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mardi 30 novembre 2010

#264 – L'autre moi

Pourquoi bon sang est-ce si difficile ? Pourquoi attendre lundi pour manger sainement, pour faire de l'exercice, pour se réveiller tôt ?


Je me fais la promesse chaque soir, et je crois sincèrement que je vais la tenir. « Je commence demain matin. » Mais quand le soleil se lève, une nouvelle personne prend ma place. Elle ne veut pas se lever tôt, elle se moque bien de faire de l'exercice, elle bourre son estomac de malbouffe, et à la fin de la journée c'est moi qui trinque pour ce qu'elle a fait de moi. Je fais 807 promesses – elle ne les tient pas, je lui donne vie – elle ruine la mienne, je la soigne comme un enfant – elle me crache au visage.


Bordel, pourquoi est-ce si difficile d'être MOI tout le temps ?

vendredi 12 novembre 2010

#246 – Cassé

Ils n'étaient pas faits pour être ensemble. Je pouvais le voir en décembre. J'en étais sûre en mars. Ils auraient pu le deviner bien avant le rituel du « pour le meilleur et pour le pire ». Mais ils l'ont quand même fait en août.


12 Novembre. 08:07. Elle fume dans sa chambre et la fumée bleue monte jusqu'au plafond. Elle fait tomber les cendres dans une soucoupe. La cigarette a un goût amer. Elle regarde dans le miroir et pense qu'elle devrait acheter de la Visine en allant au bureau. Il est peut-être encore en train de travailler, et son téléphone portable est sûrement mis en mode silencieux. Il travaille avec des clients américains, pas étonnant qu'il travaille tard. Pas étonnant qu'ils se parlent à peine. Pas étonnant qu'elle ne soit toujours pas enceinte.


12 Novembre. 02:46. Il n'est pas encore ivre, il peut boire davantage il en est sûr. Pas ivre, juste fatigué. Cassé.

jeudi 24 juin 2010

#156 – Coming out

Je me souviens du moment où elle a tendu sa main et mis son poignet sous mon nez. « 807 », a-t-elle dit, « mais ça vaut le coup ».


J'ai eu la sensation de me tasser tout entière dans mon plexus solaire, mon corps couvert de chair de poule, une goutte de sueur coulait le long de ma colonne comme je sentais les lignes bleues de ses veines battre avec un parfum délicieux...


Je l'ai embrassée pour la première fois plus tard ce jour-là.

mardi 18 mai 2010

#118 – Distance

Ils forment un très beau couple. Avec le temps ils ont commencé à s'adapter à l’autre : mêmes gestes, mêmes paroles, et des blagues qu’eux seuls comprennent. S’il fait du café le dimanche matin, elle lave deux tasses dans l'après-midi. La douche n'est jamais un problème, ils ne se soucient pas de qui se douchera en premier, ni des serviettes mouillées abandonnées sur le sol de la salle de bains.
Ensemble depuis 807 jours maintenant, ils sont parfaitement heureux. Séparément.


Je travaille pour un chat du Cheshire.
Il envoie un email avec un poli « Aliona, pourriez-vous ...? » et disparaît.
Il pourrait être encore sourire à la fin, mais ça je ne peux le dire. Le jour où je le rencontre en personne, je le prendrai dans mes bras, mais tout de suite je veux le gifler...


+7 963 72 90 807
Voix pâle de l'opératrice. Non, je ne veux pas laisser de message...
Deux heures plus tard, son nom clignote sur mon téléphone, je verrouille mon poste de travail en tenant la bête vibrante dans la main et je sors.
– Où diable es-tu ?
– Mourmansk.
Je peux entendre son sourire.
– ... C'est qui cette fois ?
– Oh, tu ne le connais pas, il est si jeune et j'en suis tellement dingue. Tu l'aimeras ! Il est doux, et je l'aime
– Jusqu'à quand ?
– Ha ha, elle rit, sa voix claironne : comme d'habitude, pour toujours !
Je soupire et je souris.
– ...
– ...
– Tu le sais, n'est-ce pas ?
– Oui. Je t'aime aussi.
– Tu me manques, petite conne.
– Je serai de retour pour les exams ! Tu l'aimeras !
Elle crie ses dernières paroles et l'écran de mon téléphone devient noir.