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mardi 20 septembre 2011

TGV 807

La brasserie aux banquettes violettes est ouverte ; il entre en la tenant par la main ; ces petites mains fines de femme sont serrées dans les siennes …ils s’assoient et il lui commande des profiteroles au chocolat : elle adore ! Il a envie de lui faire plaisir. Il la regarde, admire son sourire qu’il aime tant et ses petites boucles brunes qui lui tombent sur les épaules. Elle lape son chocolat et il l’aime la voir déguster ses petits choux crémeux. Elle sourit, emplie d’une joie toute jeune ; son cœur à lui bat vite, il l’aime tant ! Son flan au caramel attend sa fourchette mais il n’a pas très faim, trop inquiet, car il sait ces moments éphémères. Il aimerait la serrer dans ses bras … elle a fini ses profiteroles, il n’a pas touché à son flan. Elle bavarde, lui raconte ses journées et il l’écoute, ravi et plein d’amour ; il aime les courbes de son nez si délicates et ce beau sourire qui lui rompt le cœur lorsqu’il la voit. Il va falloir partir et quitter la banquette car le temps presse ; ils quittent le café les mains jointes. Dans la voiture, elle met la radio, danse et chante au rythme des notes, lui, il essaie de se détendre. À l’angle de la rue, il tourne à droite, la gare se dessine avec son beffroi ; ils sont en avance mais il faut encore longer le quai ; « le TGV 00807 » va entrer en gare voie15 » entend -on dans les hauts- parleurs. Dans la voiture, côté fenêtre, une dame en tailleur rouge va s’asseoir sur les sièges design violets, il lui porte d’un pas rapide sa valise et fait grimper la fille. Il voudrait avoir le temps de l’embrasser et de caresser ses mèches brunes, il ne peut pas. Les portes d’activation sonnent … Il doit descendre d’un pas lourd mais avec hâte.


La vitre les sépare, barrière invisible, et, de sa petite voix, elle crie :
« Au revoir, mon papa j’embrasserai maman, ce soir ».

dimanche 28 août 2011

Incandescence

Le feu brûle ! 807 tisons s’observent dans le rougeoiement de la flamme ; dans le jardin les fleurs de magnolias exhalent leur parfum chaud et sucré ; une jeune fille observe l’essaim de flammes au clair de la lune d'été. Elle est assise devant le brasero à attendre, incandescente, nue, sur un lit d'herbes folles. Elle espère dans une solitude brûlante l’arrivée de son fiancé ; son cœur s’embrase au rythme des flammèches et se consume ; le brasier, devant, attise son désir ; la lune d’été est elle aussi seule dans le silence de la nuit ; dans le soir lourd la jeune fille s’impatiente, son cœur incendié et flamboyant ne cesse de s'agiter. L’amoureux ne vient pas, et ne viendra pas...


Le feu s’éteint peu à peu ; les tisons ne sont plus que cendres ; c'est une nuit de pleine lune.