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mardi 3 mars 2015

Bruines létales.

photos Nosfermanu fantôme de la vie

Oublier éreinte quand on l'a décidé. Ce qui est cas maintenant. Oublier la terre, sa capture de nos pas. L’oublier pour ne pas l’honnir au point de ne plus marcher quand ne reste plus qu’à grimper à une quelconque cime et mater haut. Trouver indice de ciel, déclenchement muet qui déroulera l’océan des cumulus. Les paupières descendent dans leur obscurité en mi- teinte, dans le sillage du vent l’aube se renfrognerait tandis qu’évaporations.



Ploc ploc crisse la mousson hivernale, à moins qu’elle s’enlarme sous orages, le risque de pluie soufrée qui empeste et absorbe le peu d'oxygène stratosphérique.


Crispations hors-source dans les courants du vent, l'abandon inscrit sa promesse dans le premier souffle.
 

Floc 807 fois des bruines létales, ralentissent l’évaporation exacerbée des dégâts. L’aspiration venteuse disloque. Tout se précipite en vaincu au cap perdu, désastre impalpable des ombres englouties. Alarme vaine. Silence.

vendredi 30 janvier 2015

à l'orée de ce lac là

     Autant de ce délire flairé à ras... L'eau vaseuse entoure, non, elle enserre le lisse du fond du vallon, alors ça dort de ci de là, alors un floc sonore lacérera le calme miroir de ta surface où nulle trace. Où l'émotion de ce lieu émousse le son taré, l'avancée évitée où le fun de la muse, où ça désuni dans le cadre ? Sous la ramure, enfin sur l'ile – l'Entité, mais le lac ne délasse ...
photos Nosfermanu


     A l'orée de celui-là de lac, il verra, lui le fils de l'ombre... donc à l'orée vomie de la mine, l'influence floue de l'eau ne laissant moiteur émerger, l'orée mate le filoute flasque, ire moirée de cette onde, il filmera ras la surface amusante, verra l'arasé sans le délire étreint. Mare madrée, marre, marre...Et donc de ses foulées, enfouira les fils indicibles enlacés sans ruses. Mission trouilleuse : fondre l'allure infusée au-delà de sa tarée de vrilles.  Avalé dans les raclements du lac. Funédérailles.


Son effacement retord l'ombre flouée en méduse immense ; fils de l'ombre et de la flamme, serf ou elfe tapi au tatouage crasse derrière ces manutentions fluidifiées, ces lacets dénoués de tortues raflées en mode enflure, ces mammifères raturés et flapis ;


moins deus plus diablesses, in situ l'Entité attaquée en 807 cadences fallacieusement arasées, ossuaire assurément en vrac, race éteinte, ravalages vers ruines marécageuses. Au fond des failles son effondrement calamité, rêves ravalés de leurs limbes acides ; dentures tueuses accrocheuses en remontée de dessous la surface ; à donf fondre d'encagements

vendredi 12 septembre 2014

instant blet

Sous le poirier centenaire cousines et cousins en sont aux derniers potins et à l'heure du café, Athéna revient de Berlin, Cédric de Dakar, Emmanuelle est restée à Fos-sur-Mer. Gérald revient avec le pousse-café. Attirées par les 807 miettes d'un moelleux au chocolat, quelques guêpes virevoltent alentour.


photo Laurence Faure

Leurs grésillements répétés commencent à agacer. Gestes de main pour les éloigner, réflexions sur la prolifération des guêpes. L'une d'elles se pose près d'Hélène, qui presque machinalement saisit un couteau et -clac, la coupe en deux. 
 - Ah, tu l'as eu celle-là, dit Isabelle, si ça pouvait décourager les autres. Et tes vacances, tu es contente ? 
- Depuis que je suis rentrée, j'ai du mal à atterrir, Jakarta c'est tellement sympa. Et j'ai fait de super photos, tu veux voir ? 

 Muette, une guêpe s'est posée sur la table. Elle avance au milieu de la conversation, des tasses et des verres vides. Deux mètres au-dessus, pile à son aplomb vertical, une tige cède. Chute de poire, sphère jaunie, choc du fruit sur bois, aplatissement blette. Sursaut de la guêpe. Un grésillement, avant qu'elle ne se retourne et avance sous le fruit.

samedi 8 février 2014

Aller simple. Dernier épisode.

             Les yeux d'un bleu éblouissant de la jeune femme se tournèrent vers lui, comme se réveillant d'un rêve trop long. Un éclat métallique s'y dessina, glissant de son visage à la silhouette massive de Nez en patate qui venait d'entrer. Axel y vit comme une promesse de justice. Il retint son souffle en entendant la voix rauque du conducteur. - Combien je vous dois ? - Combien croyez-vous devoir donner pour réparer ?
 - C'est quoi ce délire ? - Combien devez-vous pour annuler l'affront ? Cette phrase se répéta comme un mantra. Les lèvres charnues de la caissière soufflèrent des mots comme des bulles de savon qui voletaient autour de Nez en patate, brusquement figé comme une statue de marbre. Une nuée de bulles translucides gravitait autour de sa grosse tête, une écharpe multicolore qui l'enserrait de plus en plus.
             Axel s'approcha de lui, ouvrit son blouson et reprit la fourchette. Il la serrait fort comme jamais, tendue au bout de son bras dans la direction de l'homme dont le visage se dégageait progressivement. Le sang avait reflué de sa face et c'est blême qu'il sortit son porte feuille et laissa trois billets sur le comptoir avant de reculer jusqu'à se cogner à la porte. Il disparu sans demander son reste, on entendit juste la porte de la voiture claquer mais pas son démarrage.
           Axel sourit. Il posa la fourchette sur le comptoir, son pouce et son index impulsèrent un mouvement circulaire, le couvert d'argent tourbillonna avant de s'immobiliser doucement, les dents traçant une droite invisible jusqu'à l'endroit le plus sombre de l'horizon, où terre et ciel indissociables se rencontrent sans se perdre.
           S'il fallait une morale pour clore ce conte, c'est qu'atteindre son rêve ne se fait pas sans risque, ni non plus sans chance. S'il ne fallait pas l'atteindre, n'y pensons plus.

vendredi 7 février 2014

Aller simple. Deuxième épisode.

            Axel hésita puis s'installa à côté de Nez en patate. Il serra son sac sur son ventre. Une odeur poussiéreuse et grasse régnait dans l'habitacle. Nez en patate demanda où il allait. - Je le saurais quand je serais arrivé. C'est à dire quand je ne pourrais plus avancer sur la terre ferme. C'est possible d'ouvrir la fenêtre ? - Je préfére pas, les courants d'air sont mauvais pour mon rhume. Nez en patate le fixa d'un regard noir avant de se remettre à regarder la route, un mince ruban gris et sinueux qui en haut de la côte s'enfonçait dans une forêt épaisse. Il murmura d'une voix enrouée : -Moi, je cherche un guide. Une direction. On m'a parlé d'un objet qui indique toujours la meilleure des directions. Un objet banal. Qui ne se trompe jamais. Je donnerai tout pour mettre la main dessus.


             - Ah bon...Axel fit tout pour répondre d'un ton las. - Je ne sais si c'est légende ou réalité. Qu'est-ce que tu en penses ? -Rien. Qu'est-ce qui clignote là ? L'alerte pour l'essence ? Nez en patate assena quelques coups sur le cadran, qui persistait à clignoter. - La prochaine station, c'est pour nous, grommela-t-il en postillonnant.
           La voiture traversa silencieusement la forêt et redescendit entre des champs immenses. Au loin, le panneau bleuté d'une station.
           Axel descendit du véhicule en remerciant Nez en Patate, il préférait marcher tout compte fait. Et puis l'odeur sourde qui commençait à l'imprégner...Le bras de Nez en patate partit en avant, animé d'une force autonome et agrippa son sac d'un coup sec. Il ouvrit la fermeture éclair, écarta les bords en le renversant. Les chaussures s'écrasèrent mollement sur le sol avant que la bouteille n'explose, rejointe par la fourchette argentée qui rebondit sur une tache moirée d'essence. Nez en patate l'attrapa fermement, la pointa violemment vers le jeune homme en émettant des sifflements hargneux puis la plaça dans son blouson en lançant un regard menaçant. L'homme ouvrit lentement le bouchon du réservoir, prit le tuyau de la pompe et commença à verser du diésel dans le réservoir en sifflotant. Affolé, Axel entra dans la station. A la jeune femme boulotte derrière la caisse, il lança : - Aidez moi. Cet homme, là dehors, il vient de me dépouiller. Appelez la police. S'il vous plait.


à suivre 

 

jeudi 6 février 2014

Aller simple. Premier épisode.

             Il était une fois Axel, jeune homme au cœur aussi pur que son estomac était vide. Ses parents l'avaient abandonné dans un terrain vague - en lisière de la grande ville, pour ne pas ralentir leur migration à marche forcée. L'enfant avait réussi à survivre en se nourrissant de 807 épluchures de navets et d'oignons, de peaux de poulets agrémentées de quelques trognons de pommes. Aucun de ses glanages austères ne le rassasiait et ses intestins avides se trémoussaient chaque nuit. Sa croissance en était perturbée, sa taille minimale pour son âge ce qui ne l'empêchait pas d'avoir de grandes ambitions. Une SDF de passage avait évoqué un lieu plat, liquide et d'un bleu éblouissant, bordé de sable blanc et où il faisait chaud vivre. Depuis ce jour il rêvait de partir en direction de l'Ouest, où quand on avait passé les plaines et les forêts, on débouchait quoiqu'il arrive sur l'océan. Axel attendait le bon moment pour partir. 


            Ce fut le premier soir du printemps, quand en farfouillant dans une poubelle, il dénicha, entre une basket déchirée et un pot de confiture entamé, une fourchette en argent. Il la posa sur le sol, lui impulsa un mouvement de rotation sec : la fourchette tourbillonna plusieurs fois, s'arrêta, ses dents indiquant la direction du soleil couchant. Axel recommença plusieurs fois la rotation de la fourchette en argent, à chaque fois les dents montraient la même direction. Le jeune homme enfila sur son tee-shirt ses trois pulls et sa veste ciré, pris son sac contenant une bouteille d'eau et deux paires de chaussures, y ajouta délicatement la fourchette en argent et partit à grandes enjambées de l'autre côté du terrain vague, à l'autre bout du vieux bourg, encore plus loin que la grand rue.


          Il marcha plus de trois jours, vérifiant le cap de temps en temps avec la fourchette pivotante, quand une voiture silencieuse le dépassa, ralentit et se mit à son niveau. 


          La vitre côté passager se baissa, un homme au nez en patate surmonté de sourcils broussailleux l'interpella : - Je peux vous avancer ? Je suis parti il y a plus d'un jour et un passager ne serait pas de trop, discuter ça me tiendrait éveillé. Allez montez.


à suivre...


 

mercredi 20 novembre 2013

En tout cas, on l'espère.

En partant ce matin de novembre, il ne fait plus gaffe. Ni au trafic, ni à la trouée de soleil, ni à son rêve où le monde était perdu.




Il traverse le boulevard des Maréchaux en courant, le tram arrive dans un grincement assourdi.




Au café des sports, il avale le même café trop serré qu'hier et qu'avant hier. Exceptionnellement il demande un verre d'eau et vous savez quelle heure il est ? - Huit heure sept minute très exactement, chuinte la patronne aux yeux cernés.







Il dessert son écharpe grise et déboutonne le premier bouton de sa veste avant de s'élancer dans la rue animée.




mardi 13 août 2013

Les 807 coups de Jarnac.


              Dans le murmure assourdissant et permanent, il y a tout à entendre, découvrir, oublier. Il avance dans le tunnel en se répétant ça comme un mantra, la sueur qui dégouline jusque dans ses oreilles assourdit même le son de ses Dock. Le filet d'abeilles dans le coeur, bourdonnement incessant, il marche, prend la dérive, en équilibre sur une tranche de bitume, s'engage sur l'autoroute.


              Elle sort de sa douche et tend la main pour attraper un peignoir où un dragon crachote quelques flammes. Il lui a offert l'année passée pour la récompenser de ses bons services. C'est vrai qu'après l'avoir exfiltré de Kirghizie, ils avaient fait la vie. Les 807 coups, de Trafalgar, de Jarnac, quant aux après-coups, ils étaient clairement plus difficiles à négocier.

               La route disparaît aussitôt dévorée par le blanc des phares, les coups sourds qui venaient du coffre se sont tus, il cherche une radio écoutable en se rappelant la fille retrouvée à Jarnac. L'aventure, c'est l'aventure se dit-il et rester lui aurait coûté plus que tous les départs envisageables. Résister au passage du temps, ça passe par la voie de dégagement qui n'ouvre sur rien, la courbe de la glissière de sécurité, le tunnel impalpable dans lequel il accélère encore.





fin de la saison 4

la saison 5 débute le 18 septembre, une nouvelle saison de tétralogies