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lundi 30 septembre 2013

C’est l’histoire


C’est l’histoire d’Alice.
Alice rencontre Alex. Tout de suite le regard brûle, la peau se hérisse.
Alex l’enlace, l’embrasse, sur le bitume la glisse.
Pour faire plaisir à son mec, Alice tapine un max.
Pour faire plaisir à son mac, Alice tapine impec.
Alex la tabasse.
Alice est à la ramasse.
Alice boit le calice jusqu’à la lie.
Tout passe : Alice, d’Alex se lasse, Alice se casse.


C’est l’histoire de Mick.
Mick est mécano.
Un matin, dans une torpédo, il trouve la belle. Coup de pot !
Tout, elle lui explique :
– J’en avais marre du claque, des claques, j’ai pris mes cliques. Au macadam, j’ai fait la nique ! Je me suis fait la belle.
Mick pense qu’il aimerait se la faire aussi… Mais revenons à nos moutons !
Il envisage la rebelle, ses châsses, ses miches. My God !
Bon prince, il décide d’héberger la bergère.
Bientôt au lit ils se lient.
Mick craque, à tous les caprices d’Alice se plie.
Mick prie et raque pour qu’Alice jamais ne le plaque.


C’est l’histoire d’Alex.
Alex rage : ce matin, sa fleur de pavé, son tapin l’a quitté.
– T’es qu’un mac à béguineuse, un croc bouché à l’émeri, un claqueur à la mie de pain, tempête Alex.
Furax, il part chasser la bécasse.
Les mois passent… Alex patine.
D’Alice pas de traces !
Pour la croute, c’est un peu ric-rac. Pas d’écart ! Y’a bien Cathy, il a le ticket…
Un matin, au 807 rue Basse, il trouve Alice au fond d’un garage avec un miché.
– Pose ton cric la belle, suis-moi, ne me raconte pas de craques !
– Je ne reviens pas, tu m’as cassée ! Désormais, c’est Mick qui me cornaque, réplique Alice.
– Ne fais pas la bête, c’est moi, ton mac ! Celui qui te fort nique !
Et là, tout s’emballe :
Alex sort son schlass, Mick s’immisce, Alice s’efface, le raisiné pisse, Mick trépasse, Alex dans une flaque glisse, se cogne la caboche et vite le coma dépasse.
– Deux macchabées, c’est trop moche, se lamente Alice, tu parles d’un mic-mac, j’attends pas les flics, je quitte la place, je trisse, je m’éclipse !



 C’était l’histoire d’Alice, d’Alex, de Mick, une histoire pas si complexe, une histoire de fric, une histoire sans malice.

vendredi 8 février 2013

Foudre




Au début il n’y a rien. Ou tout.
Un gros bang, de la poussière, du gaz, des cailloux, des cailloux, des cailloux, qui dansent, qui roulent, qui s’entrechoquent, qui tourneboulent, qui s’agglutinent, qui s’épousent partout ! Le grand chambardement, le coït universel : un vide qui accouche du monde ! Quelque part, dans une traînée de lait un monde bleu perdu au milieu de l’immensité entame une valse d’amour autour d’une boule incandescente, suivi comme son ombre d’une petite Lune espiègle et cachottière…


… Et peu à peu, dans les mers, sur les terres, dans les airs, des bestioles bizarres, gluantes, articulées, vertébrées, écailleuses, querelleuses, voraces, gigantesques. Oui, gigantesques ! Trop…
Une météorite, un gros boum, on recommence tout !
Enfin, des hommes... Un peu… Beaucoup…  807 ?... Partout !


Maintenant, dans la foule, il y a Vous !
Votre regard filou qui me happe, me chaloupe, m’entourloupe, me chavire, m’éparpille…
Je baisse les yeux. J’ai faim de Vous.
Maintenant, il y a Nous, au milieu de tout !

mercredi 17 octobre 2012

Euh…



– C’est dingue ! Faut qu’te raconte : une histoire de tryptique, de texte coupé en trois, ça m’rend folle ! Merde, le téléphone, j’reviens…

 

– C’était Paul. Qu’est ce que j’disais ? Ah oui ! Les huit sans sept ! Tu veux du café ?

  
 – Hein ???

mercredi 10 octobre 2012

Douceurs

 
                   Entrer dans la boutique du chocolatier. Sourire d’aise en découvrant les religieuses aux petits chapeaux lustrés, les opéras rectangulaires, les dacquoises croustillantes…S’attarder sur les pyramides de crottes en chocolat. Résister, détourner le regard. Observer, par exemple, la patronne, impeccablement maquillée, permanentée de frais, le tailleur de bonne façon sans excès, le visage amène mais le port de tête rigide, serrée contre son tiroir caisse. Se concentrer sur la jolie vendeuse empressée, désireuse de donner satisfaction à la matrone sévère. Attendre son tour en s’impatientant légèrement de toutes ces civilités inutiles qui sont la base du bon commerce. Désigner enfin l’objet de tous nos désirs, ce sachet anonyme dans la vitrine réfrigérée, non pas celui-là Mademoiselle, celui qui est au premier rang, celui-là, oui, supposé plus frais. Il vous faudra autre chose ? Non. Huit euros sept cents! Le voir disparaître illico dans un sac plastique au nom du chocolatier, censé lui apporté un regain de popularité auprès des passants.
 

                 Monter dans la voiture. Jeter négligemment le trésor sur la banquette arrière et rentrer vite à la maison !


                          Se débarrasser de l’emballage encombrant, s’asseoir enfin dans le vieux fauteuil en cuir et contempler ce bonheur suprême : deux cents grammes de caramels mous au chocolat ! Dénouer fébrilement le lien rigide, le petit nœud énervant qui sépare du Nirvana et profiter des effluves volatiles du cacao amer, extirper délicatement un de ces délices du paquet translucide et bruyant, enfoncer l’index dans ce petit carré brun, légèrement huilé, un peu humide, sentir juste un peu de résistance, en apprécier l’élasticité et la fraîcheur, l’approcher avec gourmandise de sa bouche. Goûter sa légère froideur sur les lèvres, et immédiatement son onctueuse granulosité sur la langue, laisser fondre avec volupté, savourer le mélange subtil de sucre, de beurre salé et de chocolat, laisser cette salive douce-amère envahir la bouche. Déglutir lentement et sentir cette douceur exquise inonder sa gorge. Langoureusement, du bout de la langue pousser ce caramel fondant entre la gencive et la joue, s’abandonner avec délectation au plaisir suave de la fonte inexorable de la friandise, mollement sans réagir. Finalement, avaler le petit résidu de sucre dans un dernier sursaut de plaisir. En manger un deuxième, un troisième…..Puis tout le paquet. Le regretter !