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jeudi 2 octobre 2014

l'endroit parfait

      Ils s'étaient lancé le défi de trouver l'endroit parfait pour pique-niquer.

   Ils avaient roulé jusqu'à la plage mais 807 grains de sable s'étaient immiscés dans leurs yeux, leurs oreilles. Ils avaient pédalé jusque dans la forêt mais 807 ronces et épines avaient griffé leurs mains, leurs mollets.


    Ils avaient alors continué sans s'affoler, batifolant, et avaient découvert cette clairière où l'ombre est douce et l'herbe molletonnée.




vendredi 10 mai 2013

Jouer, un divertissement ?



                     Jouer est la première activité non vitale de l'existence. Jouer est un plaisir enfantin, sans limite ni double sens. L'enfant s'invente 807 vies, 807 personnages. Il apprend en s'amusant. 


                    Et puis l'enfant grandit et le jeu se pervertit. Jouer à la guerre pour tenir l'autre en joue. Jouer à l'amour pour tenir un autre sous son joug. Se jouer des autres pour dominer. Jouer n'est plus une activité de plaisir, le but du jeu, du je, mais le moyen de parvenir à quelque chose, rien ou n'importe quoi, le moyen de devenir quelqu'un, personne ou n'importe qui. Jouer au casino pour gagner facilement de l'argent ; jouer à pile ou face pour ne plus décider ; jouer, même faux, la mélodie du bonheur ça assourdit l'ennui et couvre le malheur. 


                     L'adulte ne construit plus son « je » par le jeu, mais se perd dans un personnage abusant de gadgets, jouets supposés jouissifs mais suintant le conformisme. L'adulte se déconstruit en jouant à être comme les autres.

lundi 25 février 2013

Les kiwis ont le sang vert, thêatre booléen


Jésus : ce temps gris me déprime. Pas envie de sortir ni de rester entre ces 4 murs.
Paul : Et si on allait voir la mère ?
Jésus : Arrête de parler du père en ces termes sacartistiques. Il n'a pas une vie facile. Ne serais-tu pas amer à la place ?
Paul : Regarde ce grand sot.
Madeleine : Bah, il idolâtre papa, il le vénère, il s'assimile.
Madeleine s'approche de Jésus, faisant mine de vouloir faire gazou-gazou. Jésus sort en claquant la porte.
Et ça ne s'arrange pas depuis qu'il sait qu'il a été adopté.
Paul : Il n'en peut plus de ce cor
Madeleine, Ouais, ça m'étonne qu'il ait réussi à se faire pousser un cor au même pied que papa. Cette technologie de la génétique par transfert me donne la chair de poule. Jusqu'où ira-t'il ?
Paul : Elle a stoppé cet élan.


Jésus revient, un verre de jus de fruit à la main.
Jésus : c'est qui elle ?
Madeleine : Oh, personne
Jésus : C'est forcément quelqu'un !
Paul coupe court : J'aime beaucoup ce verre.
Jésus : c'est du jus de kiwi, y a pas de quoi s'extasier.
Madeleine : les kiwis ont le sang vert ?
Jésus : et le tien n'irrigue plus le cerveau ?
Paul : Elle n'a plus de foie.
Jésus : et alors, ça rend bête ? Ma foi en y réfléchissant, elle l'a toujours été.
Madeleine : ce que tu peux être méchant parfois. Il aura bientôt repoussé.
Paul : il est bien noir.
Madeleine : tu peux le voir ?
Paul hausse les épaules et désigne la fenêtre : Quelqu'un a vu le port ?
Madeleine : Avec ce temps on ne voit pas à 10 mètres !
Jésus : ça tourne à l'orage.


Paul : il faut maintenant choisir un cadre.
Jésus : c'est vrai que ça fait un paysage fantastique.
Madeleine : Mais vous ne pouvez pas les faire vivre là-dedans !
Paul : C'est une bonne pâte.
Jésus : on n'a qu'à leur donner un pécule de départ.
Madeleine : Du genre 807 deniers ?
Paul : 807 deniers, on va pas loin.
Madeleine : S'ils mettent leurs deniers en commun, ils seront à l'abri.
Jésus : tout est dans le « si ». Ma petite Mado, cette foi candide que tu as en eux est très touchante.
Paul : le compte est bon.
Madeleine : Le comte a confisqué tous les fonds !
Jésus : Le conte tourne à l'horreur. Bienvenue dans la réalité d'ici-bas.