lundi 3 octobre 2011

La route

Je me souviens d'avoir lu l'été dernier, une biographie de Thomas Lanier Williams dont une bonne partie dans le tramway. Alors que je n'étais pas loin de la 807e page, je levai la tête. Le tram était bondé. Un monde fou s'entremêlait. On pouvait y voir un homme à l'allure de boxeur manchot, un petit vieux à la peau de serpent, un sac de dame en perles, une rose tatouée sur une épaule dénudée, un amoureux rassurer son amie Hey, baby, ne t'en fais pas, la chatte finira bien par descendre du toit !, une petite fille déguster un sucre d'orge en forme d'iguane, un musicien équipé d'une contrebasse descendre à l'arrêt Orphée et mille autres curiosités. Dans ce petit train aux grandes vitres, on se serait cru dans une ménagerie de verre. Comme emportée dans un flux de cinémas et simagrées, bon gré mal gré, la vie semblait pouvoir tenir sur une trame de transport en commun jusqu'au terminus. Je n'ai jamais aimé Johnny mais, ce jour-là, je me souviens que dans l'air flottait « quelque chose en nous de Tennessee ».


dimanche 2 octobre 2011

La coupe est vaine

Heureusement, cette fois, rien n'arrive qui mérite sacrifice aux dieux. Tu restes toujours autant toi. Le même. Bouffi pareil, bêtement humain. Je voudrais boire la potion de la femme quand tu donnes un coup dans le plateau qui valdingue. Elle grimace. Je la déteste, je la hais, elle vaut moins que ces porcs qui se vautrent à ses pieds. Ne pas rester ici une seconde de plus immobile, échapper à ses charmes. Tout se referme dans ma tête. Je me propulse sur elle pour la massacrer : Fais revenir mes potes, sinon je te transforme en chair à pâté ! Tu essayes de me maîtriser. Bang ! Sur ma tête, quelque chose explose. Pas le temps d'avoir mal. Quand je me réveille, cette traîtresse et toi êtes enlacés, vous avez sûrement frotté le lard ensemble. Les pourceaux ont disparu, mes amis sont revenus, sauf un cochon, le casse-couille de service qui grouine : Qui t'a dit qu'une forme est plus belle qu'une autre ? Ou bien homme ou bien porc, ou survivre dans la fange ou la lutte à mort, entre les deux, il n’y a rien. 14 étreintes, 204 embrassades, 385 tapes dans le dos et 204 congratulations, j'ai compté chacune de nos 807 accolades. Disposés en pyramides, rôtis et gibiers nous attendent sur de grandes tables. Cette île n'est qu'une luxueuse porcherie. Cette étape de notre périple nous a rempli la panse, mais bombance chaque jour, ça me gave. Y a toujours la canne à pêche comme passe-temps, balancer l'hameçon dans les vagues, attendre sans moufeter le soir et peut-être un rayon rose. Quand on l'apercevrait, il créerait un élan tel qu'il libérerait le monde de sa gangue de glace.



Musique (c) Franck Garot

samedi 1 octobre 2011

Images

Il y en a combien dans ses albums ? dans ses cartons ? dans sa tête ?
800 et quelques et quelques et quelques et quelques et quelques et quelques et quelques et quelques ?
Celle-là, surtout.


vendredi 30 septembre 2011

La coupe est peine

À la lisière du parc, observer les jeux des 317 loups noirs et des 491 lions moins celui qui dort. Cueillir des plantes abrasives qui attirent des moucherons et les dévorent. Rêver à elle. Poussant des grognements humains déchirants, des cochons déboulent du palais. Vingt-deux cochons en tout, dont un aux côtes apparentes comme celles de l'émacié et un autre couvert de pustules identiques à celles du boutonneux. Cette coïncidence a sûrement un sens ; ce délire une raison. Pas possible de les laisser dans cet état boueux, avec leurs paupières tétraédriques et leurs pupilles rouges de crainte. Je cavale te chercher, t'es déjà sur le pied de guerre comme si tu pressentais que ça allait tourner en eau de boudin, on repart illico. Sur le chemin, tu déballes à propos de la cuisine de ta femme, de tes vacances reposantes à Sparte et tu philosophes aussi : Crois-tu que qu'un raisonnement peut être saucissonné ? Tes blablas qui ne concernent que ton nombril me gavent, je suis inquiet. Au milieu de la forêt, un jeune escogriffe nous demande où l'on va. Je crache : dans la pire des porcheries. Une expression contrariée passe sur son visage, il me donne un bouquet d'ail sauvage en marmonnant: Pour t'empêcher devenir bête. Ou de devenir une bête. Tu me confisques l'ail, l'enfourne direct et le mâchonne comme une chèvre. À la lisière du parc, les porcs tremblotants ne nous lâchent plus d'une spartiate. Les 807 bêtes sauvages tentent ton arc, mais tu remets la chasse à plus tard. Allure élancée, chevelure encore plus bouclée, pommettes roses, sourire éblouissant et dents pointues, elle se matérialise devant nous. Te tend une coupe en argent massif, pleine à ras bord. Tu y trempes tes lèvres. D'un regard profond elle te fixe, d'un regard de truie elle me fige. Un clignement de ses paupières déclenche un fil invisible qui se déploie jusqu'à allumer le feu de ma rage. Tu bois lentement. Rien ne se passe... De plus en plus soif. On est figé dans du marbre quand s'élèvent des couinements qui font froid dans le dos. Les cochons se bousculent, odeur de fange et de pourriture, alors qu'un parfum ambré émane de cette saloparde qui nous a eus avec son alléchante hospitalité. Mes potes piégés dans son bourbier. Comprimés dans du cuir puant, corps prisonniers de la bouse, déterrant frénétiquement des racines pourries... Mes poings se serrent.



Musique (c) Franck Garot

jeudi 29 septembre 2011

Condamnation

Accusé, levez-vous !
Attendu que vous êtes inscrit sur Facebook depuis le 12 février 1997,
Attendu que les experts ont trouvé sur votre mur 1364 articles auto-référencés, 2840 commentaires apologies, 75 pelletées d'injures, un duo de déclarations d'amour et trois ratons-laveurs,
Attendu que les ratons-laveurs ont compensé votre enfance difficile,
Attendu que les experts ont vérifié que (2840-1364)/2+75 -12/2 = 807
Attendu que la cour constate que le compte est bon.
La cour décide : Vous êtes condamné à l'interdiction définitive de vie privée informatique. Vous devrez dorénavant et à perpétuité témoigner de tous vos actes, déplacements et pensées les plus minuscules et insignifiants, qui seront archivés dans la prison d'état numérique. Jusqu'à la fin des temps, toutes vos données seront intégralement exhibées au public, sans possibilité de vie privée, ni d’occultation même partielle, ni d’effacement, ni de correction ni d’aucun recours d'aucune sorte. La sentence est exécutoire immédiatement.




mercredi 28 septembre 2011

La coupe est reine

Pur, le sillage dessiné à l'arrière de la galère alors que la boue de l'ennui m'absorbe. Jeter l'hameçon sur les reflets mouvants, espérer le crépuscule et son rayon rose qui ferait, à ce que disent les rameurs un effet bœuf. On n'a pas gardé les porcs ensemble, mais depuis la guerre le monde s'est transformé et même la sardine mord moins à l'hameçon. Nada au bout de ma ligne... Pensées engluées, j'attends comme une andouille quelque chose, sans savoir quoi... Ou quelqu'un qui nettoierait le bourbier de ma caboche. Tu demandes qu'on accoste. Encore le plancher des vaches, ça lasse...Une côte désolée et des oliviers en surplomb. Pour trouver du ravitaillement, on part à l'aventure à vingt-deux dont l'émacié, le boutonneux et un casse-couille qui la ramène trop. De ton côté tu décampes chasser à l'arc. On traverse une forêt dense aux arbres tordus, on débarque sur un jardin immense. Copains comme cochons, des loups et des lions y jouent ensemble. À notre vue, aucune réaction, on avance. Nos gosiers sont secs. Corps élancé, jambes fuselées, 465 boucles blondes et triangulaires, 66 dorées plus 276 ambrées, visage ovale aux pommettes hautes, des yeux lumineux comme la glace, un large sourire et des dents éclatantes, comme suivie par une nuée de pétales de roses, une reine apparaît. Elle a jailli d'un palais à moitié dissimulé dans les oliviers. Suivie de femmes boudinées portant des apéros du coin, elle nous sert une boisson mixtionnée qui coule à flot, on trinque, on va déguster. À la nôtre ! Ah, plaisir d'être accueillis à bras ouverts par cette créature merveilleusement chaleureuse, on a eu raison de pousser notre exploration dans ce lieu où tout est si accueillant. Ne jamais repartir, goûter ce sourire qui me sort de la boue, prendre racine dans son paradis illuminé. Trop belle, trop souriante, trop empressée l'apparition silencieuse aux 807 boucles ressert nos timbales déjà vides. Je lui mangerai dans la main. Mes potes la suivent dans le palais. Subjugué, je reste dehors. Quel dieu m'a guidé jusqu'à cette ensorcelante créature ?



Musique (c) Franck Garot

mardi 27 septembre 2011

L’amoureux de la Veuve

Au croisement de la rue de la Roquette et de la rue de la Croix Faubin, il se désole Anatole, au pied de sa machine. On lui livre le travail au compte-gouttes. En trois mois, il n’en a coupé qu’une. Son père, le bon Louis, qui a dû arrêter le métier étant devenu hématophobe, en avait raccourci 221 durant sa longue carrière. Il n’avait jamais égalé son maître, Nicolas Roch, qui en débita 87 en sept ans d’activité. Une par mois, le veinard ! Anatole songe à Charles-Henri qui en décolla 498 en son temps. Il faudrait qu’il en sépare au moins cent, Anatole, pour compter dans l’histoire. C’est pour cela que certains soirs, on le voit, ombre parmi les ombres, encourager l’Anarchie et la fabrication des bombes.


lundi 26 septembre 2011

Rien ne sert de compter

Tout va de travers. Elle a foiré son entretien d’évaluation, bafouillé comme une vierge effarouchée, s’est couverte de ridicule ! La promotion, c’est Fabienne, grande gueule et cuisses aguicheuses, qui l’aura à coup sûr. Son homme part de plus en plus souvent en déplacement : prétexte, il voit une autre femme ! Son ado Loïc s’est fait virer du lycée cet après-midi : il est ravi, le traître, il veut faire le tour du monde en auto-stop ! Et le fisc qui lui réclame le dernier tiers qu’elle a réglé en temps utile. Étonnez-vous qu’elle n’arrive plus à dormir. Elle a essayé la tisane – emplâtre sur jambe de bois – la pilule miracle qui hélas procure un réveil nauséeux et coupe les jambes pour la matinée… Alors ce soir, pour tenter d’oublier son compte d’ennuis, elle compte, comme le conseillait sa grand-mère : 1, 2, 3, 4, 10, 20, 50, 100, 300… 800, 801, 802, 803, 804, 805, 806 moutons…


Béééééé ! Béééééé ! Elle hallucine. Une créature frisottée a posé sa tête sur l’oreiller à côté du sien. Le chiffre 807 est inscrit sur son front en caractères lumineux. Décidément, tout le monde se ligue contre elle !

dimanche 25 septembre 2011

Le poids des mots

Plusieurs années pendant lesquelles il avait ressassé cette idée, un fœtus de projet, les images formant des souvenirs, quelques phrases emmêlées dans sa tête, choisir les mots, ceux qui seraient la vérité, son histoire, oh qu'ils étaient lourds ces mots, ces mots qui justifiaient ses silences, qui l'empêchaient de vivre, avec une femme, avec un homme, parler de vérité alors qu'il n'était question que d'identité, et de reproches, arrêter de taire l'indicible, alors écrire ce livre, écrire cette vie bancale, et l'offrir à tous, se délester de cette souffrance, la partager ; comment sa mère allait-elle réagir ?, pouvait-il vraiment tout dire ?, et comment ? des mois d'écriture, de corrections, de questions – et il était enfin devenu écrivain.


53 exemplaires vendus, sa mère n'a pas voulu le lire – et 807 kilos de papier au pilon.

samedi 24 septembre 2011

Du potentiel érotique du bouton

Se souvenir du nombre de boutons patiemment retirés, un à un, dans la douloureuse lenteur du désir montant. De ceux qu'il avait arrachés, emporté par la rage et la passion, aux chemises des amantes trop longtemps refusées. De ceux qu'ils avait retrouvés, au fond des draps froissés, échoués là par hasard et conservés dans sa boîte à secret comme de petits bijoux sacrés.
Il l'attire à lui. Elle porte une longue robe fermée par les plus petits boutons de nacre qu'il ait jamais vus. Elle sera sa plus belle conquête.




vendredi 23 septembre 2011

Triomphes

Ça fait des mois qu’ils attendent ça. Les bagages sont faits depuis de longues heures, les guides neufs usés, les cartes mémoires giga prêtes. L’avion décolle enfin, ils n’en pouvaient plus d’attendre. Le lendemain, ils se posent à Rome, puis visitent Florence et Pise. Devant la tour, c’est un entraînement. C’est facile, il suffit de se mettre à coté, les bras tendus. Ils peaufinent leurs positions préférées, répétées huit cent sept fois au cours de l’année passée. Soit ils la poussent, soit ils la soutiennent. Mais tout cela n’est rien comparé à ce qui les attends. Le must. Le fin du fin. Le rêve de toute une vie. Sur les photos des amis qui y sont déjà allés, ils s’y sont vus, triomphants. Ils quittent l’Italie, entrent en France par Disneyland. Ils se posent à l’hôtel, se reposent un peu, et enfin, au petit matin, remontent dans le car. L’engin traverse Paris, remonte les Champs et se gare devant l’Arc. Ils n’en reviennent pas d’y être enfin. Les portes s’ouvrent, ils sortent presque en courant, se précipitent sur le trottoir face au monument. Et dans un temps record, sautent, s'arc-boutent, se contorsionnent, sourient, rient, s’illuminent, une petite flamme de bonheur dans leurs yeux d’inconnus. Postures flamboyantes pour leur postérité, ils s’échangent les appareils pour être sûrs de faire la bonne image, ne pas la louper, ils shootent, re-shootent, re-re-shootent, re-re-re-re-re-re-shootent. Ils louent leur bonne étoile d’être là. Par l'escalator je sors du RER et tombe sur eux comme chaque matin depuis des années. Je m’immobilise pour les immortaliser. Puis je pars travailler.


jeudi 22 septembre 2011

La lettre

Elle aimerait avoir reçu des centaines de lettres d'amour...
C'était où, la dernière ? à 807 années sans lumière ?


Elle décide de s'en envoyer une, anonyme.

mercredi 21 septembre 2011

Cisailles

Il voyageait entre une caresse improbable et la sonnerie ponctuelle du petit matin. La solitude effaçait de ses yeux les habitudes nocturnes et diurnes, les embrassades posthumes. Du jour nouveau, il pressentait chaque fois le vide et sa vie se tenait là, à cheval sur l'abstrait. Il la regardait dormir malgré le bruit de la rue en éveil. Si le froid de l'aube les rapprochait parfois, fronts appuyés sur la vitre, lui d’un côté et elle de l’autre, leurs haleines ne mêlaient pas leurs buées. Il décida d’arpenter le chemin inverse et se blessa aux 807 épines du buisson ardent.


Avec le fer extrait de son sang, il forgea des cisailles pour trancher leur lien.

mardi 20 septembre 2011

TGV 807

La brasserie aux banquettes violettes est ouverte ; il entre en la tenant par la main ; ces petites mains fines de femme sont serrées dans les siennes …ils s’assoient et il lui commande des profiteroles au chocolat : elle adore ! Il a envie de lui faire plaisir. Il la regarde, admire son sourire qu’il aime tant et ses petites boucles brunes qui lui tombent sur les épaules. Elle lape son chocolat et il l’aime la voir déguster ses petits choux crémeux. Elle sourit, emplie d’une joie toute jeune ; son cœur à lui bat vite, il l’aime tant ! Son flan au caramel attend sa fourchette mais il n’a pas très faim, trop inquiet, car il sait ces moments éphémères. Il aimerait la serrer dans ses bras … elle a fini ses profiteroles, il n’a pas touché à son flan. Elle bavarde, lui raconte ses journées et il l’écoute, ravi et plein d’amour ; il aime les courbes de son nez si délicates et ce beau sourire qui lui rompt le cœur lorsqu’il la voit. Il va falloir partir et quitter la banquette car le temps presse ; ils quittent le café les mains jointes. Dans la voiture, elle met la radio, danse et chante au rythme des notes, lui, il essaie de se détendre. À l’angle de la rue, il tourne à droite, la gare se dessine avec son beffroi ; ils sont en avance mais il faut encore longer le quai ; « le TGV 00807 » va entrer en gare voie15 » entend -on dans les hauts- parleurs. Dans la voiture, côté fenêtre, une dame en tailleur rouge va s’asseoir sur les sièges design violets, il lui porte d’un pas rapide sa valise et fait grimper la fille. Il voudrait avoir le temps de l’embrasser et de caresser ses mèches brunes, il ne peut pas. Les portes d’activation sonnent … Il doit descendre d’un pas lourd mais avec hâte.


La vitre les sépare, barrière invisible, et, de sa petite voix, elle crie :
« Au revoir, mon papa j’embrasserai maman, ce soir ».

lundi 19 septembre 2011

Les diaboliques

807 armes pour m'affranchir de ta jalousie
des mes yeux revolver à mon cœur canon
pour ouvrir le cadenas de la cage
dans laquelle tu m'as enfermé
depuis nos fiançailles


807 larmes acérées contre tes armes vaines
mon cœur en miettes contre ton âme perdue
je t'enfermerai jusque dans la mort
pour une éternité

dimanche 18 septembre 2011

Vexations

On ignore toujours pourquoi un pianiste reconnu, célèbre dans le monde entier pour ses interprétations virtuoses, s'était lancé un tel défi, ce marathon de plusieurs heures pour jouer 840 fois la même suite de 152 notes comme demandé par le facétieux compositeur. Inévitablement, il s'est écroulé sur l'ivoire du Steinway, à la 807e redite, épuisé. Il a derechef annulé tous ses engagements. Personne ne l'a revu depuis.


La mémoire me fait défaut, je ne me souviens plus du titre de cette œuvre.

samedi 17 septembre 2011

L’Éponge

Il soupira. Nouveau chapitre. À nous deux, les fractales. Il attaqua mollement la définition, la dotant de sous-titres personnels, moyen mnémotechnique efficace tant qu’il ne confondait pas l’original et le commentaire. « L’éponge de Menger est un espace fermé (aïe ma claustrophobie !) puisqu'il est également borné (lucide, le mec ?). C’est un ensemble non-dénombrable de mesure de Lebesgue (répèpèpète-le) nulle (te le fais pas dire !). » Au fait, c’était qui ce Menger ? Ah, ouais. Karl. Mathématicien. Fils de Carl, économiste (même nom, autre initiale, faut le faire). N’avait rien de mieux à foutre en 1926 que d’explorer le « concept de dimension topologique » une éponge à la main ? Et à quoi ça ressemble, son truc ? Il tourna la page. Il en resta bouche bée. La forme, les couleurs, les petits trous réguliers… Impossible de se tromper, c’était Sa Grande Boîte Magique !!!!! Elle l’avait occupé plus de deux mois, quand il était en 6e. Et il avait misé trois ans d’argent de poche pour acheter les boîtes de briques nécessaires !



Éponge de Menger, licence Wikimedia Commons

vendredi 16 septembre 2011

Code 807: Dan Brown meets Marc Lévy

Lauren fronça ses sourcils parfaitement dessinés, songeuse. Ce nombre 807 auquel tant de personnes à l’intellect hors du commun consacraient des textes surprenants dans un blog mystérieux, ce nombre 807, présenté comme anodin et arbitraire et qui sollicitait pourtant les énergies puissantes de nombreux écrivains, ne cachait-il pas une réalité trop troublante pour être dévoilée au grand jour ? N’était-ce pas en fait – elle frissonna à cette idée à peine concevable – un message crypté ?
La jeune femme à l’abondante chevelure brune gara sa Porsche rutilante à la place de parking qui lui était réservée et, dédaignant l’ascenseur, grimpa quatre à quatre les dix étages qui la menaient à son appartement avec vue imprenable sur le Golden Gate Bridge. Lauren jouissait en effet d’une forme physique remarquable grâce au jogging quotidien qu’elle effectuait tous les matins à 6 heures. Une fois chez elle, elle se précipita sur son ordinateur, qui bénéficiait d’une connexion internet ultrarapide, et se mit au travail, s’efforçant de percer à jour le secret de ce nombre intrigant.
Plusieurs heures passèrent sans apporter de solution. Lauren commençait à désespérer lorsqu’elle eut soudain une illumination. 807 : le 8 correspondait au H dans l’alphabet, le 7 au G. Entre les deux, le 0 prenait évidemment la place d’une lettre qui devait rester absente : la voyelle, qu’on n’écrit jamais dans l’alphabet hébreu ! Mais une lettre proche tout de même du 0 : le O ! On obtenait ainsi le mot HOG : incroyable ! Lauren n’en revenait pas. « Hog » signifie en effet cochon ou porc en anglais : ce que le mystérieux nombre 807 désignait, c’était donc l’animal tabou de la Bible, le symbole du sacrilège, l’abomination de la désolation ! Lauren en était certaine maintenant : il s’agissait d’un site de satanistes sans doute sur le point de commettre un crime horrible.


Elle composa sur son smartphone dernier cri le numéro de son ami d’enfance Max, qui occupait un haut poste au FBI, et attendit anxieusement qu’il décroche.

jeudi 15 septembre 2011

Trop tard !

Je crois que j’arrive un peu tard avec ma brouette (empruntée au jardinier de l’Abbaye de Fontfroide) pour aider au déblaiement des décombres du mur qui ne clora plus le jardin de l’auteur de Choir quand il débutera — comme chaque année à la date du 18 septembre — le décompte des brins d’herbe de sa pelouse. Le passant, indiscret, au sourire incrédule assistera alors au spectacle derrière les grilles de sécurité, qui ferment à présent le jardin. Il observera l’écrivain accomplir son rituel jusqu’au 807e brin d’herbe et il lui adressera la parole : l’auteur de Chiens écrasés sera alors déconcentré et tout sera à refaire.


mercredi 14 septembre 2011

Au fond du lac

Les acacias projettent leur ombrage pastillé sur les parterres débordant de fleurs. Au bout de l’avenue, deux rangées de tilleuls encadrent le miroir du lac qui paraît vertical, tout froissé. Du papier aluminium. Un sentier tortueux descend au lac entre des pelouses rasées de près avant de s’estomper dans le sable rapporté d’une plage artificielle. Des cris d’enfants jaillissent derrière le cliquetis régulier des arroseurs automatiques. La surface sombre et huileuse du lac se ride sous le sillage des planches à voile. Sous la rive opposée, s’étale le reflet de la ville. Cité engloutie. 807 baigneurs s’interpellent, s’éclaboussent. Je sors de ma torpeur. Ça devait être là, dans ces anciennes sablières, qu’enfant je capturais salamandres et tritons. Je m’allonge sur le sable. Cris d’enfants, claquement des plongeons. Illusion. Il manque le ressac des vagues, le rire des goélands et surtout un ciel qui ne soit pas tramé d’un voile grisâtre. Mon corps tasse un sable lourd, jaune orangé comme de la poudre d’œuf. Relents de friture. Je m’immerge dans l’eau lisse et fade et nage vers les profondeurs glauques du lac.


mardi 13 septembre 2011

Perspective

Elle cultivait l'art des retards avec une insouciance qui n'appartenait qu'à elle.


Il cultivait l'art de l'attente avec un flegme apparent, n'étaient l'imperceptible crispation de sa mâchoire et les 807 pulsations de la veine saillant sur ses tempes argentées.

lundi 12 septembre 2011

Collectionneur

807 pin's
807 boîtes de camembert
807 muselets
807 exemplaires des Inrocks


Et des efforts surhumains pour ne jamais dépasser les 807 euros sur son compte courant de la banque postale, et 807 amis sur Facebook.

dimanche 11 septembre 2011

D'attaque

Rien ne prouve, hélas, que ce beau livre d'Éric Chevillard sur Gaston Chaissac ait eu les 807 lecteurs qu'il mérite. Il occupe le 477 245e rang au classement des ventes de livres français sur Amazon. Par ailleurs, notons que les 660 fans de cet auteur sur Facebook en attendent 147 autres : qui aime Chevillard, aime les comptes ronds.


samedi 10 septembre 2011

Petite musique du jour

« Et puis baisse le son de ta musique, on s’entend plus dans cette maison ! Combien de fois est-ce qu’il faudra te le dire ? »
Samuel soupire et tourne le bouton du volume.
Au moins 807, mon cher papa. T’façon, tu répètes toujours la même chose : et baisse ta musique, et range ta chambre, et bosse tes cours, et tu feras rien dans la vie si tu continues comme ça, et y a pas que la musique dans la vie… et bla et bla… Pffffffff… Mais tu connais, au moins, ce que j’écoute ? Jamais tu m’as demandé… Tu t’en fous en fait, pourvu que ma chambre soit nickel et que mes devoirs soient faits, le reste ne t’intéresse pas.


T’façon, plus tard, je serai musicien.
Samuel tourne le bouton du volume dans l’autre sens.

vendredi 9 septembre 2011

Asymptotique

Il enleva ses lunettes, les posa sur le bureau, puis s’étira, les essuya et les remit. Sur sa nuque pesait un joug de cent kilos. Il respira profondément, remua les épaules, mais lorsqu’il se pencha de nouveau sur ses équations, le résultat était le même : lorsqu’il considérait la courbe d'équation paramétrique de dérivées respectives 2t / (1 − t2)2 et t2(3 − t2) / (1 − t2)2 en -1 il ne pouvait ignorer le fait que


Seulement, là où on lui avait appris à observer une branche infinie (et par conséquent une asymptote), tout ce qu’il voyait, lui, était un 8, doucement couché sur le flanc, qui semblait gémir, éreinté, palpitant, et l’appeler.


Les feuilles constellées d’x et d’y s’envolèrent d’un bel élan quand il repoussa à deux mains le fatras qui encombrait le bureau, empoigna un stylo et se mit à griffonner frénétiquement. Et pas en chiffres et lettres grecques, non ! Il allait écrire ce 807 pour Franck, tout de suite et maintenant, et au diable Polytechnique.

jeudi 8 septembre 2011

Car, quand les chemins diurnes côtoient les chemins de la nuit /3

Pas la panique non qui me jette dans la pente. Où poser le pied ? Si je n'avais pas fait confiance à cette fille, les poursuivants auraient eu autre chose à se mettre sous la dent que moi et l'autre fuyard. Ce jour illusion qui tombe. Cette plage enfin. Bombardée de blocs de rocs. Courir courir les bateaux je les vois bien, les projectiles creusent les vagues. Quel tracé dessinerait le chemin le plus rapide, s'extirper de cette crique, rallier ton navire ? Contrôler chaque foulée, la mer est froide, nuit d'eau sans lune, une pierre massacre mon bras ce bateau penché craque crac coule... D'autres criblés pas de limite à la sauvagerie barbare du sang sur moi. Éjectés des entrailles des navires, d'autres que moi dans l'eau, côtoyant poissons et débris de quoi... Nager toujours pas de panique non nage dans l'eau grise... du haut des falaises les hommes immenses affluents, cette île maudite en abrite combien, qui criblent de 807 harpons jusqu'à l'horizon l'eau rougie ne côtoyer que corps inertes des bateaux écrasés ils ont plongé je nage un trait noir siffle à mon oreille droite rate ma tête, de peu, un harpon pour thon chassé comme un thon les dieux pires que des chiens de ce traquenard non ça ne s’arrêtera jamais, thons embrochés ils nous massacrent les yeux secs même plongeant la tête rouge à la surface de l'eau ne pas y croire on est des thons ne pas voir vagues rouges aucune vie ne tient yeux séchés... Sans lune, l'air autour de l'unique bateau rescapé, n'est plus le même air. Puant le fer, l'égout. Dense comme les flots qui charrient plus que de raison. Finis les craquements où ils sombrèrent corps et biens. Tranquillité limpide. Silence blanc. Demain on côtoiera le soleil. Demain, se débarrasser du jour sera impossible. L'instabilité de chaque vague rappellera l'offense du carnage. Il y aura du rejet sur les côtes, de nouveaux amas dans les criques bleues. Ton bateau fuit cet endroit où le jour se confond avec la plus acérée des nuits. Mes yeux restent secs. Car, contre toute attente, je respire. On va où maintenant. Devant, c'est nulle part.



Musique Xavier Brillat, tous droits réservés

mercredi 7 septembre 2011

RCA

Au repos, je suis bien terne et fragile dans mon cocon de verre. Mais quand on me branche, je rougis intensément.
Je convertis un minuscule courant en un gigantesque fleuve d’électrons.
Je transforme des vaguelettes électroniques en tsunami électromagnétique à 245 Mégahertz.
J’amplifie et c’est mon bonheur.
Consommer 80,7 W ne m’impressionne pas, je suis un 807.


mardi 6 septembre 2011

Car, quand les chemins du jour côtoient les nocturnes /2

C'est là que surgit le père, grand comme un sommet qui se perdrait dans les nuages, suivi d'une foule de surdimensionnés dans son genre. Une gueule antipathique. Sa main de la taille d'une barque, se tend vers mon pote le plus proche, l'agrippe. L'autre se débat en vain. Le père le fourre dans son immense bouche, d'un coup vif il le croque, des os craquent. Et cet air désinvolte qui me pétrifie plus que les dégoulinures rouges qui giclent de sa bouche. Les broiements de la mastication ne couvrent pas les hurlements de son amuse-gueule vivant. Ma voix revient en même temps que l'usage de mes jambes, je déguerpis dare-dare : bon sang, il se passe quoi ici ? Un voile noir obscurcit ma vue, je me retrouve dévalant la pente sans comprendre comment. Décamper à la vitesse de l'éclair sans se viander, rejoindre tes bateaux, t'alerter du danger. La fille, la mère, le père puis des centaines déboulent sur nos talons, respirations haletantes, ceux qui veulent nos os, bondissements effrayants, peut-être 807 à dégringoler derrière nous, ceux-là ne nous laisseront aucun espoir de survie. Cette fille gigantesque m'a nui. Sa mère énorme m'a aussi fait perdre l'esprit et baisser la garde. Le jour s'effondre sur le chemin vers notre flotte, mes rêves réduits à néant. Courir, manquer de se ramasser, les habitants de cette île ne reculent devant rien, s'engouffrer dans cette pente à pic, les pires barbares qui existent sur terre. Les regrets affluent quand je ne devrais que me concentrer sur la ligne qui mènerait à la crique. Mes forces fondent, des reflets, le sol se dérobe à l'instant où une pluie de pierres s'abat sur la plage, entre moi et tes bateaux.


lundi 5 septembre 2011

Noces

TZDEPF1345 et DSRELZ2209 dînent dans un restaurant du satellite le plus huppé de Jupiter. Ils fêtent leur anniversaire de mariage : 807 ans de vie commune. Plus que 193 années avant leurs noces d'uranium. Malheureusement, TZDEPF1345 s'est amouraché d'une jeunette de 264 ans. Et c'est au milieu du repas, entre un filet de REFZ-23 et un émincé de TYU-79 que DSRELZ2209 tend l'hologramme à son mari. La prise le montre bien occupé avec la jeunette. La femme lance :
– Je demande le divorce. Je te laisse ta navette de sport et moi je garde la villa sur Neptune.
La mari se dit que finalement le collier en titane qu'il prévoyait de lui offrir au dessert ira très bien à sa maîtresse.


Et voilà où nous sommes rendus, dans deux mille ans. Au même point.

dimanche 4 septembre 2011

Car, quand les chemins lumineux côtoient ceux de la nuit /1

De toutes mes forces, à toute blinde, dans cette pente trop raide. Combien sont derrière moi ? Pourvu que je ne me viande pas. Ils ne font pas de quartier. Alors que ce matin je ne supportais plus personne dans le bateau où l'on a navigué si longtemps, entassé comme du bétail. Mon esprit perdu sur un chemin pavé d'abattements. Et notre flotte, où allait-elle, même toi tu ne le savais pas ? Le jour me faisait mal, je m'immergeais dans une bulle invisible pour ne plus côtoyer les rameurs. Une côte, une crique tranquille, le ciel s'allégeant un peu, tu n'étais pas très chaud pour qu'on y fasse un repérage. Tes douze bateaux jettent l'encre sous des falaises sombres. De l'air, on se précipite sur la plage avec deux potes pendant que tu te tâtes pour savoir quoi faire. Je ne veux que m'évanouir dans la nuit muette de cette île escarpée. Ici, beaucoup de vaches et de moutons alors que les mots désertent toujours ma bouche. Tiens, une longue silhouette se découpe sur l'horizon, une jeune fille qui semble proche. Un long temps s'écoule avant qu'elle n'arrive à notre niveau. En fait elle était beaucoup plus loin qu'il ne semblait à cause de sa taille, inhumaine. Grande comme une colline, splendide comme la lune. Ses yeux bleu nuit, ses gigantesques seins nus, sa chevelure d'encre qui flottent dans les airs au-dessus de moi. Sans paroles, un courant passe entre nous, un flux grossissant de seconde en seconde comme le sang débordant de mon palpitant. Donc splendide, je l'ai déjà dit, des proportions délirantes, le genre de fille qui me donne illico envie qu'on passe la nuit ensemble, et pourquoi pas la corde au cou comme toi. Je me noie dans les fascinants regards de ma future... Ma nuit disparaît, tout faire pour la côtoyer et plus encore. C'est elle, la nouvelle île que je me dois de conquérir. Elle nous invite chez son père, le caïd du lieu. On y va par quatre chemins, j'ai la gorge sèche, les mains moites. Les foies de ne pas plaire au paternel et soudain, envie de chanter. Or, le silence règne dans la villa, une ambiance mortelle. On passe le temps sans desserrer les dents, sa mère déboule, grande comme une montagne, d'une beauté qui éclipse celle de sa fille. Ses yeux, ses seins, ses dents, mon cœur chavire. Elle nous désigne des sièges. On entendrait un moustique voler et surtout les battements du sang dans mes tempes. Ces deux femmes m'ont jeté un sort ou quoi ? L'apéro est servi avec 807 succulents amuse-gueules. Cette île est un merveilleux cocktail de sensations.


Musique nOii tous droits réservés

samedi 3 septembre 2011

Au comptoir

Perdu dans les vapeurs alcooliques, Julot regardait sans regarder, buvait sans même savoir ce qu’il buvait et lançait des menaces gratuites et sans danger qui lui permettaient toute vantardise :
– Moi, je le casse en deux quand je veux ce pauvre type !
Et mimant ses paroles avinées, il cassa simplement un verre, un de plus.


Il en était à son 807e.

dimanche 28 août 2011

Incandescence

Le feu brûle ! 807 tisons s’observent dans le rougeoiement de la flamme ; dans le jardin les fleurs de magnolias exhalent leur parfum chaud et sucré ; une jeune fille observe l’essaim de flammes au clair de la lune d'été. Elle est assise devant le brasero à attendre, incandescente, nue, sur un lit d'herbes folles. Elle espère dans une solitude brûlante l’arrivée de son fiancé ; son cœur s’embrase au rythme des flammèches et se consume ; le brasier, devant, attise son désir ; la lune d’été est elle aussi seule dans le silence de la nuit ; dans le soir lourd la jeune fille s’impatiente, son cœur incendié et flamboyant ne cesse de s'agiter. L’amoureux ne vient pas, et ne viendra pas...


Le feu s’éteint peu à peu ; les tisons ne sont plus que cendres ; c'est une nuit de pleine lune.

samedi 27 août 2011

Les envahisseurs

Bzzz. Au cœur de la nuit, elle émerge de son sommeil. De nouveau bzzz, la mouche agonise, pattes en l’air, univers inversé. L’insecticide agit encore. Pourtant, le gazage était destiné à l’araignée, devant le lit, qui disait vas-y, endors toi. Ils avaient déjà été pénibles sur l’autoroute, à s’écraser sur le pare-brise de sa Mini. Elle avait découvert autant d’espèces que de formes et s’était servi d’une éponge pour enlever cet amas d’ailes et de pattes visqueux qui formait des courbes parfaites. L’essuie-glace n’a pas retiré, ça a mélangé, et comme le soleil durcit les traînées verdâtres, il a fallu gratter. En arrivant, elle avait posé ses fesses sur les pierres chaudes du muret fissuré et ça picotait. Des fourmis dans les jambes. Elle baissa la tête et les découvrit, avec leurs petites pattes fébriles, au bas mot huit cent sept, qui s’affolaient tout azimuts le long de ses mollet. Se déshabiller et plonger dans la piscine. Elle ne vit pas tout de suite les guêpes qui flottaient, noyées de trop d’ivresse. Elle avait fermé la bouche mais s’imaginait boire l’eau. Elle avait voulu lézarder sous le soleil, avait déplié un vieux parasol et découvrit des grappes d’abeilles et d’alvéoles contenant des œufs translucides qui bougeaient. Où avait-elle mis la bombe. Même le papillon qui se posait sur le melon lui semblait suspect. À la fin de la journée, elle compta les piqûres sur son corps et en dénombra sept. Elle plaça des plaquettes anti-moustiques sur chaque prise, supprimant la lumière. En entrant dans la chambre, elle s’était figée devant l’arachnide. Des yeux qu’elle ne voyait pas, elle entendit glisse-toi dans les draps que je puisse rentrer dans un de tes orifices pour m’y blottir. Aucun cri n’était sorti, juste un réflexe, attrapé une sandalette Dior, pour écraser l’horreur. D’un bond, la velue s’est enfuie sous l’oreiller, impossible à retrouver. Que faire. La bombe, avec de grands jets dans la pièce et se coucher malgré l’odeur infamante.


Le lendemain elle quitte son cocon poisseux et bzzz s’envole vers la ville la plus proche. Elle butine de boutique en boutique, à la recherche de petites robes fleuries. Elle papillonne longtemps, se métamorphose à chaque passage en caisse. Elle n’a plus le bourdon.

dimanche 21 août 2011

Profil

Devoirs du soir. Son problème, c'est les maths. Il s'en est toujours contrefoutu au carré. En dépit de ses efforts, il ne comprend rien à cette histoire de 807 hectares. Devoir, devant, il finit par écrire avec méthode :
« On sait que le 8 est un 0 portant une ceinture
et par conséquent que le 0 est un 8 nu compris dans l'angle du 7, nez obtus par symétrie
donc au pif, le pré mesure 807 hectares à moins qu'un œuf ne traîne par là. »


En somme, rien de grave. Ce sera un littéraire.

samedi 20 août 2011

Sonnette

L’ange blond nichait au cinquième étage. Huit cent sept fois, il sonna à sa porte bleue, huit cent sept fois, elle le rendit malheureux, le laissant dehors avec arme et bagages, imbécile et transi d’amour sur son palier. Il songeait alors à la brune du rez-de-chaussée qui lui reprochait de ne point l’aimer assez et redescendait quatre à quatre l’escalier. Passionnément entiché de l’intouchable, il touchait par dépit la sombre mal aimée qui l’accueillait sans réserve en sa moiteur. Seize ans, et tout excité par ses sens enflammés, il saccageait la beauté, impitoyable. Ses yeux de prédateur grands ouverts.


dimanche 14 août 2011

Vacuité

Accroché à elle dans la moiteur de leurs corps emmêlés il essaye d'oublier qu'ils ne sortiront pas indemnes de cette histoire.


Et que 807 fois ses bras se refermeront sur le vide.

samedi 13 août 2011

Familles je vous hais

Je souriais de loin en spectateur désabusé, au bavardage et à la gesticulation des héritiers du siècle qui, après la lecture du testament se regardèrent en silence, se livrant visiblement à de rapides calculs. Ils s’embrassèrent. J’aurais parié qu’ils ne s’étaient pas embrassés depuis des années.


La famille n’est qu’un abominable nid d’au moins 807 infamies et autant de souffrances.

dimanche 7 août 2011

Le vase

Le vase est tombé sur le tapis. Résonnent encore les 807 battements d'ailes entre les murs du salon. Assis, au bord de la table, le félin balance une queue nerveuse, entre inquiétude et fierté retrouvée.


Au bout de ses pattes, un cou brisé trempe dans l’eau des fleurs...

samedi 6 août 2011

Sainte Kitsch

À propos de Nouille céleste, n’oublions pas les saintes nullipares et écraseuses de serpent qui nous tendent les bras au bord des routes et qui ont aussi des robes qu’on ne peut pas retrousser. Il y a 807 raisons de prier pour elles.


(c) Estelle Ogier

dimanche 31 juillet 2011

Écoute !

Des cordes, il en pleut des paquets depuis cette nuit, elles s'abattent sur la mer, inondent le pont du bateau, dégoulinent du mat ainsi que sur notre pavillon et sur mon visage. Tu demandes si le jour s'est levé, possible que le soleil ait fait son apparition, on n'y voit goutte. Les autres rament mollement. Nous sommes pieds et poings liés à cette triste météo. Ouvrir la bouche pour boire la pluie tiède, déjà ça dans mon estomac qui rétrécit depuis deux jours. Toi sur qui je comptais comme personne, à la vie, à la mort, même quand tu me traitais de tête de nœud, et bien, finie la confiance en toi. Un picotement sourd au niveau du plexus me met la puce à l'oreille, l'impression qu'aujourd'hui ça va être encore plus galère que la tempête d'hier. Silhouettes floues de chats tapis, deux îles se rapprochent avec lenteur, tu conduis l'embarcation pile au milieu de l'étranglement des eaux. Tu m'as accusé d'avoir provoqué notre perdition, ouais tous les vents de la terre, c’est bien moi qui les ai déchaînés, mais j'ai une excuse: pas fait exprès ! Depuis la route du retour est perdue, et après ? C'est plutôt une excellente nouvelle, on va en découvrir de nouveaux paysages et échapper à la routine terrestre. Tu m'as fait mettre au piquet et à la diète, histoire de méditer sur ma connerie, les autres rigolent en douce. Attaché au mat avec un assortiment de nœuds plus compliqué que ceux de base, je me détache de toi. Avec la pluie, c'est encore plus serré mais pas question que je l'ouvre. C'est pas cette punition nulle qui entame mon moral, mais la faim. Rien dans le bide, je m’affaiblis. Paraîtrait que huit drôle d'oiseaux parasitent les alentours de cette zone, C. t'aurait mis en garde, il s’agirait de créatures aux mots envoûtants, aux chants clairs, il faudrait ne rien entendre pour échapper à leur irrésistible attraction. Têtes de femmes sur corps de mouettes, incapables de s'élever dans les airs, des ailes coupées. On devrait les ignorer en se mettant de la cire dans les oreilles et ne pas craindre de les craindre. Elles trôneraient sur des collines de vingt-trois os brisés puissance 2, de quatorze tendons puissance 2, une colonne vertébrale puissance 3, des monceaux d'osselets, des charniers de nerfs ainsi que trois têtes coupées puissance 4, ce qui ferait au total, si je savais compter, environ 807 restes. Des restes de marins égarés comme nous et déchiquetés par le tranchant des brisants. Bien qu'attaché et les tympans sans protection, je n'ai entendu rien entendu. Ni elles, ni même le vent. Peut-être parce que ventre affamé n'a pas d'oreilles, à moins que ce ne soit mon côté terre-à-terre. Mis à part le fait que personne n’ait dénoué les cordes qui m’emprisonnaient, (elles ont juste été tranchées), ce fut une traversée sans incident particulier à signaler.


samedi 30 juillet 2011

En réponse à Joël Hamm

Voilà que je retombe sur les 807 (ah bon, ça existe encore ce truc ?)
Voilà que je lis le billet de Joël Hamm du 12 juin (ah oui ! Bach !)
Voilà que je cherche par hasard (pourquoi JH ne l’a-t-il pas fait ?) BWV 807 dans gougueule.
Et sur quoi je tombe ?


Une de mes suites anglaises préférées... Mon Dieu ! (s’il existe) le hasard a de ces raccourcis !

dimanche 24 juillet 2011

Sa tête

807 amours et toute sa tête.
Malgré les bas, les hauts et les tempêtes.


Parfois d'avoir si bien été je regrette.

samedi 23 juillet 2011

Bonnes vacances

De ces statuts d'été iodés et azurés que restera-t-il ? Un peu de sel sur une nappe bleue, un peu de miel sur des corps apaisés, un peu de rêve et des photos, quelques étreintes et des adieux, peut-être...


Sans oublier : les bouchons du retour, les sacs à vider, le linge sale à laver, les factures à régler, l'avis d'imposition, le boulot à retrouver et les 807 mails en attente.

jeudi 14 juillet 2011

Chômeurs unissez-vous !

Cette feignasse de Chevillard ne veut plus bosser le week-end ? Il l'a annoncé le 1er juillet 2011 : Durant les mois de juillet et d’août, les week-ends seront chômés sur L’Autofictif.


Les 807, qui en font toujours plus, surtout quand il s'agit de ne rien faire, chômeront 8 jours sur 7 jusqu'à nouvel ordre !

mercredi 13 juillet 2011

J-3 quoi

C’est ce qu’a écrit Franck Garot sur Facebook. Plus que 2 jours... alors je me suis dit qu’il fallait que j’écrive quelque chose pour les 807. J’ai pensé (fugitivement, encore que...) : des vacances, quelle idée ! Et son blog alors ? Est-ce qu’il y pense à son blog ? Et à ses lecteurs ?
Et puis j’ai réfléchi. Est-ce que son message voulait dire qu’il prévoyait ainsi, par sa demande, d’avoir suffisamment de textes pour chaque jour de ses vacances ? Dans ce cas, pas de rupture de lecture, pas de lecteur lésé, tout baigne !
D’un autre côté, peut-être qu’il en manque, de textes et qu’il faut lui en envoyer pour alimenter son blog. Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à la veille de son départ ou bien pendant toute la durée de ses vacances ? En résumé, a-t-il pensé à ses lecteurs de l’été ? On tourne en rond… Un vrai cercle vicieux.
J’avais pensé écrire mon texte en 807 caractères (espaces comprises) mais je dois me rendre à l’évidence, je suis trop bavarde. (en même temps, 807 caractères, c’est peu...). Alors, 807 mots peut-être... ou 807 fois 807... ou 807 pages... Non, je ne crois pas que Franck accepterait, même pour alimenter son blog pendant les vacances, une telle logorrhée.
Comme je n’arrivais pas à me décider et que toutes ces questions, à force, finissaient par me fatiguer, j’ai opté pour le hasard qui, en principe, fait bien les choses.
Et je me suis dit que finalement, c’était pas une mauvaise idée, les vacances...


Alors Franck, 807 fois bonnes vacances, en 271 mots et 1 500 caractères !

mardi 12 juillet 2011

Vu Daniel Auteuil en terrasse

Comme les gens en terrasse du Plaza Athénée, ou dans le restaurant éclairé à la bougie du Crillon à Noël, ou sur les bouts de plages privatisées de Cannes, comme Alexandre Jardin vu l'autre jour, il a des lunettes neuves, un costume neuf, des dents neuves, des cheveux impeccables pas un qui dépasse, cette peau sans ride, sans poil, sans tâche comme sans sang, un halo surnaturel descendu sur terre le nimbant de sainteté comme si un écran de cinéma était placé là dans le restau à la juste taille diffusant non lui mais l'image parfaite de lui avec l'éclairage idoine et 807 maquilleuses planquées dans l'ombre outillées jusqu'aux dents prêtes à bondir ; il devisait avec naturel, bonhomie et joie non dissimulée avec le garçon un peu épaté par la venue de ce client.


Voilà exactement, après l'avoir croisé dans le XIe arrondissement, ce que déclarait Daniel Auteuil en conférence de presse à mon propos.

lundi 11 juillet 2011

Compassion

Alex Lesaule avait une tendance à s’émouvoir face à tous les bancals de l’existence. Les larmes lui venaient facilement quand il croisait ce qu’il nommait un malheur sur pattes : une pauvre femme qui fouillait les poubelles d’après marché, ses jambes énormes serrées dans des bandes tachées ; la naine qui, chaque matin, attendait le bus du Centre d’Aide par le Travail ; un trisomique d’une quarantaine d’année à qui son père faisait 807 recommandations appuyées sur le quai de la gare. Et le fils marmottait : Je sais papa, tu me l’as déjà dit, je ne suis pas un enfant. Le père, un homme âgé, portant beau, costume de velours et gilet à l’ancienne, s’était détourné, comme vexé par la réflexion de son fils. Le fils s’était approché de lui, avait appuyé la tête sur son épaule en disant, le regard humide : Je t’aime, papa ! Tu sais... Et le père s’était écarté de lui, l’air plus triste encore, en disant : Je sais bien, je sais bien. Alex avait été fasciné par cette scène. Sur le quai, il avait suivi des yeux le fils qui allait vers son train entré en gare, qui se retournait tous les deux mètres pour voir si son père allait bien, s’il lui ferait un signe. Le père avait levé la main, à peine, baissé la tête, tourné le dos et s’était dirigé vers la sortie en s’appuyant sur sa canne...


dimanche 10 juillet 2011

Un rôle c’est une place

Il avait l’impression de prendre un bain de jouvence et était arrivé à cette conclusion que la meilleure recette pour rester jeune était de ne fréquenter que des vieux.


C’est difficile de vivre dans l’ombre de quelqu’un. Ma mère avait toujours vécu par procuration du temps de mon père. A sa mort, elle avait éprouvé le besoin de jouer un rôle pour exister. Depuis, elle s’était créé au moins 807 illusions que j’avais encouragées, surtout parce qu’elles faisaient son bonheur.
Pour elle, un homme malade redevenait un enfant que l’on pouvait cajoler. Alors, pourquoi lui aurais-je refusé le plaisir de me croire malade ?

samedi 9 juillet 2011

La course

Sonnerie du réveil émerger du brouillard informe nuit blanche traits tirés teint brouillé. Vieille, se sentir vieille. Mais belle, serai belle et même pas du Seigneur oh mon Dieu, vite, vite, une douche jambes à épiler, cheveux à laver, les yeux à farder, boucles d'oreille, où sont mes lentilles, parfum, là, sur le poignet derrière les oreilles l'ensorceler vite vite il m'attend mon sac un coup d'œil dans la glace ça ira mon sac, où est-il, le billet, dans ma poche attraper la valise les pieds dans le tapis. Aie ! collant filé tant pis repartir fermer la porte l'ascenseur vite reflet capté égaré l'air égaré, se ressaisir, courir la valise à la traîne sur ses roulettes – rien ne va jamais comme sur des roulettes – est-ce que j'ai fermé le gaz et les fenêtres va pleuvoir où est mon billet dans ma poche changer de collant dans le train courir j'aurais pas du mettre ces escarpins, j'arrive à la gare, sur le quai...


Le train de 8 h 07 est annulé.

vendredi 8 juillet 2011

En danger critique d'extinction




L’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) lance un cri d’alarme : la BO7 sauvage est en voie d’extinction. On n’en dénombrait plus que quelques-unes sur l’ensemble du territoire vaudois en 2010. On tente le tout pour le tout avec les derniers spécimens nés en captivité.

jeudi 7 juillet 2011

Mesure pour mesure d'une ivresse rémoise

Ce muid censé tempérer querelles entre marchands et chalands du champagne de Reims, fit-il finalement l'affaire, en allant s'amuïssant setier par setier : 18 de la vendange à la Saint-Martin, en novembre ? 17 normalement ? 16 après remuage ?
De quoi être bien décontenancé ! Fallait-il éviter le congé de transport ou faire la part des anges ?


mercredi 6 juillet 2011

En chemin

Quand nous arrivons au passage sur le facteur qui s'est cassé le bout du nez : « il s'est cassé le bout du nez (bis) », Cornaline fronce les sourcils, me regarde en souriant avec indulgence car, bien sûr, comment se casser le bout du nez dans une maison tout en papier ? Elle me prend alors les mains pour danser La Capucine et là, pas de doute sur les paroles, ce qu'il y a chez la voisine n'est pas pour nous, non, en ce monde, il n'y a vraiment que nous... Quoique... Et si, à la voisine, nous le lui demandions, son pain, gentiment ?


En chemin nous croisons un charretier poli et 807 chiffonniers en paix.

mardi 5 juillet 2011

Pilou

Si Pilou écrivait ses mémoires, il raconterait que, cette année, il a épargné la vie de 807 coquelicots. Record battu, ils n'étaient de 795 l'année dernière.


lundi 4 juillet 2011

Jamais toujours

Chacun ses habitudes, ses repères. Elle, le dimanche midi, elle déjeune toujours au restaurant. C'est comme ça, ne cherchez même pas à comprendre. Se foutant éperdument de la météo, elle y va presque toujours à vélo. Toujours, elle s'assoit à la même table stratégique, celle en coin près de la fenêtre de sorte qu'elle ait vue à la fois sur la salle et sur la rue et ses passants. Vous voyez, finalement elle ne mange pas seule. Elle commande toujours des huîtres ; avec du citron, sinon c'est pas la peine ! En ce jour, toujours le rituel du déjeuner des dimanches ; brochettes de familles, d'amis, d'amoureux... Elle les reconnaît à dix lieues des tables rondes. C'est obligé, vous aussi, vous les connaissez. Dans cette foule presque familière, un homme absent au rendez-vous des habitués – plus concentré sur son stylo que sur sa fourchette – la pique de plein fouet. Son plat est servi, il est en train de refroidir, il ne le voit même pas, il s'en moque. De quoi pouvait-il bien se nourrir à cet instant ? Personne, ni vous ni moi ne le saura. Ce qui compte, c'est que dans la musique routinière des assiettes raclées, des verres qui trinquent, des additions s'il vous plaît, il dénote dans la perspective d'un ailleurs. Surprise qui arrive comme un cheveu sur la soupe, qui rompt l'ambiguïté des habitudes tant elles rassurent, tant elles exaspèrent ! Elle n'a plus faim; de toute façon, il n'y avait pas suffisamment de citron. Il vient enfin de saisir sa fourchette, la plante deux trois fois dans son assiette, l'histoire d'avoir un truc dans l'estomac. Puis dans la foulée, il avale son café en moins de deux gorgées, laisse un billet et file. Heureux hasard, il vient d'oublier son carnet ! Au lieu de le rattraper, elle préfère, sûrement emportée par la curiosité du mystère, le dérober. Trésor tombé des nues, elle découvre des pages entières noircies d'encre. Tiens, des encornets, ça changerait...


Pour finir, dans la rubrique du journal de la région « Perdu/trouvé », elle digère et rédige : « Trouvé au restaurant La belle échappée le 08/07, moleskine noir, textes lus – sorry – embarqué, pas pu m'empêcher, acte manqué ? Aimerais vous rencontrer. Réf : 00807 ». Peut-être tomberez-vous dessus par hasard...

dimanche 3 juillet 2011

Un livre de poker

Combien d'heures à écrire, à relire, à corriger ? Combien de lieux, de personnages ? Combien de discussions enflammées, sur les mouettes, la gémellité, le whisky, les agents doubles ? Combien de coups de téléphone, de SMS, de mails ? Ah, ça je sais.


samedi 2 juillet 2011

Miroir

La cohérence de ma vie devient une abstraction filandreuse, une théorie d’existence. Le matin, je suis étonné de me reconnaître dans mon miroir. Jour après jour, j’observe mes traits, traquant ce qui change. Je sais qu’à chaque millième de seconde, 807 de mes cellules meurent sous mes yeux à mon insu, et qu’elles se renouvellent imperceptiblement différentes des précédentes. Comment puis-je me reconnaître alors que je suis en perpétuelle transformation ? Qu'est-ce qui garantit que je suis toujours le même, et pas un autre? Où se trouve la frontière entre raison et folie ? Pourquoi certains la franchissent-ils et d’autre pas… ou pas tout à fait ? Est-ce que je saurai la distinguer ? L’ai-je déjà franchi, ce mince parapet, sans m'en rendre compte ?