lundi 3 septembre 2012

copeaux

                    vladje en faisait livrer. il fallait cogner dur et une bonne fois pour toutes. elle en faisait donc livrer beaucoup. elle donnait des ordres légers mais précis. ils avaient installé des rails depuis l'entrée jusqu'au bâtiment. une grue déposait les requins de terre sur des plateformes elles-mêmes déposées sur les rails. elles glissaient jusqu'à la grande bâtisse de tuffeau. à  hauteur de façade, on arrêtait la plateforme. vladje guettait. lorsqu'une plateforme était là, à l'aplomb d'une fenêtre, elle jetait jetait jetait dans la mâchoire ouverte en contrebas. puis une autre plateforme à requin se présentait. et elle jetait jetait encore.

                    ils avalaient tout : vieille armoire fond contre-plaqué, portes dégonflées miroir fendu, buffet formica jaune aux pieds pourris à force d'eau de cave, tailleur pied de poule du mariage de paulette, bibelot bois chien à tonneau de rhum en sautoir, boîte à colifichets et pendeloques, armoires en plastique, étagères bois aggloméré mélanine blanche, piano et l'âne, lit en fer à ressorts tue-mouche, castelet guignol à crin d'acier, mappemonde à manivelle, tiroirs orphelins, machines à gaufres, espaliers à torsions, jupes de juillet, repas refroidis, mauvais plans pliés, verres à pieds assoupis, matelas dérisoires, tablettes à cactus, peluches crevées, manteaux marbrés mités, livres obsolètes, chapeaux à entonnoirs, cheminées à ridelles, seaux à charbon, clés à fils, pots des chambres et cuisines, moulins à sardines, distributeurs de rien, encensoirs à faïence, ventilateurs sans cervelle, raisins francs du collier

                  la veille, vladje avait admiré dans le port d'amsterdam la beauté industrielle des containers de marchandises, leur proportion, couleur et disposition. elle avait rêvé possible d'en faire venir quelques uns jusqu'à son domaine. impossible lui avait-on dit. elle avait alors choisi les requins blancs. lecteur il en fallut bien 807 pour venir à bout de tous ses trop

vendredi 6 juillet 2012

Couvade.


                               Ils te disent oui je lis tes 807 c'est pas mal c'est sympa tes trucs. Toi tu as juste envie de crier que tu as mis tes tripes à l'intérieur et qu'ils n'ont rien compris.



                               Et tu couves ta vengeance comme un plat qui se mange chaud. 





jeudi 5 juillet 2012

Lecteur d'ombre.



                                 Au cœur de la station balnéaire, 807 festivités et occasions 
              de perdre son temps qui ne vaut plus rien en vacances.



                               Au cœur de l'ombre, aucune raison de rompre l'immobilité.





mercredi 4 juillet 2012

Avec ou sans bulle – les chiffres de l’oubli.



-                       - Et mes yeux, tu les aimes mes yeux ?
-     - Oui
-    -   Et mes mains, tu les aimes mes mains ?
-    -   Oui
-    - Et mes dents ?
-     -  Oui
-     -  Et mes idées ?

                     A la 807ème bulle d’eau gazeuse qui éclata à la surface de son verre, posé sur la petite table basse de ce salon aéré, et clair, mais constellé de fines gouttes de sang se répandant en halo autour d’une mare saignante au centre de laquelle ce qui fut autrefois il y a quelques secondes encore une femme et ne se résumait plus désormais qu’à un tas de chair morte exhalait un ultime borborygme, Pedro considéra nécessaire d’oublier cette vie commune qui d’un coup brutal sur le sol de béton  venait enfin d’abattre sa femme une fois pour toutes.

                   Il descendit tranquillement les escaliers. Dernier regard panoramique sur le hall de vie high-tech de cette résidence de standing. Puis le verre d’eau gazeuse, pour s’en désaltérer. Il jeta l’eau sur la masse rouge qui se répandait. Il quitta le lieu sourire aux lèvres. Selon son idée, la sienne, puisqu’aucune autre se manifestant, il pourra quand bon lui semble ouvrir une bouteille d’eau.

mardi 3 juillet 2012

K, le fruit.

                           Forme d'œuf. Enfin approximativement. Base légèrement élargie et plate où une trace arrondie, nombril plat, témoigne de la présence passée d'une branche. Au sommet une légère excroissance de peau. Tout le reste de sa surface est uniforme sans être lisse, son fond d'un vert moiré recouvert de 807 pluches marronnasses, ou plus peut-être. Peau nuancée, légèrement rugueuse.

                        La peau, une épaisseur protectrice de la chair, une armure dense qui ne dévoile rien de l'intérieur. Sa texture s'attendrit avec les jours, les doigts peuvent s'y imprimer. On ressent alors une impression de moelleux, on devine aussi que sous cet aspect terreux, arrondi et balourd, il y a du subtil. 
 
                        Crépitement de la chair entre les dents, ça disparaît en bouillie, ça fond, ça se délite sans bruit. Son parfum acidifiée l'empêche de tomber dans la mièvrerie. Sans manière sucrée, sans chichiterie, entre le pincement du citron et le désagrément de la pomme pas mure. Mollesse et piquant sont ses deux versants.

lundi 2 juillet 2012

ruban


                   vladje marchait grande allure. elle marchait à choisy-le-roi, à tremblay-les-gonesses, à chilly-mazarin, à toussus-le-noble, à courthenay, à bezons, à maisons-alfort, à pouilly-en-auxois, à brie-sur-marne, à vaux-en-velin,  sur le plateau de saclay, dans la zone de courtaboeuf, à gif-sur-yvette, elle marchait à boynes, à montfort-lamaury, à enghien-les-bains, à châtel-censoir, à vaucouleurs, à alésia, à massabielle, à knokke-le-zoute. elle marchait escortée de petits rongeurs  le long des routes aux arbres. elle marchait escortée d'escargots le long des glissières d'autoroutes. elle marchait jour escortée d'hirondelles. elle marchait nuit escortée de chevêches ou d'étoiles. d'aucuns disaient que l'artère fémorale se fatiguait. d'autres disaient si elle reste au bord des merveilles elle ne craint rien, mimosa à la hanche


                  vladje moissonnait lavandes sur macadam, pissait debout derrière haies d'aubépine sans même relever robe rouge au fond des impasses, mâchait blés en épis dans de blancs cabriolets, mordait dans les fleurs d'acacias sur des fauteuils coton imprimé, faisait liste des trous d'égout, comptait panneaux d'interdictions urbaines, se baignait rivière affolée dégringolant de grandes avenues à marronniers, au bord d'étangs nourrissait chevaux de bouquets crevettes et fenouil, jetait hiboux au fond des puits de massacre
 

                 la veille, l'avant-veille peut-être, on l'avait vue lancer des rubans inaccessibles sur des surfaces improbables et transparentes. écharpes d'isis peut-être. ils se collaient en transparence orange, formes évidées de ciel, avec tissu cicatriciel sur les arbres.  en transparence sinueuse verte au gré des vents urbains certains devenaient calligraphie à ventre et réécrivaient une histoire inaudible soulignée de fer blanc déchets et herbes sauvages. quand elle en fut au fil de soie jaune, de chrome plutôt que de naples, elle s'arrêta. puis elle leva le pied, telle une gradiva, et plusieurs fois passa souplement les molécules de cette surface avec élégance. puis, vous vous en doutez, elle les traversa 807 fois. et on ne la vit plus qu'au loin funambuler aux toits des grands immeubles avec ombrelle de mésanges, marguerite entre les dents


vendredi 29 juin 2012

Les vivants 2


– You are the sunshine of my life.
– Tu es romantique ce soir.
– Oui, ce doit être parce que je suis fatigué.
– J'aime bien quand t'es fatigué.
– Moi, pas trop.
– ...
– ...


– Et tu rêves quand t'es fatigué ?
– Ça dépend. En général, oui. Jamais des cauchemars, en plus.
– Dans ce cas : beaux rêves.
– Toi aussi.


Elle sourit. Pendant 8 secondes et 7 dixièmes, elle a cessé de penser à Personne.
Elle va peut-être pouvoir enfin trouver le sommeil.

jeudi 28 juin 2012

Le point de vue des 807.

                    Le plus remarquable quant au joyau des quelques (mais pas tout à fait) 807 tableaux de la Renaissance Italienne du Louvre, La Joconde, est que cette toile mesure 53,8 cm x 75 cm, ce qui représente une surface de cinq fois 807 cm² précisément. Il ne faut pas voir là de hasard, mais un signe, très simple, astucieusement encodé, représentant la seule véritable énigme du palais et de la vie du peintre et ingénieur, un signe, qui traversa les siècles, que Leonardo di ser Piero da Vinci lui-même adressa directement aux 807.


                   Cette toile, bien antérieure à nous, a créé les 807. Oui, nous pouvons dire : Maman Mona et Papa Léonardo sont nos vrais ancêtres, d'où nos indéfinissables sourires et notre génie permanent.


                   Quant à Véronèse, là, derrière, incapable de représenter 807 personnages sur Les noces de Cana (65,934 m²), il est bien ridicule. 

mercredi 27 juin 2012

La mère morte


                 Je côtoyais une vieille, ridée, usée. Elle avait perdu son homme comme son sourire. Sa vie sans sens ne tenait même plus à un fil.
                 Je l'ai connue, droite et fière au côté de notre père. Elle traçait le sillon de notre vie dans lequel nous voguions confiants. Lui, inventait des routes et nous embarquait dans ses aventures. Elle était son matelot, son second et notre capitaine. Souvent, nous partions vers le lointain à l'écart de la petitesse des hommes, vérifier si les étoiles étaient toujours là avec l'infime espoir d'apercevoir quelques fulgurantes filantes. Au retour, notre mère s'installait à la barre, le père à la proue, et scrutant le couchant, il rêvait : "un jour, nous irons là-bas…" Un soir, une mer plus malicieuse que d'habitude, eut raison de notre chétif récif, rétif au clapot claquant des vagues moqueuses. Les flots fous entravèrent peu ou prou notre étrave. Puis, la carcasse de notre père sombrant dans les abîmes bleus glacés de l'océan, ses yeux vitreux cherchant nos regards embrumés, quelques mots criés… de muettes… bulles d'air…

                La vieille femme se mit alors en tête d'aller là-bas. Là où la mer tombe comme une cascade infinie, où s'échouent tous les hommes et les bateaux perdus. Le bout du monde se situait à 807 milles, et autant de jours pour y parvenir. Je sentais que rien ne pouvait empêcher ma mère de partir pour le grand voyage.

mardi 26 juin 2012

Tonnerre de Brest !


               C'est un soir de zef, de tonnerre et il pleut comme vache qui pisse. Elle fait genre je lis des classiques, mais en vrai c'est "Les hauts de Hurlevent" en BD.


                Y a du grabuge dehors, ça tonne sécos et ça éclaire de partout façon quatorze juillet. Le vent vicelard envoie 807 gouttes teigneuses par le cadre déglingué de sa fenêtre.


               Le tonnerre fait sursauter comme un épileptique et ce putain de mistral tue les esgourdes si fort qu'on entrave que dalle au gong du soir.

lundi 25 juin 2012

Un lapin, deux lapins, trois lapins …


                 Bien avant que la loi interdise de faire souffrir des animaux pour la nécessaire beauté d'une scène, la règle du jeu l'autorisait.


                 Ce jour-là, 807 petits lapins sont tombés au champ d'honneur du cinéma.


vendredi 8 juin 2012

Madison avenue, New York, NY

                     Le taxi remonte Madison avenue. Il a pris les deux passagers français à l'aéroport JFK. Il est passé par le Queens Midtown Tunnel, il vient de la 37e rue. Le couple qu'il transporte ne se connaît que depuis quelques semaines. Elle a trente ans de moins que lui. Ils se sont rencontrés sur un tournage en Martinique. L'acteur se prénomme Gérard. Nous tairons l'identité de la jeune femme qui se débat actuellement pour obtenir la garde de sa petite fille. Les amants s'offrent une escapade newyorkaise loin des paparazzis. Un ami de Gérard, un producteur, leur a prêté son appartement. L'acteur aurait préféré un quartier plus trendy. Mais au moins il pourra aller à pied faire son jogging dans Central Park. Le taxi s'arrête au numéro demandé. On sait lequel.


                       En sortant du véhicule, il tombe sur façade étonnante, fêtant son arrivée : « Lanvin to New York with love. Coming soon ». Le choc est tel qu'il porte sa main à son cœur avant de s'effondrer. Sa compagne, affolée, compose immédiatement le 911 pour demander une ambulance. Quelques minutes plus tard, qui lui ont paru des siècles, une sirène hurlante s'approche rapidement d'eux.


jeudi 7 juin 2012

Malédiction


                    Elle se dit parfois que c'est une malédiction d'être un humain pensant et voudrait se décérébrer pour ne plus souffrir, ne plus rien sentir.

                  
                    Comment supprimer la douleur ?


                    Embrasser 807 fois l'idée de...

mercredi 6 juin 2012

Comptabilité.

 
               40 jours sans le voir, 7 jours sans lui parler, 48 heures sans lui envoyer le moindre message.
 

                
               Elle tenait sa comptabilité de manière rigoureusement scientifique, chaque heure, minute, seconde passées loin de lui comme une petite victoire à son actif.

                 

               Omettant toutefois le passif : 807 clics spasmodiques pour voir si elle avait un message.

mardi 5 juin 2012

Cuisine et dégoûtance


           On ne sait pas pourquoi Alice, trop lasse, n'a pas recopié dans son cahier de recettes celles du guacamole bio et des rillettes de harengs...

           On soupçonne que soudain elle en a eu plus qu'assez  de faire la cuisine.

           On l'aurait invitée au restaurant, elle aurait dit "merci " 807 fois au moins ( elle en rajoutait souvent ). Mais elle est morte avant que quiconque en ait eu l'idée.

lundi 4 juin 2012

8th avenue, New York, NY

                 Nous sommes loin de Londres, et encore davantage d'Olympie. Mais pourquoi ne pas faire partie de la fête ? C'est ce que pense le patron d'un diner de la 8e avenue. Il a décidé d'organiser une « soirée flambeau ». Tous les clients sont invités à se passer la flamme Olympic pendant leur repas.


                Seulement l'alcool aidant, la soirée a vite dégénéré et la fumée noire commence à s'échapper par les fenêtres et la porte. Le feu semble déjà se propager au 1er étage. Une sirène hurlante s'approche maintenant rapidement de l'établissement.


vendredi 1 juin 2012

Park avenue, New York, NY

                Nonobstant sa laideur et son extrême débilité, le chien qui promène sa maîtresse le long de l’avenue, porte fier. Le couple, tels des inséparables, ne pourrait se passer l’un de l’autre. Le chien est devenu dépendant de la nourriture livrée par un traiteur chic de Lexington avenue. D’aucuns, riant sous cape, relayent régulièrement la rumeur selon laquelle la pâtée de luxe serait épicée d’un peu de cocaïne, la maîtresse ayant déclaré que ce qui était bon pour elle était bon pour lui. Cette dernière ne survivrait pas sans son chien qui l’accompagne chaque instant dans la solitude d’une femme mariée à un richissime homme d’affaires toujours par monts et par vaux à la recherche de nouvelles opportunités de croissance. D’aucuns, légèrement langue de pute, relayent continuellement la rumeur selon laquelle le canin remplacerait aussi le mari dans des activités résolument intimes, la maîtresse ayant déclaré que ce qui était bon pour lui était bon pour elle. Il se dit aussi qu’un concurrent du malheureux mari aurait porté ces pratiques à la connaissance des autorités.

                Le couple remonte donc l’avenue pour rejoindre leur immeuble. Une sirène hurlante s’approche maintenant rapidement d’eux.
 
 
 

jeudi 31 mai 2012

5th avenue, New York, NY



                           Il arrive tranquillement, on ne sait pas d'où, avec un escabeau sous le bras. Il s'arrête à l'angle de la 62e rue et de la 5e avenue, devant un bâtiment en briques rouges. Il ne semble pas inquiet, il tourne le dos à Central Park et s'assure néanmoins qu'il n'y a aucun policier alentour. Il jauge l'immeuble et pose son escabeau près du mur. Il monte jusqu'à la limite de la pierre et des briques. Il sort un ciseau à pierre pas très large et une petite massette de son sac à dos et il commence à creuser.


                          Les propriétaires avaient décidé de snober la 5e avenue en installant l'entrée au numéro 2 de la 62e rue. Un mur de briques fermant maladroitement l'ancienne entrée sur l'avenue. Il ne supportait pas ce passage du numéro 800 au numéro 810. Il descend de son escabeau, fier d'avoir réparé l'affront. Une sirène hurlante s'approche maintenant rapidement de lui.

mercredi 30 mai 2012

Cloaquement

                  Allongé qu'il était dans le couloir du métro de la station Saint-Michel, Vladimir se releva péniblement avec sur ses épaules le poids de toute la peine du monde dans sa totalité. Dans cette première phrase, je voulais également dire qu'on était à Paris. Et là, pour finir mon introduction, je voudrais aussi rajouter le mot magique 807 comme pour qu’on me donne l’autorisation et que j’en suis débarrassé. Oh, c’est beau.

                 Puis je peux reprendre tranquilou : alors qu'il était totalement ivre dans sa tête parce qu'il avait absorbé beaucoup d'alcool, je veux dire par là des litres et des litres et encore des litres. Oui énormément. Alors qu'il avait réussi à se mettre debout sur ses deux pieds comme un vrai homme et plus comme un animal. Vladimir, il scruta toutes ces personnes qui attendaient debout la prochaine rame de métro en direction de Perpignan. Il commença à avancer vers ces gens bien distingués sous tous leurs rapports. Mais ce jour-là, je ne sais plus si c'était un jeudi ou après, Vladimir, il avait un problème car il émettait une odeur pestilentielle vraiment très forte. Et bien, l'odeur mauvaise provoquait le fait que les gens beaux et majestueux, ils reculaient sur son passage quand il avançait dans leur direction. Vladimir était une grosse baraque haute comme la tour Eiffel, un peu flasque à cause de sa vieillesse et de ses cheveux gris et salissants. Mais là, que des gens s’écartent sur son chemin, ça le touchait dans son orgueil au plus intime, car même sous terre, quand on est un clodo comme lui, je veux dire très loin dans la déchéance, il reste quelque chose de l'orgueil qu'on avait à l'initiale, à sa naissance. « Bande de charognards qu'il disait, je vais vous chier dessus, allez en enfer ! » Il était minuit passé dans ce métro, toujours à Saint-Michel-de-Provence. Vladimir avait un collègue de fortune Hervé, et celui-là également avait bu toute la journée entière, et il était allongé sur le dos, la tête tournée vers le plafond voûté. Alors, le collègue, il avait la bouche ouverte et il dormait avec les deux yeux fermés. Je reprends : il avait la gorge sèche le Vladimir et voulait boire des litres et des litres de gros rouge. Il fouilla dans les affaires de son camarade pour tenter de trouver son remède précieux. Il faisait les poches pour trouver un peu de monnaie mais là encore il trouva rien qui puisse l'arranger dans sa recherche.

                   Khrouchtchev fut très furieux et même très dans la colère noire. Alors pour se soulager, il tenta de baisser la braguette de son pantalon, qui était déjà baissée d'ailleurs, car cela faisait bien longtemps qu'elle marchait plus. Après, il sortit son sexe directement de son pantalon, car chez lui, à l'intérieur, on ne trouvait pas de slip comme chez des gens ordinaires. Et alors, vous allez voir ce qu'il a fait, et devant tout le monde, des choses que normalement on fait dans l'inimité : Kroutchev commença à uriner dans la gueule entrouverte de son collègue allongé sur son dos.

mardi 29 mai 2012

Estime de soi

A l’ombre des marronniers, délestés de leurs fleurs en grappe roses et blanches, si coupables des allergies des hommes, un moineau vient, pour la 807ème fois depuis le début de l’année, de piquer la plus grosse des miettes de pain que s’apprêtait à croquer le lourd pigeon. Le moineau sautille de l’autre côté d’un caniveau asséché et le pigeon, aux flancs ronds comme une tirelire pleine, vient de découvrir ce que la psychologie moderne qualifie de mauvaise estime de soi.

             Pris dans les remous d’eau, des os de poulet carbonisés sont engloutis. A hauteur de caniveau, les fondements d’un radeau pour la liberté viennent de sombrer. Le moineau ne peut s’empêcher de penser que son jour viendra.

              A hauteur de pigeon, la valse des chaussures toutes pareilles donne le tournis et la nausée. Son œuf le plus récent s’est brisé hier, l’eau a gonflé les caniveaux et, même en plein cœur du quartier chinois, les brisures de riz se font rares.

lundi 28 mai 2012

Fausse route


                  Les cartes s'étalent devant toi. Tes yeux suivent les veines sinueuses des fleuves, tes mains devinent le relief sous les contours bruns. Des routes sillonnent le papier, tu imagines le paysage cerné par la bordure du pare-brise qui s'obscurcit au fil des kilomètres, le ruban d'asphalte dévidé derrière toi...
 

                 Les berniques rêvent d'être caressées par le soleil quand la mer se retire. Soudées à leur rocher, elles hésitent entre la fermeté rugueuse de la pierre et la promesse incertaine du vent. Elles aimeraient peut-être se laisser aller à autre chose, comme se détacher pour glisser sur le sable et être entrainées par la bise.



                  ... à l'écran tu traces des lignes de tableau tout le jour concentré devant l'ordinateur. Tu te lèves pour te dégourdir les jambes, ne serait-ce que pour aller jusqu'à la machine à café. Des sensations de la route te reviennent, imprécises ; tu les chasses d'un revers d'absence. Tu ne veux rien avoir affaire avec ce rêve qui, pour la 807e fois ce matin, cartes entassées au pied du lit, est venu s'échouer.

vendredi 25 mai 2012

Digression


        
        Ce qu’aime le joueur ce n’est ni gagner ni perdre mais se refaire au moins 807 fois, là où l’angoisse côtoie le plaisir. Ce qu’il aimait lui, n’était ni être avec quelqu’un, ni être sans quelqu’un, mais réussir à quitter quelqu’un pour être avec quelqu’un d’autre. Depuis lors, il vivait sa vie sur le mode exquis de la tentative d’évasion. 

             Quant à moi, j’ai toujours voulu partir mais je n’ai jamais réussi à dépasser les grilles du jardin. 

             Pardonnez-moi, je sens que je digresse, mais ça me fait plaisir.

jeudi 24 mai 2012

"J'sais pas quoi mettre"

         
           C'est chaque fois pareil, le même atroce constat : plus rien ne lui va, elle sera forcément moche et engoncée. Ses placards, ça fait huit heures qu'elle les passe à la question, et comme elle se sent nulle, ça fait, en plus, sept minutes qu'elle pleure.

           Et puis, effondrée parmi les dentelles qu'elle collectionne depuis si longtemps, elle trouve la chose qu'elle mettra par dessus et pas dessous et qui le mettra sens dessus dessous…
 
 
 
 

mardi 22 mai 2012

Nénuphars et grenouilles.

                  Le couple ne s’entendait plus. Ses malentendus devenaient quotidiens. De jour en jour, ses pensées s’entrechoquaient, ses corps s’irritaient, ses jeux devenaient sérieux, ses joies s’échappaient, sa détresse éloignait ses amis, ses discussions s’évaporaient. Le couple avait l’habitude de se promener dans les cimetières à la recherche de ses regrets éternels.


                  Mais un jour le couple alla flâner ailleurs qu’au cimetière et découvrit un bassin, des nénuphars et des grenouilles (807 sans doute). Le couple noya sa solitude dans la contemplation des scènes aquatiques qu’offrait le lieu. Un lieu magique où la poêle à frire ne se prend pas pour un nénuphar.


lundi 21 mai 2012

Félou.



                Tes yeux émeraude brillent dans le vide que tu laisses, ta fourrure douce et chaude réchauffe encore ma main.

         
Tu as fait le saut de l'ange, te prenant pour le tigre que je te soupçonnais d'être dans les rêves qui te faisaient tressaillir sur mes genoux, ton petit corps tout agité de soubresauts.

          
807 fois j'aimerais refaire le chemin en arrière pour te serrer contre moi.

vendredi 18 mai 2012

Un autre brin d’herbe.

Les pancartes « pelouse au repos » ont été retirées.
 
Le soleil inonde le parc et sa verdure.
 
A la fin de l’été, 807 enfants auront foulé ce brin d’herbe.
 
 

jeudi 17 mai 2012

grand marché



Dans le chaos urbain, des auteurs agissent
Et loin du grand marché, large site utérin
Ainsi l'inspiration et des mots qui surgissent
Non tout n'est pas marchand, ne pas vendre pas de reins
Traquer la rime là, ailleurs des chiens rougissent
Ici tracer des mots, les sculpter au burin.


Étalages de fruits, 807 veaux mugissent
Arrivage de poissons, de légumes et de grains
Pas loin des écrivains, ils transpirent et vagissent
Se creusant la cervelle, élevant des vérins
De l'imagination, mais pourvu qu'ils rougissent
Des trésors révélés, voir des poèmes marins.


Zone banlieusarde, peu de gens y agissent
Ici ça ne vaut rien, trop de mauvais terrains
Ou traînent les vauriens, jamais ne s'assagissent
Y naissent des légendes et contes vipérins
À l'ombre de Paris, que l'esprit s'élargisse
Et que chantent demain de beaux alexandrins...

mercredi 16 mai 2012

Flaubert éclaire



Petit hôtel très agréable et d’un prix raisonnable. Accueil chaleureux, petit déjeuner copieux, décor charmant et plein de trouvailles raffinées. Note : 18/20.
Il n’a pas emporté de lecture. Tant pis. Demain, il cherchera une Librairie-Papeterie-Journaux. Il s’ennuie. Il examine attentivement le plan d’évacuation en cas d’incendie accroché sur la porte. Il rêve dessus, ébauche un synopsis : Panique au 807ème étage. Il ouvre le tiroir du meuble de chevet, mais la Bible y dort déjà. Le pied de la lampe de bureau est un peu étrange. La longue tige de cuivre qui porte l’ampoule et l’abat-jour s’élève fièrement d’une pile de vieux bouquins qu’elle transperce au passage. Il relirait bien Madame Bovary. Mais pas moyen, tout est solidement fixé. On a empalé Flaubert entre Max du Veuzit et Paul Bourget.
Elle étudia, dans Eugène Sue, des descriptions d’ameublements.

mardi 15 mai 2012

Transhumance



                         Un matin elles sont là barrant l'horizon. Des excroissances métalliques surgies du sol, deux fois la hauteur des arbres, qui surplombent les toits. Aux chemins de roulement s'accroche la lumière d'une fin d'après-midi, plus tard ce sont des oiseaux amputés qui projettent leurs ombres sur le quartier. Cabines de commande éteintes, immobiles toujours, même le vent n'y peut rien. Un soir pourtant les bras des grues pointées comme des canons de revolver.
 
 
                         Tôt sur le chantier, un homme traîne pour ramasser un papier par-ci, une canette par-là. On dirait un épouvantail dans ses vêtements trop larges mais les oiseaux ont déjà fui les bruits des machines qui retournent le quartier : murs coupés en tranches, blocs de bétons rendus à terre, gravats.
 
 
                          L'homme traverse le chantier, s’en éloigne. Il longe des palissades, piétine des flaques d'eau, traverse ce qu’il reste des rues. Et bientôt c'est la fin des trottoirs, il faut continuer sur le bord de la route qui s'élargit et se découpe en plusieurs voies. Panneaux, voitures, poids lourds. Poids lourds, voitures, panneaux. Il continue. Plus loin. 807 pas encore. Jusque derrière des hangars où des dizaines de tentes ont poussé. Et de drôles d’oiseaux décollent, entre la ville nouvelle et l'aéroport.

lundi 14 mai 2012

Envol


Quand elle sera grande, elle sera danseuse étoile. Ou vétérinaire. Ou maîtresse d’école. Pour l’heure, elle enfile collant, tutu et chaussons roses. Maman lui a tricoté un cache-cœur en mohair de la même couleur, aussi doux qu’un chat mais moins dangereux. Dans le vestiaire étroit, les filles terminent de se préparer. On entend le piano et la voix de Melle Beck dans la salle de danse. On a envie et peur tout à la fois. Envie de sentir dans sa paume la barre de bois lisse et ronde, de commencer les exercices d’échauffement, sans oublier les mouvements du bras, une légère inclinaison de la tête, envie de cette grâce que l’on sent monter en soi, ne plus être la petite fille pataude qui trébuche en courant, laisse glisser de ses mains verres et assiettes, se cogne dans les meubles, envie de se laisser guider par le piano, suivre son rythme, son tempo, être toute entière à l’intérieur de son corps et ne penser à rien d’autre qu’aux muscles qui s’étirent, aux bras qui s’allongent, aux articulations qui craquent. Et peur de la badine de Melle Beck qui frappe les mollets pas assez tendus, les épaules rentrées, les ventres en avant. Il y a une photo d’elle accrochée au mur. Elle y porte un long tutu de mousseline blanche, le rêve de toutes les filles, dans une révérence gracieuse, les bras repliés, croisés sur son cœur, le visage de profil elle sourit, une grande douceur sur le visage, elle est belle. C’était il y a très longtemps.

Toutes les danseuses se disposent en ligne, pour les sauts. C’est le moment du cours qu’elle préfère. Le piano lui-même est plus joyeux, plus vif. Position de départ le dos bien droit, les bras en couronne au niveau du nombril, en troisième, pied droit devant, genoux pliés. Au signal, détente, elle s’élève au-dessus du sol, les jambes bien droites, au moment de retoucher le sol, passe le pied gauche devant le pied droit, et atterrit genoux pliés avant de repartir aussitôt. Elle enchaîne les sauts avec légèreté, elle se sent comme une flèche lancée vers le ciel, en apesanteur, elle s’élance toujours plus haut, hop et hop, à chaque saut elle dépasse ses camarades d’une tête, son visage est rouge sous l’effort, elle vole, elle est heureuse, elle est un oiseau.

Au huit cent septième saut, elle disparut dans un nuage.

vendredi 11 mai 2012

La fleur de l'âge




            Elle aimerait se teindre les cheveux en blond, grandir de pas tout à fait neuf centimètres, aller à Valparaiso, recueillir un chien perdu. il n'écoute que d'un oeil.

            Il dit " tu crois ? " avant d' arrêter sa voiture au bord de la route, comme s'il avait brutalement compris quelque chose d'important .





jeudi 10 mai 2012

La demande


         Les pétales recouvraient tout le sol du salon. Il sourit. Un jour, il lui avouerait qu’il les avait comptés, ces pétales arrachés un à un aux brassées de roses, faisant 807 fois le même vœux.

         Elle ne se doutait de rien. Ce soir-là, elle gravit les escaliers deux par deux, impatiente de se retrouver avec lui, comme chaque jeudi, sur ou sous les draps de satin qu’ils avaient choisis ensemble. Quand elle vit encadrant la porte deux petites bougies, elle se dit qu’il allait lui jouer le grand jeu et en fut tout émoustillée.

         Il avait imaginé des larmes, ou un visage béat. Mais ça, non, il ne l’avait pas prévu : elle avait l’air singulièrement emmerdée. « Ah, mais là, tu me prends au dépourvu, je ne sais pas, il faut que je réfléchisse. » Après tout, c’était quand même un de ses meilleurs amants.


mercredi 9 mai 2012

Mangeur de papier. Voyage en Transsibérien.

Quinze jours sur une île en compagnie du plus sinistre mangeur de papier, tenant du tout numérique, du tout virtuel, pour ne pas dire irréel, irréaliste, rêveur, dangereux révolutionnaire rouge au couteau entre les dents, quinze jours à publier l'habituel triptyque non plus à minuit mais à une heure décalée, même pas dans le bon sens, juste pour se faire remarquer et faire lambiner les malheureux fans (pas nous, et heureusement qu'ils sont si peu), quinze jours à parler de la faune et la flore, si insulaires, si peu métropolitaines mais tellement "autofictives" sans doute, tu vois, quinze jours pour un écrivain qui se vante, avec un snobisme qui n'a d'égal que la difficulté à taper l'URL de son blog saturée de tirets comme un train l'est de voitures et de tampons les séparant, de n'avoir rapporté aucun livre de son voyage en Transsibérien mais qui ne se gêne pas pour nous abreuver de clichés et d'images douces ou amères sur la Réunion, quinze jours qui, s'ils étaient 807, m'auraient forcé à aller là-bas couper au port de Saint-Denis le câble qui alimente l'île en internet.


Quinze jours et vous verrez qu'au bout du compte il n'y aura rien, pas un mot, sur cette France qui souffre, cette France du travail en bureau, cette France qui s'endort aussi bien en lisant l'Autofictif que lors des interminables réunions du lundi matin.


Je suis résolument contre le faux nouveau principe de la saison 4 des 807, cette histoire de triptyque me rappelle trop de souvenirs, trop de systèmes, trop de facilités et toujours je m'y refuserai !

mardi 8 mai 2012

floche

perlé filandreux nuagesque poisseux. vladje y était. elle l'avait vue. elle avait tenté de s'en protéger mais aucun moyen. quelque chose comme de l'inexorable s'enroula, se déforma volutes, disparut presque comme nuage soufflé et réapparut lambeaux. c'était presque soyeux mais une matière souple extensible rétractable disparaissante renaissante de ses brumes. il y avait du bruit de musique. certains disaient que de danger pas du tout. il y avait des petits avions colorés qui décrivaient des cercles. il y eut des coups de feu. on chercha qui était mort.


la veille on avait entendu quelqu'un, clope au bec, lunettes avec verre droit obstrué par morceau de papier cartonné noir, un peu entamé par l'alcool semblait-il, marmonner des bribes bricoles et autres fichaises. certains distinguèrent dans le magma fleurant gewurztraminer les mots merlan, cresson, fontaine, rateau. certains se demandaient si cet homme avait ou non, en tête et avant qu'il fût écrit, le premier paragraphe. d'autres répondirent : aucun lien.


au jardin épeire fasciée tissait soie. il fallait que les oeufs passent l'hiver dans des conditions favorables. alors travaillait à couches successives. première couche, puisque oeufs pondus en suspension : maintenir les oeufs sur leur support. deuxième couche : soie floconneuse légére pour chambre couveuse bien chaude aux petites nouvelles à l'abri du froid. puis soie très rigide : consolidation. puis protection des prédateurs : couche de camouflage marron. 8 heures pour construire ce cocon. épuisement. épeire fasciée va bientôt mourir. sa descendance est assurée. certains observateurs débusquent 07 minutes dans le cocon de l'adverbe.

samedi 21 avril 2012

Fin de partie

Tiens, papa, c’est pour toi, me dit Agathe en me tendant un petit bouquet vert cueilli dans mon dos tandis que je me livrais, accroupi, au dénombrement annuel des brins d’herbe de ma pelouse. Merci, ma chérie belle – et j’arrachai sèchement le huit cent septième qui me chatouillait l’index pour lier sa gentille offrande.
(l'Autofictif n° 1347, 18 septembre 2011)


Tiens, taulier, c'est pour toi, me dit Éric Chevillard en me tendant un petit livre blanc composé dans mon dos tandis que je me livrais, assis devant mon clavier, à la programmation quotidienne de ce blog. Merci, mon chéri beau – et je mis sèchement fin à mon aventure bloguesque, décision qui me chatouillait l'esprit depuis longtemps, pour lire L'Auteur et moi, sa gentille offrande.
(les 807 n° 1430, 21 avril 2012)

vendredi 20 avril 2012

Déambulation bruxelloise

Imagine. Déambuler à enjambées irrégulières. Sur de multicolores pavés, nos pas affleurent. S'humidifier sans pouvoir y faire. Comment ignorer l'arrogance des frontons ? S'espérer perdu dans de méandreuses rues toutes en chantier. Inventer dans nos cervelles brumeuses des raccourcis invisibles. Passons sur les larmes du garçonnet joufflu derrière sa fenêtre. Sentir le crachin nous transpercer jusqu'à la moelle. Réaliser qu'un grand immeuble moche a remplacé l'hippodrome d'hiver où Elvis a chanté. Ne pas se retrouver dans cet urbanisme de brique et de broc.


Alors en traversant les passages piétons, ne même pas jeter un œil sur les côtés ; passer à tort et à travers 807 gouttes et même tes larmes... Et alors ? La pluie. Cependant... Pourquoi pas ? Bien que demain tout soit différent.

Les morts sont bruyants

Toute une activité, ça frappe, ça souffle, ça gronde par en-dessous, on se demande ce qu'ils construisent, là sous leurs pierres, qui sont spécialement posées là pour eux, tout est déjà construit mais ça ne leur suffit pas, il faut qu'ils restent éveillés, toujours, à se rappeler à nous par leur vacarme, boucan tel qu'on s'attend à tout moment à les voir sortir les grillades et le rhum, les seaux de patates et les piments, les 807 ballons multicolores à lâcher dans le ciel pendant qu'eux, en-dessous, toujours là à danser, à chanter... Mais il n'y a que le bruit qui continue, sans fin, ils frappent le béton et le fer, ils manœuvrent le ciel et la terre… pourquoi ? Nous maintenir éveillé, qui sait ?


jeudi 19 avril 2012

tounicotis

ce jour-là vladje avait bandé sec. presque momie à bandelettes. c'était l'ordre venu d'un ailleurs savant en ces choses : il faut bander tout bras seins avec thorax oiseaux ventre jambes mains et bras flowers et petites musaraignes armoire escargots baignoire chevreuils pics-verts phrases et mésanges maison et tilleuls désirs espoirs et radiateurs. on lui parla de pont mais il n'y en avait pas. elle banda donc. choisit de la douce cotonnade double sans élasticité, du filet mousse de polyuréthane en protection auto-adhésive de téguments, des tubes en jersey léger, et de la bande élastique, selon ce qu'il fallait contenir ou compresser. quand elle tournait le linge ad hoc autour des moineaux un instant elle pensa à annette messager


la veille les choses s'étaient mises à gonfler. à vouloir s'enfuir de leur lieu d'origine. à se répandre hors de leur habitacle. tout grossissait entrait en métamorphose. chacun voulut intervenir à sa manière. d'aucuns proposèrent une sorte d'écopage pour ce qui coulait. d'autres voulaient construire des sortes de couloirs très étroits à la taille exacte des grosses bêtes et dans lesquels on les ferait pénétrer par force les poussant par fer à la jonction du cou et du dos. d'autres, experts en travaux d'aiguillage, voulaient tricoter des sortes de manchons à petits rongeurs. pour l'habitat d'autres disaient qu'une belle couche de béton bien armé ferait l'affaire. on était bien perplexe devant la gente horticole. quand on vit que le long des jambes humaines perlaient gouttes de miel et de sang, il y en eut pour s'émerveiller de la couleur mais là n'était pas la question. perles perlaient tant et tant que formaient petits rus et il eut inquiet conciliabule. on aligna tous ceux dont le sang quittait lentement le système et on opta pour LE dispositif destiné à stop immediately l'hémorragie dont on prépara les éléments. quand on en fut – ô lecteurs vous devinez quoi – à presque 807 rangs de bipèdes – on manquait d'air et le dispositif avait disparu

a rose is a rose is a...

8 ans qu'on l' a planté ce rosier ancien, et rien...
quand soudain celle-ci et 6 autres !


mercredi 18 avril 2012

Le voyage

Un séjour à la Capitale, c’est une parenthèse. Ce fut longtemps une occasion d’éloignement, pour gagner une solitude, souhaitée. Si c’est désormais toujours un éloignement, je ne le souhaite plus, sans pour autant qu’il soit devenu une douleur.Je vais à Paris par le train. Le voyage en train, c’est un moment d’apesanteur, de transition, un passage. Il a ceci d’appréciable qu’une des activités naturelles qu’il propose, outre de ne rien faire, c’est de regarder dehors. Je ne dirai rien d’original sur le défilement du paysage, si ce n’est qu’il est accompagné de ce souffle permanent issu de la vitesse de la machine. Du temps de la vapeur, il aurait été question de respiration. Plus maintenant, l’air ne bouge plus à l’intérieur des voitures. Ça vibre, ça tremble, ça berce. Et ce TGV va trop vite pour pouvoir capter le regard d’une vache... mais les vaches regardent-elles passer les TGV ?


En automobile, on est toujours entre deux endroits, à tant de kilomètres du lieu d’arrivée, ou de son départ. C’est toujours une distance qui est en jeu. Par le train, il n’est d’indication sur le bord des voies que de l’endroit précis où l’on se trouve sur la totalité de la ligne, sans parfois que l’on sache quel est le départ et le terminus. C’est donc parfois un chiffre plein de mystère : Km 807.

Phœnix

On a cru comprendre... on a compris... voilà. C’est fini. Passé de mode. Ad Patres. On ne veut pas y croire. Ce n’est pas possible... pas tout de suite, pas maintenant... il faudrait tout de même essayer quelque chose... il y a peut-être moyen... en grattant, doucement, en décapant toutes ces couches d’enduit, de vernis, cette poussière accumulée... ces mots autour de lui, ces couronnes de roses... il étouffe, sa tête est lourde... ailleurs, peut-être, on ironise, on se gausse... on le dit à bout de souffle, radoteur, éteint, sans avenir... pourtant, à le regarder encore... attentivement... sans tendresse superflue... avant que... tout de même, il porte encore beau... qui pourrait penser... il va le faire porter tout en haut, dans les réserves, avec un double de la fiche d’inventaire, un numéro – 807 – attaché à la patte... une étiquette à l’oreille d’un animal partant pour l’abattoir... on va l’oublier... longtemps... des dizaines d’années... et puis un matin, un thésard fouineur... il va le sortir de sa housse, doucement... et là...


mardi 17 avril 2012

La proie pour l’ombre

Coups redoublés dans la poitrine quand il entre, souffle haletant. Regard furtif pour balayer la rangée de sièges où ceux-là attendent, puis les yeux se figent sur l'horloge. Pourvu que. Mains crispées à force de serrer la monnaie, au tintement des pièces glissées dans le distributeur, au son du billet qui dégringole, les mâchoires se détendent. Un peu. Se retourne et s'appuie contre la machine, au cas où ses jambes trembleraient plus fort. Tapote nerveusement la poche de son jean. Bientôt la voix douce et ferme du haut-parleur, bientôt le crissement des roues sur les rails. Il pourra franchir le quai, s’engouffrer dans le train, disparaître.


Il oublia. Peu à peu, les horaires, contraintes, règles, corrections, rappels à l’ordre s'effacèrent. Peu à peu, le taulier reprit vie à l’ombre des 807.

lundi 16 avril 2012

Le lit-cage

Je ferme les volets de mon âme avec cette grille à barreaux pour entourer mon rêve qui ne peut s’évader de cette forteresse en dentelle de fer. Je suis la gardienne des pensées des autres qui flottent à la surface du monde intérieur du monde extérieur. La nuit, à la pension, grouillent les rêves qui s’échappent des petits lits blancs. Moi, la plus petite, j’ai un lit-cage. Un lit-cage pour mon sommeil d’oiseau. Une cage pour le tigre que je sais ne pas être. Une cage de fer pour un oiseau de plomb, une cage d’enfer pour un oiseau de paradis, une cage pour un oiseau de paradis de plomb, une cage pour un sommeil de plomb. Je suis la chef d’orchestre du concerto des rêves. Je carde le coton des rêves. Je suis couchée dans ma cage pour dépeigner les rêves qui s’emmêlent, se télescopent, se copient, se nuisent, se croisent. Je veux bien qu’ils s’amalgament en un joli ciel de lit cotonneux au dessus du dortoir comme un arc-en-ciel aux 807 nuances à condition qu’ils retombent en plumes de neige sur chacun des enfants du monde.


Mais je ne sais plus si je dors ou si je veille : un rêve d’amour vient de me tomber dans l’œil. Je ne vois plus rien, mes yeux commencent à pleurer...

dimanche 15 avril 2012

Couleurs

Les capacités visuelles de l’être humain sont assez peu développées. De la neige, il dira qu’elle est « blanche », de la nuit qu’elle est « noire ». Dans l’arc-en-ciel, entre les infrarouges et les ultraviolets, il ne marquera que cinq ou six étapes.


Seul le caméléon, rompu à l’exercice du changement de nuance, perçoit les 807 couleurs de l’arc-en-ciel.

samedi 14 avril 2012

Patatoèsie

Jamais demain ne luit sans cette promesse
Brandie bien haut par un germe à la redresse
Contre les noirs doryphores de la vieillesse
Charlotte, Manon, Rosabelle ou Désirée
Rustiques et tuberculeuses solénacées
Vos vieux cœurs ridés assoiffés de tendresse
En épousant la terre, à la vie font promesse


vendredi 13 avril 2012

Lifeboat

On peut deviner le nombre de naufragés, lâchés par le capitaine après un bien beau voyage qu'ils ne sont pas près d'oublier. Tous lui disent merci autant de fois qu'il l'imagine.


jeudi 12 avril 2012

Les vivants

– Elle a des choses à dire. Au moins 807.
– Eh bien qu'elle les dise ! Et qu'elle les écrive, même !
– Elle n'écrit que sous le coup d'émotions fortes. Et d'un seul jet.
– Je m'en doutais, elle a le profil d'une grande amoureuse.
– Oui. Elle est un peu barrée aussi. Et même de plus en plus.
– Ça transparaît pas trop dans ses écrits, faut dire que je ne la connais pas non plus
– Personne ne la connaît.
– Vaut mieux pour Personne, d'ailleurs.
– Tu peux le dire. Pour ça qu'elle se planque. C'est comme Personne.
– Oui vaut mieux pas qu'ils se rencontrent ces deux-là.
– Ça ferait des étincelles.
– Ou des feux d'artifice. On sait pas.
– On veut pas savoir.
– Non, vaut mieux pas.
– Des instables.
– Infréquentables.
– Des impulsifs.
– Des vivants, quoi.
– Oui... des vivants.
– ...
– ...


– Mais bon Dieu vivre ça fait mal parfois.
– Tu as raison, c'est pour ça que j'ai arrêté.
– C'est pour ça que moi j'ai commencé.
– ...
– Parce qu'avant c'était pire.
– ...
– Embrasse-moi.

mercredi 11 avril 2012

Campagne sur les murs

Ces pochoirs ne passaient pas inaperçus et avaient sans doute été collés la nuit précédente sur tous les murs de la ville. L’astuce n’était pas terrible ni nouvelle, mais l’antenne semblait la diffuser comme depuis une télé des années 80 : il s’était amusé à compter ces interpellations, il y en avait 807, et puis, une fois arrivé à celui-ci, le dernier de son recensement, il traversa la rue Juliette-Dodu (Paris, Xe) sans regarder sur sa gauche et se fit renverser par le bus qui venait de quitter l’arrêt situé juste à côté de l’inscription couleur deuil.


mardi 10 avril 2012

La moue dans les ruines

Une fois encore j’irai contempler la fin du jour sur le cap dont je ne puis prononcer le nom sans trembler. J’ignore si la petite Odette qui me suit partout, Dieu sait pourquoi, sera touchée par l’ineffable beauté dont vinrent depuis toujours s’inspirer les artistes du monde entier. En y gravant jadis son nom, Lord Byron se fit un cénotaphe plus pérenne que le plus glorieux des tombeaux. Moi, je veux seulement qu’à la fin on y répande mes cendres. Les petites fleurs violettes qui poussent au printemps sur le roc s’en nourriront.


Il n’est pas marrant, Norbert. Pourtant c’est romantique un coucher de soleil dans les ruines, ça invite à la tendresse. On s’est assis tous les deux sur un gros rocher, face à la mer, pour regarder. Mais au lieu de me dire les choses gentilles que j’attends depuis six mois, le voilà parti à réciter des vers d’Hésiode. Il a même eu le temps d’en écorcher 807, avant que cet imbécile de gros ballon rouge ne disparaisse enfin, sous les applaudissements des touristes. Le car nous attendait sur le parking, alors on s’est dépêchés de redescendre.

lundi 9 avril 2012

Enragé

Lorsque le rêve surgissait il se couvrait de sueur et elle pouvait presque sentir sa peur s'insinuer en elle. Il s'agitait, grinçait des dents, marmonnant des mots indistincts qu'elle ne comprenait pas. Il arrivait parfois qu'il se mette à crier. Au début, elle le prenait dans ses bras mais il se débattait et avait même une fois tenté de l'étrangler, lancé dans une bataille imaginaire. Elle l'avait giflé et il s'était réveillé en pleurant. Elle n'avait pas voulu en faire toute une histoire, elle l'aimait, mais elle avait commencé à avoir peur de lui. Il ne voulait pas lui raconter son rêve, disant qu'il ne s'en souvenait pas. Elle avait laissé la porte de la chambre ouverte pour pouvoir s'en aller plus vite lorsque le rêve s'insinuait entre eux. Elle finissait la nuit dans le salon en essayant de ne pas entendre les bruits de plus en plus étranges qui venaient de la chambre. Ses nuits ne semblaient plus être qu'une rivière déchaînée sur laquelle voguait les sombres réminiscences d'un passé dont elle avait l'impression de tout ignorer. La 807e nuit elle ne s'enfuit pas assez vite et il tenta de la violer. Elle le repoussa de toutes ses forces mais il fallut se battre, il était devenu enragé. Pour la première fois il ne sortit pas de son rêve et la poursuivit jusque dans le couloir. Elle sortit de l'appartement en hurlant, claquant la porte violemment derrière elle. Des portes s'ouvrirent, des voisins sortirent, elle restait recroquevillée sur le palier, en état de choc.


Un voisin sonna à la porte de l'appartement, l'homme ouvrit et dit « Ne vous inquiétez pas, ma femme est somnambule, je m'en occupe. »

dimanche 8 avril 2012

Le rêve

Je me souviens que l’armateur du navire est un marchand d’œufs de Liverpool. Je me réveille en sursaut. Je suis perdue au centre d’un lit immense. Je ne devine rien de ce qui m’entoure. Vite, une bougie. Et dans son aura, des ombres, des bois cirés qui reluisent, une table de chevet massive, tout ressemble à une chambre conventionnelle, au sommet d’un manoir d’Irlande, sauf l’odeur de goudron, de mèche qui brûle, de tonneaux suris, d’huile rance, d’embruns, et d’un atroce mélange de vieux rhum et de soupe de poissons. Au clapotis des vagues, aux craquements du bois, aux frottements des cordes les unes contre les autres s’ajoutent d’étranges petits bruits que je pense être la cavalcade des rats. Je veux en avoir le cœur net. Je me lève, pieds nus. Ma chemise de nuit est longue et déchirée dans le bas. Je prends la bougie pour trouver la porte de la chambre, sortir et éclairer le couloir...


C’est à ce moment-là que je vois grouiller dans la coursive, 807 poussins d’un jaune criard et duveteux qui se chevauchent dans un joli charivari. Nous étions depuis si longtemps, en panne de vent, dans cet îlot des Caraïbes que la cale s’est transformée en couveuse...

samedi 7 avril 2012

Impossible rencontre

Au téléphone, il avait une voix chaude et grave. Je l’imaginais grand, beau et souriant. Quand je le vis en chair et en os pour la première fois, j’eus une sacrée surprise. Et tandis que je le détaillais sans rien dire, j’avais toujours du mal à croire que cette belle voix grave de crooner hollywoodien était bien la sienne. Une impression de froid m’envahit. C’était un peu comme si l’eau glacée d’un puits me pénétrait de partout. Un vague malaise se glissa insidieusement en moi. Quelque chose me laissait présager que je m’étais peut-être un peu trop avancée et que j’allais le regretter. Au bout de 807 secondes, donc, je décidai de partir : « Je ne vais pas vous déranger plus longtemps ! » fis-je dépitée.


C’était un homme assez peu bavard, au fond, mais au regard très parlant, du moins pour moi. Cet homme me parlait, oui, et ce qu’il me disait sans me le dire, maintenant, c’était : « Vous eussiez pu rester davantage afin que nous pussions faire un peu plus connaissance ! » Le subjonctif qu’il employait m’avertit alors que j’étais en présence d’un érudit. Du coup, je décidai de rester.

vendredi 6 avril 2012

807 ?

Une 807 pour tracer une route sans intérêt pour aller vite d'ici à là ou les 807 et ses chemins de traverse où on prend le temps de compter les brins d'herbe ?


Non, il n'y a pas photo.

jeudi 5 avril 2012

Vagues

Toutes les sept vagues, la mer se creuse un peu plus et se gonfle : la septième vague est un rouleau qui charrie algues et bois flottés puis suce le sable gravillonneux. La 91e vague ramène l’écume de quelque sirène, la 203e un noyé parfois. La 807e apporte les méduses qui restent, ou ne restent pas, sur la plage mouillée.


mercredi 4 avril 2012

#harlecon

Écoute, je te lis un passage de mon roman, tu me dis ce que tu en penses. La scène se passe aux Bahamas, sur la terrasse d'un bar d'un hôtel luxueux. Je commence : Jenny lança à John, Jenny, c'est la secrétaire de John. Ils sont dans cet hôtel pour un séminaire qui commence le lendemain. Je reprends : Jenny lança à John : Quelle chaleur ! Je vais aller me rafraîchir. Et elle se leva de la chaise longue en entrouvrant négligemment le pan de son sublime paréo coloré qui dévoila ses jambes interminables et galbées. Puis elle quitta son patron avec un sourire aguicheur. John est marié à une héritière qui couche avec son chauffeur. C'est elle qui possède la boîte. Il n'a pas encore succombé à sa secrétaire, il se retrouverait au chômage si sa régulière l'apprenait car elle demanderait le divorce. Je continue : La sueur qui coula sur les tempes poivre et sel de John n'avait rien à voir avec la chaleur tropicale. Pas mal, l'effet, là, hein ? Ensuite : Il la vit s'éloigner doucement en balançant sa croupe dans un mouvement provocateur. Ici, pour croupe, je suis pas sûr. Je termine : Pendant, les quelques 807 secondes qui suivirent, il ne put s'empêcher de l'imaginer nue sous la douche. La fièvre du désir le consumait. Il décida de la transformer en supernova et se leva derechef pour retrouver la source de l'incendie. Alors, t'en penses quoi ?


J'en pense que si tu envoies ça à Didier da Silva, t'es bon pour #harlecon.

mardi 3 avril 2012

La commode

T de M se montrait fort habile et si ardente à enseigner son art qu’aucun gentilhomme ne se lassa jamais de ses leçons. Chacun en recevait assez de contentement pour aller partout le crier si bien que sa renommée devint considérable et demeura toujours attachée à ses huit cent sept manières très heureuses et spirituelles de composer les assemblages et d’en jouir longtemps sans fatiguer les bois.


Vis ! Colle cellulosique ! Ô tempora ! ô mores !

lundi 2 avril 2012

dimanche 1 avril 2012

À l’impossible nul n'est aussi goulu

Le matin, elle a plumé, entre le pouce et l'index, le plantain, le chiendent, la véronique et le séneçon, sans doute aussi un peu de luzerne et de ray-grass dans la foulée, dommage. Elle a les ongles noirs de terre et cassés, observe-t-elle en balayant hors de la terrasse les petits cadavres verts, dont les radicelles aussi sont noires et cassées, cassées plutôt qu'arrachées ― ça va encore et encore et une huit cent septième fois encore repousser. L'après-midi, elle a rimé, sur pouce, index, majeur, annulaire, auriculaire et re-pouce (aux ongles brossés de frais), l'alexandrin, l'octo, le déca (tiens à propos, si elle mettait de l'eau à chauffer ?) et, dans son désespoir parfois de retomber sur ses pieds, l'ennéa et l'hendécasyllabe. Le vers de 807, elle n'a pas essayé, mais il faut l'avouer, côté procrastination de la rime, ça doit être le rêve.


Tenir ses massifs désherbés ! Traduire de la poésie ! Mais pourquoi ne s'attaque-t-elle qu'à de l'impossible, ce printemps ?