, la visière d'une casquette. À l'endroit, la casquette. Aucune chance de voir sa tronche, mais on ne sera pas forcé de causer verlan en se canardant. C'est déjà ça.
jeudi 13 janvier 2011
#302 – Le Justicier
Quand on le voyait nu, de loin, on croyait voir la cicatrice d’un coup de couteau planté au beau milieu de son dos, entre les omoplates. De près, c’était un tatouage. Un oiseau en vol, ailes écartées. Ou bien un ange...
Ange déplumé ou dieu chauve, devant son miroir il ne savait plus qui il était. Il devait pourtant sortir ce jour-là et accomplir la 807e tâche que le Père lui avait confiée. Derrière leurs rideaux, les gens le regardèrent marcher dans la rue poussiéreuse. Ses deux colts de lumière aux côtés.
Il accrocha son auréole au clou et entra dans le saloon de l’enfer.
Ange déplumé ou dieu chauve, devant son miroir il ne savait plus qui il était. Il devait pourtant sortir ce jour-là et accomplir la 807e tâche que le Père lui avait confiée. Derrière leurs rideaux, les gens le regardèrent marcher dans la rue poussiéreuse. Ses deux colts de lumière aux côtés.
Il accrocha son auréole au clou et entra dans le saloon de l’enfer.
mercredi 12 janvier 2011
#301 – Du plomb dans l’elle
L’horizon chargé quand j’arrive à la cabane. Mon regard vrille sur son cou en angle droit, corolle violette sur la cassure, une tache de sang séché profonde, un trou. Bec à terre sur le parquet, ses plumes un camaïeu sombre. Une chaleur de plomb m’étreint, impact nauséeux dans l’estomac. La soif qui ravine, regard crispé sur la tache, douloureuse. À côté, d’autres perdrix, des faisans, pigeons, palombes rangées par espèces. Du gibier. 807 oiseaux morts. Je les revois déployés, fendant l’air au-dessus des marais, battre de l’aile aux détonations des fusils. Les chiens qui détalent aux cris de leurs maîtres pour ramener les proies serrées dans la gueule. Et maintenant, l’heure du partage. Ils sont là, en cercle, soldats de plomb. Un mètre quatre-vingts au moins, deux têtes de plus que moi.
Ils discutent, qui veut quoi, des arrangements. La soif encore, et toujours cette tache, chair violetée, dégoulinante. Un ciel violacé à mes yeux, compact, un écran de fureur qui envahit tout. En finir... Leur voler dans les plumes, leur mettre du plomb dans la tête, les éclater, tous. Mon ventre brûle, un liquide chaud coule le long de mes jambes. Leurs rires moqueurs.
Doigts engourdis sur le métal froid des fusils. Canon à l’horizontal, le claquement sec de l’arme refermée. Je vise dans le tas. Chaque coup porte une décharge nerveuse le long de ma colonne. Ils tombent comme des mouches. Les voir enfin là, terrassés, leurs yeux, des cigares éteints.
Ils discutent, qui veut quoi, des arrangements. La soif encore, et toujours cette tache, chair violetée, dégoulinante. Un ciel violacé à mes yeux, compact, un écran de fureur qui envahit tout. En finir... Leur voler dans les plumes, leur mettre du plomb dans la tête, les éclater, tous. Mon ventre brûle, un liquide chaud coule le long de mes jambes. Leurs rires moqueurs.
Doigts engourdis sur le métal froid des fusils. Canon à l’horizontal, le claquement sec de l’arme refermée. Je vise dans le tas. Chaque coup porte une décharge nerveuse le long de ma colonne. Ils tombent comme des mouches. Les voir enfin là, terrassés, leurs yeux, des cigares éteints.
mardi 11 janvier 2011
#300 – Triple J
il y a Jean Prod'hom
Jean-Rémy et le patron du café
il y a ce qu'on écrit dans les marges
il y a les dimanches aussi
comme à la veille d'une conquête
il y a souvent la neige
il y a cette poésie rurale
le merveilleux
il y a les chutes et les autres lieux
et il y a les 807
Joël Hamm comme miroir de notre âme.
Tant qu'il y aura Joachim Séné, tant qu'il y aura Cornaline, tant qu'il y aura la musique de l'oncle, tant qu'il y aura la crise et ses ratures, tant qu'il y aura un journal éclaté avec des fragments de textes, tant qu'il y aura des extraits, tant qu'il y aura de la poésie urbaine et des machines pour la lire, tant qu'il y aura des convois pour emmener les mots, tant qu'il y aura un réseau à explorer, tant qu'il y aura les 807.
Jean-Rémy et le patron du café
il y a ce qu'on écrit dans les marges
il y a les dimanches aussi
comme à la veille d'une conquête
il y a souvent la neige
il y a cette poésie rurale
le merveilleux
il y a les chutes et les autres lieux
et il y a les 807
Joël Hamm comme miroir de notre âme.
Tant qu'il y aura Joachim Séné, tant qu'il y aura Cornaline, tant qu'il y aura la musique de l'oncle, tant qu'il y aura la crise et ses ratures, tant qu'il y aura un journal éclaté avec des fragments de textes, tant qu'il y aura des extraits, tant qu'il y aura de la poésie urbaine et des machines pour la lire, tant qu'il y aura des convois pour emmener les mots, tant qu'il y aura un réseau à explorer, tant qu'il y aura les 807.
Inscription à :
Articles (Atom)