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samedi 10 septembre 2011

Petite musique du jour

« Et puis baisse le son de ta musique, on s’entend plus dans cette maison ! Combien de fois est-ce qu’il faudra te le dire ? »
Samuel soupire et tourne le bouton du volume.
Au moins 807, mon cher papa. T’façon, tu répètes toujours la même chose : et baisse ta musique, et range ta chambre, et bosse tes cours, et tu feras rien dans la vie si tu continues comme ça, et y a pas que la musique dans la vie… et bla et bla… Pffffffff… Mais tu connais, au moins, ce que j’écoute ? Jamais tu m’as demandé… Tu t’en fous en fait, pourvu que ma chambre soit nickel et que mes devoirs soient faits, le reste ne t’intéresse pas.


T’façon, plus tard, je serai musicien.
Samuel tourne le bouton du volume dans l’autre sens.

mercredi 13 juillet 2011

J-3 quoi

C’est ce qu’a écrit Franck Garot sur Facebook. Plus que 2 jours... alors je me suis dit qu’il fallait que j’écrive quelque chose pour les 807. J’ai pensé (fugitivement, encore que...) : des vacances, quelle idée ! Et son blog alors ? Est-ce qu’il y pense à son blog ? Et à ses lecteurs ?
Et puis j’ai réfléchi. Est-ce que son message voulait dire qu’il prévoyait ainsi, par sa demande, d’avoir suffisamment de textes pour chaque jour de ses vacances ? Dans ce cas, pas de rupture de lecture, pas de lecteur lésé, tout baigne !
D’un autre côté, peut-être qu’il en manque, de textes et qu’il faut lui en envoyer pour alimenter son blog. Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à la veille de son départ ou bien pendant toute la durée de ses vacances ? En résumé, a-t-il pensé à ses lecteurs de l’été ? On tourne en rond… Un vrai cercle vicieux.
J’avais pensé écrire mon texte en 807 caractères (espaces comprises) mais je dois me rendre à l’évidence, je suis trop bavarde. (en même temps, 807 caractères, c’est peu...). Alors, 807 mots peut-être... ou 807 fois 807... ou 807 pages... Non, je ne crois pas que Franck accepterait, même pour alimenter son blog pendant les vacances, une telle logorrhée.
Comme je n’arrivais pas à me décider et que toutes ces questions, à force, finissaient par me fatiguer, j’ai opté pour le hasard qui, en principe, fait bien les choses.
Et je me suis dit que finalement, c’était pas une mauvaise idée, les vacances...


Alors Franck, 807 fois bonnes vacances, en 271 mots et 1 500 caractères !

mardi 7 juin 2011

Dynastie

« C’est qui déjà, celle-là ?
– La sœur de ma grand-mère.
– Celle qui a épousé un marin colombien ?
– Mais non ! Elle, elle est entrée au couvent à dix-huit ans !
– Et celle qui a fondé sa maison de couture, c’était qui déjà ?
– Et ben c’était sa fille aînée, celle qu’elle a eu d’un premier mariage avec un acteur qui avait jamais de contrat !
– Ah, d’accord ! Mais... euh... la fille aînée de qui ? Pas de celle qui est entrée au couvent ?
– Mon Dieu que tu es bête ! Évidemment pas de celle qui est entrée au couvent ! Elle y est encore au couvent et à part Dieu, elle a jamais eu personne dans sa vie. Mais je t’ai déjà expliqué tout ça... tu m’écoutes jamais quand je parle... »
Ça, c’est faux ! J’écoute quand elle parle. Mais entre Gertrude, Salomé, Jacqueline, la fille aînée de Françoise, celle de Nathalie et les deux petites filles jumelles de la sœur de la tante de sa grand-mère, moi, je m’y perds ! Ma Julie, elle a au moins 807 tantes, sœurs, cousines et grand-mères, alors... Vous vous y retrouveriez, vous ?


Songeur, j’ai posé ma main sur son ventre et j’ai murmuré :
« J’espère que celui-ci, ce sera un garçon... »

mardi 3 mai 2011

Et des poussières

807 jours d’un mariage mal assorti, bancal et chaotique. 807 nuits de désamour, d’amour forcé, d’ennui et d’insomnie... 2 ans et 77 jours. 1 enfant, 2 crédits, des voisins, quelques soucis.


Des disputes, 1 divorce, 1 pension alimentaire, 1 ex. Des parents à mi-temps, 1 week-end sur 2. Des histoires, des amours, des ruptures et de nouveaux départs. Un nouvel appartement, de nouveaux voisins et quelques soucis. Et 807 souvenirs et des poussières...

lundi 25 avril 2011

Un papillon de tissu

Ils étaient 8 : les 2 mariés, les 2 témoins, les 4 parents. C’était le mariage le plus restreint que l’adjoint au maire avait jamais vu ! Le minimum syndical. Ils n’avaient donc aucune famille, aucun ami, ces gens-là ? Et le repas de noce ? Et la fête, oui la fête ? De quel teneur allait-elle être ? Le brave administré osait à peine y penser... Pourtant, elle était jolie la mariée, dans sa petite robe blanche toute simple, sans traîne, sans voile mais avec un beau papillon de tissu dans les cheveux. Et le marié, à l’étroit dans son costume bleu marine la dévorait des yeux...


Aucun enfant n’est venu agrandir leur famille, n’est venu illuminer leur bonheur déjà là. 0. Aujourd’hui ils sont 7 : le marié, engoncé dans son costume bleu marine, les 2 témoins, les 4 parents. Ils pleurent. Ils pleurent la jolie mariée qui a quitté sa robe blanche pour aller rejoindre les anges du ciel. Sur la tombe refermée, un papillon de tissu est posé...