Affichage des articles dont le libellé est Stéphane Meireles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Stéphane Meireles. Afficher tous les articles

mardi 3 décembre 2013

Dépression saisonnière

              Même si vous ne l’imaginez pas, l’automne approche, à grands pas, avec son cortège de feuilles mortes, de couronnes mortuaires, de pierres tombales, de spleen et autres dépressions saisonnières. Aussi, afin de vous redonner la joie de vivre pendant qu’il en est encore temps, je vous propose de lire ceci : « J’aime la vie ! », se dit-il avant de se trancher les veines avec un couteau de survie de marque suisse ; mais il ripa sur sa planche à découper et débita en 807 rondelles régulières une blatte qui passait par là.


                « J’aime la vie ! », se dit-il au moment de se pointer un révolver sur la tempe ; mais il glissa et la balle fila, par la fenêtre — parcourant quelque 807 mètres à vol d’oiseau —, pour se loger dans la tête de Yoyo, le canari d’à côté. « Funeste accident de chasse ! », pensèrent ses propriétaires. 


               « J’aime la vie ! », se dit-il en approchant deux doigts d’une prise de courant ; mais il fut précédé de quelque 807 nanosecondes par Nono, son lapin nain tout heureux d’avoir rongé la rallonge de l'halogène. Pas de pot le lapin. « J’aime la vie ! », se dit-il en tendant une main tremblante vers le tube de barbituriques ; mais il tomba de l'étagère à pharmacie pour répandre son contenu sur la moquette. Socrate, son chien fidèle, en 807 coups de langue, se chargea de nettoyer les dégâts, avant de s’écrouler, bave aux babines, raide comme une saillie ! 


               « J’aime la vie ! », se dit-il en traversant la baie vitrée ouverte de son salon à l’instant où sa corpulente voisine marchait péniblement jusqu’à sa porte, numéro 807. Elle mourut sur le coup — coup du lapin — servant de moelleux coussin d’air à son aimable voisin. Finalement, il se dit que ce n’était pas le meilleur jour pour partir. Il recommencerait demain. On ne sait jamais, avec un peu de chance les nombres lui seront favorables.

mercredi 25 septembre 2013

Étrange ligne. Et bus brésilien .



(En écho à « 2013 mai le 24, à Recife, Brésil »)

Rouge brasier,
Rouge baiser,
Sous le feu
Du macadam
Des coups de frein,
Son âme se maquille
Dans la vitre,
Brunie par le soleil,
D’un bus roulant
Sur une grande artère ;
 Veines du voyage,
Sang pur de l’exil,
Imaginons que la scène
Se passe au Brésil…


« Recife » : esquif,
Esquisse d’un kif
Irréel ou le « je »
Se noie —
Boule de soi, de soif
Et teint de suif —
Dans un bain
De canne à sucre,
  De vendeurs à la sauvette,
De prêcheurs du dimanche
Et de poètes, à la peau hâlée
Par le sommeil brésilien,
Qui s’éventent avec un papyrus.
Imaginons que nous dénouons
Les liens qui unissent le réel
À la nature du rêve.
Il nous suffira
De l’écrire, de décrire
Les chevauchements de la chaussée,
Les 807 faits et les gestes présents,
Le saut quantique,
Ces 808 secondes somnambuliques
Sur le fil d’une odyssée solitaire
Suspendue à la ligne
De bus.


Dos-d’âne et trous béants,
Peau crevassée
D'un bitume torturé
Par une étrange touffeur,
La poésie
Se fait mue
Et serpente sur le dos nu
De l’asphalte où poussent
Palmiers, lauriers rouges,
Bananiers et buissons aux fleurs d’oranger.
Le végétal explose les pupilles,
Embaume les chambres à air 
Et parfois, il crève les roues libres
De l’autobus.
Chemins d’axes et de croix,
Changement de position,
Kâma-Sûtra du désir
Sur l’asphalte, la sueur et la chaleur
Perlent sur les hanches nues de l’imaginaire.
De « Recife » à « Rio »,
Le chemin est encore loin,
Comme étrangé à toute vérité.


Déjà,
Le Cristo Rei nous tend les bras
Pour soigner les plaies

Du voyage.

lundi 23 septembre 2013

Des fusils et des hommes

Au-dessus de nos têtes, sous une brise automnale, dansait un espace tapissé de bleu, quand un bruit sec retentit à nos oreilles ;

un silence de plomb perça nos tympans ;

807 taches de sang maculèrent le ciel :

la chasse était ouverte !


mercredi 18 septembre 2013

Étrange ligne Et bus brésilien


(En écho à « 2013 mai le 24, à Recife, Brésil »)

Rouge brasier,
Rouge baiser,
Sous le feu
Du macadam
Des coups de frein,
Son âme se maquille
Dans la vitre,
Brunie par le soleil,
D’un bus roulant
Sur une grande artère ;
 Veines du voyage,
Sang pur de l’exil,
Imaginons que la scène
Se passe au Brésil…



« Recife » : esquif,
Esquisse d’un kif
Irréel ou le « je »
Se noie —
Boule de soi, de soif
Et teint de suif —
Dans un bain
De canne à sucre,
  De vendeurs à la sauvette,
De prêcheurs du dimanche
Et de poètes, à la peau hâlée
Par le sommeil brésilien,
Qui s’éventent avec un papyrus.
Imaginons que nous dénouons
Les liens qui unissent le réel
À la nature du rêve.
Il nous suffira
De l’écrire, de décrire
Les chevauchements de la chaussée,
Les 807 faits et les gestes présents,
Le saut quantique,
Ces 808 secondes somnambuliques
Sur le fil d’une odyssée solitaire
Suspendue à la ligne
De bus.


Dos-d’âne et trous béants,
Peau crevassée
D'un bitume torturé
Par une étrange touffeur,
La poésie
Se fait mue
Et serpente sur le dos nu
De l’asphalte où poussent
Palmiers, lauriers rouges,
Bananiers et buissons aux fleurs d’oranger.
Le végétal explose les pupilles,
Embaume les chambres à air 
Et parfois, il crève les roues libres
De l’autobus.
Chemins d’axes et de croix,
Changement de position,
Kâma-Sûtra du désir
Sur l’asphalte, la sueur et la chaleur
Perlent sur les hanches nues de l’imaginaire.
De « Recife » à « Rio »,
Le chemin est encore loin,
Comme étrangé à toute vérité.


Déjà,
Le Cristo Rei nous tend les bras
Pour soigner les plaies

Du voyage.

jeudi 25 juillet 2013

Morceau de choix

        
         Quand il remarqua, assez maladroitement, qu’il était pourvu de deux mains gauches —


     après avoir tourné 807 fois sa langue dans une bouche d'égout —, il nous demanda, au pied levé, de lui couper une jambe.


        Mais laquelle ?

mardi 23 juillet 2013

Cocktail estival


                    Sous nos yeux exorbités, le patron posa d’abord un verre, sur le zinc rutilant, dans lequel il jeta 807 glaçons, puis il y versa une belle eau calcaire qu’il colora d'une bonne dose de pastis.

             Nous nous permîmes alors de lui faire cette remarque : « pourquoi sers-tu cette anisette en faisant tout à l’envers par rapport à l’ordre de remplissage ? » 

         Sans ciller, il nous parla de l’effet papillon et d’une certaine inversion des pôles...

jeudi 27 juin 2013

Lapin malin

             Après des jours de pérégrinations dans ce désert, de neige et de glace, qui n’avait rien d’un œkoumène, en proie à une fatigue extrême, dans un souffle de lucidité, il dut remplacer son dernier husky par un troupeau de rennes qui passait par là.
 

             Alors, 807 jours et nuits fondirent sur cet inlandsis et tous les rennes périrent, exténués et affamés par tant d’efforts, sauf un qu’il relâcha dans la toundra tandis que deux ours polaires perdus, qui glissaient sur un iceberg, se jetèrent à l'eau pour prendre la tête du traîneau.

 
            Après des kilomètres de traversée inhumaine, le musher stoppa sa pulka – qu’il tirait depuis des jours avec l’énergie du désespoir – devant l’entrée d'un l’hôpital pour, enfin, soigner la petite patte du lapin blanc, enveloppé dans un duvet, qui dormait encore à l’arrière de sa luge.

dimanche 23 juin 2013

Chevillard, homme de glace


                J’ai naïvement pensé converser avec le miroir sans tain, à la santé du Saint Chevillard, mais en relisant son billet au sein des Vents contraires, mon huit-reflets a pris le melon et ma canne anglaise s’est redressée d’un coup ; 807 signes des temps ou bien priapisme matinal suivi d'une pose devant cette glace où l’on a l’air d'un encornet sans boules. Certes, Éric sait ôter la plume de paon à la chatoyante fourrure d’une alouette faisant sa mignonne au pied d'une psyché. Mais, il parvient aussi à traverser le miroir sans se couper un ongle. Il est le frère d’armes du verre de lampe, passant le ver au gris de la matière pour atteindre la soie du verbe. Lui, il en a dans le cocon. Il ne craint pas de faire bonne figure, du style nez rouge à la barbe d'une glace. Tel le poisson japonais nageant dans son bocal, il nous délivre de cette joie enfantine toujours renouvelée par l’oubli. 

              Ainsi, Éric Chevillard réussit à couler l'iceberg entre les deux pôles de notre psyché tandis que nous avançons, à pas de loup, sous le regard vitreux du miroir. Chaque matin, il nous observe — avidité de bombyx aux lèvres —, afin de nourrir, avec nos oripeaux et les restes de nos identités squameuses, les chairs palpitantes de ses aphorismes bébés qui crient famine.

            Voilà, Chevillard a fait bombance et offre désormais à son miroir le sourire carnassier d’un vendeur de piranhas derrière sa vitrine réfrigérée, lors d'une foire aquatique. J'aime donc croire que cet auteur est le bel ami de la psyché. Le compagnon d’épopée du verre pilé – frère des scarificateurs de tout poil – et même sculpteur de glaces exotiques qui fondent à la vitesse d’un éclair au café ; qui fondent sur notre gueule de métèque burinée par le sel de table, la mousse à raser et les calendes grecques.

samedi 27 avril 2013

Afrique Adieu !

 
 
                   Sur la terre fuligineuse, nous aperçûmes la carcasse famélique d’un rhinocéros d’Afrique qui regardait le corps squelettique d’un enfant ;

               avec le cœur sec et une boule au ventre, nous nous mîmes à table : la famine sévissait, depuis 807 jours.

                    Dans la corne d’Afrique.

vendredi 29 mars 2013

Et Dieu créa la femme.

-->


                     Et Dieu créa la femme ! On peut comprendre qu’il en ait eu marre de reluquer les corps bodybuildés des « Adams », blancs comme des cachets, qui se faisaient bronzer sur la plage de l’Éden ; de les regarder exhiber leurs muscles bandés sous un marcel, en feuille de figuier, avec un slip de bain, moule bijoux, en bananier. Triste vision du paradis. Et Dieu créa la femme.

   
                     Le créateur dut inventer la grâce pour chasser de sa vue ces 807 bipèdes goguenards qui roulaient des mécaniques en sifflotant des airs de « Formule Un » — car, en ces temps du début des temps, les mâles aimaient à jouer les pilotes de courses en imitant, avec leur bouche pleine de pâte à mâcher, le bruit des moteurs des voitures usant la gomme de leurs pneus sur les circuits ensoleillés de la planète. Et Dieu créa la femme ! Il créa l’intelligence et la poésie, comme la vague qui eût fait tomber les châteaux de sable des hommes rivalisant d’arrogance avec leur seau, leur pelle et leur râteau. Et Dieu créa la femme. 

                        Il faut dire que les hommes musculeux à forte poitrine, ce n’était pas du plus bel effet esthétique ; d’ailleurs, toutes les tentatives du Père relatives à la maternité du mâle avortèrent. Les hommes voulaient bien accepter que leur ventre gonflât, sous la pression de la bière et des nourritures terrestres caloriques ingurgitées devant les matchs de ballon rond ou ovale, mais ne supportaient pas que la vie occupât tout leur corps. Et Dieu créa la femme !

mercredi 20 mars 2013

Exercice du Pouvoir



        Je dois tous les libérer, ouvrir leurs 807 cages ! C’est de ma responsabilité !
        Ce sont des espèces protégées ?
        Enfin, je ne crois pas sinon elles seraient en liberté surveillée !
        Elles le sont.
        Je ne suis pas au courant. Je prends l'engagement de scier les barreaux de leur prison !
        Inutile.
        Certainement pas ! De toutes les façons, j’ai toute autorité pour conduire cette opération.
        N’importe quoi !


        Comment ça ? Que voulez-vous dire par là ?
        Elles sont déjà ouvertes.
        Qui ?
    Attendez un peu ! Vous sous-entendez qu’elles ont toujours été ouvertes. Ce n’est pas possible ! Je le saurais si…
        Inutile.
        Pourquoi dites-vous ça ? Est-ce que vous me prenez pour un idiot ?
        Pas exactement.
        Que signifie ce « pas exactement » ?
        Un con plutôt.


        Mais je ne vous permets pas ! Je suis votre Président !
        Plus pour longtemps.
        Alors que j’étais prêt à libérer les « cons » de leurs chaînes et de leur cage.
        C’est trop tard !
        Pardon ?
        Alors, qu’est-ce que je fais, maintenant ?
        Vous entrez dans une cage.
        Laquelle ?
        Vous avez le choix.
        Et quand vais-je en sortir ?
        Quand un autre « con » voudra vous libérer.
        J’attendrai mon tour ! Peut-être aurais-je le temps de réfléchir à l’exercice du Pouvoir ?
        Qui sait ?

vendredi 8 mars 2013

Lapin malin


 
            Après des jours de pérégrinations dans ce désert, de neige et de glace, qui n’avait rien d’un œkoumène, en proie à une fatigue extrême, dans un souffle de lucidité, il dut remplacer son dernier husky par un troupeau de rennes qui passait par là.

          Alors, 807 jours et nuits fondirent sur cet inlandsis et tous les rennes périrent, exténués et affamés par tant d’efforts, sauf un qu’il relâcha dans la toundra tandis que deux ours polaires perdus, qui glissaient sur un iceberg, se jetèrent à l'eau pour prendre la tête du traîneau.

            Après des kilomètres de traversée inhumaine, le musher stoppa sa pulka – qu’il tirait depuis des jours avec l’énergie du désespoir – devant l’entrée d'un l’hôpital pour, enfin, soigner la petite patte du lapin blanc, enveloppé dans un duvet, qui dormait encore à l’arrière de sa luge.