jeudi 8 juillet 2010

#170 – Les droits du caillou

Article 1 : tout caillou découvert sur la Terre sera par essence appelé caillou, du simple fait d’avoir été reconnu comme tel, et ce sans considération d’origine, de couleur, de compétence, de possessions – voire de présence ou non dans une instance muséale, fût-ce-t-elle à visée didactique ou culturelle –, voire même de propension à un devenir auquel il pourrait prétendre.


Article 2 : tout caillou est déclaré libre d’être un caillou et de se projeter ainsi dans l’avenir, quelles que soient les constructions dans lesquelles d’autres que lui l’impliquent, avec ou sans son vouloir. [...] quel que soit son degré de réflexion par rapport au monde comme il va [...] quelles que soient les charges formulées contre lui par un tribunal s’érigent comme tel [...] et quelles que soient les questions que certains parlants proféreraient pour essayer de faire accroire qu’il n’est pas vraiment un caillou, au rebours de ce que sa nature pourtant démontre. [...]


Article 807 : tout caillou, au vu de ces articles, s’engage à défendre toute cause faisant preuve d’un certain degré de cohérence et donc de défendre l’homme, ne serait-ce que parce que lui, l’homme, a causé dessus. Cette disposition ne possède toutefois pas de caractère obligatoire.

mercredi 7 juillet 2010

#169 – 807 secondes pour un discours

Le prix Chevillard 2009 du meilleur site de 807 est décerné aux 807 pour les 807.


Le prix Garot du meilleur inspirateur de pastiche 2009-2010 est remis à Alexandre Jardin pour avoir inspiré l'Autofictif d'Éric Chevillard, qui a écrit ici son goût immodéré de l'œuvre solaire du père d'Alexandre Rivière.


Pour l'année 2010, les sites de 807 sont priés de s'inscrire dès maintenant et jusqu'au 31 décembre pour la remise des prix qui aura lieu lors de la saison prochaine des 807.

mardi 6 juillet 2010

#168 – Journal intime

Après le départ de N., m’être demandé à plusieurs reprises : un « tiens bon » vaut-il mieux que deux « tu l’auras ma main dans ta gueule » ?


807 fois tourné ma langue dans ma bouche. Puis bu un grand verre d’eau.


Aujourd’hui, rien. Tout comme hier.

lundi 5 juillet 2010

#167 – Mathesis universalis

L’imperfection de la création torture Jean-Rémy, qui ne peut imaginer des séries que parallèles et complètes ; peu importe d’ailleurs le nombre : 24 ou 26, 31 ou 36, Jean-Rémy est prêt à tout. Mais surtout, surtout mon Dieu, autant de dents dans la bouche de l’homme que de cantons dans la Confédération helvétique, de jours dans le mois que de lettres dans l’alphabet.


Si la découverte d’un mille-pattes n’en possédant que 807 a secoué il y a une année, on s’en souvient, la communauté des savants, celle récente d’un parterre de millepertuis aux feuilles perforées 403 fois seulement a mis en ébullition celle des botanistes. Ne parlons pas des pâtissiers qui sont au taquet avec leurs mille-feuilles auxquels plus personne ne croit et qui n’ont pas hésité à faire appel à la crème des avocats pour répondre aux plaintes qui affluent.


Sandra m’annonce fièrement que Lili sait compter jusqu’à cinq : Lili se prépare, Lili surveille sa main gauche grand ouverte, jette un coup d’œil à sa main droite avant d’appliquer chacun des doigts de la seconde à ceux de la première. Bien vu Lili, mais comment sais-tu qu’il y a cinq doigts dans ta seconde main ? Lili lève la tête, me considère incrédule, hésite, regarde successivement son pied gauche et son pied droit, soigneusement, Lili est prise de vertige, hésite encore, se penche, résiste, le temps passe. Lili sourit enfin, elle ne fera pas le pas suivant : c’est fait, Lili sait compter mais Lili ne sera pas contorsionniste.

dimanche 4 juillet 2010

#166 – Dans le fond

Ceux qui, recouverts de poussières noires dans un effort éclairé à la torche, redoutent explosions et effondrements et qui progressent dans des goulots creusés au fur et à mesure, qui ballottés dans quelques rares courants d’air, gagnent du terrain après chavirements et dérives boueuses ; ceux-là, ne se souviennent plus de la destination finale quand /mur de granit/ ils échouent.


Qui descendent encore de 807 centimètres.


Quand soi-même, on redoute les extractions dentaires ou de mémoire.

samedi 3 juillet 2010

#165 – Mépris

Leur caractère superficiel et leur insensibilité lui répugnaient tant qu’il avait envie de se cacher dans un trou quand il les voyait arriver de loin.


Pourtant, aucune n’accordait la moindre importance à l’homme en vareuse qui binait les herbes folles ou portait des cageots. Pour peu, ces femmes élégantes se seraient dénudées 807 fois devant lui, surprises qu’une telle créature puisse avoir des yeux pour voir et des oreilles pour écouter.


Il savait ce qu’on pensait de lui et ça lui était égal. Il avait connu huit cent sept malheurs et s’était noyé dedans.

vendredi 2 juillet 2010

#164 – En homophonie

Elle a ouvert la fenêtre, et ils sont là, dans la ruelle, à l’ombre du catalpa. Elle, sa robe blanche. Lui, censé travailler, rentrer tard, penché sur ses cheveux, qui chuchote des choses.


Allez, vas-y, à elle aussi dis-lui, « sens cette fleur, le parfum de notre amour » (il te l’a faite, celle-là, sous le même arbre et, l’honnêteté veut qu’on l’admette, ça pue, le catalpa, mais tu n’avais rien osé dire).


Elle cesse de l’aimer. Oui, tout de suite. Aujourd’hui. Sans cette histoire, elle aurait continué. Ou peut-être pas. Mais c’est ce qui est agréable, avec la colère. On définit les contours, on cisaille. On se libère du piège, renard qui se dévore la patte. Et on part en boitant.

jeudi 1 juillet 2010

#163 – Arc-en-ciel

Elle m'envoie un arc-en-ciel à chaque fois qu'elle est heureuse. C'est dire comme je bénis les jours de pluie.


Elle vit quelque part au-delà de l'arc-en-ciel. J'aimerais parcourir les kilomètres qui nous séparent, je me rêve oiseau – oie, cigogne – alors que je ne suis qu'un petit moineau.


À partir du 18 août 2010, et ce pendant 807 jours, il se vendra quotidiennement 807 exemplaires de CosmoZ. Et c'est autant de fois que Claro croira entendre la voix de Judy Garland lui fredonner que somouère oveur voeu rêne beau...

mercredi 30 juin 2010

#162 – Oh mais

Ô après-midi de juin, soleil, chaleur... Qu'il fait bon pique-niquer à l'ombre centenaire de ton platane de 807 ans, où les enfants roulent et quatre-pattent sur ta pelouse infestée de fourmis, araignées et déjections canines.


– Oh qu'elles sont belles toutes ces petites joues roses bien rondes de Cornaline !
– Oh mais elle n'a que deux grosses joues et c'est tout, commente l'irrécupérable misanthrope.


Ah ! Ils emménagent dans un trois pièces jurant leurs grands dieux qu'ils n'auront jamais d'enfant !

mardi 29 juin 2010

#161 – Fesse bouc

J’ignorais totalement qui était Alain N., mais nous avions 807 amis en commun.


Étrange paradoxe. Mis bout à bout, ses statuts donnaient l’impression d’un vide insondable. Quant à ses photos de profil, mieux vaut ne pas parler de ces sommets de mauvais goût. Et pourtant il demeurait mon ami.


Et dire que sans toutes ces suggestions de pages plus idiotes les unes que les autres, notre amitié aurait pu perdurer pendant des années.

lundi 28 juin 2010

#160 – Une bonne page de poésie

Hier, tous mes troubles semblaient si loin
Maintenant c'est comme s'ils allaient rester
Oh, je crois à hier
Soudainement, je ne suis pas la moitié de l'homme que j'avais l'habitude d'être
Il y a une ombre qui plane au-dessus de moi
Oh, hier arrive soudainement


Pourquoi elle devait partir je ne sais pas elle ne l'aurait pas dit
J'ai dit une connerie et maintenant je regrette hier
Hier, l'amour était un jeu facile à jouer
Maintenant j'ai besoin d'un endroit où me cacher
Oh, je crois à hier
Mm mm mm mm mm mm mm.


Au bout de ma 807e traduction des Beatles, je me demande s'il ne vaut mieux pas ne comprendre que pouic à l'anglais. Pour la poésie, justement. Et le français pareil, allez, tiens.

dimanche 27 juin 2010

#159 – ORL

Oto-rhino-laryngologie, une spécialité à laquelle la profession de son grand-père d’abord, de son père ensuite le destinait. Mais cette appellation lui est restée tant de fois au travers de la gorge, l’a fait éternuer si souvent, lui a tant blessé l’oreille qu’il a été obligé de consulter.


Jean-Rémy renifle par petits coups brefs et réguliers, il essaie de ne rien perdre.
– 807 ! soupire-t-il satisfait avant de s'endormir.


Hier soir, la vieille a oublié de verser dans la coupelle de porcelaine la goutte d’essence de marjolaine qui, depuis cinquante ans, tient en respect les ronflements du vieux. On les a retrouvés morts ce matin, dans les combles, écrasés par la charpente de leur maison.

samedi 26 juin 2010

#158 – Textophiliste

Ce n'était jamais assez pour eux. Quand ce concours débuta sur Facebook sur le site « Les collectioneurs » il furent 807 à s'inscrire dès le premier jour !


Boximusicophlistes, canystérophiles, félinophilistes, schoïnopenxatophilistes (ils faisaisent un peu peur ceux là), hululophilistes, curiosaphiles, lécythiophilistes, médicapyxiphilistes (ceux-là aussi), odoflascophilistes, jocondophilistes, kaloséidoskopéinophiles, nanomaniaques (des fous dangereux), bibliophilistes, buticalamicrophilistes, byrofibulistes, schtroumphiles (oh my god !), tentaient d'atteindre le record dans leur catégorie preuves et photos à l'appui.


Au 807e texte qu'il publia, Franck entra dans la danse...

vendredi 25 juin 2010

#157 – Attente

Soir immobile. La terre gît sous ses voûtes hautes. Derrière les vitres, la ville semble morte. Une foule écran charrie son silence et des quinquets de quartz brillent entre les corps de faïence. Je compte les ombres vacillantes sous les réverbères : 807 Fantômes blets qui circulent par les rues glacées. Morts vivants. Le cri d'Anubis dessine des portées de chacones injouables. Sous les sorbes, l'élytre des criquets bat sans chef d’orchestre. Solitude. Le monde est pourtant plein comme un oeuf.


Tu naîtras de l'attente fille Atlante, du vide, de l'absence. Viens, tu calmeras le vent qui moud le grain des déserts. Tu seras le Nil, la tourbe, la semence qui crée l’homme.


Me reconnaîtras-tu parmi les cent mille visages qui guettent le retour du jour derrière leurs fenêtres ? Regarde bien, j'ai des épaules de ciel griffées par les oiseaux de proie et la patience du sable qui attend ton pas. Sourds ma source, trouve le cours de mon dédale, remonte l'écheveau de mon apocalypse. Que ton vent solaire éparpille mes abeilles d'os et de chair. Que tes rivières secrètes accueillent la pluie acide de ma lumière morcelée.

jeudi 24 juin 2010

#156 – Coming out

Je me souviens du moment où elle a tendu sa main et mis son poignet sous mon nez. « 807 », a-t-elle dit, « mais ça vaut le coup ».


J'ai eu la sensation de me tasser tout entière dans mon plexus solaire, mon corps couvert de chair de poule, une goutte de sueur coulait le long de ma colonne comme je sentais les lignes bleues de ses veines battre avec un parfum délicieux...


Je l'ai embrassée pour la première fois plus tard ce jour-là.

mercredi 23 juin 2010

#155 – Au tiers de tour

807 milliards, comptez un par un ces billets, vous vous rendrez sans doute mieux compte. Quand vous aurez terminé, on en reparle.


On dit que le FMI et l'Union Européenne feraient fabriquer, à destination des oiseaux empétrolés du Golfe du Mexique, des savons à l'uranium et des bouées en fonte.


Cornaline a de ces visages expressifs, délicats et subtils, à mi-chemin entre le sourire de sarcasme sur l'actualité déprimante du moment et la préparation d'un jet de vomi sur mon visage attendri.

mardi 22 juin 2010

#154 – Oualou

Chouette des bonbons ! Maximilien avale sa salive en ouvrant le paquet de pâtes de fruits. Il y en a moins que ce que l’emballage laissait présager. Y en a plus que ce qu’il peut gober en une heure. Mais un bon nombre quand même, quoique. Un tantinet déçu, Maximilien se demande combien il faudrait de pâtes de fruits pour qu’on arrive à trop. Là, ce gros tas, c’est beaucoup, mais est-ce que un, un de plus suffirait pour faire trop ? Est-ce ce qu’en matière de sucrerie pâteuse, trop, c’est possible ? Est-ce que ça ne compte pas pour du beurre ? Et cette fois, le dentier, faut le garder ?


Ca mollit doucement entre sa gencive et l’intérieur de la joue. Dans le salon aux fauteuils de skaï, le silence déferle.


En plus sur la table basse, un gros sachet de caramels. Maximilien en salive d’avance. Il l’ouvre finalement, une multitude de petites promesses de bonheur dans des papiers colorés. Y en a pas mal, mais à y réfléchir moins que ce que l’emballage présageait. Ses lèvres se tordent un peu, schhhlli aspiré qui réveille une mouche au ventre vert. À la cantonade : Combien il en faut pour que ça fasse trop ? La voisine brinquebalante du chef, dans un souffle : Plus de cent, il me semble. Moins, c’est un tantinet peu. Mais trop, comment le définir, le cerner, le chiffrer. Elle rafle une poignée de caramels en râlant : Pas tant que ça, des nèfles, on manque de tout ici...
Après avoir réglé son sonotone, le voisin remarque : À partir d’une certaine quantité, un nombre, conséquent, oui, forcément, il doit être conséquent ce nombre, comme par exemple 806, le suivant, le rajouté à 806, la cerise sur le gâteau, celui-là, oui tout compte fait, celui-là, ce serait donc lui...

lundi 21 juin 2010

#153 – Salons du livre

C’était chaque fois la même chose : après avoir dédicacé le 807e exemplaire de son dernier roman, il se réveillait en sueur et le poignet douloureux, soulagé à l’idée que ses tirages ne dépassaient jamais les 400 exemplaires.


Son regard alla de la photo sur la quatrième de couverture à l’individu assis en face d’elle. C’était bien le même.


Difficile de deviner le plaisir éprouvé par tant de personnes à soulever les livres d’une main pour aussitôt les reposer négligemment.

dimanche 20 juin 2010

#152 – Ambiguïté

– Je ne mentais pas. J’embellissais... nuance !
– Oui, certainement ! fit M. Paul, qui pensait le contraire, habitué à sa double nature.


Et pour que son mari ne soit pas veuf, elle en vint à souhaiter sa mort au moins huit cent sept fois par jour. Elle l’aimait tant qu’elle ne voulait pas qu’il souffrît de sa disparition.


Je suis quelqu’un de sombre qui s’exprime dans la gaieté. Résigné et enthousiaste à la fois.

samedi 19 juin 2010

#151 – 807 fois, la porte

Elle s’était décidée à pousser la porte.
Le bistrot bondé avait balancé ses effluves de caféine et de sueur sucrée, des échos de voix mêlées, ses éclats joyeux et larmoyants. Une place libre, dans un coin, paraissait l’attendre. Après avoir commandé un expresso, elle avait ouvert un bouquin. La matinée était passée tandis qu’elle écoutait et regardait vivre le monde, planquée derrière les pages d’un roman de Philippe Djian. Ses trois cafés lui avaient coûté quinze francs.


Sur la porte, il était écrit : « Entrez si vous le voulez mais n’oubliez pas de payer en sortant ! »


Chaque porte de bistrot cache une promesse d’évasion. Que ce soit la 2e ou la 807e fois, on se dit en entrant qu’on pourrait être n’importe où… Que ça pourrait être n’importe quel bistrot, dans n’importe quelle ville. Tant qu’on reste assis là, planqué à la table du fond, il est possible d’imaginer qu’en ressortant, on se prendra une grande claque de vent iodé dans la figure... Et même d’y croire.
La différence c’est qu’aujourd’hui, le rêve coûte plus cher : maintenant, on paie ses deux cafés au prix de trois.

vendredi 18 juin 2010

#150 – Hommage pour la fête de Chevillard

Les patients de l'institut ont travaillé fort, malgré les mains liées dans leur camisole, les fous rires, les délires passagers entrecoupés de paresse neuroleptique... La fête atteint son paroxysme dans le pavillon des aliénés lorsque le maître dirige enfin sa divine aspiration et éteint seulement 807 des milliers de chandelles plantées sur son gâteau... Il n'aura plus le souffle de faire sa journée, la fête est jeune et le gâteau est encore vaste...


vite un sucre
pour tous ces patients de l'institut
comme ces phrases de Chevillard
sur leurs pattes arrières


« Écrire – résoudre une nébuleuse intime. J'arrête dès maintenant. De toute façon, Éric Chevillard viendra et l'écrira. Amusez-vous. Crab trouvera la formule, puis ce sera fini, son livre mettra un terme à l'entreprise. »
Paul Valéry, Cahiers, Pléiade, tome 2, p. 1021.

#149 – Messages personnels

Aujourd'hui comme chaque jour, je pense à lui.


807 fois vous dire
Joyeux anniversaire
Éric Chevillard


Je te chante I'll be your mirror, et toi, pour rire, tu me tends un miroir ; j'y lis mon âge sur mon visage, et la chanson d'amour se transforme en longue plainte...

jeudi 17 juin 2010

#148 – Paternité architecturale

Il existait une controverse sur le nom de l’architecte responsable de la construction de la célèbre tour penchée à Pise : Bonanno Pisano ? Giovanni di Simone ? Fabio Lante ? Alberto Rigoletto ?


Le procès-verbal d’une réunion de chantier, qui eut lieu en 1178 sur le Campo dei Miracoli, trouvé il y a peu dans les sous-sols du Campo Santo, redresse la vérité. On a en effet la preuve écrite que l’architecte responsable – dont le nom a été consciencieusement gommé –, aurait confié à son contremaître les mots suivants.
– Je t’avais dit 708, pas 807,... mais on continue, ça devrait tenir.


Aucun architecte n’a revendiqué, au cours des années qui suivirent, la construction du campanile devenu simultanément boiteux et orphelin. Ceci explique cela.

mercredi 16 juin 2010

#147 – Le cinéma

Aujourd’hui je suis allée au cinéma. J’adore le cinéma, surtout en semaine, dans la journée, quand les salles sont presque vides.
Je suis arrivée la première, me suis installée en plein centre de la salle, au beau milieu de la rangée du milieu, comme j’aime.
J’ai posé mes affaires sur le siège voisin et allongé les jambes en soupirant d’aise.
Quelques personnes sont arrivées pendant les plages de publicité et se sont dispersées dans la salle, à bonne distance.


Les lumières se sont éteintes, le film a commencé, et c’est au moment où je me laissais aller dans le fauteuil avec volupté que j’ai senti le choc familier dans mon dos.
Un abruti s’était installé derrière moi, juste derrière moi, alors que toute la rangée était vide, et donnait des coups de pieds dans mon siège.


Au 807e coup de pied, j’ai fouillé dans mon sac, me suis retournée et lui ai logé une balle entre les deux yeux, proprement, avec le petit revolver muni d’un silencieux que je venais de m’offrir.
J’ai fini de regarder le film, puis je suis partie.
À l’heure qu’il est, il doit encore se trouver dans la salle.

mardi 15 juin 2010

#146 – Appel

Un blog rétropublié, des triptyques qui s'épuisent, serait-ce déjà l'hiver qui revient ?


Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ?! Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ?! Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ?! Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ?! Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ?! Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ?! Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ? Mais que fait Michel Volkovitch ?


Tel le Messie parti en Terre Promise et se gardant bien de dire à ses 807 fidèles par où c'est.

lundi 14 juin 2010

#145 – Petits meurtres entre époux

Gaillardement, elle écrivit au milieu de la page « Pourquoi j'ai tué mon mari – 3 » et appuya, avec le contentement de celle qui actionne la clé du démarreur et entend, malgré ses craintes, le moteur ronronner et sent les roues commencer délicatement à tourner sur elles-mêmes, sur la touche « à la ligne ».


Cette fois-ci, et contrairement à ses deux précédents textes sur le même sujet, elle avait envie de donner raison à l'assassine. Car épouser un homme, n'est-ce pas, depuis toujours, épouser Caïn ? Et condamner le meurtre est moral, certes, mais vivre avec Caïn, il faut bien reconnaître que ce n'est pas de la tarte. Surtout à cause de l'œil, là, au-dessus de l'évier de la cuisine.


De toute manière, elle en avait encore 804 à occire, des maris, si elle voulait participer au jeu de Franck : alors pourquoi ne pas en « garrotter » un, ou deux ? Et puis, in fine, rencontrer un gros célibataire...

dimanche 13 juin 2010

#144 – Premières fois

On se souvient de la première femme qu’on a tenue dans ses bras, chantait Brassens. Mais de la 807e ?


On se souvient aussi de son premier shoot. Mais pas toujours très longtemps.


Le premier coup lui fit mal. Les autres aussi.

samedi 12 juin 2010

#143 – Fin d’été

Je suis morte le 25 août 2025, un soir d’été torride et tropical.


L’asphalte fond et laisse de grandes traînées noires derrière les pas des Parisiens qui tentent de fuir, asphyxiés par le nuage de poussière moite qui enserre la capitale. Le bleu du ciel disparaît derrière une pluie fine et grise qui tombe dru. Mes jambes paralysées, la peur au ventre, je regarde la foule hurler d’un seul cri et courir sans plus savoir où aller. Les grilles encerclent les quatre bouches de métro de la place Denfert, des mains s’agrippent pour les escalader. Les haut-parleurs s’emballent pour faire dégager ceux qui, comme moi, n’ont pas cru à temps qu’il fallait descendre dans le métro pour se protéger. L’air vicié et chaud me prend à la gorge et assèche ma bouche. Je marche en direction du parc, en sachant que je ne l’atteindrai pas, tant mon corps est déjà lourd et paralysé par le nuage radioactif qui s’est développé à l’explosion de la centrale. Je tombe.


Un filet d’eau coule dans le caniveau. Je me mets à ramper, tandis que je sens déjà le poids des 807 pas précipités passer sur moi et m’écraser de tous leurs corps.

vendredi 11 juin 2010

#142 – Green Peace Corpse

Il se baissa et commença à ramasser, picorant de ses doigts gantés, avec précision, quelques brins d’herbe à la fois, qu’il déposait délicatement dans un sachet d’échantillons. Loin de songer à les compter (quelle idée bizarre !) il mettait toute son attention à les identifier. Le banal Ray Grass, l’idéal de toute pelouse anglaise, était banalement concurrencé par le cynodon dactylon ou chiendent « pied de poule ». Une saloperie, bien moins chic que son surnom à la My Tailor is Rich, mais capable de rester vert en été sans arrosage. La pincée suivante rapporta du paturin des prés et de la fléole bulbeuse, beaucoup plus prometteurs. Quelque chose se dessinait. Il adorait cette excitation-là. Il se pencha une fois de plus et bingo ! C'était bien de l’agrostide qu'il venait de cueillir !


Le paturin commun, espèce récente sur le marché français, résiste à l'ombre mais est très sensible au piétinement. La fléole bulbeuse possède un bon comportement hivernal et une bonne résistance au piétinement et à l'arrachement, qualités qui en font une espèce intéressante à introduire dans les mélanges pour terrains de sport. Ses graines de très petite taille (3000 à 4000 graines au gramme) nécessitent un travail fin du sol, des soins particuliers au semis. Cette espèce est très peu commercialisée. Les différentes espèces d'agrostides donnent un gazon très dense, très fin, qui accepte des tontes fréquentes. Délicates à semer, exigeantes en entretien, elles sont surtout utilisées par les professionnels, en particulier pour les greens de golf.


Il se relut, corrigea deux coquilles et envoya par courriel son rapport avant de l'imprimer. L’examen des vêtements de la victime démontrait qu’avant d’avoir été déposé dans la décharge où on l’avait retrouvé, le cadavre avait été traîné sur le dos dans une pelouse où se mariaient fléoles bulbeuses, paturin et agrostides. En tant qu’expert international des systèmes herbagers, il ne pouvait théoriquement s’avancer plus. Mais l’habitué du golf local pouvait décrocher son téléphone pour suggérer aux détectives qu’Éric Chevillard avait dû recevoir sur la tête un coup de pitching-wedge, un fer absolument nécessaire sur le parcours 8, situé sous des arbres, à l'ombre et à l’abri des regards, mais aussi à côté du chemin de service, donc dans une zone de passage intense. Et pour être plus précis, vraisemblablement pendant qu’il s’attaquait aux difficultés du 807e trou.

jeudi 10 juin 2010

#141 – Le grand carnaval

Dans son homélie, l’abbé employait à merveille cette langue des diplomates, des mots qui n’engageaient personne. Il parlait la langue de bois à la perfection. Et « les 807 culs bénits » chantaient des cantiques d’un autre âge.


Le nez du prélat sur lequel se reflétait la lumière blafarde de la lampe à pétrole, trahissait son penchant pour « la grappa » ; tandis qu’un grand Christ sur sa croix, flanqué d’une vierge à l’enfant, le regardait, inconsolable.


Le curé prononça un long discours où furent vantés les mérites du défunt. J’écoutais d’une oreille distraite, mais je ne reconnaissais pas le patron de « Chez Léon » dans ces propos, hormis que son restaurant était très bien tenu.

mercredi 9 juin 2010

#140 – Amour bis

Combien de fois devrais-je lui faire l'amour avant de comprendre que je t'aime ?


ce tourbillon
807 papillons
dans mon estomac


Sa vie avait été une autoroute, les panneaux avaient annoncé les dangers – l'alcool, la vitesse, les ralentissements, la ceinture non attachée –, il avait toujours su les éviter et, alors qu'il entrait dans un embouteillage, il se demanda si le moment n'était pas venu d'emprunter l'itinéraire bis.

mardi 8 juin 2010

#139 – Effet collatéral

Grande fête samedi passé au coeur du Jardin Pixel, sur la délicate pelouse qui ceint la fosse à bitume, organisée par les Éditions du Transat à l’occasion de la parution des 807 dans sa collection bleue.


Agathe, Cornaline, Lili, Lou et les autres, les garçons aussi, les papas, les mamans, les amis, les amis des amis, tous étaient présents, 807 au total à l’ombre des tilleuls.


Quant à moi, en apercevant le nombre 807 tracé à l’encre bleue sur la face externe de la cuisse de l’un des agneaux que les amis Franck et Joachim préparaient, je pris conscience que toute entreprise littéraire avait ses limites et que plus rien ne serait jamais tout à fait comme avant.

lundi 7 juin 2010

#138 – CQFD

C'est un groupe fini depuis qu'il a sorti cet album de B-sides and rareties. Terminé la force et la subtilité qui caractérisaient sa jeunesse, la diversité et la surprise, la voix rare et jamais entendue, fini tout cela : étouffé par la routine studio, épuisé par les tournées, vidé par la starification, gommé par l'âge et la décrépitude. Écoutons attentivement ces chutes d'albums : elles ont, en leur temps, été coupées et c'était le bon choix car ce sont des morceaux déjà entendus, une soupe où tous les grumeaux sont les mêmes, sans cohérence, sans vision ; et sur tous les albums depuis, une pareille peine pour l'oreille. Heureusement pour nous, blogueurs, il n'y a pas ce passage à la compilation de faces B ratées qui marque la fin d'une époque, nous pouvons continuer à publier au fil de la toile comme si l'œuvre était une, et surtout comme si c'était une œuvre. Faire passer nos tics pour notre langue, nos faiblesses pour de la maturité, pas de bandeau rouge signalant la mort de nos créations, pas de prix mettant en lumière notre imitation de nous-mêmes : nous persistons dans l'éphémère.


Le livre des 807, saison 1, toujours en ligne ici, est sorti, au format papier. C'est le livre idéal si vous n'avez pas Internet et ne pouvez donc pas lire ce message ni avoir connaissance des 807, livre qu'il vous faudra par ailleurs commander obligatoirement sur le web, « où » il est imprimé sur demande. Voilà un paradoxe digne de Chevillard, où l'on verra, plutôt qu'une maladresse éditoriale et l'opportunité pour l'éditeur de vendre cent exemplaires en comptant sur l'inaltérable égotisme des auteurs, une forme d'hommage.


Blog, hommage, pas de droit d'auteur, un 807 mal assuré, un faux-vrai-livre papier, aigreur et faces-B : tous ces signes ne sont-ils pas ceux de la déchéance confirmée ?

dimanche 6 juin 2010

#137 – Apparition

Elle apparaît chaque soir à la fenêtre, silhouette en filigrane qu’il devine plus qu’il ne voit à travers les vitres du métro aérien. Silhouette frêle, presque éthérée, elle semble se dessiner comme un personnage figé dans son cadre de bois blanc. Front et bras gauche appuyés contre la vitre, regard tourné vers la rue, elle semble attendre indéfiniment quelqu’un, chaque soir à la même heure. Il l’imagine attendre un homme qui ne vient pas, et revenir chaque soir à son poste pour le guetter encore.


Chaque soir il capte un nouveau détail au gré de ses voyages, lui derrière sa vitre, elle derrière la sienne, comme un double écran entre eux. Il maudit les jours de pluie ou de brouillard qui lui volent son image. Il bénit les jours d’hiver où la fenêtre éclairée se découpe dans la nuit comme un écrin taillé pour elle. Toujours la même tenue, un justaucorps noir sur lequel varient les couleurs et les épaisseurs de tissu, en fonction des saisons. Il aime quand elle ceint ses épaules d’une étole de cachemire rose indien. Il aime quand elle ne porte rien d’autre que son justaucorps et qu’il peut deviner la courbe de ses seins. Il aime son visage pâle au regard pensif dont il ne connaît pas la couleur. Ses cheveux noirs de jais retenus en arrière par un ruban de soie. Ses lèvres pleines et roses dessinant un croissant de buée sur le carreau. Son nez fin et busqué. Chaque soir il étudie un nouveau détail, il la connaît par cœur et la redessine sans fin dans ses rêves.


Depuis 807 jours qu’il la guette il aurait pu descendre mais ne le fera pas. Sa seule crainte est de passer un soir, et qu’elle ne soit plus là. Peut-être que ce soir-là il descendra.

samedi 5 juin 2010

#136 – Dérapage pour la soif

Au départ une stupidité, ce satané canal qui a surgi de l’obscurité. Savez-vous que les myopes voient mal la nuit. Tu m’avais cassé les pieds et les lunettes, on avait trop trinqué. Un abruti vient de me chourer mon sac Gagliano. Je me retrouve à cavaler après, bringuebalante dans mes escarpins trop serrés. Sans crier gare il tourne, mon talon vrille et sur le côté, je glisse.


Non, je ne tombe pas, ce n’est pas possible, ce froid, ce mouillé qui glisse le long de mon corps. Essaye la nage du petit chien, coordonne les mouvements de tes membres. Quelle complication sans borne. Curieusement, le bord du canal apparaît au niveau de mon nez, un liquide âcre envahit ma bouche. Je hurle, enfin, glapis des bulles – help, aidez moi ! Quelque chose me caresse le pied, me choppe dans le bouillon.


J’abandonne l’espoir de mon sac et de toi, j’abandonne l’envie de remuer encore, la possibilité de revoir la ville, à la surface des apparences je laisse tout flotter pendant que ça continue à s’entortiller autour du mollet. Dans un courant tiédasse, un souffle souterrain m’aspire. Rien à y faire. À peine l’instant d’un coup d’œil sur le périphérique, les lumières floues qui me surplombent, tremblements successifs de la carcasse, et l’eau qui serre, et ces 807 étincelles moirées qui me ravissent encore. Au loin, l’écho d’une comptine oubliée, quelques notes encore, le chuintement d’un nouveau silence.

vendredi 4 juin 2010

#135 – Bien plus de 807 marcheurs

En suivant la manifestation j'avais abandonné les banderoles quelques minutes pour acheter de la confiture et du miel, mais pas de journal.


En arrivant chez moi j'ai vu que le facteur, indignement, n'avait pas fait grève, mais, intelligemment avait déposé pour moi les 807 première saison.


Les ai ouvert en déjeunant, et suis sortie de table à l'heure du thé, en entendant rire sur la terrasse au dessus de moi une petite fille qui ne s'appelait même pas Agathe mais Magalie.

jeudi 3 juin 2010

#134 – Dix-huit mois à tuer avant moi

Je suis allé retirer un formulaire de demande de suicide. Je l’ai complété avec application, au stylo noir, en appuyant bien fort pour que tous les exemplaires soient parfaitement lisibles.


État civil. Situation familiale et professionnelle. Cinq lignes maximum pour expliquer les motifs de ma décision. Une date de fin de vie envisagée. Et une signature. J’ai refusé de cocher la petite case tout en bas. Celle qui « m’engage à ne pas commettre mon suicide dans un lieu public ni en usant d’un procédé susceptible de heurter la sensibilité des plus jeunes ».


L’employée tatillonne à laquelle j’ai remis mon dossier a insisté un peu. Elle aurait préféré que je coche la case. J’ai campé sur mes positions. Dans ce cas, votre dossier va devoir passer en commission, elle m’a dit. Puis elle a précisé : nous avons actuellement huit cent sept dossiers en liste d’attente. Et avec la grève qui se prépare, le délai est de dix-huit mois minimum. Vous tiendrez le coup jusque là ?

mercredi 2 juin 2010

#133 – Poissons volants

Il sait que son sort, tout autant que celui du groupe de réfugiés qui au dernier décompte étaient encore 807 à bord, dépend de ce qu’il va envoyer comme signe aux autorités.


La terre tant espérée est en vue. Il se rappelle la promesse faite à un homme sur son lit de mort. Toute trace de l’homme lui-même a disparu, emportée dans le gouffre de la durée, mais ses mots sont encore là, tapis dans l’ombre, prêts à hurler s’il se défausse. La douleur a envahi le navire. L’argent n’est d’aucun secours. Les plaintes, les râles, les gémissements débordent de tous côtés et filent inexorablement vers la terre. Dans les ornières du rivage des hommes bottés et casqués hoquettent et se contractent. Des torches balaient les flots jusqu’à l’aveuglement. L’air est brûlant et instable. Malgré leur faiblesse, il n’est pas certain qu’il contienne ses passagers. S’il décide de remonter au vent il lui faudra passer par-dessus les corps exténués de rage, probablement sortir son arme et tirer quelques coups de semonce. Ses yeux font mal. Ses mains tremblent. Du sang lui monte à la tête et son cœur s’emballe. La peur a ouvert son linceul. Sur la côte les coups de sifflets s’échangent au pas de course. Le branle-bas est engagé. Il lui reste très peu de temps.


S’il parvient à faire le vide en lui, il réussira peut-être à ne tuer personne durant la nuit.

mardi 1 juin 2010

#132 – Métamorphose

La méchanceté lui avait conservé toute l’alacrité de son intelligence, et elle se vengeait de sa décrépitude sur ceux qui la servaient, déversant sa bile amère, éructant et frappant du poing, les yeux soudain exorbités. Et tous, courbaient l’échine, lançant des regards éperdus pour que l’on vienne à leur secours.


Agathe regardait sa mère dont la vieillesse, telle une inondation, s’était répandue d’un seul coup.


La violence de ses sentiments altérait son visage. Tout à coup, elle avouait son âge. Mais ce vieillissement subit, loin d’apitoyer Lucien, augmentait encore les huit cent sept bonnes raisons qu’il avait de la détester.

lundi 31 mai 2010

#131 – Les chemins de la création

Alors que je me promenais dans un quartier de l'ouest de la Roche-sur-Yon, j'aperçus derrière un treillis un homme qui faisait les cent pas. Je le reconnus d’emblée, c'était une des étoiles montantes de notre littérature. La propriété était charmante, tuyas et mimosas chatouillaient le muret de clôture. Plus loin sous une tonnelle un groupe d'amis faisaient bombance. Était-ce sa propriété ? je ne le crois pas, qu'importe d'ailleurs. Heureux de l'aubaine je me cachai derrière un vieux hangar et observai discrètement les faits et gestes de celui qui, à coup sûr, sera demain l'égal des immortels.


Soudain il s’allongea, posa un coude à même la pelouse grasse – elle aurait mérité, je dois le dire, d'une sérieuse tonte – qu'il scruta avec une profonde attention, comme saisi par une inspiration divine. Le poète avait visiblement pêché un gros. Je le vis alors de mes yeux s'avancer sur le sentier de la création, avec un soin et à un rythme qu'il semblait dicter aux brins d’herbe eux-mêmes qu'il écartait un à un. Trop éloigné pourtant, je ne pus accéder à la vraie source de la création, à son allure, à sa couleur, à son chiffre qu'il semblait murmurer du bout des lèvres. Malheureux je dus me satisfaire du compte des brins d'herbe qu'il pinçait délicatement. En vérité il en compta 807 exactement avant de se relever comme effrayé par un abîme. Il commit un petit hennissement avant de s’éloigner et rejoindre les amis qui l’attendaient.


J’aurais donné cher, très cher pour connaître le détail d'une aventure spirituelle qui avait certainement mené ce demi-dieu à partager le repas des dieux.

dimanche 30 mai 2010

#130 – Morte ligne

Minuit : la date limite vient de passer. Mais il peut encore trouver le nom, le nombre, de ce blog, pour lequel il vient d'écrire un triptyque somptueux, rare, unique, qui va tout faire trembler. Il se donne quelques minutes encore...


La deadline d'hier m'est ce que demain est à aujourd'hui.


Ah ! Ce blog... Quel est son nom déjà ? C'est trop bête. Ce n'est qu'un nombre pourtant...
À 13 h 27, toujours rien, il abandonne.

samedi 29 mai 2010

#129 – Combien ?

– Combien ce petit chien dans la vitrine ?
– 807 euros, vacciné et tatoué
– J’achète !


– C’est combien pour une nuit ?
– 1000 euros
– Dis donc tu te prends pour qui, une pute de luxe ou quoi ? T’es même pas si bien gaulée que ça, et plus de première fraîcheur en plus !
– Casse-toi pauvre con !


Et combien pour une âme ?

vendredi 28 mai 2010

#128 – 807 fois, les vagues

Au matin, tôt, elle avait marché en suivant la plage. On était à marée basse. Il faisait encore frais pour la saison et, de ce côté-ci de la baie, l’ombre des maisons s’allongeait sur le sable nu. À part cet homme, son chien au bout d’une laisse et les bras pleins de croissants, elle n’avait croisé personne. La petite station balnéaire normande lui avait alors fait penser à un village fantôme. Avec cette mer au loin, qui paraissait ne pas vouloir l’approcher.


Le véhicule filait sur l’asphalte, entre les rails de la quatre-voies, vers un but que même son conducteur paraissait avoir oublié.


Dans l’après-midi, avant de rentrer, elle avait décidé de compter 807 vagues. Mais les vagues ne se laissent pas facilement dompter. Elles hésitent, s’emballent, s’effilochent en écume verte, butent contre le vent, galopent avec lui, s’emmêlent et se démêlent… Plusieurs fois, elle avait dû recommencer.
Elle aurait eu plus vite fait de compter 807 Parisiens en vacances.

jeudi 27 mai 2010

#127 – Amour

En cette nuit d'arsin, nourri d'alberges et de miel, le trimardeur amoureux erre d'erg en reg. 807 cicindèles, efflorescences d'astres, brodent son chemin. Fatigué, il s'endort sous l'isatis du ciel, sans cantique ni cantilène. Il rêve aux forêts venelles où veille, sphinx en ailes, la noctuelle.


Au matin, rémige en partance, il mène sa chaloupe sur le fleuve Elysée assoiffé d'océan. Syrinx vibrant, il chante un fragment d'idylle que sa mémoire versatile offre aux pluies lustrales. Il chante à tue-tête, les salicornes, la ganse des vagues, leur opale, les remous, les escales, la provende des îles, l'hélianthe au zénith du corps des filles.


Son sexe phœnix, doux scalène, épouse l'azur.

mercredi 26 mai 2010

#126 – Tchin-tchin à la Tour de Titane

Séverin vient de rafler le PIB de la Chine, il fait des ronds de jambes en invitant Chimène à la Tour de Titane. Chimène, un peu essoufflée avec son ventre bien rond, elle se trimballe un alien five dans sa lifebox, ce qui ne l’empêche pas d’assurer au ministère des expulsions. Ils trinquent au chapaga sans schlings, cuvée millénius. Puis de la poche intérieure de sa combinaison Séverin sort un diams chatoyant de 807 éclats. Il miaule : Chichi chou, mes pulsations ne myocardent que pour toi.


Elle aura un sourire vert-de-gris : ça décable sec, ta cera, pourtant je t’avais schuinté que mon rêve, c’était une décade en navette ; remballe ton miroitant, ma carcasse va se télétransporter au Xzonoï Libre, tcho. Elle s’évaporera illico.


Elle lui chatuilote sérieusement le code atomic, celle-là. D’un claquement de doigts, Severin commande une deuxième bouteille de chapaga, avec des schings cette fois. Son regard se perd dans quelques scintillements étoilés, des particules effritées, qui remontent en spirales dans le liquide jaune, pour éclater à sa surface dans d’imperceptibles blips clinquants.

mardi 25 mai 2010

#125 – Forever

Memphis, Tennessee. C’est ici que j’ai atterri, à quelques pas de Graceland, entre la piscine et la propriété où, chaque jour, des centaines de touristes affluent.


Avant, j’étais colleur d’affiches dans le métro parisien. Dès l’ouverture des stations, je sillonnais les quais avec mon sac en toile de jute, ma raclette et mon seau de colle. Mes gestes s’enchaînaient mécaniquement : décoller les anciennes pubs, encoller le papier plié, déplier une partie, encoller, déplier, encoller, déplier, encoller, déplier... Je jouais à imaginer ce qui allait émerger devant moi : une voiture plus rapide qu’une étoile filante, une plage au sable cristallin, des femmes à la cuisse généreuse dont je tentais de deviner la chevelure... Et puis un jour, j’ai eu un choc en découvrant le dernier morceau d’une affiche où s’étalait en lettres scintillantes : « Elvis Presley Forever ». Je me suis mis à placarder sa silhouette sur tous les murs, en fredonnant Always on my Mind. Au fur et à mesure que Le King habillait les stations, je voyais partout : « rendez-vous en août à Memphis pour vivre la semaine d'Elvis ». À la 807e affiche, ma tête a volé en éclats. J’ai laissé tout mon fatras sur le quai, couru à la banque pour vider mon compte, et pris un billet d’avion.


Depuis, je ne suis jamais reparti de Graceland. Je ne m’en plains pas, au contraire. J’ai l’impression de faire partie de quelque chose de sacré, d’immuable, presque autant que la Maison Blanche.

lundi 24 mai 2010

#124 – Gare aux manies !

« Entre 6 et 10 livres par mois. Soit entre 72 et 120 livres par an, donc une moyenne de 96 livres par an. En 8 ans, quatre mois, 25 jours et trois heures, à vue de nez, ça doit faire le compte. Oui, mais à vue de nez, seulement... 730 repas dans une année, mais non bissextile, donc deux de plus tous les quatre ans, mais ça fait trop... Et les petits dejs ? Cinq enfants, deux parents, deux chaussettes par personne, 14 par jour, sauf s’ils oublient d’en changer... 32 marches d’escalier, parfois deux à deux, sans compter la cave et le palier… Tant de céréales dans la boîte, vous êtes surs ? Les étoiles, déjà fait... le mille-pattes aussi... idem pour le nain jaune... Même pas un nombre premier, en plus... »


– Il y a longtemps qu’elle est comme ça ?
– Plus d’un an, en tout cas, et ça vire au cauchemar.
– Arrive-t-elle à un nombre particulier ?
– Non... En fait, elle voudrait bien, je crois. Mais elle compte très mal.
– Nous allons la garder quelque temps.


Le médecin escorte diligemment sa nouvelle patiente vers le bâtiment récemment inauguré, le pavillon « Franck Garot ». Ses sourcils se froncent. Quel idiot il a été, franchement de se limiter à 807 chambres !

dimanche 23 mai 2010

#123 – Derniers instants

Hier soir, il avait dû compter 807 moutons avant de s’endormir. Ce matin il a beau chercher, dans tous les coins des verts pâturages et près des eaux paisibles. Il en manque un. Il appelle, appelle, appelle, appelle...


Quand tu seras mort, je serai où ? demande Lili.


Tout se joue en définitive à un rien : tu meurs de bonne humeur, en prenant le temps, sous un beau soleil de printemps, et l’éternité devient un enchantement ; tu meurs dans la précipitation, un soir d’arrière-automne pluvieux, alors que tu ne te souviens pas si tu as fermé la porte du poulailler, et l’éternité devient un véritable cauchemar.

samedi 22 mai 2010

#122 – Plus sourd que les cerveaux d'enfants

Il ne sera pas dit que les huit heures que je passe chaque jour à rimailler sont inutiles : ces best-sellers que j'écris à la chaîne me donnent les droits d'auteurs qui me permettent de programmer librement en Php pour une ex-startup parisienne, les sept minutes du temps restant.


Je lis à voix haute ce texte à suspens et revirements, brutal et révoltant, propre à diviser le monde en deux, à être aimé avec rage ou détesté follement, à l'acuité toute neuve de Cornaline, et la voilà qui s'endort. Je me remets immédiatement à l'ouvrage pour rectifier ma visée : ajouter à l'abrupt, retirer aux concessions.


Puisque tout est entre les lignes
À son éditeur il envoie
des entre-lignes

vendredi 21 mai 2010

#121 – Pique-nique

L'enfant recensait les brins d'herbe. Les très-verts. Les plus-courts. Les un-peu-jaunes. Les tordus. Les grignotés. Y en avait-il bien 807 comme l'homme qui lisait allongé sur l'herbe le lui avait assuré ? Il ne savait pas, il ne saurait pas, ne comptant que jusqu'à 20 et quelques. D'un doigt léger, l'enfant tapotait ensuite les carapaces des hannetons, des punaises, des coccinelles, chatouillait les fines pattes des fourmis, s'égarait dans le ventre mou des vers de terre.
Entre chaque partition, il levait la tête. Souriait à sa mère, à son père, souriant à l'enfant à tour de rôle. Le fleuve clapotait en contre-bas, miroir bleu d'un ciel sans nuage.
Sève de l'herbe, sucs des insectes, gras de la terre. Les doigts savants, l'enfant les suçait et rejoignait les petits peuples.


Au-dessus de lui, entre les sourires, l'homme et la femme se déchirent. Diront-ils à l'enfant ou laisseront-ils l'âcre saveur du pétrole s'infiltrer dans la petite bouche ? Sous le pont, la première ligne avance. Demain, le fleuve sera figé par la marée noire.
– Ne gâchons pas ce dernier pique-nique. Taisons-nous et sourions.


La femme étale sur l'herbe verte la nappe de damiers rouges et blancs. Sur le carré de tissu, l'homme, la femme, l'enfant s'installent, veillent à ne pas dépasser le périmètre de l'enceinte vichy.
L'enfant a quitté la terre ferme, il est sur un bateau, il taquine les poissons, les baleines, les mouettes. Il dresse un index mouillé et écoute l'histoire du vent. Il guette les pirates.
– À table, moussaillon ! dit le père.
L'enfant essuie l'index. La nappe de vichy rouge et blanc dérive.
– Et les requins, papa ?
– Ici, il n'y en a pas.
– T'es sûr ? Même pas 807 ?
– Même pas.

jeudi 20 mai 2010

#120 – Illusions perdues

Attaquée par le réel sur tous les fronts, refoulée de toute part, se heurtant partout à ses limites, elle prit l’habitude de se réfugier dans un monde imaginaire et à y vivre, à travers les 807 personnages qu’elle avait inventés, une vie pleine de sens, de justice et de compassion.


J’avais omis de savourer l’heure qui passait, pour me consacrer à une œuvre de 807 pages qui passerait bientôt elle aussi. Ma prétendue réussite n’était qu’un affreux gâchis. Je n’avais donc été bon qu’à avoir vécu, pas à vivre.


Lui-même n’avait aimé que la littérature. Il avait oublié d’exister pour écrire, ou plutôt, il n’avait écrit que pour se prouver qu’il existait. Parfois, la tête renversée sur ses dossiers, les paupières à demi-closes, il se donnait l’illusion de son intronisation dans le Panthéon des écrivains les plus illustres.

mercredi 19 mai 2010

#119 – Le jeu de la botte de foin

La vieille femme s'approchant de son miroir et tendant la main vers la boîte de cosmétiques, le curé se penchant sur l'autel et effleurant du doigt le ciboire empli d'hosties consacrées qu'il s'agira de déposer sur des langues tendues, l'écrivain, enfin, ouvrant l'application Word et posant ses doigts, consciencieusement, sur les Q SDF G H JKL M, ne partagent-ils pas tous la fatigue de la redondance, l'espoir du miracle et la niaiserie quotidienne du Jocrisse ?


Parfois, je m'imagine tous les mots que j'ai déjà écrits comme autant de petites fourmis noires, innombrables, affairées et vaguement répugnantes, montant à l'assaut de mes obsessions, en rang serré. J'en appelle au fly-tox, avant de réaliser que ce dernier mot, étrange, un peu désuet et hérissé de lettres rares comme de fines antennes, a tout à voir avec la mante religieuse, et que c'est à cause du plaisir de le contempler que j'ai commencé cette phrase.


Se dire qu'il va falloir pourtant, un jour, tirer son épingle du jeu de la botte de foin. Penser à la meule que représentent les mots de 807 écrivains... Et se dire que parmi eux, il y a des prêtres ayant perdu la foi, des vieilles femmes enlaidies et des mains atteintes d'arthrose articulaire.

mardi 18 mai 2010

#118 – Distance

Ils forment un très beau couple. Avec le temps ils ont commencé à s'adapter à l’autre : mêmes gestes, mêmes paroles, et des blagues qu’eux seuls comprennent. S’il fait du café le dimanche matin, elle lave deux tasses dans l'après-midi. La douche n'est jamais un problème, ils ne se soucient pas de qui se douchera en premier, ni des serviettes mouillées abandonnées sur le sol de la salle de bains.
Ensemble depuis 807 jours maintenant, ils sont parfaitement heureux. Séparément.


Je travaille pour un chat du Cheshire.
Il envoie un email avec un poli « Aliona, pourriez-vous ...? » et disparaît.
Il pourrait être encore sourire à la fin, mais ça je ne peux le dire. Le jour où je le rencontre en personne, je le prendrai dans mes bras, mais tout de suite je veux le gifler...


+7 963 72 90 807
Voix pâle de l'opératrice. Non, je ne veux pas laisser de message...
Deux heures plus tard, son nom clignote sur mon téléphone, je verrouille mon poste de travail en tenant la bête vibrante dans la main et je sors.
– Où diable es-tu ?
– Mourmansk.
Je peux entendre son sourire.
– ... C'est qui cette fois ?
– Oh, tu ne le connais pas, il est si jeune et j'en suis tellement dingue. Tu l'aimeras ! Il est doux, et je l'aime
– Jusqu'à quand ?
– Ha ha, elle rit, sa voix claironne : comme d'habitude, pour toujours !
Je soupire et je souris.
– ...
– ...
– Tu le sais, n'est-ce pas ?
– Oui. Je t'aime aussi.
– Tu me manques, petite conne.
– Je serai de retour pour les exams ! Tu l'aimeras !
Elle crie ses dernières paroles et l'écran de mon téléphone devient noir.

lundi 17 mai 2010

#117 – Un titre avec du soleil dans un tunnel

Déjà dépassée de peu et effacée des souvenirs, la saison des giboulées. Les pulls tombent. Il commence à faire chaud, il traîne dans l’air un arrière-plan d’étouffant qui ne s’est pas encore révélé. On dépasse un peu les 20 degrés, juste un peu de chaleur, on s’étale sur la pelouse, rester sur place sans bouger. Profiter en douceur de la transition du temps.


La transparence du ciel s’opacifie, triple couche de bleuté ripoliné qui étire les regards. Tranchant de sombre sous les cerisiers roses. Le flou qui dessine les êtres et les objets a été balayé, reste la précision scalpel des contours.


Les oiseaux brillent, le soleil chante, l’azur s’encre, encore heureux qu’on aille vers l’été, une guirlande de joie bucolique se déroule dans les têtes et imprègne les esprits pendant que de l’alangui force 7 parasite les corps. Oh une pâquerette, chouette de l’herbe, un peu beaucoup, passionnément, tiens un trèfle à 807 feuilles, et le pas primesautier des citadins qui frétillent devant une pelouse. Sueur dans les cheveux, langue sèche, la meilleure tranche de l’année transpire son étau de bonheur.

dimanche 16 mai 2010

#116 – Étoile filante

Une triplette habitée par le nombre d'or, sur laquelle le poète s’était penché des années durant, une triplette du tonnerre de dieu, élancée, 807 au garrot, une triplette sans tenon ni mortaise, inimitable bijou, de jade et d'or, une triplette solide comme le Mönch, l'Eiger et la Jungfrau, liquide comme les Trois-Lacs, aérienne comme un long courrier.


Le poète la confia au maître d'oeuvre, qui la refusa. Pas dans la ligne, disait-il, pas dans la ligne. Mais dans la ligne de quoi, la ligne de quoi, pour qui se prenait-il cet aiguilleur du ciel, pour qui se prenait-il, pour qui ?


Gilooly retrouva le divin objet au milieu d’une poignée d’autres triplettes refusées, mêlées à des feuillets du Cantique des Cantiques et du livre de Job, dans la carlingue d’un long-courrier qui avait piqué du nez dans le sable de Choir. On connaît la suite.

samedi 15 mai 2010

#115 – Poison

C’est lui qui a commencé. C’est ce que je me répète tous les matins depuis ce fameux 13 septembre. Ce jour-là, j’aurais dû tourner 7 fois ma langue dans ma bouche avant de mettre le pied à l’étrier.


Une fois de plus, il m’a coupé la parole. Comme ça, tout à trac, lors de la réunion de service. Et pour dire quoi ? Exactement ce que je lui avais confié la veille, à propos du projet. Il a exposé mon point de vue, mes idées, mes mots. À la fin, tout le monde l’a félicité. J’ai attendu quelques jours, le temps de me procurer l’arsenic. Puis je l’ai invité à déjeuner. « Pour fêter ça », lui ai-je annoncé. J’ai trinqué à son succès, en prenant soin de vider le contenu de mon arme dans son verre. Je l’ai regardé se contorsionner sur le sol, en proie à des spasmes d’une violence incroyable. J’ai fait semblant d’appeler les pompiers en fixant ses yeux écarquillés. De sa gorge sortait des sons rauques, de plus en plus étouffés. Le poison achevait son effet. Je suis sortie du restaurant, soulagée, en me disant : « En voilà un qui ne parlera plus ».


J’y ai pris goût. À chaque fois, c’est différent, j’affine mon scénario. Je suis devenue experte dans l’art de mêler le poison à toutes sortes d’alcools. J’ai commencé une carrière internationale, si bien que je change de ville, de pays, de continent. J’en suis à ma 807e victime.

vendredi 14 mai 2010

#114 – Les heures bleues

Il est 23 h 07, le livreur casqué de Sushi-Blues sort de l'immeuble d'en face, se colle à la façade, regarde à droite et à gauche et, hop !, glisse un petit pipi le long de la gouttière. Chose qu'il ne se serait pas autorisé à faire trois heures plus tôt.


Le soleil n'est pas encore levé que la famille de mésanges à tête bleue a déjà produit 807 tweets par tête bleue.


Cornaline façonne
Les plus petits hoquets
Jamais entendus

jeudi 13 mai 2010

#113 – Convocation

Il vit les deux hommes garer la voiture, traverser la rue et comprit, — aux martèlements sourds qui surgirent aussitôt dans sa poitrine avec le bruit d’une paire de tennis cognant dans le tambour d’une machine à laver. C’était eux. Forcément eux. Après tout ce temps, il les reconnaissait sans les avoir vus. Après tout ce temps, il aurait dû être habitué, mais non. Il ne le serait jamais. Ses mains tremblaient, inutiles, incapables. Son sac était fait, heureusement. Rangé au fond de la penderie, sous le manteau d’hiver, à côté des bottes fourrées, si nécessaires pour affronter le froid et la boue, là-bas. Il se pencha à la fenêtre, les suivit du regard jusqu'à ce qu’ils s'engouffrent dans le hall d’entrée de son immeuble. Un dimanche, tout de même !


Un bruit de chaussons poussifs le fit sursauter. Son plus jeune fils, les yeux gonflés, la moue pâteuse. Normal, il était presque midi, l’heure où l’ado se levait le week-end. Il se dépêcha d’aller remplir la gamelle du chat, qui griffait la vitre du balcon. Un instant, la tentation : grimper à la gouttière ? S’enfuir par les toits ? Sa tendinite à l’épaule en rigola toute seule. Surtout qu’un troisième homme devait surveiller la cour.


La sonnette, déjà.
— Saloud, 'Pa.
— À bientôt, Grand.
Mieux de ne pas lui ébouriffer les cheveux, tout compte fait. Inutile de l’affoler. Faire comme si tout était normal. Il retira sa main, empoigna le sac. Le plus grand des deux types revenait du bureau, où il était allé sans une hésitation rafler son ordinateur portable. Comme s’il connaissait par cœur l’appartement, ils avaient dû venir en douce pour reconnaître les lieux, sécuriser les accès. Il y avait eu trop de suicides. Le petit bouffi apparut à son tour, l’imprimante et deux ramettes de papier dans les bras, grognant sous l’effort. Ils le poussèrent dans l’escalier, puis sur le passage piéton, s’assirent de chaque côté de lui dans la voiture. Il renversa la tête en arrière, ferma les yeux pour combattre la nausée. Le chauffeur démarra alors pour l’emmener à sa 807e résidence d’écrivain.

mercredi 12 mai 2010

#112 – You said non sense ?

Oui, sans cette potiche qui l’accompagne partout, ça pourrait encore passer… mais là !... lui, et elle en plus !...


Huis sang hun / huis sans d’eux / huis s’en Troie / huis sang kat / huis sans sein que / huis s’en si ce / huis sang Sète / etc.


Il eut beau faire les 400 coups, et souvent en voir 36 chandelles, il finit par admettre qu’il était loin d’avoir atteint les 807.

mardi 11 mai 2010

#111 – Bancal

Tout le monde pleure.
Mais moi, je peux pas. Pas tout de suite.
Parce qu’il y a ce souvenir que me déborde le cœur en presque sourire. Malgré tout. Malgré toi dans cette boîte et l’hiver qui veut pas que printemps enfile sa robe à fleurs. Il y a une fourmilière pleine de vie, juste là, à côté du grand trou dans lequel tu vas dormir toujours. Il y a ma mémoire qui crache comme une fontaine.


C’était il y a tellement longtemps. On avait quoi, dix ans, pas plus. C’était l’été. Dans le grand pré derrière chez tes parents. On jouait à la guerre en douceur. En se balançant des épis de blé et des gros mots. Puis tu m’as appelé.
Viens voir ! T’avais trouvé une bestiole.
C’est un mille pattes, j’ai dit. Et toi t’as ricané.
Je sais pas pourquoi on les appelle comme ça, tu as fait, vu qu’ils n’ont que 807 pattes. T’avais ton air du gars qui sait tout et ça m’a énervé.
N’importe quoi, j’ai rétorqué. Et puis d’abord, s’il avait un nombre de pattes impair, il serait bancal.
T’as qu’à compter, tu m’as répondu. Et tu m’as envoyé l’insecte à la figure.
J’ai hurlé, comme une mauviette. Tu t’es moqué. Je me suis jeté sur toi et on a commencé à se castagner pour de bon. Et puis d’un coup, tu m’as embrassé. Un peu vite. Un peu violemment. Sur la bouche. Ça ressemblait presque à un coup fatal. J’avais perdu la bataille. Et l’instant d’après, on reprenait nos jeux débiles à dégoupiller les épis.


On n’a jamais parlé de ça, toi et moi. Je savais même pas qu’il était rangé dans mes souvenirs, ce baiser bancal comme un huit-cent-sept pattes...

lundi 10 mai 2010

#110 – 807 étoiles

Dans la nuit j'ai compté 807 étoiles.


Pas une de plus, pas une de moins.


Diadème de mots, collier de vocables sur la peau du vent.

dimanche 9 mai 2010

#109 – Apparences

Il vivait donc aujourd’hui dans un univers stérile, basé sur l’effort et la compétition, l’ambition et la hargne, le mensonge et l’hypocrisie, ne se contentant jamais d’être, tout simplement.


Au bureau, tout le monde arrivait en avance comme l’attestaient les 807 mégots qui encombraient déjà les cendriers, et tous avaient déjà revêtu leur masque de comédie.


Je ne cessais de les épier, entêtée par mes soupçons, car il me semblait absurde qu’ils fussent réellement ce qu’ils semblaient être. Ils se surveillaient, telle était mon hypothèse. Chacun, pour excuser le sordide de sa propre situation devait se régaler, en douce, des vices et des échecs des uns et des autres.

samedi 8 mai 2010

#108 – Le conte enchanté du Kraken d’or

Une carte, latitude, longitude, altitude et des outils, compas, anémomètre, sextant. Et aussi important, le cap. La voie est tracée pour Nemo. Car il est une île, île noire, mystérieuse, île au trésor à bâbord. L’île de Sir Loch dont le kilt n'est qu'un rideau de fumée. Et dans les parages y roderait un serpent de mer, ou une archaïque anguille. Ou le poulpe dit de légende. On aurait vaguement entraperçu une tache dorée sur des écrans brumeux. Bobards ou pas, ça squatterait la baie que le Nautilus explore. Il fouille les recoins, il traque en vain. Nixt, nada, pas un pet de monstre. Il imagine. Avec la marée, la bête qui monterait, qui monterait, qui monterait...


Prenant les choses en main, certain de tenir le bon bout et rêvant d’en découdre, Sir Loch largue dans la baie quelques Banzaï ! Ceci n’est pas un exercice, crie Loch pendant l’attaque. Plouf, plouf, crac ! Impacts inappropriés, des reflets sur les écailles d’or du céphalopode, et damned, une brèche dans le Nautilus. Dare-dare, Nemo lance des « mayday » sur le canal 807. Et se saborde.


Le Kraken s’en gondole encore.

vendredi 7 mai 2010

#107 – Triptyque bloguesque

Aujourd'hui, pour les vases communicants, 807 blogueurs jouent au coucou. Hum, qui se retrouve seul comme un con ?


On dit que les blogs c'est has been. Tout comme Facebook. On dit que Twitter fait la loi. Alors, que faites-vous ici ?


– C'est pas mal ce blog des 807, sauf que ça vaut pas le livre.
– Tu parles, leur livre, c'est même pas un livre numérique.
– ...
– Tu vois, moi je pense qu'ils auraient dû épargner les arbres, et faire que du numérique. Genre, un livre numérique, disponible gratuitement à la lecture.
– Ah ! pas con... Et puis, genre, ils auraient publié une page par jour, non ?
– Ouais, un blog quoi.
– ...
– ...

jeudi 6 mai 2010

#106 – Comme quoi le sommeil n'est pour rien dans le bonheur

Avec mon nouveau mac book pro, c'est la découverte, du jamais-vu, très étonnant comme c'est intuitif, naturel. Très joli, inlassablement à regarder, qui tient dans les bras, parfois pas content c'est qu'il faut alors l'alimenter, et tout ce qui s'affiche dessus est vraiment très très mignon croquignou.


Quant à Cornaline, c'est simple : ça démarre au quart de tour, tu lances, tu tapes et ça roule.


Il se dit que c'était le moment d'exploiter au maximum son découvert autorisé de 807 euros.

mercredi 5 mai 2010

#105 – L'idiot créa la femme

Il plonge un cheveu dans la peinture – un jaune pâle obtenu de poudre d'œuf, d'arsenic, de plâtre et d'un liant – afin de rajouter un cheveu encore à ce portait de Brigitte Bardot qu'il peint, très finement, cheveu par cheveu presque, et qu'il considère tous les jours, le matin après s'être levé, dans son atelier ouvert sur la garrigue et les cigales, comme encore infiniment inachevé.


Il peint alors un cheveu supplémentaire sur ce crâne qui en comporte déjà 807 – cela fait plus de deux ans déjà qu'il s'adonne à cette passion – tout en se disant que quelque chose cloche encore dans cette peinture, qu'il n'y reconnaît pas l'idole, quel que soit le soin qu'il a toujours dévolu à cette ultimité.


Brigitte Bardot aurait été là, se dit-il, j'aurais pu emprunter à sa toison superbe de superbes pinceaux quotidiens pour la peindre toujours plus superbement, alors que là, usant des seuls moyens que me procure mon corps, inexorablement je me dégarnis. Mais aurait-elle été là, se dit-il encore, nous serions malheureusement arrivés de conserve à une espèce de voie moyenne – la pire des choses, toujours, mais tellement efficiente –, cruelle équivalence qui ferait prendre le pas à l'égalité du rêve sur l'inégalité des choses comme elles sont. Bardot tu es chauve, se dit-il, mais fais-moi confiance, je vais tout faire pour toi, bien comme il faut.

mardi 4 mai 2010

#104 – 14/18

À la cote 807, un obus de 75…


Sa dernière lettre écrite au front, et datée du 8 juillet, ne nous parvint que plusieurs semaines après l’annonce de sa mort.


Si peu de lucidité à quatre ans d’intervalle : « en trois semaines à Berlin », « der des der »...

lundi 3 mai 2010

#103 – Question de poids

« L’est pas bien gros ce pitchoun, faut dire que c’est un préma » assène l’infirmière rougeaude en soulevant le nourrisson du pèse-bébé avec une petite moue dubitative. Comme s’ils ne le savaient pas. Elle leur parle comme à des demeurés mais ils n’osent trop rien dire, elle tient la vie de leur petit Pierre entre ses mains de déménageur.


Ophélie a 17 ans et pleure devant la glace. Elle ne rentrera jamais dans son maillot cet été. C’est décidé, ce soir je mets au régime se dit-elle en terminant la tablette de chocolat.


Kinkiyo saisit le vingtième œuf dur et le fourre dans sa bouche en hoquetant de dégoût. Surtout ne pas vomir. Demain, c’est sûr, il les aura pris les 807 grammes qui lui manquent pour arriver aux 150 kilos. Et participera à son premier combat de sumo.

dimanche 2 mai 2010

#102 – Le pouet pouet

Mais t’es qui toi, pour dire que mes poèmes c’est de la merde, hein ?... Quoi, quoi, mes rimes sont pauvres... comment ça, mes pensées sont molles ?
T’as vu mon blog, hein ? t’as vu mon blog, dis ? J’ai plein de coms, moi mec !
T’as lu mon dernier écrit au moins, Presbyte à la mords-moi-le-nœud... Vicissitudes et grandeurs d’un poète slameur, hein, tu l’as lu celui-là... c’est pas toi qui aurais trouvé un titre pareil, hein ?... t’as lu au moins ce que j’ai mis, Petit chacal insignifiant ! et t’as vu en bas du billet, le chiffre ? J’ai eu 807 coms... pas 1, pas 2, pas 100... 807 ! ça te la coupe hein, monsieur espécialiste des belles phrases.


Fait chier... encore un non ! Putain, faut quoi pour être reconnu... ouais tout le monde a pas la chance de s’appeler Siaudeau Vinau Riet Rimbaud... okkkaaay... j’ai bien compris que c’est une question de syllabes, s’il faut raccourcir son nom pour percer, je le ferai ! Putain, est-ce que c’est ma faute à moi, si je m’appelle Maulekon...


- Euh Maulekon... steuplaît... chut... euh... pouet pouet
- Ah ah ! tu t’inclines hein, Sombre ver ! Écoute ça :
Je suis le poète poète
Qui trace son sillon
Et dans ses vers s’immole
Je suis le poète Maule
Je suis le poète Lekon
... ouais, j’ai pas encore tranché sur mon nouveau nom

samedi 1 mai 2010

#101 – Joli mois de mai

La révolution faisait rage. La rue, longue et large, offrait 807 pavés à qui voulait bien s'en saisir. Et ils étaient nombreux, les contestataires en ce mois de mai !


Les barricades montaient la garde, les CRS aussi. De l'autre côté de la rue, les étudiants et les ouvriers en rébellion attrapaient les pavés, les jetaient avec violence sur les coques en plastique de la Police Nationale. Mai 68 enflammait la rue et les esprits. La colère grondait. Les grèves gelaient le pays, les discussions passionnées prenaient le pas sur le quotidien, devenu fébrile. Chacun voulait prendre la parole, exprimer ses frustrations, ses envies, ses désirs, faire bouger le monde, même son petit monde, dans le jeu et le je. Sans interdits, sens interdit. Chacun voulait exister, à sa façon.


Dans les cris et les slogans qui fusaient, je ramassais un pavé au sol, dévoilant la plage. La vie était ailleurs...