mardi 28 septembre 2010

#201 – Voyage in the pocket

La Saga de Youza du Lituanien Youozas Baltouchis ; Corps et âme de l’Américain Frank Conroy ; La Demande de la Française Michèle Desborde ; Mikael K, sa vie, son temps du Sud-Africain JM Coetzee ; Train de nuit pour Lisbonne du Suisse Pascal Mercier ; Séfarade de l’Espagnol Antonio Munoz Molina ; Givre et sang de l’Anglais John Cowper Powys…


En poche, la liste des chefs-d’œuvre récents, figurant au top des non-rentrées littéraires des années passées, est longue et passionnante. Que de belles relectures autour du monde ! Plus de 807, assurément.


Bye ! La Vie est ailleurs (du Hongrois Milan Kundera) que dans les tristes colonnes mercantiles. La littérature, c’est Une ardente patience, écrivait le Cubain Antonio Skármeta. Ce n’est pas L’Importance de vivre du Chinois Lin Yutang qui me contredira. Essayez de voyager pas cher avec eux, au lieu de vous chamailler. La vie est trop courte pour faire du sur place !

lundi 27 septembre 2010

#200 – La retraite

si elle touche 807 euros nets, elle s'estimera heureuse
et même ça l'amuserait


mais il est sûr, une fois sa réserve épuisée, qu'il faudra qu'elle renonce aux jolis carnets Moleskine pour écrire des 807
aux terrasses où elle ne pourra plus aller parce que la noisette à 1 euro 50, tous les jours et Libé tous les jours
c'est du luxe et on ne peut pas dire que ça ne mange pas de pain...


elle s'en fout ! elle a 807 chansons dans la tête pour la consoler

dimanche 26 septembre 2010

#199 – Pierres précieuses

Article 102 du code de la lapidation : Les pierres utilisées pour infliger la mort par lapidation ne devront pas être grosses au point que le condamné meure après en avoir reçu une ou deux. (...) La taille moyenne est choisie généralement afin de faire expier la faute par la souffrance.


Article 104 : Les pierres coupantes sont choisies pour leurs arêtes effilées qui provoquent les saignements les plus spectaculaires. Une pierre coupante doit de préférence être lancée au visage du condamné. Les pierres rondes nécessitent moins de précision car elles sont efficaces partout. Elles sont idéales pour briser les os et provoquer les hémorragies internes fatales.


Annexe : La pierre est un instrument de délivrance pas de jouissance. Il ne sera accordé aux serviteurs du Tout-Puissant que 807 pierres pour satisfaire aux exigences du châtiment.

samedi 25 septembre 2010

#198 – Je panse donc je suis

il en a bu des verres
pour soigner ses bleus
le gros célibataire


On retrouva le cadavre du clochard, parmi 807 autres. De bouteilles, ceux-là.


L'auberge est bondée, on fuit la chaleur à l'intérieur de ses murs, et on boit.
– Il faudrait que je pense à panser mes blessures...
L'homme qui prononce cette phrase porte une moustache, il a les yeux clairs, ce qui plaît aux femmes de ce pays, il tient à peine debout, il lève son verre et s'écroule.
– Quand il commence à se prendre pour un poète et à parler en alexandrins, c'est qu'il est fin rond, le bonhomme !
– Tu m'étonnes, et puis, bourré ou à jeun, ce poivrot n'arrivera jamais à la cheville de Verlaine...
Et l'aubergiste de porter le soûlard dans sa chambre. Rien que du normal, à Aden, en ce mois de mai 1882.

vendredi 24 septembre 2010

#197 – Peines de cœur

Chaque pas est une montagne, se lever, pas plus rester figée des os. Descendre les étages, cramponnée à la rampe et à chaque avancée, le vertige d'une marche obscure ainsi que la trouille de se ramasser. Devenir la chute. Se rétablir le palpitant lourd. Chaque pas, une distance qui rétrécirait celle qui me sépare de toi. Trop large muraille d'air. Se lever, cheminer, te rencontrer. Entrer dans le pays des humains en me trimballant jusqu'à toi. Viens donc, ma carcasse. Lève-toi donc. T'es même pas en haute montagne. Rappelle-toi quand t'es arrivée au camp de base de l'Everest. Ce crépuscule blême qui t'avait vidé les tripes. Chaque pas plus lourd que le précédent qui pesait déjà sa tonne, le sommet qui n'attendait que moi...


Le gris des pierres... Je voulais voir Chomolunga, le mythique triangle noir aux parois abruptes, l'ascension ultime, contempler en face ce sommet, du même regard ému que je te regarderai... si bouger devenait possible...


Lève-toi et marche. Contracte le mollet, fais craquer les rotules. Reviens mon envie, même pas une grande envie, même une toute petite flamme suffirait. Effondrée, tremblotante… Bravo, j'arrive à tenir debout et le coeur bat la mesure et chaque pas commence un nouveau chemin. (Quelle est encore la distance qui nous sépare ?) Tchabou, le battement intérieur fait résonner mon thorax, sursautements. Le chemin se poursuit. Mon pied suspendu au-dessus du sol fait déferler un silence où vibre un écho, l'envol lointain de 807 mouches. Le pas suivant, une porte s'ouvre, klic. Aspirée dans un espace obscur et suintant, je titube pour de bon. Mon coeur change de rythmique, il me lâche, pour de bon.

jeudi 23 septembre 2010

#196 – Avaricie numérale

Il comptait au matin son immense fortune
Qu’il recomptait le soir aux rayons de la lune,
Et trouvait le bonheur auprès de son argent,
Qu’il tenait à l’écart des bêtes et des gens ;
Brassant à tout propos la trébuchante espèce,
Elle égayait sa vie d’une infinie liesse.


Mais au matin blafard de ce bien triste jour,
Comptant et recompté, l’objet de son amour
Se vit diminué de huit cent sept guinées,
Fruit du rude labeur de tant et tant d’années.


Vivant le jour craintif ne dormant plus la nuit,
On le trouva pendu au nœud coulant d’un huit,
Un tabouret de sept avait roulé à terre,
Repoussé sans doute d’un geste volontaire ;
Et d’une large plaie qu’il avait au côté
S’écoulaient des zéros, libérés sans compter.

mercredi 22 septembre 2010

#195 – L’amour en pelote

Notre histoire aurait-elle pu se tisser autrement ? Si nos mensonges n’avaient pas filé entre nos doigts, nos envies éteintes brutalement, nos espoirs cadenassés à force d’illusions. Si nous n’avions pas été comme des ciseaux, deux lames articulées qui s’éloignent et se rapprochent pour mieux trancher, tailler, débiter, couper.


807 fils tressés, entortillés, noués.


Jusqu’au jour où une vague, cette fois plus puissante que les autres, rompt le dernier fil et ramène sur le sable une pelote compacte. Impossible de la dérouler, trop d’arêtes, de crins et d’os enchevêtrés.

mardi 21 septembre 2010

#194 – Journal de camping (extraits)

8 juillet 2010. Six heures du soir. Les Hollandais d’à côté et les Finlandais d’en face sont en train de manger. Un peu plus loin dans l’allée, les Anglais commencent à boire. Je vais à la douche.


9 juillet 2010. Ai pu constater aujourd’hui qu’il était très difficile de lire quand se déroule autour un tournoi de pétanque. Reprendrai L’Ombilic des limbes à la rentrée.


11 juillet 2010. Propos entendu depuis la cabine de douche : « Moi, cette année, j’y suis allé vachement moins souvent au 807... Je sais pas... Depuis qu’ils ont changé de D.J., c’est plus pareil, quoi !... »

lundi 20 septembre 2010

#193 – Ne tombe pas juste

Les fanatiques de la base 10 désireront à tout prix fêter ce 193e 807 de la saison 2. Pendant ce temps, les autres, masse écrasante, les amoureux de la base 807, cherchent patiemment le meilleur moyen de représenter les valeurs 11 à 806 par chacune leur symbole.


Quant aux ordinateurs voici tout ce qu'ils verront aujourd'hui : 11 0010 0000. Ils fêteront bientôt, dans 1 1000 numéros, le 100 0000 0000, ça les regarde.


Car il faut savoir que les 807, dans leur abnégation et leur ascèse, ne s'aviliront jamais à écrire un millième numéro, et non, ce que vous lisez n'est pas ce que vous croyez.

dimanche 19 septembre 2010

#192 – Extraction

D'abord il y a l'odeur, une odeur douceâtre qui la prend à la gorge et lui donne la nausée. Puis le bruit. Crissement aigu strident et persistant qui ne cesse que pour mieux repartir, remontant directement des tympans au cerveau, générateur de migraine. Ses jambes sont prises du tremblement incoercible de celle qui les prendrait bien à son cou mais qui reste assise là, triturant entre ses mains moites un journal froissé dont elle relit le même article pour la 807e fois.


La porte s'ouvre. Il entre et en appelle un autre. Ce ne sera pas pour tout de suite. Combien de sursis ? Un quart d'heure ? Plus, moins ? Se fier au bruit qui recommence à lui vriller les oreilles. Le bruit cesse. Elle aperçoit par la fenêtre l'autre qui sort presque en courant, la mine pâle et défaite. Fait appel à toute sa volonté pour ne pas le suivre dans sa fuite éperdue.


La porte s'ouvre à nouveau, le dentiste s'excuse pour le retard et l'invite à le suivre.

samedi 18 septembre 2010

#191 – Soupçons

Ils contrôlaient leur moindre geste, leur moindre parole pour ne pas se trahir, mais ceci ne pouvait durer.


Je discernai dans les regards que François-Xavier adressait à ma femme, le 807e indice d’une admiration qui n’était pas de mon goût. Et comme je les soupçonnais de partager un secret, je cherchai et trouvai dès le début du dîner un moyen qui les empêcherait de se concerter.


Les marques de sympathie de ce type à mon égard sont feintes. Je le sens au plus profond de moi.

vendredi 17 septembre 2010

#190 – Compter

Compter jusqu'à 807, j'y arrive si je veux : brins d'herbe, gros célibataires, petites culottes sur les fils à linge...


Compter le temps qui passe : toute trotteuse m'en décourage...


Compter sur mes amis : c'est un pari à la Pascal...

jeudi 16 septembre 2010

#189 – Chevillardises

Il m'en a fallu des efforts, culinaires d'abord (bière, soda, frites, sucreries, etc.), relationnels ensuite (divorce) pour devenir un personnage de fiction, mais c'est un succès total : le gros célibataire, c'est moi !


Éric Chevillard publie ses romans chez Minuit et ses triptyques autofictifs vers minuit. En va-t-il de même pour sa progéniture ? Sont-elles nées à l'heure où meurt la veille et naît aujourd'hui – ou meurt aujourd'hui et naît demain, c'est selon ? Je l'imagine sans peine demander à sa compagne de ralentir ou d'accélérer le travail d'accouchement dans un souci de cohérence, tout à son honneur. Et les indélicats avortons (mâles ou femelles) nés à 8h07 de refroidir dans le congélateur.


La littérature française est en deuil. Le 12 septembre 2010, alors qu'il se promenait en famille dans les rues de la capitale, l'écrivain Éric Chevillard fut terrassé par une attaque en voyant passer devant lui des milliers (22 006 exactement) de joggueuses en caleçon plus ou moins court. Il venait de croiser le parcours de la Parisienne. Comme il l'annonça le lendemain de sa mort sur son blog, L'Autofictif continue d'égrener chaque jour ses triptyques.

mercredi 15 septembre 2010

#188 – Tristrophie numérale

Ôtons-nous le doute, ô huit-cent-sept,
Et dévêtu montez sur la table ;
Souffrez cette auscultation chiffrable :
Respirez lentement, dites « sept » !


– Puissant et gras de vos huit centaines,
Fessu têtu et fort en bedaine,
Chiffre débonnaire s’il en est,
Ô huit, j’aime votre air satisfait !
Face au zéro, gardons le silence,
Voyez-vous, ce pauvre est tout en panse,
Souffre de sa modeste valeur,
Et jalouse du neuf la hauteur.
Quant au sept si je devais m’asseoir,
C’est bien sur lui que j’aimerais choir,
Et je frémis de poser sur d’autres
Ma fesse craintive à peau d'épeautre.


Or donc tout ici est bien pesé,
Et vous, huit cent sept, en nombre aisé,
Quoi qu’en arithmétique on y fasse,
Jouissez d’une santé coriace !

mardi 14 septembre 2010

#187 – L’art est aisé, la critique difficile

Plus de 807 écrivains emploient sciemment un style âpre afin que les phrases se heurtent. Cela oblige le lecteur à respecter la moindre syllabe. Sinon, l’étoffe craque. Mais la critique aujourd’hui n’a souvent plus oreille, toucher, goût de l'effort. Seule l’occupation d’un territoire braillard file ses ourlets pour enfler ses effets de manche, sous quelques marronniers.


Le critique lit. Celui qui se dit critique cherche le livre qu'il voudrait lire.
Le critique cherche la porte d'entrée pour pénétrer la maison. S'il ne la trouve pas, il va voir ailleurs.
Celui qui se dit critique passe par la fenêtre comme un voyou et trouve la porte décidément mal foutue. Il ne se prive pas de le dire, trop souvent à mon goût.


Le lecteur qui voudrait être écrivain a pondu un morceau de bravoure fort lâche, d’où s’échappe une méconnaissance du monde que l’artiste habite. Au final, le procès d’une fable qui ne le concerne pas. L'écrivain ferme tranquillement ses volets, remonte voluptueusement les draps dans lesquels il se glisse. Jouissance silencieuse, sommeil de Juste. Toujours avoir le bon regard pour rester sourd.

lundi 13 septembre 2010

#186 – Géographie amoureuse

Du haut de mon lit, je vois des traînées de couleurs ensanglanter le ciel.


Je rêvasse... glisse doucement dans une torpeur bienfaisante, emprunte les canalisations de ma mémoire.


À Lyon je flâne sur les quais du Rhône
À Buenos Aires je te rejoins dans le train à grande vitesse
Nous marchons dans les rues de Bamako
Je te perds dans la foule de Mexico
Tu me retrouves à Valparaiso
Je te surprends à Bilbao
Je t’aime à Toronto
J’ai le vague à l’âme à Panama
Tu ne me dis rien à Trafalgar
Nos regards se suspendent à Chandigarh
Ton angoisse m’étreint à Nouméa
Je trébuche à Calcutta
Je cueille 807 colchiques au lac Baïkal
À la station Goncourt l’été s’éteint

dimanche 12 septembre 2010

#185 – Féérie en mode dondon

À l'orée d'une merveilleuse forêt, non loin d'un palais idoine, vivent 8 fées dans la grâce et les hormones. 8, comme le nombre infini verticalisé. Les 8 fées dondons ouïrent dire qu'une princesse venait d'être mise bas. Et si nous allions à son baptême ? s'exclame Etaina ? Quelle belle idée, rebondit Carabosse malgré ses rhumatismes. Or, ce matin là, Or est infortunément en proie à une crise de magie, trop de température : Je préfère rester. Gracieusement, les autres lui claquent la bise et s'envolent en se dandinant vers l'Est.


Le commentateur officiel : La plus jeune des fées a un cerveau d'invertébré. C'est Fery, qui offre actuellement à la princesse le don de la plus belle apparence du monde. Celle d'après, celle qui sait judicieusement quand il faut adopter la posture « queue-entre-les-jambes » en signe de soumission, Cuivra enchante la princesse du don l'esprit. La troisième, Plombie, lui fait cadeau d'avoir de la grâce, et après se précipite au bar, me dit-on, pour commander un double expresso. La quatrième, celle qui règle tous les matins sa montre, Etaina déclame : Tu danseras à la perfection. Mercura, qui a la capacité de voir les objets en multidimension, libérés de l'espace-temps euclidien, et qui lance sur orbite des stations orbitales, Mercura gratifie la princesse du don de chanter comme un rossignol. Argentée lui donne le sort de jouer virtuosement de tous les instruments. Chacune prend place à la royale table ; on a mis devant chacune d’elles un couvert dans un étui d’or massif (dont un couteau garni de diamants et de rubis). Magnifique ! Et voilà qu’entre Carabosse, incroyable, c'est bien Carabosse que roi, reine et peuple croyaient morte ou enchantée ! Stupéfaction, visages cramoisis ! Incident diplomatique : on n’attendait plus Carabosse. Le roi lui fait donner un couvert sans étui massif. La vieille croit qu’on la méprise, grommelle des menaces entre les dents qui lui restent ! À vous Cognacq-Jay.


À quelques lieux à l'Ouest, Or frissonne fort sous sa couette. Quel augure maléfique. Ce n'est pas la fièvre, elle le sait. À cet instant, être huit sans sept et c'est l'ordre du monde qui s'altère. Quant à l’histoire de la princesse, elle ne fait que commencer, avec d’autres trucs à coucher dehors et aussi un rouet...

samedi 11 septembre 2010

#184 – Colloque Paul Valéry

Nulle part Paul Valéry ne nous dit combien de fois la marquise sortit à 5 heures.


Quant à l’heure de son retour, personne ne semble en mesure de l’indiquer, même de manière approximative.


Un cliché retrouvé récemment dans les archives de l’auteur permet en revanche d’affirmer avec certitude qu’elle habitait au 807.

vendredi 10 septembre 2010

#183 – Malédiction familiale (3/3) : Élise V

Les enfants d’Élise ont eu des enfants, qui ont eu des enfants, qui etc. etc. Élise a fini par oublier Alphonse. Puis par laisser la place. Mais tous les enfants de toutes les générations étaient là, à courir sur le gazon et à se chamailler, gourmands, vindicatifs et stupides, désobéissants et cons. Mais vivants. Il y en avait partout. Pourtant, on leur avait bien dit : Attention au croquemitaine. Il va vous manger. Restez près de moi, ne vous éloignez pas ! Et des hommes sont venus. Des grands. Avec des mains énormes. Il faisait beau et doux soleil. C’était la saison de la pêche. Ils ont dit : Oh, la belle ! Oh, la belle, en les voyant à dormir sur la berge. C’était mieux que des poissons. Et ils en ont emporté une, puis une autre, puis... Que des mères, qui devaient enfanter. Car l’homme est ainsi fait qu’il emporte ce qui lui fait désir. Et puis, il y a eu les chiens du voisinage, qu’ont fait le reste. Elles étaient si faciles à cueillir, ainsi couchées sur la berge. Et, les femmes, depuis toujours, ça meurt en couche, tout le monde sait ça.


Alors, n’est plus resté que des mecs. Et Élise. Élise V ou VI. Personne ne sait plus trop, depuis le temps. Et on s’en fout. De jolis yeux d’égyptienne, un cul provoquant. À toujours frétiller. Elle plaît. Pourtant, Élise aimerait tellement qu’on lui foute la paix ! Des mômes, elle en a déjà bien assez faits, pour la communauté. Y avait qu’à pas les laisser dévorer. Les pères, ils auraient pu surveiller, mais toujours qu’à se pavaner. Et le monde est si plein de dangers. C’est pas elle seule qui va pouvoir la repeupler, la planète ! Elle seule, si tranquille à se balader entre les herbes indifférentes. À jouir du bon soleil de fin d’hiver et tout ce qu’elle aime. Et soudain, ça recommence ! Les voilà ! Tous sur elle. En réunion. Tous. Et la pitié, c’est quoi ? À moi, à moi, je la veux ! Un viol immonde. À moi, c’est moi le plus fort ! Prends donc, sale con, tu l’auras pas ! Et coup sur coup, entre eux, à se chamailler et à tous se la rendre, la méchanceté. De vrais durs. Arrogants. Tous pareils. À y laisser des plumes. Mais entêtés. Que des rustiques. Et qui c’est qui trinque ? L’enfant, de la berge, regarde. Élise appelle, Élise crie. L’enfant ne peut rien pour elle. Il voudrait bien, mais il est trop loin, et la barque a coulé. C’est pas une vie, qu’elle se dit Élise, d’être la seule femme ici. Non, pas une vie. Et elle appelle, et elle appelle… Pourquoi qu’on lui fiche pas la paix ? L’étang serait paisible, pourtant, s’il n’y avait pas tous ces salauds. L’enfant se dit : Cette fois, c’est pas de ma faute. Et ça le rassure, un peu. Mais s’il y a besoin, tout de même, il l’emmènera sur l’île, il ira à la nage.


Mais Élise n’est pas morte encore. Elle se débat et lutte, vaillante comme son arrière arrière-arrière-arrière-grand-mère, la première du nom, et ils ne l’auront pas. Au secours ! Au secours ! Elle appelle. 807 fois, elle appelle : coin-coin, coin-coin, coin-coin... 807 coin-coin. Et tous les voisins en ont plein les oreilles. Feraient mieux de les manger tous, qu’ils se répètent entre eux, en hochant la tête. 807 fois au moins ils ont dû la hocher. Les canards c’est si bon à manger.

jeudi 9 septembre 2010

#182 – Vertige

Cela faisait des heures qu'elle était plantée là, au bord de cette falaise, à compter les vagues qui s'écrasaient en contrebas.


Elle avait le vertige, le vrai, celui qui vous prend aux tripes, qui vous paralyse de terreur tout en vous attirant inexorablement vers le vide.


À la 807e vague, elle sauta.

mercredi 8 septembre 2010

#181 – Bûcher vivant

Je suis morte dans une prison iraquienne. Mes geôliers m’ont forcée à me mettre à quatre pattes. Puis ils m’ont violée, les uns après les autres, presque méthodiquement. Je criais de douleur, et eux hurlaient traînée, sale chienne, tu as ce que tu mérites. Je ne sais plus combien ils étaient, mais cela me paraissait interminable, alors, pour m’isoler, j’ai commencé à compter les secondes.


Ils sont tous passés mais n’en avaient pas fini avec moi. Ils se sont mis à me frapper avec une barre en fer. Je me suis recroquevillée pour me protéger, le sang coulait sur mon corps, douleur insupportable, je continuais à compter, et ils continuaient à frapper, alternant barre et coups de pied. Mon arcade sourcilière a explosé, je ne voyais plus rien.


Le son d’une porte qui claque puis un liquide chaud. Je pensais qu’ils s’étaient mis à uriner sur moi. L’odeur étouffante de l’essence suivie d’un claquement sec a précédé la douleur atroce et démoniaque. J’étais en train de cramer vivante, j’en étais à ma 807e seconde !

mardi 7 septembre 2010

#180 – Obsession

Nous autres auteurs bénévoles des 807 restons à part des auteurs rémunérés. Nous changeons de trottoir si l'un d'eux approche, nous déménageons si l'un d'eux s'installe dans notre ville, nous allons en librairie le lendemain de sa signature. Nous ne cherchons pas à tout prix à les voir dans leur quartier pour leur parler de nos piètres fonds de tiroirs, ni pour les voir compter les brins d'herbes de leur pelouse. Autre chose qui nous sépare définitivement d'eux, c'est que nous tenons à acheter nous-mêmes un exemplaire de notre propre livre que, par ailleurs, la bibliothèque nationale ignore complètement.


Alors comme ça, tu pensais échapper à la bérézina papier ? « Nous avons respecté le choix d'un auteur de ne pas figurer dans le livre. » Tu as certes réussi, mais ton nom sera cité : Laurence !


Au guichet, on lui demande son nom, il répond « Éric Chevillard ». Sous la casquette, regard interrogateur. « La carte d'identité n'indique pas cela Monsieur... » Il rectifie, l'autre sourit, puis rit franchement : « Ah... ces 807, ah ! ah ! »

lundi 6 septembre 2010

#179 – Malédiction familiale (2/3) : Alphonse II

Il y a eu Alphonse II. On lui a donné une femme, Élise. Une jolie petite, et vaillante. On l’avait nommée ainsi à cause de sa voix et de la lettre si bien connue qui porte son nom. Élise a fait bien vite tout plein de tout petits minots, filles et garçons. Tous solides et tous beaux. On les voyait courir sur le gazon et patauger dans l’eau, hardi petit, à faire tout plein de saletés. Un plaisir, de les voir. La vie partout.


Mais un jour, allez savoir pourquoi, l’enfant a voulu rire un peu. S’amuser. « Alphonse, Alphonse », il a appelé. C’est qu’il l’aimait son Alphonse II, tout comme il avait aimé l’autre, le premier. Alphonse à la voix de l’enfant, a tourné la tête. Ce n’était pourtant qu’une carabine de gosse, absolument sans danger, surtout sur un corps où tout glisse, tout le monde sait ça. Mais Alphonse a baissé la tête à ce moment-là. Et toc ! En plein dedans ! Tout près de l’œil. Et Plop ! Alphonse est tombé d’un coup, sur le côté. L’enfant l’a mis dans la barque et jusqu’à l’île l’a mené, blanc, de douleur et de rage. Derrière lui, Élise suivait à la nage. Et elle pleurait. De toute la force de son corps, elle pleurait. Elle avait donné des coups à Alphonse, des petits coups d’amour, partout sur son corps : Réveille-toi, Alphonse, réveille-toi, j’ai besoin de toi, Alphonse, je t’aime, Alphonse. Car elle l’aimait. Mais rien.


Élise est restée longtemps, dressée sur la tombe, à gueuler son deuil vers le ciel. Le cou tendu vers les étoiles : 807 étoiles, et la lune aussi seule qu’elle, là-haut. Un jour et une nuit, au moins, à crier sa peine. Et ça vous broyait les entrailles, de l’entendre. L’enfant n’a entendu que ça, de son lit. Et il se rappelait la corde d’Alphonse le 1er. Et le coup de carabine, pour rire. Et l’enfant avait mal, et l’enfant avait honte. Tout ça, c’est sa faute.

dimanche 5 septembre 2010

#178 – Tronche de bitume

Regard tourné en dedans, il rit aux passants qui esquivent son matelas barrant le trottoir. Tchin ! Lève sa boîte de conserve pour trinquer à leur santé, bras en étendard, oeil hagard. Une vie qui rouille dans la rue, déborde des sacs empilés par terre : des chiffons noués aux grilles de la résidence, une poupée, les restes d’un repas, des couvertures en pagaille, une radio pour les nouvelles. Un fatras d’objets. Quatre mètres carrés pour écouler toute sa déveine, à ciel ouvert en plein Paris. Le cul entre deux voitures où il s’accroupit, le pantalon aux chevilles laisse apparaître des jambes maigres, des bâtons. Il grogne en m’apercevant, maugrée des mots inaudibles. Se relève, retrouve son matelas et rempile pour quelques heures de sommeil.


Tous les jours, le même trajet : sortie métro Pasteur, puis rue Dutot sur huit cents mètres. À mi-chemin, matin et soir, je croise cet homme au bord de la résidence : sourire aux lèvres, un ange de bitume.


Au 807e matin, la clé sous le matelas. Une tâche d’eau béante sur le trottoir et les chiffons dans le caniveau. Des camions déchargent du sable, les grilles sont démantelées, les ouvriers montent un échafaudage. La résidence se refait une beauté.

samedi 4 septembre 2010

#177 – Est-ce que c'est du vécu ton texte ?

– Pour la peine, écrivons un 807.
Autour de la table, les gens écrivent. L'animatrice rousse demande :
– Qui veut lire ?
Vincent lit son premier jet, puis les autres, on arrive à Miette, elle regarde sa feuille longtemps et ouvre la bouche :
– Bon ben, ça y est... j'suis la dernière, faut absolument que je lise ?


– Comme tu veux. Si tu le sens. On est là pour t'écouter.


– Bon ben... je vais essayer, je ne suis pas sûre que ça compte, euh je vais lire, enfin un début... mais c'est pas une histoire vraie, je voudrais bien un jour faire l'histoire de mon enfance, essayer un bout, si j'peux... C'est ça, une autobiographie, non ? Mais je ne m'en sens pas coupable, capable désolée, j'espère un jour y arriver, il n'est pas fini mon texte, suis pas très contente de ce que j'ai écris là... c'est pas que c'est un mauvais souvenir, mais vous, vous écrivez tous tellement bien. Comme ça, ça coule, vous réfléchissez tellement pas. Alors moi, que ça me prend la tête. Dans ce truc, enfin je vous demande d'être indulgents, c'est une première ébauche… je ne sais pas comment vous faites pour écrire du premier coup… je vais lire, euh enfin, je vais essayer... mais y aura des trous.

vendredi 3 septembre 2010

#176 – Odieuse Odyssée

Certes, Ulysse est un valeureux héros. Il ne s’agit pas ici d’en douter. Seulement se demander ce qui se serait passé, à son retour, s’il avait eu à combattre non pas 106 prétendants mais 807 ?


On en fait des tonnes au sujet de son chien le reconnaissant après tant d’années et lui faisant fête... Mais le cabot ne s’était-il pas la veille au soir repu des os que lui jetaient les prétendants ?


À vérifier : Télémaque serait à l’origine du Minitel rose.

jeudi 2 septembre 2010

#175 – Malédiction familiale (1/3) : Alphonse

On l’a retrouvé cravaté. Meurtre ou suicide ? Un beau mec, dommage. Son cou amaigri par la torsion gisait dans les herbes. Étranglé ou noyé ? Sale vie qu’une vie qui s’achève de la sorte. Autour de son cadavre, les algues, inconscientes, dansaient. Le monde est indifférent à la misère des êtres.


On a enterré Alphonse sur l’île, au cœur de l’étang, là où il aimait tant à vaquer.


La mère a dit : Je t’avais bien dit. Le père a dit : C’était pas très malin aussi, de lui mettre une corde au cou. L’enfant, qui se savait coupable, a dit : je croyais... Je ne savais pas... J’ai pensé... Mais Alphonse est mort. Et l’enfant, qui l’aimait beaucoup, pleure. 807 larmes de remords sur son visage.

mercredi 1 septembre 2010

#174 – Le loto

J'ai beau tenter de frapper à l'huis sans sept, puisque le chiffre « 7 » s'est décollé de sa porte, personne ne répond. Je sais que se terre ici, en son antre sombre, seul dans sa folie, Louis Sunset, ce vieux flic de la Nouvelle Orléans, atteint d'une crise de paranoïa aiguë, provoquée par un certain Ali Mag qui l'a poussé à extraire de sa vie les récits les plus sanglants vécus dans le Bayou. Je frappe à sa porte, inquiète déjà. Il n'est pas venu depuis dix jours, partager son whisky avec moi, comme il le fait chaque fois qu'il a le blues, c'est-à-dire un soir sur deux. Il ne répond pas. Où est-il donc ? Je descends les trois marches de son sous-sol qui me nargue avec un soupirail à demi fermé par les toiles d'araignée.


Je pousse la porte branlante, je finis par pénétrer dans un capharnaüm digne d'une vente aux enchères ou s'entassent les souvenirs de toute une vie : machine à tisser, raton-laveur empaillé, vélo cabossé, passoire sans trou, ressorts, ferrailles, vieux livres décollés, poupée écartelée, soc de charrue rouillé, jambe mécanique datant de la guerre de 14, mais au fait... voilà un indice : 14 c'est deux fois sept, non ? En farfouillant dans l'amoncellement surréaliste avec cet objet long et rose, comme si c'était une baguette magique géante, je tombe sur la boîte éventrée d'un jeu de loto aux cartes écornées que l'humidité fait pâlir. Il y a bien un huit, un vingt-huit et un trente-huit mais il n'y a pas de sept, de dix-sept, ni de vingt-sept. Cette suite de huit sans sept me fait penser à une vie interrompue par un malheur inéducable, comme une table des dix commandements où ces deux chiffres auraient été désagrégés par la foudre du malheur. Je sais déjà ce que je vais trouver dans la pénombre...


Louis s'est pendu. Il se balance au dessus de tout cet attirail sordide, comme un point d'exclamation sinistre à ce sinistre inventaire à la Prévert. Il est pieds-nus, derrière son huis, sans sept et sans chaussette, pour l'éternité.

dimanche 11 juillet 2010

#173 – Pause

Ma princesse, faisons une pause, veux-tu ? C'est trop d'amour, vois-tu. Trop de sexe aussi, comprends-tu ? Tu m'étouffes. Tu ne penses qu'à toi. Tu te moques bien de ce que je peux ressentir. Tu veux gérer ma vie à ma place. Tu décides même de la marque de ma mousse à raser. Tu...


Elle n'a pas attendu 807 tu avant d'enfoncer le couteau dans le cœur de son amant en lui murmurant je te tue.


Sans couteau et sans larmes, les 807 commencent leur pause estivale.

samedi 10 juillet 2010

#172 – Tromperies réciproques

Quand l’un employait son énergie au bien-être de la famille, l’autre rêvait d’aventures de nuits lointaines, de départs pour 807 royaumes fabuleux... Et pourtant, ils continuaient à vivre dans ce no man’s land mutique et asexué où ils élevaient leurs enfants, regardaient la TV, partaient en vacances et achetaient des automobiles familiales à crédit.


C’était leur souci constant de ne pas se causer de soucis l’un à l’autre. Soit qu’ils s’inclinaient devant la médiocrité de leur existence, soit par paresse ou les deux à la fois.


Elle se surprenait à soulever le couvercle de la poubelle de la cuisine pour compter les canettes vides, tandis que, de la salle de séjour, il tendait l’oreille pour l’entendre procéder à cette inspection.

vendredi 9 juillet 2010

#171 – Le jour où tout commence

Celle-là, c'est la dernière... Celle que j'ai foulée en regardant s'effacer ton bolide, mon corps en combustion dans un nuage de particules, celle que j'ai noyée au torrent d'un été caniculaire, un soir d'étoiles filantes, minuscules créatures piquant la nuit de leurs feux, celle qui m'est tombée des lèvres un matin toussoteux quand j'accrochais mes jambes au métro aérien, celle de trop de nuits blanches à poursuivre des ombres... paix à leurs âmes.


J'ai déjà grillé 807 cartouches. C'est la der des ders. Demain j'arrête.


Adieu sèche, clope, tige, grillante, bout doré, goldo, cibiche, piquette, blonde, cancerette, bige...

jeudi 8 juillet 2010

#170 – Les droits du caillou

Article 1 : tout caillou découvert sur la Terre sera par essence appelé caillou, du simple fait d’avoir été reconnu comme tel, et ce sans considération d’origine, de couleur, de compétence, de possessions – voire de présence ou non dans une instance muséale, fût-ce-t-elle à visée didactique ou culturelle –, voire même de propension à un devenir auquel il pourrait prétendre.


Article 2 : tout caillou est déclaré libre d’être un caillou et de se projeter ainsi dans l’avenir, quelles que soient les constructions dans lesquelles d’autres que lui l’impliquent, avec ou sans son vouloir. [...] quel que soit son degré de réflexion par rapport au monde comme il va [...] quelles que soient les charges formulées contre lui par un tribunal s’érigent comme tel [...] et quelles que soient les questions que certains parlants proféreraient pour essayer de faire accroire qu’il n’est pas vraiment un caillou, au rebours de ce que sa nature pourtant démontre. [...]


Article 807 : tout caillou, au vu de ces articles, s’engage à défendre toute cause faisant preuve d’un certain degré de cohérence et donc de défendre l’homme, ne serait-ce que parce que lui, l’homme, a causé dessus. Cette disposition ne possède toutefois pas de caractère obligatoire.

mercredi 7 juillet 2010

#169 – 807 secondes pour un discours

Le prix Chevillard 2009 du meilleur site de 807 est décerné aux 807 pour les 807.


Le prix Garot du meilleur inspirateur de pastiche 2009-2010 est remis à Alexandre Jardin pour avoir inspiré l'Autofictif d'Éric Chevillard, qui a écrit ici son goût immodéré de l'œuvre solaire du père d'Alexandre Rivière.


Pour l'année 2010, les sites de 807 sont priés de s'inscrire dès maintenant et jusqu'au 31 décembre pour la remise des prix qui aura lieu lors de la saison prochaine des 807.

mardi 6 juillet 2010

#168 – Journal intime

Après le départ de N., m’être demandé à plusieurs reprises : un « tiens bon » vaut-il mieux que deux « tu l’auras ma main dans ta gueule » ?


807 fois tourné ma langue dans ma bouche. Puis bu un grand verre d’eau.


Aujourd’hui, rien. Tout comme hier.

lundi 5 juillet 2010

#167 – Mathesis universalis

L’imperfection de la création torture Jean-Rémy, qui ne peut imaginer des séries que parallèles et complètes ; peu importe d’ailleurs le nombre : 24 ou 26, 31 ou 36, Jean-Rémy est prêt à tout. Mais surtout, surtout mon Dieu, autant de dents dans la bouche de l’homme que de cantons dans la Confédération helvétique, de jours dans le mois que de lettres dans l’alphabet.


Si la découverte d’un mille-pattes n’en possédant que 807 a secoué il y a une année, on s’en souvient, la communauté des savants, celle récente d’un parterre de millepertuis aux feuilles perforées 403 fois seulement a mis en ébullition celle des botanistes. Ne parlons pas des pâtissiers qui sont au taquet avec leurs mille-feuilles auxquels plus personne ne croit et qui n’ont pas hésité à faire appel à la crème des avocats pour répondre aux plaintes qui affluent.


Sandra m’annonce fièrement que Lili sait compter jusqu’à cinq : Lili se prépare, Lili surveille sa main gauche grand ouverte, jette un coup d’œil à sa main droite avant d’appliquer chacun des doigts de la seconde à ceux de la première. Bien vu Lili, mais comment sais-tu qu’il y a cinq doigts dans ta seconde main ? Lili lève la tête, me considère incrédule, hésite, regarde successivement son pied gauche et son pied droit, soigneusement, Lili est prise de vertige, hésite encore, se penche, résiste, le temps passe. Lili sourit enfin, elle ne fera pas le pas suivant : c’est fait, Lili sait compter mais Lili ne sera pas contorsionniste.

dimanche 4 juillet 2010

#166 – Dans le fond

Ceux qui, recouverts de poussières noires dans un effort éclairé à la torche, redoutent explosions et effondrements et qui progressent dans des goulots creusés au fur et à mesure, qui ballottés dans quelques rares courants d’air, gagnent du terrain après chavirements et dérives boueuses ; ceux-là, ne se souviennent plus de la destination finale quand /mur de granit/ ils échouent.


Qui descendent encore de 807 centimètres.


Quand soi-même, on redoute les extractions dentaires ou de mémoire.

samedi 3 juillet 2010

#165 – Mépris

Leur caractère superficiel et leur insensibilité lui répugnaient tant qu’il avait envie de se cacher dans un trou quand il les voyait arriver de loin.


Pourtant, aucune n’accordait la moindre importance à l’homme en vareuse qui binait les herbes folles ou portait des cageots. Pour peu, ces femmes élégantes se seraient dénudées 807 fois devant lui, surprises qu’une telle créature puisse avoir des yeux pour voir et des oreilles pour écouter.


Il savait ce qu’on pensait de lui et ça lui était égal. Il avait connu huit cent sept malheurs et s’était noyé dedans.

vendredi 2 juillet 2010

#164 – En homophonie

Elle a ouvert la fenêtre, et ils sont là, dans la ruelle, à l’ombre du catalpa. Elle, sa robe blanche. Lui, censé travailler, rentrer tard, penché sur ses cheveux, qui chuchote des choses.


Allez, vas-y, à elle aussi dis-lui, « sens cette fleur, le parfum de notre amour » (il te l’a faite, celle-là, sous le même arbre et, l’honnêteté veut qu’on l’admette, ça pue, le catalpa, mais tu n’avais rien osé dire).


Elle cesse de l’aimer. Oui, tout de suite. Aujourd’hui. Sans cette histoire, elle aurait continué. Ou peut-être pas. Mais c’est ce qui est agréable, avec la colère. On définit les contours, on cisaille. On se libère du piège, renard qui se dévore la patte. Et on part en boitant.

jeudi 1 juillet 2010

#163 – Arc-en-ciel

Elle m'envoie un arc-en-ciel à chaque fois qu'elle est heureuse. C'est dire comme je bénis les jours de pluie.


Elle vit quelque part au-delà de l'arc-en-ciel. J'aimerais parcourir les kilomètres qui nous séparent, je me rêve oiseau – oie, cigogne – alors que je ne suis qu'un petit moineau.


À partir du 18 août 2010, et ce pendant 807 jours, il se vendra quotidiennement 807 exemplaires de CosmoZ. Et c'est autant de fois que Claro croira entendre la voix de Judy Garland lui fredonner que somouère oveur voeu rêne beau...

mercredi 30 juin 2010

#162 – Oh mais

Ô après-midi de juin, soleil, chaleur... Qu'il fait bon pique-niquer à l'ombre centenaire de ton platane de 807 ans, où les enfants roulent et quatre-pattent sur ta pelouse infestée de fourmis, araignées et déjections canines.


– Oh qu'elles sont belles toutes ces petites joues roses bien rondes de Cornaline !
– Oh mais elle n'a que deux grosses joues et c'est tout, commente l'irrécupérable misanthrope.


Ah ! Ils emménagent dans un trois pièces jurant leurs grands dieux qu'ils n'auront jamais d'enfant !

mardi 29 juin 2010

#161 – Fesse bouc

J’ignorais totalement qui était Alain N., mais nous avions 807 amis en commun.


Étrange paradoxe. Mis bout à bout, ses statuts donnaient l’impression d’un vide insondable. Quant à ses photos de profil, mieux vaut ne pas parler de ces sommets de mauvais goût. Et pourtant il demeurait mon ami.


Et dire que sans toutes ces suggestions de pages plus idiotes les unes que les autres, notre amitié aurait pu perdurer pendant des années.

lundi 28 juin 2010

#160 – Une bonne page de poésie

Hier, tous mes troubles semblaient si loin
Maintenant c'est comme s'ils allaient rester
Oh, je crois à hier
Soudainement, je ne suis pas la moitié de l'homme que j'avais l'habitude d'être
Il y a une ombre qui plane au-dessus de moi
Oh, hier arrive soudainement


Pourquoi elle devait partir je ne sais pas elle ne l'aurait pas dit
J'ai dit une connerie et maintenant je regrette hier
Hier, l'amour était un jeu facile à jouer
Maintenant j'ai besoin d'un endroit où me cacher
Oh, je crois à hier
Mm mm mm mm mm mm mm.


Au bout de ma 807e traduction des Beatles, je me demande s'il ne vaut mieux pas ne comprendre que pouic à l'anglais. Pour la poésie, justement. Et le français pareil, allez, tiens.

dimanche 27 juin 2010

#159 – ORL

Oto-rhino-laryngologie, une spécialité à laquelle la profession de son grand-père d’abord, de son père ensuite le destinait. Mais cette appellation lui est restée tant de fois au travers de la gorge, l’a fait éternuer si souvent, lui a tant blessé l’oreille qu’il a été obligé de consulter.


Jean-Rémy renifle par petits coups brefs et réguliers, il essaie de ne rien perdre.
– 807 ! soupire-t-il satisfait avant de s'endormir.


Hier soir, la vieille a oublié de verser dans la coupelle de porcelaine la goutte d’essence de marjolaine qui, depuis cinquante ans, tient en respect les ronflements du vieux. On les a retrouvés morts ce matin, dans les combles, écrasés par la charpente de leur maison.

samedi 26 juin 2010

#158 – Textophiliste

Ce n'était jamais assez pour eux. Quand ce concours débuta sur Facebook sur le site « Les collectioneurs » il furent 807 à s'inscrire dès le premier jour !


Boximusicophlistes, canystérophiles, félinophilistes, schoïnopenxatophilistes (ils faisaisent un peu peur ceux là), hululophilistes, curiosaphiles, lécythiophilistes, médicapyxiphilistes (ceux-là aussi), odoflascophilistes, jocondophilistes, kaloséidoskopéinophiles, nanomaniaques (des fous dangereux), bibliophilistes, buticalamicrophilistes, byrofibulistes, schtroumphiles (oh my god !), tentaient d'atteindre le record dans leur catégorie preuves et photos à l'appui.


Au 807e texte qu'il publia, Franck entra dans la danse...

vendredi 25 juin 2010

#157 – Attente

Soir immobile. La terre gît sous ses voûtes hautes. Derrière les vitres, la ville semble morte. Une foule écran charrie son silence et des quinquets de quartz brillent entre les corps de faïence. Je compte les ombres vacillantes sous les réverbères : 807 Fantômes blets qui circulent par les rues glacées. Morts vivants. Le cri d'Anubis dessine des portées de chacones injouables. Sous les sorbes, l'élytre des criquets bat sans chef d’orchestre. Solitude. Le monde est pourtant plein comme un oeuf.


Tu naîtras de l'attente fille Atlante, du vide, de l'absence. Viens, tu calmeras le vent qui moud le grain des déserts. Tu seras le Nil, la tourbe, la semence qui crée l’homme.


Me reconnaîtras-tu parmi les cent mille visages qui guettent le retour du jour derrière leurs fenêtres ? Regarde bien, j'ai des épaules de ciel griffées par les oiseaux de proie et la patience du sable qui attend ton pas. Sourds ma source, trouve le cours de mon dédale, remonte l'écheveau de mon apocalypse. Que ton vent solaire éparpille mes abeilles d'os et de chair. Que tes rivières secrètes accueillent la pluie acide de ma lumière morcelée.

jeudi 24 juin 2010

#156 – Coming out

Je me souviens du moment où elle a tendu sa main et mis son poignet sous mon nez. « 807 », a-t-elle dit, « mais ça vaut le coup ».


J'ai eu la sensation de me tasser tout entière dans mon plexus solaire, mon corps couvert de chair de poule, une goutte de sueur coulait le long de ma colonne comme je sentais les lignes bleues de ses veines battre avec un parfum délicieux...


Je l'ai embrassée pour la première fois plus tard ce jour-là.

mercredi 23 juin 2010

#155 – Au tiers de tour

807 milliards, comptez un par un ces billets, vous vous rendrez sans doute mieux compte. Quand vous aurez terminé, on en reparle.


On dit que le FMI et l'Union Européenne feraient fabriquer, à destination des oiseaux empétrolés du Golfe du Mexique, des savons à l'uranium et des bouées en fonte.


Cornaline a de ces visages expressifs, délicats et subtils, à mi-chemin entre le sourire de sarcasme sur l'actualité déprimante du moment et la préparation d'un jet de vomi sur mon visage attendri.

mardi 22 juin 2010

#154 – Oualou

Chouette des bonbons ! Maximilien avale sa salive en ouvrant le paquet de pâtes de fruits. Il y en a moins que ce que l’emballage laissait présager. Y en a plus que ce qu’il peut gober en une heure. Mais un bon nombre quand même, quoique. Un tantinet déçu, Maximilien se demande combien il faudrait de pâtes de fruits pour qu’on arrive à trop. Là, ce gros tas, c’est beaucoup, mais est-ce que un, un de plus suffirait pour faire trop ? Est-ce ce qu’en matière de sucrerie pâteuse, trop, c’est possible ? Est-ce que ça ne compte pas pour du beurre ? Et cette fois, le dentier, faut le garder ?


Ca mollit doucement entre sa gencive et l’intérieur de la joue. Dans le salon aux fauteuils de skaï, le silence déferle.


En plus sur la table basse, un gros sachet de caramels. Maximilien en salive d’avance. Il l’ouvre finalement, une multitude de petites promesses de bonheur dans des papiers colorés. Y en a pas mal, mais à y réfléchir moins que ce que l’emballage présageait. Ses lèvres se tordent un peu, schhhlli aspiré qui réveille une mouche au ventre vert. À la cantonade : Combien il en faut pour que ça fasse trop ? La voisine brinquebalante du chef, dans un souffle : Plus de cent, il me semble. Moins, c’est un tantinet peu. Mais trop, comment le définir, le cerner, le chiffrer. Elle rafle une poignée de caramels en râlant : Pas tant que ça, des nèfles, on manque de tout ici...
Après avoir réglé son sonotone, le voisin remarque : À partir d’une certaine quantité, un nombre, conséquent, oui, forcément, il doit être conséquent ce nombre, comme par exemple 806, le suivant, le rajouté à 806, la cerise sur le gâteau, celui-là, oui tout compte fait, celui-là, ce serait donc lui...

lundi 21 juin 2010

#153 – Salons du livre

C’était chaque fois la même chose : après avoir dédicacé le 807e exemplaire de son dernier roman, il se réveillait en sueur et le poignet douloureux, soulagé à l’idée que ses tirages ne dépassaient jamais les 400 exemplaires.


Son regard alla de la photo sur la quatrième de couverture à l’individu assis en face d’elle. C’était bien le même.


Difficile de deviner le plaisir éprouvé par tant de personnes à soulever les livres d’une main pour aussitôt les reposer négligemment.

dimanche 20 juin 2010

#152 – Ambiguïté

– Je ne mentais pas. J’embellissais... nuance !
– Oui, certainement ! fit M. Paul, qui pensait le contraire, habitué à sa double nature.


Et pour que son mari ne soit pas veuf, elle en vint à souhaiter sa mort au moins huit cent sept fois par jour. Elle l’aimait tant qu’elle ne voulait pas qu’il souffrît de sa disparition.


Je suis quelqu’un de sombre qui s’exprime dans la gaieté. Résigné et enthousiaste à la fois.

samedi 19 juin 2010

#151 – 807 fois, la porte

Elle s’était décidée à pousser la porte.
Le bistrot bondé avait balancé ses effluves de caféine et de sueur sucrée, des échos de voix mêlées, ses éclats joyeux et larmoyants. Une place libre, dans un coin, paraissait l’attendre. Après avoir commandé un expresso, elle avait ouvert un bouquin. La matinée était passée tandis qu’elle écoutait et regardait vivre le monde, planquée derrière les pages d’un roman de Philippe Djian. Ses trois cafés lui avaient coûté quinze francs.


Sur la porte, il était écrit : « Entrez si vous le voulez mais n’oubliez pas de payer en sortant ! »


Chaque porte de bistrot cache une promesse d’évasion. Que ce soit la 2e ou la 807e fois, on se dit en entrant qu’on pourrait être n’importe où… Que ça pourrait être n’importe quel bistrot, dans n’importe quelle ville. Tant qu’on reste assis là, planqué à la table du fond, il est possible d’imaginer qu’en ressortant, on se prendra une grande claque de vent iodé dans la figure... Et même d’y croire.
La différence c’est qu’aujourd’hui, le rêve coûte plus cher : maintenant, on paie ses deux cafés au prix de trois.

vendredi 18 juin 2010

#150 – Hommage pour la fête de Chevillard

Les patients de l'institut ont travaillé fort, malgré les mains liées dans leur camisole, les fous rires, les délires passagers entrecoupés de paresse neuroleptique... La fête atteint son paroxysme dans le pavillon des aliénés lorsque le maître dirige enfin sa divine aspiration et éteint seulement 807 des milliers de chandelles plantées sur son gâteau... Il n'aura plus le souffle de faire sa journée, la fête est jeune et le gâteau est encore vaste...


vite un sucre
pour tous ces patients de l'institut
comme ces phrases de Chevillard
sur leurs pattes arrières


« Écrire – résoudre une nébuleuse intime. J'arrête dès maintenant. De toute façon, Éric Chevillard viendra et l'écrira. Amusez-vous. Crab trouvera la formule, puis ce sera fini, son livre mettra un terme à l'entreprise. »
Paul Valéry, Cahiers, Pléiade, tome 2, p. 1021.

#149 – Messages personnels

Aujourd'hui comme chaque jour, je pense à lui.


807 fois vous dire
Joyeux anniversaire
Éric Chevillard


Je te chante I'll be your mirror, et toi, pour rire, tu me tends un miroir ; j'y lis mon âge sur mon visage, et la chanson d'amour se transforme en longue plainte...

jeudi 17 juin 2010

#148 – Paternité architecturale

Il existait une controverse sur le nom de l’architecte responsable de la construction de la célèbre tour penchée à Pise : Bonanno Pisano ? Giovanni di Simone ? Fabio Lante ? Alberto Rigoletto ?


Le procès-verbal d’une réunion de chantier, qui eut lieu en 1178 sur le Campo dei Miracoli, trouvé il y a peu dans les sous-sols du Campo Santo, redresse la vérité. On a en effet la preuve écrite que l’architecte responsable – dont le nom a été consciencieusement gommé –, aurait confié à son contremaître les mots suivants.
– Je t’avais dit 708, pas 807,... mais on continue, ça devrait tenir.


Aucun architecte n’a revendiqué, au cours des années qui suivirent, la construction du campanile devenu simultanément boiteux et orphelin. Ceci explique cela.

mercredi 16 juin 2010

#147 – Le cinéma

Aujourd’hui je suis allée au cinéma. J’adore le cinéma, surtout en semaine, dans la journée, quand les salles sont presque vides.
Je suis arrivée la première, me suis installée en plein centre de la salle, au beau milieu de la rangée du milieu, comme j’aime.
J’ai posé mes affaires sur le siège voisin et allongé les jambes en soupirant d’aise.
Quelques personnes sont arrivées pendant les plages de publicité et se sont dispersées dans la salle, à bonne distance.


Les lumières se sont éteintes, le film a commencé, et c’est au moment où je me laissais aller dans le fauteuil avec volupté que j’ai senti le choc familier dans mon dos.
Un abruti s’était installé derrière moi, juste derrière moi, alors que toute la rangée était vide, et donnait des coups de pieds dans mon siège.


Au 807e coup de pied, j’ai fouillé dans mon sac, me suis retournée et lui ai logé une balle entre les deux yeux, proprement, avec le petit revolver muni d’un silencieux que je venais de m’offrir.
J’ai fini de regarder le film, puis je suis partie.
À l’heure qu’il est, il doit encore se trouver dans la salle.

mardi 15 juin 2010

#146 – Appel

Un blog rétropublié, des triptyques qui s'épuisent, serait-ce déjà l'hiver qui revient ?


Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ?! Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? 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Tel le Messie parti en Terre Promise et se gardant bien de dire à ses 807 fidèles par où c'est.

lundi 14 juin 2010

#145 – Petits meurtres entre époux

Gaillardement, elle écrivit au milieu de la page « Pourquoi j'ai tué mon mari – 3 » et appuya, avec le contentement de celle qui actionne la clé du démarreur et entend, malgré ses craintes, le moteur ronronner et sent les roues commencer délicatement à tourner sur elles-mêmes, sur la touche « à la ligne ».


Cette fois-ci, et contrairement à ses deux précédents textes sur le même sujet, elle avait envie de donner raison à l'assassine. Car épouser un homme, n'est-ce pas, depuis toujours, épouser Caïn ? Et condamner le meurtre est moral, certes, mais vivre avec Caïn, il faut bien reconnaître que ce n'est pas de la tarte. Surtout à cause de l'œil, là, au-dessus de l'évier de la cuisine.


De toute manière, elle en avait encore 804 à occire, des maris, si elle voulait participer au jeu de Franck : alors pourquoi ne pas en « garrotter » un, ou deux ? Et puis, in fine, rencontrer un gros célibataire...

dimanche 13 juin 2010

#144 – Premières fois

On se souvient de la première femme qu’on a tenue dans ses bras, chantait Brassens. Mais de la 807e ?


On se souvient aussi de son premier shoot. Mais pas toujours très longtemps.


Le premier coup lui fit mal. Les autres aussi.

samedi 12 juin 2010

#143 – Fin d’été

Je suis morte le 25 août 2025, un soir d’été torride et tropical.


L’asphalte fond et laisse de grandes traînées noires derrière les pas des Parisiens qui tentent de fuir, asphyxiés par le nuage de poussière moite qui enserre la capitale. Le bleu du ciel disparaît derrière une pluie fine et grise qui tombe dru. Mes jambes paralysées, la peur au ventre, je regarde la foule hurler d’un seul cri et courir sans plus savoir où aller. Les grilles encerclent les quatre bouches de métro de la place Denfert, des mains s’agrippent pour les escalader. Les haut-parleurs s’emballent pour faire dégager ceux qui, comme moi, n’ont pas cru à temps qu’il fallait descendre dans le métro pour se protéger. L’air vicié et chaud me prend à la gorge et assèche ma bouche. Je marche en direction du parc, en sachant que je ne l’atteindrai pas, tant mon corps est déjà lourd et paralysé par le nuage radioactif qui s’est développé à l’explosion de la centrale. Je tombe.


Un filet d’eau coule dans le caniveau. Je me mets à ramper, tandis que je sens déjà le poids des 807 pas précipités passer sur moi et m’écraser de tous leurs corps.

vendredi 11 juin 2010

#142 – Green Peace Corpse

Il se baissa et commença à ramasser, picorant de ses doigts gantés, avec précision, quelques brins d’herbe à la fois, qu’il déposait délicatement dans un sachet d’échantillons. Loin de songer à les compter (quelle idée bizarre !) il mettait toute son attention à les identifier. Le banal Ray Grass, l’idéal de toute pelouse anglaise, était banalement concurrencé par le cynodon dactylon ou chiendent « pied de poule ». Une saloperie, bien moins chic que son surnom à la My Tailor is Rich, mais capable de rester vert en été sans arrosage. La pincée suivante rapporta du paturin des prés et de la fléole bulbeuse, beaucoup plus prometteurs. Quelque chose se dessinait. Il adorait cette excitation-là. Il se pencha une fois de plus et bingo ! C'était bien de l’agrostide qu'il venait de cueillir !


Le paturin commun, espèce récente sur le marché français, résiste à l'ombre mais est très sensible au piétinement. La fléole bulbeuse possède un bon comportement hivernal et une bonne résistance au piétinement et à l'arrachement, qualités qui en font une espèce intéressante à introduire dans les mélanges pour terrains de sport. Ses graines de très petite taille (3000 à 4000 graines au gramme) nécessitent un travail fin du sol, des soins particuliers au semis. Cette espèce est très peu commercialisée. Les différentes espèces d'agrostides donnent un gazon très dense, très fin, qui accepte des tontes fréquentes. Délicates à semer, exigeantes en entretien, elles sont surtout utilisées par les professionnels, en particulier pour les greens de golf.


Il se relut, corrigea deux coquilles et envoya par courriel son rapport avant de l'imprimer. L’examen des vêtements de la victime démontrait qu’avant d’avoir été déposé dans la décharge où on l’avait retrouvé, le cadavre avait été traîné sur le dos dans une pelouse où se mariaient fléoles bulbeuses, paturin et agrostides. En tant qu’expert international des systèmes herbagers, il ne pouvait théoriquement s’avancer plus. Mais l’habitué du golf local pouvait décrocher son téléphone pour suggérer aux détectives qu’Éric Chevillard avait dû recevoir sur la tête un coup de pitching-wedge, un fer absolument nécessaire sur le parcours 8, situé sous des arbres, à l'ombre et à l’abri des regards, mais aussi à côté du chemin de service, donc dans une zone de passage intense. Et pour être plus précis, vraisemblablement pendant qu’il s’attaquait aux difficultés du 807e trou.

jeudi 10 juin 2010

#141 – Le grand carnaval

Dans son homélie, l’abbé employait à merveille cette langue des diplomates, des mots qui n’engageaient personne. Il parlait la langue de bois à la perfection. Et « les 807 culs bénits » chantaient des cantiques d’un autre âge.


Le nez du prélat sur lequel se reflétait la lumière blafarde de la lampe à pétrole, trahissait son penchant pour « la grappa » ; tandis qu’un grand Christ sur sa croix, flanqué d’une vierge à l’enfant, le regardait, inconsolable.


Le curé prononça un long discours où furent vantés les mérites du défunt. J’écoutais d’une oreille distraite, mais je ne reconnaissais pas le patron de « Chez Léon » dans ces propos, hormis que son restaurant était très bien tenu.

mercredi 9 juin 2010

#140 – Amour bis

Combien de fois devrais-je lui faire l'amour avant de comprendre que je t'aime ?


ce tourbillon
807 papillons
dans mon estomac


Sa vie avait été une autoroute, les panneaux avaient annoncé les dangers – l'alcool, la vitesse, les ralentissements, la ceinture non attachée –, il avait toujours su les éviter et, alors qu'il entrait dans un embouteillage, il se demanda si le moment n'était pas venu d'emprunter l'itinéraire bis.

mardi 8 juin 2010

#139 – Effet collatéral

Grande fête samedi passé au coeur du Jardin Pixel, sur la délicate pelouse qui ceint la fosse à bitume, organisée par les Éditions du Transat à l’occasion de la parution des 807 dans sa collection bleue.


Agathe, Cornaline, Lili, Lou et les autres, les garçons aussi, les papas, les mamans, les amis, les amis des amis, tous étaient présents, 807 au total à l’ombre des tilleuls.


Quant à moi, en apercevant le nombre 807 tracé à l’encre bleue sur la face externe de la cuisse de l’un des agneaux que les amis Franck et Joachim préparaient, je pris conscience que toute entreprise littéraire avait ses limites et que plus rien ne serait jamais tout à fait comme avant.

lundi 7 juin 2010

#138 – CQFD

C'est un groupe fini depuis qu'il a sorti cet album de B-sides and rareties. Terminé la force et la subtilité qui caractérisaient sa jeunesse, la diversité et la surprise, la voix rare et jamais entendue, fini tout cela : étouffé par la routine studio, épuisé par les tournées, vidé par la starification, gommé par l'âge et la décrépitude. Écoutons attentivement ces chutes d'albums : elles ont, en leur temps, été coupées et c'était le bon choix car ce sont des morceaux déjà entendus, une soupe où tous les grumeaux sont les mêmes, sans cohérence, sans vision ; et sur tous les albums depuis, une pareille peine pour l'oreille. Heureusement pour nous, blogueurs, il n'y a pas ce passage à la compilation de faces B ratées qui marque la fin d'une époque, nous pouvons continuer à publier au fil de la toile comme si l'œuvre était une, et surtout comme si c'était une œuvre. Faire passer nos tics pour notre langue, nos faiblesses pour de la maturité, pas de bandeau rouge signalant la mort de nos créations, pas de prix mettant en lumière notre imitation de nous-mêmes : nous persistons dans l'éphémère.


Le livre des 807, saison 1, toujours en ligne ici, est sorti, au format papier. C'est le livre idéal si vous n'avez pas Internet et ne pouvez donc pas lire ce message ni avoir connaissance des 807, livre qu'il vous faudra par ailleurs commander obligatoirement sur le web, « où » il est imprimé sur demande. Voilà un paradoxe digne de Chevillard, où l'on verra, plutôt qu'une maladresse éditoriale et l'opportunité pour l'éditeur de vendre cent exemplaires en comptant sur l'inaltérable égotisme des auteurs, une forme d'hommage.


Blog, hommage, pas de droit d'auteur, un 807 mal assuré, un faux-vrai-livre papier, aigreur et faces-B : tous ces signes ne sont-ils pas ceux de la déchéance confirmée ?

dimanche 6 juin 2010

#137 – Apparition

Elle apparaît chaque soir à la fenêtre, silhouette en filigrane qu’il devine plus qu’il ne voit à travers les vitres du métro aérien. Silhouette frêle, presque éthérée, elle semble se dessiner comme un personnage figé dans son cadre de bois blanc. Front et bras gauche appuyés contre la vitre, regard tourné vers la rue, elle semble attendre indéfiniment quelqu’un, chaque soir à la même heure. Il l’imagine attendre un homme qui ne vient pas, et revenir chaque soir à son poste pour le guetter encore.


Chaque soir il capte un nouveau détail au gré de ses voyages, lui derrière sa vitre, elle derrière la sienne, comme un double écran entre eux. Il maudit les jours de pluie ou de brouillard qui lui volent son image. Il bénit les jours d’hiver où la fenêtre éclairée se découpe dans la nuit comme un écrin taillé pour elle. Toujours la même tenue, un justaucorps noir sur lequel varient les couleurs et les épaisseurs de tissu, en fonction des saisons. Il aime quand elle ceint ses épaules d’une étole de cachemire rose indien. Il aime quand elle ne porte rien d’autre que son justaucorps et qu’il peut deviner la courbe de ses seins. Il aime son visage pâle au regard pensif dont il ne connaît pas la couleur. Ses cheveux noirs de jais retenus en arrière par un ruban de soie. Ses lèvres pleines et roses dessinant un croissant de buée sur le carreau. Son nez fin et busqué. Chaque soir il étudie un nouveau détail, il la connaît par cœur et la redessine sans fin dans ses rêves.


Depuis 807 jours qu’il la guette il aurait pu descendre mais ne le fera pas. Sa seule crainte est de passer un soir, et qu’elle ne soit plus là. Peut-être que ce soir-là il descendra.

samedi 5 juin 2010

#136 – Dérapage pour la soif

Au départ une stupidité, ce satané canal qui a surgi de l’obscurité. Savez-vous que les myopes voient mal la nuit. Tu m’avais cassé les pieds et les lunettes, on avait trop trinqué. Un abruti vient de me chourer mon sac Gagliano. Je me retrouve à cavaler après, bringuebalante dans mes escarpins trop serrés. Sans crier gare il tourne, mon talon vrille et sur le côté, je glisse.


Non, je ne tombe pas, ce n’est pas possible, ce froid, ce mouillé qui glisse le long de mon corps. Essaye la nage du petit chien, coordonne les mouvements de tes membres. Quelle complication sans borne. Curieusement, le bord du canal apparaît au niveau de mon nez, un liquide âcre envahit ma bouche. Je hurle, enfin, glapis des bulles – help, aidez moi ! Quelque chose me caresse le pied, me choppe dans le bouillon.


J’abandonne l’espoir de mon sac et de toi, j’abandonne l’envie de remuer encore, la possibilité de revoir la ville, à la surface des apparences je laisse tout flotter pendant que ça continue à s’entortiller autour du mollet. Dans un courant tiédasse, un souffle souterrain m’aspire. Rien à y faire. À peine l’instant d’un coup d’œil sur le périphérique, les lumières floues qui me surplombent, tremblements successifs de la carcasse, et l’eau qui serre, et ces 807 étincelles moirées qui me ravissent encore. Au loin, l’écho d’une comptine oubliée, quelques notes encore, le chuintement d’un nouveau silence.

vendredi 4 juin 2010

#135 – Bien plus de 807 marcheurs

En suivant la manifestation j'avais abandonné les banderoles quelques minutes pour acheter de la confiture et du miel, mais pas de journal.


En arrivant chez moi j'ai vu que le facteur, indignement, n'avait pas fait grève, mais, intelligemment avait déposé pour moi les 807 première saison.


Les ai ouvert en déjeunant, et suis sortie de table à l'heure du thé, en entendant rire sur la terrasse au dessus de moi une petite fille qui ne s'appelait même pas Agathe mais Magalie.

jeudi 3 juin 2010

#134 – Dix-huit mois à tuer avant moi

Je suis allé retirer un formulaire de demande de suicide. Je l’ai complété avec application, au stylo noir, en appuyant bien fort pour que tous les exemplaires soient parfaitement lisibles.


État civil. Situation familiale et professionnelle. Cinq lignes maximum pour expliquer les motifs de ma décision. Une date de fin de vie envisagée. Et une signature. J’ai refusé de cocher la petite case tout en bas. Celle qui « m’engage à ne pas commettre mon suicide dans un lieu public ni en usant d’un procédé susceptible de heurter la sensibilité des plus jeunes ».


L’employée tatillonne à laquelle j’ai remis mon dossier a insisté un peu. Elle aurait préféré que je coche la case. J’ai campé sur mes positions. Dans ce cas, votre dossier va devoir passer en commission, elle m’a dit. Puis elle a précisé : nous avons actuellement huit cent sept dossiers en liste d’attente. Et avec la grève qui se prépare, le délai est de dix-huit mois minimum. Vous tiendrez le coup jusque là ?

mercredi 2 juin 2010

#133 – Poissons volants

Il sait que son sort, tout autant que celui du groupe de réfugiés qui au dernier décompte étaient encore 807 à bord, dépend de ce qu’il va envoyer comme signe aux autorités.


La terre tant espérée est en vue. Il se rappelle la promesse faite à un homme sur son lit de mort. Toute trace de l’homme lui-même a disparu, emportée dans le gouffre de la durée, mais ses mots sont encore là, tapis dans l’ombre, prêts à hurler s’il se défausse. La douleur a envahi le navire. L’argent n’est d’aucun secours. Les plaintes, les râles, les gémissements débordent de tous côtés et filent inexorablement vers la terre. Dans les ornières du rivage des hommes bottés et casqués hoquettent et se contractent. Des torches balaient les flots jusqu’à l’aveuglement. L’air est brûlant et instable. Malgré leur faiblesse, il n’est pas certain qu’il contienne ses passagers. S’il décide de remonter au vent il lui faudra passer par-dessus les corps exténués de rage, probablement sortir son arme et tirer quelques coups de semonce. Ses yeux font mal. Ses mains tremblent. Du sang lui monte à la tête et son cœur s’emballe. La peur a ouvert son linceul. Sur la côte les coups de sifflets s’échangent au pas de course. Le branle-bas est engagé. Il lui reste très peu de temps.


S’il parvient à faire le vide en lui, il réussira peut-être à ne tuer personne durant la nuit.

mardi 1 juin 2010

#132 – Métamorphose

La méchanceté lui avait conservé toute l’alacrité de son intelligence, et elle se vengeait de sa décrépitude sur ceux qui la servaient, déversant sa bile amère, éructant et frappant du poing, les yeux soudain exorbités. Et tous, courbaient l’échine, lançant des regards éperdus pour que l’on vienne à leur secours.


Agathe regardait sa mère dont la vieillesse, telle une inondation, s’était répandue d’un seul coup.


La violence de ses sentiments altérait son visage. Tout à coup, elle avouait son âge. Mais ce vieillissement subit, loin d’apitoyer Lucien, augmentait encore les huit cent sept bonnes raisons qu’il avait de la détester.