jeudi 22 septembre 2011

La lettre

Elle aimerait avoir reçu des centaines de lettres d'amour...
C'était où, la dernière ? à 807 années sans lumière ?


Elle décide de s'en envoyer une, anonyme.

mercredi 21 septembre 2011

Cisailles

Il voyageait entre une caresse improbable et la sonnerie ponctuelle du petit matin. La solitude effaçait de ses yeux les habitudes nocturnes et diurnes, les embrassades posthumes. Du jour nouveau, il pressentait chaque fois le vide et sa vie se tenait là, à cheval sur l'abstrait. Il la regardait dormir malgré le bruit de la rue en éveil. Si le froid de l'aube les rapprochait parfois, fronts appuyés sur la vitre, lui d’un côté et elle de l’autre, leurs haleines ne mêlaient pas leurs buées. Il décida d’arpenter le chemin inverse et se blessa aux 807 épines du buisson ardent.


Avec le fer extrait de son sang, il forgea des cisailles pour trancher leur lien.

mardi 20 septembre 2011

TGV 807

La brasserie aux banquettes violettes est ouverte ; il entre en la tenant par la main ; ces petites mains fines de femme sont serrées dans les siennes …ils s’assoient et il lui commande des profiteroles au chocolat : elle adore ! Il a envie de lui faire plaisir. Il la regarde, admire son sourire qu’il aime tant et ses petites boucles brunes qui lui tombent sur les épaules. Elle lape son chocolat et il l’aime la voir déguster ses petits choux crémeux. Elle sourit, emplie d’une joie toute jeune ; son cœur à lui bat vite, il l’aime tant ! Son flan au caramel attend sa fourchette mais il n’a pas très faim, trop inquiet, car il sait ces moments éphémères. Il aimerait la serrer dans ses bras … elle a fini ses profiteroles, il n’a pas touché à son flan. Elle bavarde, lui raconte ses journées et il l’écoute, ravi et plein d’amour ; il aime les courbes de son nez si délicates et ce beau sourire qui lui rompt le cœur lorsqu’il la voit. Il va falloir partir et quitter la banquette car le temps presse ; ils quittent le café les mains jointes. Dans la voiture, elle met la radio, danse et chante au rythme des notes, lui, il essaie de se détendre. À l’angle de la rue, il tourne à droite, la gare se dessine avec son beffroi ; ils sont en avance mais il faut encore longer le quai ; « le TGV 00807 » va entrer en gare voie15 » entend -on dans les hauts- parleurs. Dans la voiture, côté fenêtre, une dame en tailleur rouge va s’asseoir sur les sièges design violets, il lui porte d’un pas rapide sa valise et fait grimper la fille. Il voudrait avoir le temps de l’embrasser et de caresser ses mèches brunes, il ne peut pas. Les portes d’activation sonnent … Il doit descendre d’un pas lourd mais avec hâte.


La vitre les sépare, barrière invisible, et, de sa petite voix, elle crie :
« Au revoir, mon papa j’embrasserai maman, ce soir ».

lundi 19 septembre 2011

Les diaboliques

807 armes pour m'affranchir de ta jalousie
des mes yeux revolver à mon cœur canon
pour ouvrir le cadenas de la cage
dans laquelle tu m'as enfermé
depuis nos fiançailles


807 larmes acérées contre tes armes vaines
mon cœur en miettes contre ton âme perdue
je t'enfermerai jusque dans la mort
pour une éternité

dimanche 18 septembre 2011

Vexations

On ignore toujours pourquoi un pianiste reconnu, célèbre dans le monde entier pour ses interprétations virtuoses, s'était lancé un tel défi, ce marathon de plusieurs heures pour jouer 840 fois la même suite de 152 notes comme demandé par le facétieux compositeur. Inévitablement, il s'est écroulé sur l'ivoire du Steinway, à la 807e redite, épuisé. Il a derechef annulé tous ses engagements. Personne ne l'a revu depuis.


La mémoire me fait défaut, je ne me souviens plus du titre de cette œuvre.

samedi 17 septembre 2011

L’Éponge

Il soupira. Nouveau chapitre. À nous deux, les fractales. Il attaqua mollement la définition, la dotant de sous-titres personnels, moyen mnémotechnique efficace tant qu’il ne confondait pas l’original et le commentaire. « L’éponge de Menger est un espace fermé (aïe ma claustrophobie !) puisqu'il est également borné (lucide, le mec ?). C’est un ensemble non-dénombrable de mesure de Lebesgue (répèpèpète-le) nulle (te le fais pas dire !). » Au fait, c’était qui ce Menger ? Ah, ouais. Karl. Mathématicien. Fils de Carl, économiste (même nom, autre initiale, faut le faire). N’avait rien de mieux à foutre en 1926 que d’explorer le « concept de dimension topologique » une éponge à la main ? Et à quoi ça ressemble, son truc ? Il tourna la page. Il en resta bouche bée. La forme, les couleurs, les petits trous réguliers… Impossible de se tromper, c’était Sa Grande Boîte Magique !!!!! Elle l’avait occupé plus de deux mois, quand il était en 6e. Et il avait misé trois ans d’argent de poche pour acheter les boîtes de briques nécessaires !



Éponge de Menger, licence Wikimedia Commons

vendredi 16 septembre 2011

Code 807: Dan Brown meets Marc Lévy

Lauren fronça ses sourcils parfaitement dessinés, songeuse. Ce nombre 807 auquel tant de personnes à l’intellect hors du commun consacraient des textes surprenants dans un blog mystérieux, ce nombre 807, présenté comme anodin et arbitraire et qui sollicitait pourtant les énergies puissantes de nombreux écrivains, ne cachait-il pas une réalité trop troublante pour être dévoilée au grand jour ? N’était-ce pas en fait – elle frissonna à cette idée à peine concevable – un message crypté ?
La jeune femme à l’abondante chevelure brune gara sa Porsche rutilante à la place de parking qui lui était réservée et, dédaignant l’ascenseur, grimpa quatre à quatre les dix étages qui la menaient à son appartement avec vue imprenable sur le Golden Gate Bridge. Lauren jouissait en effet d’une forme physique remarquable grâce au jogging quotidien qu’elle effectuait tous les matins à 6 heures. Une fois chez elle, elle se précipita sur son ordinateur, qui bénéficiait d’une connexion internet ultrarapide, et se mit au travail, s’efforçant de percer à jour le secret de ce nombre intrigant.
Plusieurs heures passèrent sans apporter de solution. Lauren commençait à désespérer lorsqu’elle eut soudain une illumination. 807 : le 8 correspondait au H dans l’alphabet, le 7 au G. Entre les deux, le 0 prenait évidemment la place d’une lettre qui devait rester absente : la voyelle, qu’on n’écrit jamais dans l’alphabet hébreu ! Mais une lettre proche tout de même du 0 : le O ! On obtenait ainsi le mot HOG : incroyable ! Lauren n’en revenait pas. « Hog » signifie en effet cochon ou porc en anglais : ce que le mystérieux nombre 807 désignait, c’était donc l’animal tabou de la Bible, le symbole du sacrilège, l’abomination de la désolation ! Lauren en était certaine maintenant : il s’agissait d’un site de satanistes sans doute sur le point de commettre un crime horrible.


Elle composa sur son smartphone dernier cri le numéro de son ami d’enfance Max, qui occupait un haut poste au FBI, et attendit anxieusement qu’il décroche.

jeudi 15 septembre 2011

Trop tard !

Je crois que j’arrive un peu tard avec ma brouette (empruntée au jardinier de l’Abbaye de Fontfroide) pour aider au déblaiement des décombres du mur qui ne clora plus le jardin de l’auteur de Choir quand il débutera — comme chaque année à la date du 18 septembre — le décompte des brins d’herbe de sa pelouse. Le passant, indiscret, au sourire incrédule assistera alors au spectacle derrière les grilles de sécurité, qui ferment à présent le jardin. Il observera l’écrivain accomplir son rituel jusqu’au 807e brin d’herbe et il lui adressera la parole : l’auteur de Chiens écrasés sera alors déconcentré et tout sera à refaire.


mercredi 14 septembre 2011

Au fond du lac

Les acacias projettent leur ombrage pastillé sur les parterres débordant de fleurs. Au bout de l’avenue, deux rangées de tilleuls encadrent le miroir du lac qui paraît vertical, tout froissé. Du papier aluminium. Un sentier tortueux descend au lac entre des pelouses rasées de près avant de s’estomper dans le sable rapporté d’une plage artificielle. Des cris d’enfants jaillissent derrière le cliquetis régulier des arroseurs automatiques. La surface sombre et huileuse du lac se ride sous le sillage des planches à voile. Sous la rive opposée, s’étale le reflet de la ville. Cité engloutie. 807 baigneurs s’interpellent, s’éclaboussent. Je sors de ma torpeur. Ça devait être là, dans ces anciennes sablières, qu’enfant je capturais salamandres et tritons. Je m’allonge sur le sable. Cris d’enfants, claquement des plongeons. Illusion. Il manque le ressac des vagues, le rire des goélands et surtout un ciel qui ne soit pas tramé d’un voile grisâtre. Mon corps tasse un sable lourd, jaune orangé comme de la poudre d’œuf. Relents de friture. Je m’immerge dans l’eau lisse et fade et nage vers les profondeurs glauques du lac.


mardi 13 septembre 2011

Perspective

Elle cultivait l'art des retards avec une insouciance qui n'appartenait qu'à elle.


Il cultivait l'art de l'attente avec un flegme apparent, n'étaient l'imperceptible crispation de sa mâchoire et les 807 pulsations de la veine saillant sur ses tempes argentées.

lundi 12 septembre 2011

Collectionneur

807 pin's
807 boîtes de camembert
807 muselets
807 exemplaires des Inrocks


Et des efforts surhumains pour ne jamais dépasser les 807 euros sur son compte courant de la banque postale, et 807 amis sur Facebook.

dimanche 11 septembre 2011

D'attaque

Rien ne prouve, hélas, que ce beau livre d'Éric Chevillard sur Gaston Chaissac ait eu les 807 lecteurs qu'il mérite. Il occupe le 477 245e rang au classement des ventes de livres français sur Amazon. Par ailleurs, notons que les 660 fans de cet auteur sur Facebook en attendent 147 autres : qui aime Chevillard, aime les comptes ronds.


samedi 10 septembre 2011

Petite musique du jour

« Et puis baisse le son de ta musique, on s’entend plus dans cette maison ! Combien de fois est-ce qu’il faudra te le dire ? »
Samuel soupire et tourne le bouton du volume.
Au moins 807, mon cher papa. T’façon, tu répètes toujours la même chose : et baisse ta musique, et range ta chambre, et bosse tes cours, et tu feras rien dans la vie si tu continues comme ça, et y a pas que la musique dans la vie… et bla et bla… Pffffffff… Mais tu connais, au moins, ce que j’écoute ? Jamais tu m’as demandé… Tu t’en fous en fait, pourvu que ma chambre soit nickel et que mes devoirs soient faits, le reste ne t’intéresse pas.


T’façon, plus tard, je serai musicien.
Samuel tourne le bouton du volume dans l’autre sens.

vendredi 9 septembre 2011

Asymptotique

Il enleva ses lunettes, les posa sur le bureau, puis s’étira, les essuya et les remit. Sur sa nuque pesait un joug de cent kilos. Il respira profondément, remua les épaules, mais lorsqu’il se pencha de nouveau sur ses équations, le résultat était le même : lorsqu’il considérait la courbe d'équation paramétrique de dérivées respectives 2t / (1 − t2)2 et t2(3 − t2) / (1 − t2)2 en -1 il ne pouvait ignorer le fait que


Seulement, là où on lui avait appris à observer une branche infinie (et par conséquent une asymptote), tout ce qu’il voyait, lui, était un 8, doucement couché sur le flanc, qui semblait gémir, éreinté, palpitant, et l’appeler.


Les feuilles constellées d’x et d’y s’envolèrent d’un bel élan quand il repoussa à deux mains le fatras qui encombrait le bureau, empoigna un stylo et se mit à griffonner frénétiquement. Et pas en chiffres et lettres grecques, non ! Il allait écrire ce 807 pour Franck, tout de suite et maintenant, et au diable Polytechnique.

jeudi 8 septembre 2011

Car, quand les chemins diurnes côtoient les chemins de la nuit /3

Pas la panique non qui me jette dans la pente. Où poser le pied ? Si je n'avais pas fait confiance à cette fille, les poursuivants auraient eu autre chose à se mettre sous la dent que moi et l'autre fuyard. Ce jour illusion qui tombe. Cette plage enfin. Bombardée de blocs de rocs. Courir courir les bateaux je les vois bien, les projectiles creusent les vagues. Quel tracé dessinerait le chemin le plus rapide, s'extirper de cette crique, rallier ton navire ? Contrôler chaque foulée, la mer est froide, nuit d'eau sans lune, une pierre massacre mon bras ce bateau penché craque crac coule... D'autres criblés pas de limite à la sauvagerie barbare du sang sur moi. Éjectés des entrailles des navires, d'autres que moi dans l'eau, côtoyant poissons et débris de quoi... Nager toujours pas de panique non nage dans l'eau grise... du haut des falaises les hommes immenses affluents, cette île maudite en abrite combien, qui criblent de 807 harpons jusqu'à l'horizon l'eau rougie ne côtoyer que corps inertes des bateaux écrasés ils ont plongé je nage un trait noir siffle à mon oreille droite rate ma tête, de peu, un harpon pour thon chassé comme un thon les dieux pires que des chiens de ce traquenard non ça ne s’arrêtera jamais, thons embrochés ils nous massacrent les yeux secs même plongeant la tête rouge à la surface de l'eau ne pas y croire on est des thons ne pas voir vagues rouges aucune vie ne tient yeux séchés... Sans lune, l'air autour de l'unique bateau rescapé, n'est plus le même air. Puant le fer, l'égout. Dense comme les flots qui charrient plus que de raison. Finis les craquements où ils sombrèrent corps et biens. Tranquillité limpide. Silence blanc. Demain on côtoiera le soleil. Demain, se débarrasser du jour sera impossible. L'instabilité de chaque vague rappellera l'offense du carnage. Il y aura du rejet sur les côtes, de nouveaux amas dans les criques bleues. Ton bateau fuit cet endroit où le jour se confond avec la plus acérée des nuits. Mes yeux restent secs. Car, contre toute attente, je respire. On va où maintenant. Devant, c'est nulle part.



Musique Xavier Brillat, tous droits réservés

mercredi 7 septembre 2011

RCA

Au repos, je suis bien terne et fragile dans mon cocon de verre. Mais quand on me branche, je rougis intensément.
Je convertis un minuscule courant en un gigantesque fleuve d’électrons.
Je transforme des vaguelettes électroniques en tsunami électromagnétique à 245 Mégahertz.
J’amplifie et c’est mon bonheur.
Consommer 80,7 W ne m’impressionne pas, je suis un 807.


mardi 6 septembre 2011

Car, quand les chemins du jour côtoient les nocturnes /2

C'est là que surgit le père, grand comme un sommet qui se perdrait dans les nuages, suivi d'une foule de surdimensionnés dans son genre. Une gueule antipathique. Sa main de la taille d'une barque, se tend vers mon pote le plus proche, l'agrippe. L'autre se débat en vain. Le père le fourre dans son immense bouche, d'un coup vif il le croque, des os craquent. Et cet air désinvolte qui me pétrifie plus que les dégoulinures rouges qui giclent de sa bouche. Les broiements de la mastication ne couvrent pas les hurlements de son amuse-gueule vivant. Ma voix revient en même temps que l'usage de mes jambes, je déguerpis dare-dare : bon sang, il se passe quoi ici ? Un voile noir obscurcit ma vue, je me retrouve dévalant la pente sans comprendre comment. Décamper à la vitesse de l'éclair sans se viander, rejoindre tes bateaux, t'alerter du danger. La fille, la mère, le père puis des centaines déboulent sur nos talons, respirations haletantes, ceux qui veulent nos os, bondissements effrayants, peut-être 807 à dégringoler derrière nous, ceux-là ne nous laisseront aucun espoir de survie. Cette fille gigantesque m'a nui. Sa mère énorme m'a aussi fait perdre l'esprit et baisser la garde. Le jour s'effondre sur le chemin vers notre flotte, mes rêves réduits à néant. Courir, manquer de se ramasser, les habitants de cette île ne reculent devant rien, s'engouffrer dans cette pente à pic, les pires barbares qui existent sur terre. Les regrets affluent quand je ne devrais que me concentrer sur la ligne qui mènerait à la crique. Mes forces fondent, des reflets, le sol se dérobe à l'instant où une pluie de pierres s'abat sur la plage, entre moi et tes bateaux.


lundi 5 septembre 2011

Noces

TZDEPF1345 et DSRELZ2209 dînent dans un restaurant du satellite le plus huppé de Jupiter. Ils fêtent leur anniversaire de mariage : 807 ans de vie commune. Plus que 193 années avant leurs noces d'uranium. Malheureusement, TZDEPF1345 s'est amouraché d'une jeunette de 264 ans. Et c'est au milieu du repas, entre un filet de REFZ-23 et un émincé de TYU-79 que DSRELZ2209 tend l'hologramme à son mari. La prise le montre bien occupé avec la jeunette. La femme lance :
– Je demande le divorce. Je te laisse ta navette de sport et moi je garde la villa sur Neptune.
La mari se dit que finalement le collier en titane qu'il prévoyait de lui offrir au dessert ira très bien à sa maîtresse.


Et voilà où nous sommes rendus, dans deux mille ans. Au même point.

dimanche 4 septembre 2011

Car, quand les chemins lumineux côtoient ceux de la nuit /1

De toutes mes forces, à toute blinde, dans cette pente trop raide. Combien sont derrière moi ? Pourvu que je ne me viande pas. Ils ne font pas de quartier. Alors que ce matin je ne supportais plus personne dans le bateau où l'on a navigué si longtemps, entassé comme du bétail. Mon esprit perdu sur un chemin pavé d'abattements. Et notre flotte, où allait-elle, même toi tu ne le savais pas ? Le jour me faisait mal, je m'immergeais dans une bulle invisible pour ne plus côtoyer les rameurs. Une côte, une crique tranquille, le ciel s'allégeant un peu, tu n'étais pas très chaud pour qu'on y fasse un repérage. Tes douze bateaux jettent l'encre sous des falaises sombres. De l'air, on se précipite sur la plage avec deux potes pendant que tu te tâtes pour savoir quoi faire. Je ne veux que m'évanouir dans la nuit muette de cette île escarpée. Ici, beaucoup de vaches et de moutons alors que les mots désertent toujours ma bouche. Tiens, une longue silhouette se découpe sur l'horizon, une jeune fille qui semble proche. Un long temps s'écoule avant qu'elle n'arrive à notre niveau. En fait elle était beaucoup plus loin qu'il ne semblait à cause de sa taille, inhumaine. Grande comme une colline, splendide comme la lune. Ses yeux bleu nuit, ses gigantesques seins nus, sa chevelure d'encre qui flottent dans les airs au-dessus de moi. Sans paroles, un courant passe entre nous, un flux grossissant de seconde en seconde comme le sang débordant de mon palpitant. Donc splendide, je l'ai déjà dit, des proportions délirantes, le genre de fille qui me donne illico envie qu'on passe la nuit ensemble, et pourquoi pas la corde au cou comme toi. Je me noie dans les fascinants regards de ma future... Ma nuit disparaît, tout faire pour la côtoyer et plus encore. C'est elle, la nouvelle île que je me dois de conquérir. Elle nous invite chez son père, le caïd du lieu. On y va par quatre chemins, j'ai la gorge sèche, les mains moites. Les foies de ne pas plaire au paternel et soudain, envie de chanter. Or, le silence règne dans la villa, une ambiance mortelle. On passe le temps sans desserrer les dents, sa mère déboule, grande comme une montagne, d'une beauté qui éclipse celle de sa fille. Ses yeux, ses seins, ses dents, mon cœur chavire. Elle nous désigne des sièges. On entendrait un moustique voler et surtout les battements du sang dans mes tempes. Ces deux femmes m'ont jeté un sort ou quoi ? L'apéro est servi avec 807 succulents amuse-gueules. Cette île est un merveilleux cocktail de sensations.


Musique nOii tous droits réservés

samedi 3 septembre 2011

Au comptoir

Perdu dans les vapeurs alcooliques, Julot regardait sans regarder, buvait sans même savoir ce qu’il buvait et lançait des menaces gratuites et sans danger qui lui permettaient toute vantardise :
– Moi, je le casse en deux quand je veux ce pauvre type !
Et mimant ses paroles avinées, il cassa simplement un verre, un de plus.


Il en était à son 807e.